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Le monde n'est pas "une gare" !

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Monsieur le Président,
Le monde n'est pas "une gare".
Il  ne devrait jamais être cette triste gare où, d'un regard, on peut trier les gens qui "réussissent" et les gens qui "ne sont rien".

Y a-t-il deux univers ?
Celui de votre miroir et celui de ceux qui n'y entreront jamais ?
Celui des gens du rien et ceux du beaucoup de biens ?

Avez-vous tracé frontière entre les hommes chair à canon et à exploiter qui, dites-vous, "ne sont rien", et ceux qui, cachés dans des assemblées aristocratiques, "réussissent " et organisent le partage des richesses en privant le monde du labeur d'une vie décente, le spoliant parfois du droit à une maison, à se nourrir correctement, et à espérer un avenir pour ses enfants ?
 
Y a-t-il votre monde, Monsieur le Président, réservé à ceux qui "réussissent", et dans
un ailleurs virtuel, mon monde avec des gens de cœur qui naviguent à la godille entre les contraintes et un bonheur de vivre que chaque jour vous éloignez ?

Y a-t-il deux mondes, Monsieur le Président, celui que vous présidez où le vieux capitalisme raisonné d'une France de l'égalité des chances reçue en héritage de nos parents est vendu à une horde de cols blancs que l'on invite dans les bureaux de Bercy quand ils détournent des millions ? Et l'autre monde, celui de chez nous, où l'on condamne un homme à huit mois de prison pour une pomme volée dans une voiture ?

Quel est votre rêve Monsieur le Président quand les spoliateurs d'avenir, ceux qui ont "réussi", font main basse sur les richesses globales et  marchandisent le labeur des faibles ? Quand l'internationale des profits brade la vie et la santé à la criée du moindre coût ?

Comment me jugez-vous Monsieur le Président, moi qui n'aurai jamais de Cartier, qui ai connu l'angoisse des jours chômés, les huissiers, et ces fins de mois où il faut rester debout pour ne pas abandonner les siens ?
Où me classez-vous, moi, homme de peu, qui croit que le respect, la compassion, l'amour et l'espoir prévalent sur les ambitions cannibales des sociétés de pouvoir ?
 
Je suis triste, Monsieur le Président, quand je vois une femme ou un homme qui grelotte
en cherchant un abri "de fortune" pour la nuit. L'humanité désespérée qui pâlit dans leurs yeux est ma blessure. Et vous ? Qu'y voyez-vous ?

Oui, Monsieur le Président, dans mon monde, il y a des gens qui réussissent et d'autres que l'on a abandonnés, il y a des hommes de cœur avec du bien et des modestes qui portent une espérance globale, il y des comptables et des poètes, des oubliés et des enfants qui espèrent.
Chez moi, il n'y a pas de "gare" où l'on peut croiser "ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien", il n'y a que mes frères humain, leurs désespoirs et leurs rêves.

N'en sacrifiez aucun, Monsieur le Président, il n'y a pas de gens de rien !

 

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L'enfant, la nacre et le poignard

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'enfant tenait dans sa main un coquillage nacré
né des soubresauts de la mer et du sable.
Il croyait tenir toute la beauté du monde.
Il en avait fait son refuge, son lieu sacré, son royaume.
 
Grandissant, il avait eu des jours de quête, des chemins de hasard
avant de croiser la brillance de mots tombés d'une croix, d'un croissant, d'une étoile.
De contentieux millénaires, de vieilles rancunes et de routes d’intransigeances,
il avait fait un drapeau porté en armure au service d'un sang de haine.

 

L'amour et la raison erraient encore au royaume d’un vieux coquillage nacré.
Les mots de livres millésimés avaient fermé toutes les encyclopédies de la vie.

L'enfant ne savait plus que c'est dans la douleur, l'espoir et l'autre
qu'habite le regard ouvrant un chemin de lumière.

Personne ne devrait être un poignard pour qui n'est pas comme lui.
Un même chemin ne peut-il pas porter bien des pas ?
Les jours et les routes ne se rejoignent-ils pas en un même endroit ?
L'enfant apprendra-t-il que seul refleurit l'amour que nous avons sauvé ?

 

JMS

 

Publié dans Textes de JMS

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Quelques photos du deuxième anniversaire de Léo, mon petit chat martyr encore en vie.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Quelques photos du deuxième anniversaire de Léo, mon petit chat martyr encore en vie.
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Petit mot à mes amis, après une grande absence

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Amis, le vent mauvais m'a bousculé, comme il a bousculé les miens et comme en ce moment il bouscule aussi bon nombre de mes amis.
Quinze jours après les mois lents et très pénibles qui ont précédé le départ de ma mère, Léo mon chat a été agressé par un sans doute dément et j'ai dû devenir à plein temps et plus de deux mois durant, l'ambulancier et la nounou de mon petit félin qui a été amputé d'une patte avant. Léo à peine sauvé, un proche a déclenché une maladie grave*, mais rien ne suffisant aux appétits farceurs des froideurs du mauvais vent, je me suis retrouvé en hôpital. Ajoutez à cela un problème cardiaque et vous comprendrez mes mois d'absence !
Je ne sais pas ce que voulait me dire le vent mauvais qui a troublé les 14 derniers mois de ma vie, sinon que prendre de l'âge peut devenir dangereux !
Mais que la vie reprenne !

