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Popanalia, je me souviens

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Griffe le temps griffe le jour
griffe mon cri
brûle mon sang  
se creusent des rides de mémoire
des images sans nom
et des noms égarés en quête d'eux mêmes
des êtres en papiers froissés
qui s'étiolent dans les agendas de l'oubli.
Rêve et réel se confondent
où suis-je dans ce qu'il reste du vent
en ces entrelacs où mon cœur persiste
dans ce qu'il me reste de moi ?
Je me souviens de toi Jean Karakos*,
des vinyls-bootleggers et des mi-princes mi-démons
des grandes espérances
et de ces heures où il fallait refaire le monde.
Je me souviens des musiques nouvelles
qui frappaient à l'oreille
de Gong et son Flying Teapot
et des heures qui planaient.
Je me souviens de Joan Baez
au jour naissant d'un 6 août 1970*
transformant nos briquets en veilleuses
et sa chanson en prière pour les disparus d'Hiroshima.
Je me rappelle Sunra et Zappa
qui incendiaient la musique et inventaient le présent.
Je me souviens de tout, je me souviens de vous
et d'un temps où l'on croyait
à une conscience nouvelle
mettant le feu aux démons du maccartisme
jetant des mots d'amour et de paix
aux figures de la laideur et de la guerre.
Chaque matin, de le savoir
 j'en pleure de l'encre sur des tabliers de papier
où j'essuie ce qu'il me reste de rêve
et d'espérance.

JMS

*Jean Georgakarakos Ami, (en un temps où j'étais disquaire) fondateur de plusieurs compagnies phonographiques, avant de créer avec Jean-Luc Young et Fernand Boruso, la compagnie BYG Records, Actuel...
* 6 août :Commémoration de la destruction d’Hiroshima par la première bombe atomique

 

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Avant de me rencontrer,

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'ai toujours été fasciné par les changements de comportement, voire la naissance de deux ou plusieurs identités qui s'affrontent chez certains individus ayant eu des accidents cérébraux (tel le cas de Phineas Gage), ou ayant subi des opérations destinées à séparer les lobes du cerveau dans le cas par exemple des soins de l'épilepsie. Ces comportements, troublants et fascinants, montrent les mutations, avec cohabitation impossible, de plusieurs personnalités en un seul individu. Comment savoir qui l'on est vraiment et quels moi pourraient surgir de notre inconscient ? Et combien de Dr Jekyll et Mister Hyde peuvent, dans certains cas, s'emparer de notre personnalité ?

 

Avant de me rencontrer,
je ne savais rien de moi,
rien de nous.

Depuis,
quand grince le silence,
je me fréquente,
je nous écoute,
je scrute les mille moi
qui s’agitent, m’agitent,
m'empêchent de dormir,
de réfléchir,
disent que la vie est belle,
se contredisent
et affirment que rien n'est beau.

Avant,
je ne savais pas que j'étais une foule de moi
enfermée dans une caboche emplie de rêves
de peurs et de mystères.

Depuis,
il m'a fallu regarder en moi,
y voir mon moi "Épicurien"
affirmer que "Tout Fou",
mon moi qui parle de la nature du verbe,
de l'épaisseur du rire et du poids du chagrin,
est aussi inutile que "Philosophe", cet autre moi
qui d'ailleurs trop souvent ne tourne pas rond
à force de chercher le sens
ou de contourner les contresens !

Jamais loin d'eux,
"Justicier", encore un moi, insupportable,
veut enfermer la vérité,
définir le beau et le laid,
séparer le bon du  mauvais
et nourrir la controverse.

Fort heureusement,
parmi tous ces moi,
"Timide", le plus discret d’entre nous,
celui qui habite au plus profond de moi
loin du brouhaha et des autres,
quand il ne silence pas
ou ne dénonce pas le tapage de tous les moi de surface
qui se nourrissent d’apparences,
lui, écrit.
Avec moi, il modère le moi "Premier cri"  
et son ami, le moi "Enthousiasme",
ces moi qui ne réfléchissent pas
et fréquentent la bande à  "Ne dis rien et parle de tout".
Comme moi, ce moi "Timide"
voudrait se réfugier sur une feuille morte
et visiter les royaumes du vent
en se gaussant du moi "Pessimiste"
que l’automne et la télévision
rendent morose.

