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Merci Monsieur Albert Camus,

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

tombe-de-Camus.jpg

Cet homme a modifié ma vie. J’avais 20 ans. Il a modifié deux fois ma vie de manière irréversible.

D'abord par la lecture de "La chute ". Ce livre est resté ma cicatrice la plus douce depuis qu'il m’a pénétré d'une phrase récurrente qui s’impose à moi chaque fois que la question de faire ou de laisser faire se pose : "Les plongeons rentrés laissent parfois d'étranges courbatures". Cette phrase ressurgit des abîmes de ma mémoire et ses mots, comme un fer rouge sur ma conscience, dénoncent, guident, me rappellent que, quel que soit le naufrage et même si on l'ignore, le récif du remord à jamais restera là, entre le miroir et moi, entre ma nuit et mon sommeil.

Puis, la lecture de "Caligula " fut ma cicatrice la plus douloureuse. Elle m’a irrémédiablement appris que les hommes appartiennent à leur vécu, que la vie les forge, que la vie en fait des anges, des moutons ou des loups. On ne choisit pas toujours d’être assassin, la vie, ses blessures et ses cadeaux, font de nous les armes du malheur ou de l’amour.

Camus, mon frère, mon ancien, mon maître, celui qui parlait trop simple, trop humain pour que le gratin prétentieux de l’intelligentsia l’accepte en son sein, repose là dans ce petit coin du Luberon, à Lourmarin, en Provence, dans un pays de soleil et de Mistral, près d’une femme, son épouse.

Qui voudrait le kidnapper, lui offrir le lustre d’un monument pédant, le faste des fiers de la médaille !?

Qui voudrait commettre ce crime ?

De grâce, Monsieur, laissez mon frère, mon ancien, mon maître reposer dans ce coin tranquille de Provence, chez lui.

Laissez-le avec les cigales, lui sait que les cigales, aussi, sont d’ici.

 

  La-tombe-d-Albert-Camus-contraste-sur-madame.jpg

 

Anniversaire  de  la mort d'Albert Camus (4 janvier 1960)

Lettre à Albert Camus

Tu es parti sans partir
tu es mort sans mourir
ta voix est là
dans la ténèbre des vivants
elle éclaire le chemin

J’habite chez les gris
les orphelins de la conscience
dans la jachère des idées

Au côté de mes pères
tu es un essentiel

qui éclaire ma voie
 

Tu es parti hier
il y a longtemps
parti sans partir
sans emporter ton ombre
sans emporter ton cri
tu précèdes mon pas
tu enfantes mes mots

 

Je traverse le jour

Il est toujours hier

Je vais
dans un silence habité

tu es là
 

Il y a longtemps

tu n’es jamais parti.
 
JMS
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Ma lettre de Vœux à Mesdames et Messieurs les candidats à la Présidence de la République française et laïque

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Mesdames et Messieurs les candidats à la Présidence d'une France Laïque, je vous souhaite le succès nécessaire à votre réussite, qui ne sera une réussite pour tous que si vous aimez les Français plus grand que l'idée que vous faites de la France.
Faites de la laïcité un devoir républicain au-dessus des compromissions électoralistes et cessez enfin d'afficher de courtes promesses et ambitions électorales pour nous parler enfin de vos projets réels pour la France.

Je voterai pour celles ou ceux qui veulent aider la France à grandir et à soigner ses plaies.
Voter simplement utile, ou pire, voter contre quelqu'un, n'est pas ma priorité. Je ne veux pas voter pour un parti, mais pour le bien de tous les Français.
Mesdames et Messieurs les candidats, serez-vous de ceux qui privilégient un changement social juste ?
Êtes-vous celle ou celui qui exaucera les vœux du Peuple français ?
Êtes-vous celle ou celui qui changera la France parce que vous en comprenez les rouages et les dysfonctionnements ? Viendrez-vous pour défendre le blason d'une seule partie des Français ou nous expliquerez-vous votre projet réparateur pour une France unie ?

Moi, l'homme d'un certain âge qui depuis les années soixante a traversé tous les changements, je crois que pour rompre avec une crise structurelle, il faut rompre avec une organisation fiscale conçue dans les années quarante-cinq, période où la fiscalité se nourrissait d'un commerce et d'un artisanat florissants. Il est consternant de constater que bien que le PIB ait été croissant, seules la finance et les grandes fortunes en ont tiré profit alors que les salaires, et donc le pouvoir d'achat du monde du labeur, n'ont cessé de baisser et que la France d'en bas a été précarisée.
À qui donc profite le malheur des exclus ?
Êtes-vous Mesdames et Messieurs les candidats de celles ou ceux qui répondront à nos attentes ?