Je suis là, et ne renonce  à rien !
Je continue à trembler pour mes enfants et les enfants du monde, à prendre le temps de dire, à hurler, à griffonner des mots de vie, à plaider pour une fraternité sans concession avec tout le vivant.
Encore, je continuerai à poser sur du papier ce sang d'encre où habite ma capacité à aimer, à voir mon cœur battre la chamade devant l'innocence des enfants, le courage des justes, la persévérance de l'arbre, celle de l'oiseau, et tout ce qui fait face aux armées de bétonneurs et de prédateurs qui assassinent notre Terre.  
Je veux continuer à vivre en homme debout aux côtés des peuples qui attendent l'espoir et réclament leur droit à être, et cela m'est suffisant à justifier mon droit à respirer dans le concert des consciences pour me sentir un parmi vous.
Que la vie reprenne !

Jean-Michel Sananès
20 juin 2017

 

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Salon du Livre de Nice juin 2017

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Stand 24 des Editions Chemins de Plume sur "L'Île des Poètes", au Salon du Livre de Nice les 2,3,4 juin 2017, Jardin Albert 1er à Nice.   Liste des auteurs qui dédicaceront leurs livres sur ce stand :   Claude Artès - Joël Baqué - Mireille Barbieri  - Franck Berthoux - Ile Eniger - Michèle Estienne - Coralie Folloni - Corinne Josseaux - Roger Lecomte - Maurice Lethurgez - Jean-Michel Sananès - Slobodan

Stand 24 des Editions Chemins de Plume sur "L'Île des Poètes", au Salon du Livre de Nice les 2,3,4 juin 2017, Jardin Albert 1er à Nice. Liste des auteurs qui dédicaceront leurs livres sur ce stand : Claude Artès - Joël Baqué - Mireille Barbieri - Franck Berthoux - Ile Eniger - Michèle Estienne - Coralie Folloni - Corinne Josseaux - Roger Lecomte - Maurice Lethurgez - Jean-Michel Sananès - Slobodan

Publié dans Informations

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Bibliothèque Nucera à Nice - Mercredi 12 Avril à 17 heures

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je serai très heureux de votre présence

à la Bibliothèque Nucera à Nice
Mercredi 12 Avril à 17 heures

pour la présentation de deux de mes derniers livres

 

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Ce qui est, est-il moins important que ce qui restera ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Ce qui est, est-il moins important que ce qui restera ?

Pourquoi efface-t-on la douleur du serf en regardant les hautes tours ?
Pourquoi chaque château, chaque route, chaque cathédrale
Hors des traces de burins ne portent-il pas un marbre funéraire
Au nom des réquisitionnés, des exploités, qui y ont courbé leur vie ?

Tais-toi, travaille et meurs petit homme,
à l'inflation de l’espérance, quand ton fils mourra il ne restera rien de toi
ils auront pris toute ta sueur pour en tirer leur gloire

 
N'y a-t-il que des généraux et des bouchers de l'Histoire dont on connaît les noms ?
N'y a-t-il que le poète qui soit comptable des misères et de la souffrance ?
 
Ce qui est, est-il moins important que ce qui restera ?

La braise du charbon, la grandeur du terril
font-ils oublier la répression des grévistes et les coups de grisous ?
 
Tais-toi, fais nos guerres et meurs petit homme,
à l'inflation de l'espérance quand tu partiras
qui se souviendra de toi ?

Ce qui est est-il moins important que ce qui restera ?

Quand tu partiras, petit homme
aux palais de leurs gloires il ne restera rien de toi
rien de ta sueur.

Publié dans JMS - A paraître

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Jean-Marc La Frenière : Tu es si loin

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Nous étions si bien tous les deux à caresser un loup, à regarder la pluie en larmes sur la vitre, tant de petits soleils. La vieille chaise a verdie où nous étions assis. Des fleurs y poussent en souvenir de toi. Je voulais mordre à la même pomme, planter le même noyau, toucher la même écorce. Je voulais marcher avec toi, longer les rives, arpenter les sous-bois, faire craquer les doigts de l'air. Je voulais dormir avec toi, ajouter tes collines à mon paysage, ton feuillage à mes branches, tes lèvres à ma bouche. Je pense toujours à toi. Je t'écris. C'est bête, mais je vis. Je vis pour toi là-bas où la mémoire perd son sang. J'apprends à lire de loin les mots que tu écris. Je ne suis pas là où j'habite. Je suis là-bas où tu vis. J'écris avec une main sans corps pour retrouver ta chair.