 Quand tous les moi parlent en même temps,
que la cohue se fait clameur,
m'éreinter à leur dire "cause toujours"
n'y fait jamais rien,
ils font la forte voix !
Leur chef, celui qui se prend pour le roi,
celui qui dit "nous" quand il parle,
celui qui m'invective,
hurle si fort que je me dois de lui répondre.
Il me contraint à faire l'oiseau,
à saisir les paroles en l’air,
les mots en trop, les points sur les i,
à lui jeter à la figure
les sourires en coin et les non-dits,
pendant qu'un autre moi,
un gros excentrique qui se prend pour un autre,
lui, se demande si je me mérite.
Tout cela, bien sûr,
dans le brouhaha révolté de mes mille ego
qui se refusent à être égaux !

Mais,
si j'aime ma multitude
et le désordre complexe
où le moi "Justice" cherche son chemin,
les moi suprémacistes m'inquiètent.

Alors,
je me fâche avec eux,
je me fâche avec nous
je me fâche avec le monde entier !
Je convoque le silence,
je ferme les yeux, les oreilles,
je ne les écoute plus.
je m'enfuis pour ne plus les entendre,
et me fais croire que je rêve.

Je laisse glisser des nuages
dans les yeux de mon chat,
j'endors la clameur, l’ennui et la révolte
de tous ces moi et émois
qui font gronder les voix du jour,
celle des ancêtres, des petites choses, de la rue,
jusqu'à la déraison.


Je rejoins le moi "Timide"
qui écrit son poème,
je me demande où est la sagesse,
et nous rentrons dans mon miroir,
le lieu préféré des moi "Parle à voix basse",
qui ne pensent qu'au chocolat
ou qui ne pensent à rien.

 signé : JMS, Tout Fou, Moi et les autres

 

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Arpenteur d'infini

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Cours Cheval Fou
quand le jour ferme ses symphonies d'enfance
cours, cours à la mi-chien mi-loup
quand le rêve se fane à l'horizon de ce carré vide
qui ouvre des silences bavards
aussi profonds que la solitude

Cours
quand pareil à une clef de sol ayant perdu sa partition
tu te retrouves à la proue d'un navire de chair
en quête de destin

Cours
quand face à ta raison d'être
tu deviens arpenteur d'infini
et que tu ouvres la Question :
Où va le vent ?

Cours
quand au rétroviseur du jour
sans sextant ni boussole
tu te demandes sous quelle longitude
gît le Cap d'Espérance
où s'éteint ta vocation
à croire aux lendemains de l'homme

Cours
quand ton envie de te battre fait naufrage
et que vieille carne
à l'heure du foin et du paddock
tu te demandes encore
où va le sillage de mémoire qui mène jusqu'à toi

Ne trouveras-tu jamais le chemin ?

Te souviens-tu du funambule de l'aube
égaré aux contre-temps de l'heure ?

À l'envolée du jour, te souviens-tu
du cartable déchiré
et du goût du carré de chocolat sur la mie de pain ?

Raison, dis-moi
ne suis-je qu'une fraction de temps
que mon vivre dissout ?

Aux cocktails du vis et rêve
n'ai-je été que bouffées de joies égarées
aux ronds-de-jambes des mondanités
quand il eut fallu renverser la table
déchirer les cartes
gravir l'échelle de bois
et aller plus haut que le mensonge et l'espoir ?

Ne suis-je que celui qui caresse les étoiles
et va vers celui qui vient de partout
vers des millions de nulle part ?

Le verbe et la raison ne sont que ronds dans l'eau  
à la recherche d'échos,
que frontières d'ego.
L'in-savoir cherche sa source
cherche le certain et l'incertain
aux épousailles du jour

À la mi-jour mi-nuit
ne suis-je qu'un flocon de neige
trop loin de son Alaska ?
Un carré de vide
sur les prémices du Grand Oubli ?

Il  n'y aura plus de galop
quand la musique me quittera

je me sens aussi las
qu'une symphonie sans oreilles.
L'horizon ferme un monde
qui ne me ressemble plus

Le miroir le sait
je ne suis qu'un vieux Cheval Fou
frémissant à l'insomnie d'un café.

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Une goutte de miel et la mort au bout du chemin

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Une goutte de miel pour le pauvre
et la mort au bout du chemin.

Et la beauté, la joie et le réveil
où sont-ils bordel ?
La nuit se creuse comme un désespoir.

J'ai faim de vie
j'ai faim de tout.