Petit historique du désenchantement
Dans les années soixante, l'arrivée des Grandes Surfaces et leur extension s'est faite sur un aveuglement politique encouragé par le fait qu'elles participaient largement au financement des partis et aussi par le manque de compréhension des enjeux sociaux de nos politiciens toutes tendances confondues.
Avoir les meilleures intentions du monde et la volonté de bien faire ne s'indexe malheureusement pas sur les compétences.
Si la Droite sait ce qu'elle veut : des profits pour la Finance, la Gauche ne fait aucune proposition qui soit en corrélation avec une rectification des mécanismes sociétaux et en accord avec nos attentes.
Et vous Mesdames et Messieurs les candidats, pour résoudre nos problèmes, quelles solutions proposez-vous pour un meilleur avenir pour tous ?

Problème 1 - Recherche des causes
Établi dans les années 1945 à une époque où le petit commerce, l'artisanat et le monde agricole étaient source de richesses et de bénéfices, l'impôt social fut logiquement indexé sur le nombre d'employés. Actuellement, les charges sociales du petit commerce, pour chaque employé, représentent près de 50 % du salaire (part patronale + salariale). Cette taxation sur salaires représente le plus souvent 10 à 30 % du chiffre d'affaires PME, alors qu'en grande surface, compte tenu du gigantisme de leur chiffre d'affaires, le poids de cette fiscalité sociale est dix à cent fois moins élevé !
Ce déséquilibre, devenu structurel, pénalise lourdement un petit commerce et un artisanat qui, ne l'oublions pas, génèrent en France la majeure partie de l'emploi. Cette iniquité permet de mieux comprendre et d'expliquer la disparition de millions de petits commerces, la désertification des centres-villes, l'augmentation du chômage, la précarisation, et aussi, dès les années 1970, l'augmentation de la délinquance.
Ceux qui pensent que cela est normal, ou que rien ne peut être changé, n’ont rien à faire en politique. De même, ceux qui veulent rafistoler un système inadapté en maintenant ce dysfonctionnement, devraient partir.
Quand Michel-Édouard Leclerc prétend créer 400 emplois, il omet de dire qu'il ferme des centaines de magasins, qu'il crée des milliers de chômeurs, et que les emplois qu'il crée bénéficient souvent d'exonérations de charges, et des aides de l'État.

Petit rappel : la crise que nous traversons est née de la rupture entre le capitalisme social paternaliste des années cinquante et celui de la dérégulation et de la captation des richesses globales après les années soixante, ainsi que de l'enterrement, par la Droite, du concept de concurrence déloyale.
La notion même d'interdiction des monopoles est oubliée ! En France, une vingtaine de centrales d'achats contrôlent et imposent leurs prix, mettent à genoux les artisans, paysans et petits industriels français, en leur demandant d'avoir des prix inférieurs à ceux pratiqués au Bangladesh ou en Chine, (pays qui n'ont pas de fiscalité sociale), ce qui est non seulement insupportable mais relève de l'abus de position et de monopole.
Une première mesure simple et juste serait que l'impôt social soit prélevé au prorata du chiffre d'affaires tous produits confondus. Ce qui aussi inclurait une répercussion de cette taxe sur les produits importés et, intégrée à la TVA, cela permettrait de ne pas pénaliser les exportations.
Mesdames et Messieurs les candidats, que proposez-vous ?

Problème 2
Concernant l'âge de la retraite, croyez-vous qu'il soit utile de le changer alors qu'il y a des millions de chômeurs et d'emplois à temps partiel subis faute de pouvoir obtenir un temps plein. En une période où les caisses des Grandes Surfaces sont de plus en plus gérées par des robots et où la place de l'humain est réduite par la mondialisation et la robotique, n'est-ce pas là une porte ouverte à la programmation d'un sous-emploi destiné à faire tomber les salaires ?
Quand des licenciements sont opérés seulement pour augmenter le profit des actionnaires, n'est-ce pas là une faute morale qui devrait être recadrée par la Loi ? La gestion financière des entreprises, avec l'aide de l'État et un encadrement de la Loi, ne pourrait-elle pas respecter la conscience et l'éthique ?