Ta photo sur le mur retourne à son négatif jusqu'au moment où elle fut prise. Tu me regardes ici, et pourtant, je suis là-bas, derrière ton dos. Je t'accompagne quand tu quittes ton corps. Je me fond dans le paysage comme la flèche dans son but et le désir d'être là. Avec les années, les étés qu'on a vécus ensemble restent jeunes. Ils tintent dans mes phrases comme des campanules. Ce qui était ne sera plus, et pourtant je le vois. Une nuée d'oiseaux se pose sur une île. Dans la maison de l'air, un pays infini baigne le blanc des yeux.

Écartelé entre les continents, je rêve d'un point commun sur la planète et au-delà, d'un grand lit calme dans la maison de l'air, d'une verdure commune dans les herbes du corps. La tendresse est une force à deux. L'herbe sent bon lorsque je pense à toi. Ton eau fraîche coule en moi comme un ruisseau de vie.

Il m'arrive de rêver de la même façon que je vis. Nous avions 9 ans. Je te traînais dans une voiture d'enfant, une voiturette de rêve. Tu étais toujours amie avec un autre, mais moi je regardais à travers tous les trous, les fissures, les grillages de l'air. Ta petite robe à pois écartait le malheur et ta poupée de son me faisait les yeux doux. Le soleil nageait sur tes taches de rousseur. Nous nous sommes perdus dans les grandes lignes de la ville, mais nous sommes retrouvés parmi les souvenirs. Dans le tissu du monde, un fil nous relie l'un à l'autre. La chambre close de tes bras s'est ouverte pour moi. Le lit où nous couchons nos vies est une longue rivière. L'amour est un passage à gué, un survol d'oiseau avant de nidifier, un nid pour la chaleur des œufs et la rumeur des eaux.

Il m'arrive de rêver comme les fleurs éclosent. Tu as laissé tes pas sur le tapis rouge de mes veines, des éclats de soleil dans l'ombre qui me suis. La vie ne baisse pas les bras, mais unit ceux qui s'aiment. L'espace bouge comme un doigt dans la bague du temps. Il me suffit d'un mot pour que roule encore la petite voiture, pour que le vent décoiffe tes cheveux en broussaille. Chaque matin, je regarde le ciel. Les oiseaux m'apportent des nouvelles de toi. Ces facteurs à plumes distribuent les sourires tout autant que les larmes. Je t'écris des poèmes dans les marges des pages. Hier est aujourd'hui et demain sera toi. La route du paysage est une clef vers toi.

Je voulais te présenter mon corps, mes caresses mes mains. Je voulais te présenter mes yeux, mes regards, mes jambes. Je voulais te présenter mes bras, ma poitrine, mes pas. Je voulais te présenter ma vie avant qu'elle vieillisse. Je voulais te présenter mon cœur, mais je n'ai que des mots. Mes doigts restent accrochés au bois nu d'un crayon.

Je me souviens de ton écharpe volant au vent, de toi assise sur la galerie dans la vieille berçante, tes yeux au bord du lac rattrapant l'horizon, ta main flattant mon loup entre la crainte et la tendresse. En route vers ton corps, mes mains se font légères pour toucher ta douceur. Mes doigts s'envolent en caresses. Je voudrais tant que tu sois là, alors je t'écris.

 

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

 

