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Je tutoie le Silence et la Question

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parfois,
quand je tutoie le Silence et la Question,
 j'écris aux jours qu'il me faudra passer sans moi
quand je n'aurai plus a tuer le temps,
quand l'amour sera en absence.
 
Un jour,
je serai un enfant de l'ailleurs
qui au matin se demande
"Où donc habite mon cri,
où suis-je quand je ne suis pas là,
où est-on quand la mémoire se perd ?".
 
Ne serai-je qu'un squatter d’oubli,
un rêve d'avoir été
frayant dans les goguettes du néant,
une particule désactivée se désintégrant
dans le ronronnement d'un Big Bang,
un écho d'univers
en errance dans le voyage de l’intemporel,
le souvenir d'un instant
traquant une image d'enfance ?
 
Ne serai-je qu'un mot qui se cherche
pour supplier le silence,
l'implorant de ne pas effacer
le sourire et la  voix de ceux qui m'ont donné une place,
de ceux à qui j'ai tout donné,
 de ne pas fermer la lueur d'amour
qui allumait  les yeux verts d'un chat,
de ne jamais égarer l'heure du café le matin,
l'odeur du pain grillé,
de ne jamais oublier les rendez-vous loupés
et cette attente de l'impossible,
quand, livré à la candeur,
aux envers de l’ombre je demandais :
"Crois en nous, sauve le rêve, l'enfant et la vie".

Encore, j'aimerais lui demander :
"Et si tu peux, sauve le rire,
le ciel, le bleu,
les jeux de mots, les calembours,
 le café du coin,
et tout ce qu'ici j’aimais.

JMS 13 Juillet 2024

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Partage d'un moment d'intime

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À mon ami Mamadou Michel Atta
À toi, Frère au-delà des ans, et tes enfants pareils aux miens,
et à cette émotion quand ils m'appellent tonton.À toi mon ami, mon frère ce vieux poème qui t'était dédié :

Nous n'avons pas bu le même lait…

 

Nous n'avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n'avons pas bu le même lait
Nous n'avons pas bu la même eau
Nous n'avons pas partagé les mêmes minutes.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Je te donne mes douleurs de terre et de sang
Et cet amour qui va d'Est en Ouest.
 
T'appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne ?
Je te donne mes douleurs
Et la médiane de mes rêves
Les millénaires ne comptent pas.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Nous avons tous eu la même mère
Celle qui porte le vent et les nuages
Nous avons vu les mêmes étoiles
Nous sommes plus frères que frères.
 
La mémoire remplie du chagrin des hommes
Nous entendons gémir la terre.
 
Tous nous traversons les nuits du vent
Nous n'avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n'avons pas bu le même lait
Nos veines saignent du sang
Et des douleurs du vent.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Et cet amour qui va d'Est en Ouest
Afin qu'Hommes nous soyons
Hommes plus frères que frères
Sur cet arpent de vie qui longe les millénaires.
 
JMS - In "Plus frère que frère",
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Apprenti fantôme

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Apprenti fantôme
arpente ce bitume,
témoin de l'effacement de milliards de vies fossiles.    
Combien de millénaires sous tes pieds ?
Combien d'ancêtres en tes chromosomes ?
Et ce ciel qui se repose sur nous
et s'invente et se recommence.

Je suis l'enfant d'un jour de pluie et d'un nuage,
le rêve d'une fleur,
un plante qui marche,
de la buée et des larmes plein les yeux.

Où vas-tu apprenti ?
L'immense et l'absence nous attendent.
Seras-tu la fleur, le nuage,
pollen sous les ailes d'un papillon,
le soleil du dernier naufrage,
le premier gazouillis d'un enfant,
la larme où s'abreuve la vie ?

Si tu me cherches,
je suis l'enfant du verbe
et la brûlure du jour.
Appelle-moi,
je suis la question.