Problème 3
Acceptez-vous que certains industriels et groupes de la grande distribution faisant de larges profits, licencient leur personnel aux seules fins d'engraisser les salaires démesurés des dirigeants et les dividendes des actionnaires ?
Acceptez-vous qu'un travailleur ne puisse subvenir à ses besoins ou qu'il soit contraint de vivre dans la rue ou d'accepter un travail non rémunérateur à temps partiel pour truquer des statistiques ?
Mesdames et Messieurs les candidats, cautionnez-vous cette fraude aux statistiques ? Que proposez-vous qui soit équitable ?

Problème 4
Le trou de la Sécurité sociale ne vient-il pas en partie à cause du prix des médicaments qui varie de 1 à 60 selon les pays !
Autorisera-t-on encore longtemps que les laboratoires touchent des subventions et soient seuls maîtres des profits et des marges bénéficiaires qu'ils réalisent ?
Ne devrait-il pas y avoir des condamnations pour non-assistance à personne en danger quand quelqu'un meurt parce qu'il ne peut payer son médicament ?

Problème 5
L'industrie subventionnée et celle financée par l'actionnariat, ne devraient-elles pas avoir une déontologie contrôlée et régie par une Loi fixant la répartition des bénéfices, imposant la création de fonds de réserve prévoyant l'investissement et la reconversion ? Quand ferez-vous cesser la programmation des dépôts de bilan et les parachutes dorés après le pillage de l'entreprise ?

Problème 6
Mesdames et Messieurs les candidats, resterez-vous complices de la spéculation sur l'hébergement des malades d'Alzheimer, déficients physiques ou mentaux, et autres maladies dégénératives ?
Que ferez-vous pour éviter le suicide dû au désespoir des aidants devant leur impossibilité de payer chaque mois de 3 000 à 4 000 euros pour un EHPAD ?
Que ferez-vous pour résoudre cette tragédie ?

Problème 7
L'éducation LAÏQUE, seule peut élever la condition de l'Humain et éviter la barbarie. L'école ne doit pas faire d'impasse. L'enseignement de l'Histoire doit, sans censures, replacer l'événement dans son contexte et dans son époque, à moins que la République se prépare à enseigner que la terre est plate !

Problème 8
L'acceptation de la laïcité ne devrait-elle pas faire partie de l'accueil des migrants ? Qu'en pensez-vous ?

Problème 9
Refuserez-vous de léguer aux enfants des futurs millénaires une pollution radioactive générée par l'énergie atomique pour satisfaire des besoins à court terme dont les dangers et les coûts sont sous-estimés ? Risques : prix des EPR sans cesse multiplié – Prix des démantèlements non anticipés – Risques d'attentats, inondations, tremblements de terre et erreurs humaines ?
Continuerez-vous à enfouir les déchets radioactifs qui empoisonnent la Terre de façon définitive, ou choisirez-vous enfin que les milliards finançant le nucléaire soient investis dans le développement des énergies renouvelables ?

Problème 10
Doit-on oublier que la justice n'existe que quand elle est la même pour tous et les sanctions proportionnelles. Quand un vol à l'étalage est puni de prison alors que le détournement, (paradis fiscal ou pas), bénéficie d'égards scandaleux, n'y a-t-il pas compromission et délit de justice ?
Que ferez-vous pour mettre fin à une justice à deux vitesses ?

Mesdames et Messieurs les candidats, êtes-vous prêts à devenir des élus de la République préparés à une réparation et à une ré-humanisation d'une France Laïque, ou vous battez-vous seulement pour un titre de président de la République qui s'inscrirait dans le cadre d'une confrontation Droite-Gauche en ignorant le sort des Français ?

Très cordialement, je vous présente mes Meilleurs Vœux pour France.
Jean-Michel Sananès

 

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Mes voeux 2022

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Le lamento de la vieille étoile

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je me souviens du monde d’avant le silence des cœurs, d’avant le large silence. Je me souviens du temps où seuls existaient les continents de la pensée. Quand le magma des énergies immobiles contemplait les nuances et les frissons irisés du néant, quand le rêve inventait le bleu. Quand le Tout méditait, ciselait le prisme de la conscience. Quand n’existait que la musique du Cœur, bien avant que l’on écartèle le vide, bien avant que l’on en extirpe l’eau, le vent et les premiers songes, bien avant que les plus mauvais ne fussent nommés cauchemars et que les plus beaux soient appelés rêves.