Couchez le jour
il est temps de fermer le monde
d'ouvrir la nuit
et d'y remettre des étoiles
les tueurs de rêves en ont trop arrachées
et si parfois j'en rêve ou crève
c'est qu'il y a du noir sur mes utopies.

J'ai eu des jours comme le matin
j'ai rêvé rêvé rêvé
comme on pleure ou meurt
à l'hôtel Dieu
Toi tu dansais
mon destin dans ta main.


Je ne veux plus de soupe au fiel
ni de canard à l'orange
quand le monde s'assoit sur une grenade
quand la grande brèche déchire l'avenir.

 

Je sais les brèves de comptoir
qui ouvrent le rire
et enflamment la salle
quand le clown
astique son chagrin.

 

Ne riez plus
hommes infidèles à l'avenir
il n'y a plus de place dans ce vide galactique
où givrent les consciences.

J'ai pleuré pleuré pleuré
comme on crève ou comme on rêve
aux contreforts du jour
il n'y a pas d'amour
le savoir me percute
comme un cachalot sur la proue d'un bateau
le baleinier des siècles
harponne ce qu'il me reste de jours
et brave petit marin sur le pont
j’avance
regardant l'effroi posé
sur l’avenir.

L'obscur creuse le silence
comme une nécessaire utopie
un jour j'y perdrai mon ombre
je n'ai plus peur
j’avance.

JMS

 

Publié dans JMS - A paraître

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Les chaphorismes de Maxime - 4

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


Quand l'hiver entre par la fenêtre
ouvre la porte au rêve,
et si l'on te dit givré
sois fou jusqu'au soleil.

 

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Ne croyez pas l’Histoire

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Amis

ne croyez pas l’Histoire
elle n’est pas faite
que de gloriole et de médailles
de torses bombés sous la mitraille

Amis
ils étaient hommes
fragiles et beaux

Ils étaient pères
ils étaient frères
ils étaient fils


Quand à traverse vie
dans le profil aigu
d’un cri de mitrailleuse
loin des grands jours où l’on parade
ils jouaient nos libertés
leurs vies et leur amours

Amis
quand, dans la fumée âpre
d’une dernière Gauloise
la mort claironne
ses fleurs d’ossuaires
et mêle dans une farouche ironie
bourreaux et victimes

Amis
d’ici, d’ailleurs
avant de n’être plus
que ces noms de marbre
que l’ont écrit en MAJUSCULES

ils étaient enfants rieurs
ils étaient hommes
fragiles et beaux

D’ici, d’ailleurs
les marbres sont pleins
de larmes majuscules
et de chagrins de mères
La gloire ne se nourrit pas
que du sang des autres

Amis
ne croyez pas les livres
l’Histoire n’est pas faite que de gloriole
de torses bombés et de médailles
L’Histoire est faite
de petits jours
de peur et de sang
D’ici et d’ailleurs
à l’heure si belle où passe la faucheuse
que savaient-ils des vérités endoctrinées ?


D’ici et d’ailleurs
pardonnez
tous s’étaient nourris
du sang noir de l’Histoire
tous étaient gavés
de croix furieuses
et de rouges pestilences

Que savaient-ils de ceux d’en face ?

D’ici et d’ailleurs
ils étaient pères
ils étaient frères
ils étaient fils
ils était hommes
quand ils jouaient nos libertés
loin des grands jours où l’on parade

Ne croyez pas l’Histoire
Ne croyez pas les livres.

 

JMS

Texte dit par JMS - Musique de Bruno Sananes

Dans : "Occident/Accident de conscience" - (Livre-CD en cours de parution)

 

 

Publié dans Occident de conscience

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Parfois le passé me manque

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parfois le passé me manque
pas seulement toi ma mère
mais aussi ce morceau de soleil pâle
qui, en oblique, traversait la cour
pour apporter un tesson de joie dans la cuisine
le nid de l'hirondelle
et les odeurs d’enfance
le sourire du marchand de bonbon
et cette douleur au ventre
quand je pense à ce chat sans maître
que j'éloignais, ignorant sa faim.
Mère étais-je déjà humain
à me bâtir mon nid
dans l'ignorance de l’autre ?
Que faire de cette douleur
que le regret ne répare pas ?
Mère où est ce soleil primordial
qui enveloppait nos joies en bordure de plage ?

Le passé me manque
est-ce le mal de l’âge ?