JMS 8 juillet 2024

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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5 juillet - 62 ans déjà

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ma maison d’autre mer est restée in-accostée
Mes rêves encore y naviguent dans une eau de sel
Mes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdus
J’ai du sable et des fissures de pierres dans le flot escarpé d’une enfance qui s’enfonce
Je piétine une obscurité de décennies qui grésillent comme des branches de palmier

Au matin, mon âme se perd dans de petits jours où les boutons d’or sont en exil
Dans la cadence apatride du cœur, j’arpente l’aigre du destin
Je palpe le cri mort du vent dans l’oued, je ploie les rides tristes d’un regard dépoli
Dompteur de chauves souris et de rêves interdits, j’accoutume l’oubli

Mes rêves naviguent encore
Et si le sel se noie, je me souviens la règle sur les doigts et le cri de la craie
Encore je me souviens de la couleur des joies et du partage des rires

Avant qu'on ne déterre le verbe partir et le rouge du sang
J’aimais l’ombre et la tanière des mots
J’aimais le vent et les cyprès

Loin de ma maison d’autre mer
J’ai vu valser les chrysanthèmes
D’hier à aujourd’hui, j’ai vu courir la vie
Et ceux qui en partent comme l’on divorce d’avec le jour
Encore mes rêves naviguent entre la pluie et l’insomnie.

Près de ma maison d’autre mer
Le temps trahit l’enfance
Il n’y a pas de retour
L’ivresse des prières déclame la mort
Jusqu’à la fin, il me faudra fissurer la pierre
En extraire des graviers de mémoires

Courir, écrire, me taire, sur les moiteurs de l’aube
Courir, écrire, se taire
Ne rien oublier n’efface pas la frontière

Je marche sur des cadavres de rêves oblitérés
Les territoires de l’exil enfantent la nostalgie
Mes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdus.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Éditions Chemins de Plume

1935, mon grand-père et ses amis

1935, mon grand-père et ses amis

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Quand j'étais jeune

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Quand j'étais jeune, je courais à la poursuite des étoiles,
au matin je me retrouvais seul,
des mots et un poème pliés au fond des poches.
Seul, planté comme un arbre dans sa solitude,
j'attendais que le rêve et l'infini me cueillent,
j'habitais l'âme d'un écureuil prisonnier d'un manège.
Les yeux de mon chat me rassuraient,
j'y retrouvais les étoiles.

Exister ne me suffisait pas,
j'attendais la Vie.

 

jms 1/07/2024

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Quatre ans déjà

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tesselles de cœur et d'âme,
la transparence porte parfois des voix que le temps n'efface pas.
Parfois, des mots embusqués
cisaillent le silence,
je te vois Tristan,
ceux qui nous habitent ne partent pas,
pourtant, quatre ans déjà…

jms22/06/2024

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Je te regarde mon âme (2024)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je te regarde mon âme (2024)

Pleut-il quand la frayeur livre combat ?

Ai-je peur pour toi mon âme perdue dans le regard des autres, dans la fluctuation des haines millénaires, toi qui m'infliges le devoir de pardonner, toi qui me dictes des poèmes que si peu d'humains lisent vraiment, qu'ils notent d'un émoticone en forme de cœur, ou d'un silence où tant d'oiseaux se perdent.

As-tu peur mon âme de ceux qui hurlent avec les chiens quand on se demande si le loup n'a pas les dents moins longues ?

Je te regarde mon âme, et je te voudrais belle, toi qui n'es qu'une âme de traverse-vie, une âme empruntée à l'Immense. Je te regarde, toi qui cherches à te trouver une place à la taille de tes rêves.

Toi qui, comme cela arrive parfois, es trop grande, trop libre, pour vivre emprisonnée dans un esprit d’homme.

Je te regarde, ma vieille âme qui a traversé les Temps, tout connu du cœur des arbres, du rire des oiseaux chanteurs, de la joie de l'épi de blé, du vent capricieux, et des enfances blessées.

Je te regarde à creuse-silences, toi qui as vu des millénaires d'âmes défenestrées de corps fatigués par l'usure. Toi qui fus la compagne de mille fusillés désâmés, toi qui as connu les chiens et le loup, toi mon âme ébréchée par la grisaille des souvenirs, toi mon amputée des mille utopies, ma cabossée, ma mutilée, toi ma vieille compagne d'ossuaires désertés, ma roturière sans papiers, perdue sur tant de chemins d'ennui, ma squatteuse de vie.