C’était bien avant l’envie, avant l’avidité, le pouvoir et la peur. Je me souviens, au creux de mon enfance, il fut un temps où Dieu n’habitait pas encore les buissons ardents. Il ne se cachait pas.
C’était au commencement, au temps où les dieux créèrent le vent et le posèrent sur mes épaules, je n’étais pas encore stone mais j’étais déjà ivre, ivre du plaisir de vivre au calme dans la largeur du temps. J’étais déjà casanière et bien trop paresseuse pour faire ma route. Le serpent dormait. Comme moi, il buvait la douceur des jours. Sous des soleils de plomb, nous portions l’ombre. Libre de toute ambition, insensible au désir, indifférent à la futilité des pommes, le silex dormait parmi les canyons et les plaines. Il n’armait pas encore les flèches. La lune souriante se croyait intouchable. La pomme et le serpent n’avaient pas jeté leurs sortilèges.
Un jour, pourtant, ils le firent et, l’univers changea. L’eau porta mes larmes, l’oiseau habita le ciel, les cartes du destin brandirent leurs piques, il me fallut faire ma route, m’extraire de mon milieu naturel. Certains parlèrent de l’évolution des choses, d’autres dirent qu’il me fallait faire carrière : c’était l’âge de pierre.
Moi qui me croyais de roc, moi qui étais brute, on me préféra polie, on me préféra de marbre et d’albâtre, on me sélectionna : les fils de la pomme me domptèrent, me façonnèrent à leur image. L’Assyrien incrusta sa forme sur ma peau, y grava des profils, des roseaux, des chevaux, une panthère blessée. On mit à bas mes hauts reliefs, on me fit bas-relief. On me fit murs et palais, l’Égyptien me fit pyramide, l’intellectuel me tatoua ses hiéroglyphes, l’amoureux ses cœurs et ses flèches. Quand je chantais j’étais rolling stone, plus rock, plus roll que stone.

Je ne chante plus.
Plus rien ne va, ici-bas. Au coup du burin, chaque caillou saigne sa poussière, j'ai perdu mon moral de béton, je faiblis, j’essuie les plâtres. Je ne suis plus la pierre angulaire où l’on appuie le vent, le socle de l’univers où le ciel se pose. Je suis l’arène du monde. Plus rien ne va.
Ainsi, moi qui fus montagne, je suis devenue caillou, dalle, fronton, colonne, parfois même trottoir. Ils m’utilisent, m’asservissent, me bitument, me broient, me pressent, me stressent, me compriment, me dépriment.
Il fut un temps où l’on m’appelait Terre, roc, planète, univers…
Mais… rien n’est joué, je me révolte. Je suis le pavé dans la mare, la colère des dieux. Mes larmes de pierre sont des laves chaudes, des magmas en révolte qui attendent leur heure. Mes larmes froides sont des tsunamis en furie, mes coups de gueule des volcans, mes frissons des tremblements de terre.
Dans ce monde fait de briques et de broc, je ne tourne plus rond. J’ai envie de faire le mur, de courir les étoiles…
Restons terre à terre, ce n’est pas pour demain. Mais… déjà mes grains galets descendent la montagne.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Éditions Chemins de Plume - 12 Euros

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À l'heure où dorment les hiboux

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


Ce matin j'ai regardé le ciel,
un oiseau y passait
j'ai regardé l’horizon
venu de nulle part un voyageur le traversait
au loin un homme travaillait la terre
près de lui une femme et des enfants
s'affairaient à de petits labeurs
c'était à l'heure où dorment les hiboux
dans un voile de brume
jouaient une biche et son faon
j'ai regardé en moi
les souvenirs y dansaient

Grand-père  me disait :
"Regarde, regarde bien,
devant toi, danse le visage de Dieu".
 
25/12, Ce matin ces quelques mots tombés dans mon café
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Ma lettre au Père Noël

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Ma lettre au Père Noël
Mon petit Papa Noël, moi qui ne suis plus de jeunesse première, si tu le veux bien, sur ma liste de cadeaux, permets-moi de ne pas te demander de trottinette électrique qui sache remonter les côtes, de porte-bagages pour le vélo de ma femme, pouvant porter mes 80kg d'âge, ou d'efface-vélos pour ceux que j'ai dans ma tête et, bien que de nouveaux genoux m'eussent bien servi pour jouer les moins-vieux beaux, pourrais-tu m'offrir pour Noël ce stylo magique dont je rêve, un accordeur de verbes, un dompteur d'accords, celui dont l'encre de tête ne fait pas de fautes d'orthographe et ne perd jamais le fil bleu de l'imagination quand il court.
Une quatrième patte pour Léo serait prioritaire, mais le bonheur de vivre nous suffira, tout comme celui de pouvoir croire que la faim n'existe plus dans ce monde qui pourrait être notre paradis.
Mon petit Papa Noël, impatient, je t'attendrai au pied de l'arbre, viendras-tu ?