Publié dans Ils disent

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Je te regarde mon âme

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je te regarde mon âme, et je te voudrais belle, toi qui n'es qu'une âme de traverse-vie, une âme empruntée à l'Immense, toi qui cherches à te trouver une place à la taille de tes rêves.
Toi qui, comme cela arrive parfois, es trop grande, trop libre, pour vivre emprisonnée dans un esprit d’homme.
Je te regarde, ma vieille âme qui as traversé les Temps, tout connu du cœur des arbres, du rire des oiseaux chanteurs, de la joie de l'épi de blé, du vent capricieux, et des enfances blessées.
Je te regarde du fond de mes silences, toi qui as vu des millénaires d'âmes défenestrées de corps fatigués par l'usure. Toi qui fus la compagne de mille fusillés désâmés, toi mon âme ébréchée par la grisaille des souvenirs, toi, mon amputée des mille utopies, mon égarée, ma cabossée, ma mutilée, toi, ma vieille compagne d'ossuaires désertés, ma roturière sans papiers, perdue sur tant de chemins d'ennui, ma squatteuse de vie.
Moi, l'égaré des décennies, en ces temps précaires où les dieux se perdent, même si tu es une âme sans foi ni loi, au seul crime d'avoir aimé, je t'adopte, ma petite âme d'occasion, sans garantie de bonheur, sans même un état d’âme. Je t'adopte, avec cette conscience si lourde à traîner. Je t'adopte, et te porte en moi comme une boussole précieuse sur  mes chemins d'exil et d'enfance perdue.
Je te regarde et te parle, mon âme, toi qui portes l'inlassable Question. Toi, l'habitante de ma tête, nue, sans mensonge, sans fard face à mes vagues à l'âme et à mes doutes traqueurs d'innocence.
Parmi les naufragés d'un Temps jonché de destins perdus, moi qui cherche le chemin des mémoires englouties, je te cherche mon âme, dans l'encyclopédie de l’impossible, à frontière de raison. Je te cherche et te dessine, te devine légère ou hexagonale comme l’infortune, lourde comme le devoir.
Toi, mon âme à peau d'enfance douce comme l'espérance et sage comme la raison, je te cherche et peu m'importe tes autres passés, tes errances, tes vagabondages millénaires.
Je te chercherais même si tu t'étais vendue au diable et que mille nuées de quidams t’aient con-damnée.
Moi, qui viens du cri et des larmes, je te porte au centre de tout ce qui m'est précieux. Tu es mon chemin, mon âme sœur qui sait le poids des âmes en peine.  
Toi qui un jour me quitteras, ne m'oublie pas.

 

 

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On ne se moque pas impunément d’un magnifique Pleyel !

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Sur la scène, il est seul, paisible. Un pâle rayon de lumière lui donne un reflet de scarabée tout droit sorti de la mythologie égyptienne. Sa bouche est ouverte, il dort, magnifique, le grand piano. À cet instant précis, il ressemble à un énorme oiseau noir qui pointe une aile vers le ciel en attendant l'envol.
Soudain, arrive un homme en queue de pie. Avançant tel un toréro dans l’arène, à la parade, il regarde l'énorme piano à queue, le toise. Il marche sous un faisceau de lumière argentée. Un sourire de contentement traverse son visage quand fusent les applaudissements. Il salue la salle, mais ne salue pas le piano, non il va vers lui en conquérant, en maître.
Le piano se contracte sur ses quatre pattes trapues,  se fait lion en cage...
Le maestro ajuste nonchalamment ses manches avant de caresser les dents d’ivoire. Par deux fois, le voilà qui claque violemment la bouche du piano.
La blessure est vive. Par deux fois la bête grince, grogne, gémit.
Et encore le maestro se lève, et d'un bras tendu, pince vigoureusement, sous la grande aile, les cordes métalliques,  les malmène, les frappe.
Le grand fauve est vexé, le prendrait-on pour un piano bastringue ! Non, lui est un piano classique, de noble ascendance, son pedigree est irréprochable, c’est un Pleyel, de concert ! Tout le monde sait ce que cela veut dire. Les chefs d'orchestre le respectent ! Mais, à l'évidence, ce maestro de pacotille ne le sait pas qui le bouscule, lui fait injure. Il ignore les ambitions de ce monstre sacré d'ébène et d'ivoire, de ce romantique aux airs sombres prédestiné à jouer de la sonate, du clair de lune, des musiques de crépuscule et, à la rigueur de ses grands airs… Lui, le Pleyel, devrait-il laisser l’inconvenant faire ses fa-dièse d’une main et jouer de ses cordes sensibles de l’autre ?
La tension monte monte monte, ce qui devait être une musique devient flagellation.
La salle abasourdie assiste à cette humiliation publique. On parle de combat entre les Anciens et les Modernes, on s'agite. D'une octave l’autre le ton va crescendo, ce n'est pas une joute ou une simple rixe, NON, là, c'est la GUERRE !
Le vieux lion ailé  se rebelle, s'emporte, se défend. Bruyamment, il replie sa grande aile noire sur la main tendue et l'énorme cri du pianiste ! Rien ne calme le piano en furie, encore il se cabre, rugit, mord. C’est maintenant sa longue mâchoire d’ébène qui claque sur ses dents d'ivoire et emprisonne la main gauche du cacophoniste. Pris de panique, le pianiste tente de fuir la vengeance de l’offusqué.  Tentative inutile, dans un raffut épouvantable, une fureur d’ébène le poursuit, bondit, grogne, vocifère, recouvre de ses octaves les plus graves les plaintes aiguës du maestro impuissant. Dans une danse pathétique, le pianiste se trémousse, se débat, on croirait un Chant du Cygne !  Ce sera sa dernière représentation. La punition à été terrible !
Maintenant, repu, vengé, le piano, d'un pas lent et lourd, retourne à sa place et salue le public médusé.
Le rideau tombe.
La foule repart, dé-concert-ée.
Hélas, dans la salle, il n'y avait pas de dompteur de piano.
On ne se moque pas impunément d’un magnifique piano de concert, d'un Pleyel !

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