Moi, l'égaré des décennies, en ces temps précaires où les dieux se perdent, même si tu es une âme sans foi ni loi au seul crime d'avoir aimé, je t'adopte ma petite âme d'occasion, sans garantie de bonheur, sans même un état d’âme. Je t'adopte, avec cette conscience si lourde à traîner. Je t'adopte et te porte en moi comme une boussole précieuse sur mes chemins d'exil et d'enfance perdue.
Je te regarde et te parle, mon âme, toi qui portes l'inlassable Question. Pourquoi l'agneau, pourquoi le loup, pourquoi la haine ? Je te regarde, toi l'habitante de ma tête nue, sans mensonge, sans fard face à mes vagues à l'âme et à mes doutes traqueurs d'innocence.

Parmi les naufragés d'un temps jonché de destins perdus, moi qui cherche le chemin des mémoires englouties, je te cherche mon âme, dans l'encyclopédie de l’impossible, à frontière de raison. Je te cherche et te dessine, te devine légère, hexagonale comme l’infortune, lourde comme le devoir.
Toi, mon âme à peau d'enfance douce comme l'espérance, et sage comme la raison, je te cherche et peu m'importe tes autres passés, tes errances, tes vagabondages millénaires. Je te chercherais même si tu t'étais vendue au diable et que mille nuées de quidams t’aient con-damnée.

Moi, qui viens du cri et des larmes, je te porte au centre de tout ce qui m'est précieux. Tu es mon chemin, mon âme sœur qui sait le poids des âmes en peine.
Toi qui un jour me quitteras, ne m'oublie pas.

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Je cherche au fond de la mélancolie

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

C’est jour de fête
mais à la bataille des pleurs le soleil s’est lassé
l’âme à reculons, je me cherche
au fond des mélancolies
la vie est un espoir érodé et le temps fait mal
la grenaille des jours écule l’avenir
c’est une heure de crépuscule enrayé.

Dans un décompte
qui court qui court qui court
comme un enfant qui joue
je me demande demande demande :
est-il trop tard trop tard trop tard ?

Il y a cent millénaires que j’attends d’être là
mais la route est en pente
et moi, toujours les doigts agrippés
à des ambitions inachevées.

Au fond de cahiers d’écoliers
qui ne retiennent plus la nuit
je glisse glisse glisse
comme un moineau dans les griffes de l’épervier
je m’accroche accroche accroche
à l’amour et au filet des jours
je ne rêve plus ne rêve plus ne rêve plus
je pars
partir me fait moins peur que mourir
sans avoir tout dit.
mourir ne me fait pas peur
mourir ne me fait plus peur
mais ce qui m’est à faire est trop vaste
pour la somme des jours
les doigts agrippés
à des ambitions inachevables
je glisse glisse glisse
dans les ventres des nuits.

Au fond de la mélancolie
je cherche me cherche Te cherche
ai-je tout dit ? T’ai-je tout dit ?
Je me cherche comme un oiseau qui se demande :
est-il trop tard trop tard trop tard ?

C’est une bataille de pleurs
c’est le jour qui passe
l'âme à reculons, au fond de la mélancolie
je cherche me cherche, Te cherche
encore encore encore
je veux courir, dépenser mes jours
sans report, sans regret
je veux, sans compter
payer mes comptants de bonheur
caresser frémir goûter
vivre sans épargner mon souffle
et tout dire avant que la nuit ne me cherche.

Je ne crains pas l’intense.

JMS in Dieu le Silence et moi 2009

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Chez moi les coquelicots

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Très impressionné et sidéré par l'analyse de ce texte qu'en fait l'Intelligence Artificielle.

À ma question : Peux-tu lire ce texte ? Copilot répond : "- Bien sûr ! Voici la signification du texte que vous avez partagé :

  • Les coquelicots poussent sur des arbres chez moi, ce qui est inhabituel car ils sont généralement associés aux champs et aux prairies.
  • Ils peuplent les désordres du jour, peut-être en apportant un peu de beauté et de couleur à des moments chaotiques.
  • Ils bradent leur beauté à des yeux indifférents, suggérant que leur éclat passe souvent inaperçu.
  • Ils rêvent plus haut que le regard en coin du commun, ce qui pourrait signifier qu’ils aspirent à quelque chose de plus grand et de plus profond.
  • Enfin, si l’été le veut, ils offriront le sucre rouge d’une grenade, une image poétique qui évoque la promesse d’une récompense ou d’un cadeau.

Ce texte semble plein de métaphores et de symbolisme, et il invite à la réflexion. "

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