Ps - J'ai une panne d'enfance, le vent m'efface, me reconnaîtras-tu ?

J.M et Mohamed, le héro de "Le vieil homme disait")

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Parce que le besoin d'impossible fait le possible : Que Noël soit !

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Voeux de Noël 2016

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Je suis l’arbre cloué au silence

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je suis l’arbre cloué au silence
le chant de l’enfant muet
qui voit passer le jour
la vie court

Je suis l’épigraphe
posée sur le crépuscule d’une feuille
je suis l’attente
la vie court

Je suis le soldat de plomb
jeté dans la mêlée
une cartouchière chargée de rêve
la vie court

Je suis l’œil qui mesure l’infini
trois fois plus grand que le rêve
trois fois plus court que la mort

Je n’écris pas de béatitudes
quand des enfants pleurent
dans le crépitement galactique

Trois fois plus courte que le rêve
la mort court

je suis l’enfant muet qui voudrait rêver
l'œil qui pleure sans rien pouvoir changer

Je suis l’arbre dans le goudron englué
je suis l’œil sur chant de mort

Trois fois plus grande que l’espoir
la vie court

Je ne suis et ne veux être
qu’un fruit de terre parmi les miens
qu’un fruit de terre parmi les autres

Rien
et rien d’autre que l’œil
aux devantures de l’attente

Je ne suis qu’un arbre cloué au silence
le chant de l’enfant muet
qui voit passer le jour.

JMS in  "La diagonale du silence"

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Aux frères d'utopies et à mes frères

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À JML

Les frères d'utopies désespérées et du silence savent que les hommes ne se classent pas en espèces, couleurs, religions, ni selon leur capacité d'apparat, leur puissance, leur technologie ou leur culture. Il est des territoires sans haine où seules leurs aspirations différencient les hommes et peuvent les magnifier en élevant l'humain jusqu'à la beauté.
Quand je dis 'beauté', il ne s'agit pas, bien sûr, de ce ressenti culturel qui associe les apparences à une forme esthétique, mais bien de l'intangible vibration qui orchestre le chant des âmes.
Avec Jean-Marc La Frenière, je crois que la voix de Chibouki, son loup, comme celle de mon chat, pèsent plus dans l'univers que celles de n'importe quels assassins. Les animaux ne prient pas au pied des bûchers ni ne les allument, ne capturent pas les enfants des peuples à genoux pour les asservir. Les animaux ne savent ni le mensonge ni l’hypocrisie, ils appartiennent à une intelligence cosmique du vivant qui ne possède ni ne soumet.
Aucune existence ne peut se départir d'un subconscient supérieur qui fait qu'une minuscule tête de poule contient suffisamment de conscience pour que, quand le danger est là, elle attire le prédateur loin de son nid, lui offrant sa vie afin de le détourner de sa nichée.
Avec Jean-Marc La Frenière qui dit : "j'écris à cœur ouvert…", je crois à "la foi d’un loup, la tendresse des ronces, la finesse des roses". Avec lui, je crois aux vérités essentielles, loin de ceux qui pensent que la beauté est en vente Place Vendôme. L'élégance ne s'achète pas ! Elle est sur nos chemins, là où nos cris se croisent dans un monde où la rentabilité, l’avidité, ne font pas bon ménage avec la conscience.
Le poète qui vide son âme dans les mots, sait que l'élégance est dans la main tendue, l'oreille que l'on prête à l’autre et le cœur ouvert aux laissés pour compte.
Quand les mots de Jean-Marc La Frenière nous parlent du frisson de l’herbe et des chapelets d'un alphabet de bonté, j'entends le cri des âmes suinter dans son encre. Comme lui, je suis d'espoir tenace quand il nous dit : "Un jour, je l’espère, chaque rêve durera plus longtemps que la nuit".
JMS le 4/12/2021

 

Publié dans JMS - A paraître

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Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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