JMS

 

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La colère de vivre

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'enfant qui s'était cherché sans jamais se trouver sur des routes de bonheur, celui qui sous des tropiques faméliques avait sautillé entre la faim et les possibles du rêve, celui qui avait joué au quitte ou double du "vis ou meurs", maintenant barbotait dans le naufrage d'une barcasse à la dérive. Aux confins du cri bleu de la nuit, les sirènes du destin l'abandonnaient à un bois flottant. Ne lui restait que la prière pour demander l'avenir, le cri et le sel pour sa faim, et rien d'autre. En ce terminus de l'espoir, la mer était si profonde, les oreilles et les regards si lointains, qu'aux semailles du rire perdu, un couteau noir lui arrachait la colère de vivre.
De lui, ne restait que cet enfant-clown entaillant les abîmes du rêve où le cœur, de lui-même, s'arrachait les dents et l'envie de mordre le jour.
Parfois le pain de vie est si dur que l'on se demande pourquoi aller plus loin quand nulle part ailleurs une main ne se tend. Et quand, là-bas, entre Coca et MacDo, la fée indifférence exulte de joie pour un ballon d'or.
Au jeu des sept erreurs, je cherche encore la lumière au royaume des aveugles.
JMS

trouvé sur le net

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De Jean-Marc La Frenière : Il ne faut pas désespérer

Publié le

Cet article est reposté depuis lafreniere&poesie.

Il ne faut pas pleurer sur l'homme
mais lui apprendre l'espérance.

Il ne faut pas craindre la mort
mais apprendre à aimer.

Il ne faut pas désespérer
mais relire Bobin et le gitan Kerwich.

Il ne faut pas prier dans une église
mais à la messe des cigales.

Il ne faut pas vêtir l'enfant dans un habit de cendre
mais redonner aux vieux leurs billes et leur ballon.

La tendresse n'est pas dans les mots que l'on dit
mais les gestes qu'on pose en façonnant les choses.

Il ne faut plus compter les heures
mais boire l'eau des contes
et relever les fleurs piétinées par la horde.
Ne pleure plus maman.
Je veux t'embrasser dans la distance

De la vie à la mort,
te tricoter des mots comme des bas d'hiver,
des kilomètres de laine protégeant de la haine.
Je veux te dire je t'aime
pour toutes les fois où je ne l'ai pas dit.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Ils disent

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Vos voix

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

à Léo

Vos voix Pablo, Federico,
et surtout la tienne, Léo,
toi qui as épousé tant de cris où la poésie
forge une puissance inégalée,
toi qui de coups de gueule en chansons
est devenu capitaine d'un navire fou
jeté aux dérives d'un voyage intemporel,
toi qui, en moi
as su ancrer "ces baisers qui au loin me suivent",
toi qui, d'un papier ou d'un vinyle,
distilles des états d'âme aux partitions vibratoires indéfinissables,
toi qui désenchaînes des nostalgies, des joies,
et des malaises salutaires qui libèrent des récifs de l'oubli,
toi qui nous imbibe des cris d'un invisible,
aussi puissants qu'une magie à faire renaître les consciences,
toi Léo, tu le sais bien,
certaines voix sont des passeports
pour ces ailleurs où s'enlisent tant de poèmes fermés.
Et toi, Federico,
sais-tu que de tes "5 heures du soir"
s'évadent mon frisson et les taureaux de Guisando, ?
Et toi Pablo,
sais-tu que ton "mon amour, si tu meurs et si je ne meurs pas"
ouvre une part de ma dimension d'homme ?
Au seuil de la mémoire,
je vois Rimbaud et ses tilleuls verts sur la promenade
et la saveur de ses dix-sept ans,
je vois Verlaine et tant de poètes
perdus dans l'aridité des silences.
Aux portes de la pensée,
il faut réveiller le mot,
ressusciter la perpétuité des âmes
laisser s'exprimer ce que l'humain
porte en lui de grandeur et de sublime.
Nous sommes tous poètes quand nos mots chantent
la conscience, la douleur, la joie.
Avec vous tous
je ne suis jamais seul,
je fréquente des images et des mots
en ce monde intérieur où le papier parle,
je crois à la pertinence et à la beauté de vos voix
je crois aux partitions d'une symphonie de l'invisible.
Avec vous,
je ne respire pas pareil,
je ne marche pas pareil,
je n'écris pas pareil.
Quand vos voix sont en moi
mes mots ne se cherchent plus,
je voyage dans le subliminal,
nous devenons l'écho de l'infini.
Une part de votre monde porte mon pas.

JMS

 

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