Jeudi 2 juillet 2009

 

L'homme cousu de vent et de nuages

celui qui voulait courir les Alizés

 

celui qui n'ira pas où va le vent,

 

l'homme qui cachait ses rêves sous tes sourires,

l'homme qui posait son cœur sur tes soupirs,

 

celui qui voulait te cueillir des étoiles et du lilas,

 

à la moisson ne trouva que toi

pour parler de rêves à faire fleurir.

 


Jean-Michel Sananès, in "Cheval fou"
Editions Chemins de Plume

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Dimanche 28 juin 2009


Et l’île résiste, rue sous la nuit

Et l’océan colère, colérise

Et la vague glapit

Blessée

 

Et l’oiseau cible dans le ciel

Et la nuit penche

Et le monde bascule

Calcul

 

Silence !

Je ferme les yeux pour laisser passer le jour

J’ouvre un rire d’entre dents

Ivre

 

L’enfance se mange au soleil

Je meurtre entre matin et dieu

Trop de sel noie l’archipel

Folie

 

Le silence est si faible que le vent passe

L’amour si fragile que l’ange se lasse

La raison si lâche qu’elle se tait

Crime

 

Crie crie

Monde étranger à l’homme

La soupe plastique noie l’orque

Crucifié

 

Crie crie

Monde rebelle

Île attachée au  miroir

Assassin

 

Ne gémit plus

La mer comme la vie

Frémit

Meurt.


JMS

Par Cheval fou - Publié dans : Derniers délires avant inventaire
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Mardi 23 juin 2009

Mine de rien, je respire sans en avoir l’air, je boite, je cherche, je rêve, je prends le temps, le temps me prend. La vie m’a mis à pied, je suis seul avec mes valises. Je clopine entre deux trains, entre les minutes, entre la nuit et le soleil, je traverse la ville, le miroir, la rue et mes états d’âme ; j’écarquille mon silence, mon sommeil, le réel, parcours ce compte rendu de la débauche que l’on nomme journal. Tout va bien il n’y a plus d’embauche, je suis libre comme l’air, mais l’air est pollué – Je pense à toi, au frigo, une larme pollue ma joie. J’ai faim, le frigo crie famine, mais je n’en ferai pas toute une tartine. Rien de nouveau sous les Tropiques, j’ai lu que pour certains c’est la crise, la crise de conscience : bonus or not bonus, that is the question ! La neige fond mais il fait beau à Megève. J’ai connu la rue St Honoré, les marées basses, le chant du cygne, plus de cravate, mais pas de crise. Il y a longtemps que j’ai faim. Les poissons et les marins disparaissent. Entre Maserati et le métro, l’in-espoir brade les salaires. J’ai lu la Une : le petit disait, "soyez pauvres pour aider les riches". Je ne sais plus donner ce que je n’ai pas, je ne sais pas donner ce qu’ils m'ont pris. Les géants font leur beurre avec le lait des vaches, les paysans connaissent les vaches maigres. L’air est pollué ; on va les tuer. L’avidité mesure nos désespoirs. Aucun baiser ne colmate l’horizon. Mine de rien je vais au charbon, je cherche mon ozone, je creuse le mot, je creuse ma tête à la recherche du rire ; je chercher la vérité, peut-être mon chien la trouvera. Une larme pollue ma joie -et je pense à toi, au frigo ; tant d’amour dans la peur, tant de peur dans l’amour ; vivrez vous mes enfants mes amours ? Tiendrons-nous jusqu'à la fin du jour ?
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Samedi 20 juin 2009

  J’ai un doigt ici et la tête ailleurs

Des rêves de printemps et le cœur en Auvergne

Je bouillonne comme un volcan

Je ne suis pas dans mon assiette

J’ai vu passer le train

                                                                           

Tu t’es roulée dans la couleur

Tu as bu tout le champagne

 

J’avais mis les petits plats dans les grands

Je n’étais pas dans mon assiette

J’ai laissé passer le coche

Tu es montée sur tes grands chevaux

Tu as pris le train

 

Et moi je crie je pleure je rêve

Et moi j’écris je meurs je crève

 

J’ai marché si haut que je n’ai pas vu le rail

De nos amours et du bain je ne garderai que l’eau

Un éclat de rire t’a emportée

 

Il y a du silence dans mon café

Du cauchemar dans la chantilly

Tu m’as roulé dans la farine

Il y a du sel sur mes tartines

 

Depuis j’habite sur la colline

Depuis, chaque soir

Un train t’efface dans des poussières de rêve


Chaque soir l’araignée de l’espoir

Tricote ses larmes, trame une toile où se perd ton nom

Chaque soir je rabroue les étoiles

Le monde est si vaste que j’en perds la raison

 

Toi tu pars, tu roules vers ton bonheur

Et moi je crie je pleure je rêve

Je cloue les heures

Je suis dans de sales draps mais toi tu dors ailleurs

 

 

Chaque soir le monde t’éloigne

J’en serais bien parti les pieds devant

Mais je préfère rester debout

 

Tu t’es roulée dans la couleur

Tu as bu tout le champagne

Chaque soir, j’écris ton rire avec des larmes

 

Comme l’absence le monde est immense

Je  vis comme un éléphant dans une coquille d'huître

J’ai du rêve dans ma salière

 

Toi tu pars, tu roules vers ton bonheur

Et moi j’écris je meurs je crève

Je m’énerve je crie je pleure

Je me meurtris je trie j’écris

Je fais le ménage dans ma tête

 

Un stylo m’ouvre la vie.

Par Cheval fou - Publié dans : Derniers délires avant inventaire
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Mercredi 17 juin 2009

Bizarre bizarre

Je me réjouis de la place que le Salon du livre Nice 2009 a donné au Roman policier et au talentueux René Frégni, "La Mer" ici représentée par Olivier de Kersauson ou Florence Arthaud, Michel Desjoyeaux et autres célébrités qui parfois, comme Patrick Poivre d’Arvor ont des écritures de qualité. Je me réjouis de la place donnée à ceux qui en eux portent, comme Malek Chebel, des projets de résistance au service de la démocratie et non de la croisade. Je peux comprendre que les "people" et le voyeurisme soient invités pour attirer le grand public. Mais pour autant, Alice Dona, Astrid Veillon, Mylène Demongeot, Jean-Loup Chrétien, Catherine Laborde, Hervé Claude, Agnès Michaux, Sophie Davant, dont je ne juge pas la qualité littéraire, ou autres extraits de programmes de télévision, peuvent-ils se substituer aux écrivains ?

L’homme canon sur la place publique et les cracheurs de feu, peuvent-il se substituer à la ballerine sous prétexte que la foule afflue ?

… Mais pour autant, la question se pose : où est la littérature quand elle est à ce point délayée, quand la poésie n’est pas citée dans la liste des auteurs, quand on fait de la littérature un produit et non un qualitatif. Quand la stratégie du faire venir des badauds prime sur la qualité de l’écrit, quand un organisateur prétend que la poésie n’intéresse personne ?

Le Salon du livre Nice n’a manqué que de chipolatas-merguez pour être promu au rang de foire aux livres, est-ce cela que l’on voulait ?

Bizarre bizarre, j’en suis encore triste

 

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Jeudi 11 juin 2009
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Mon nouveau recueil

"Plus
frère que frère" - Éditions Chemins de Plume
paraît pour le
Festival du Livre de Nice
les 12, 13 et 14 juin 2009


©
Peinture de couverture : Jean-Michel Sananes


****

La nuit s’arrête au matin
encore il me faudra picorer les misères du monde
avaler mon chant
lire et relire les nécrologies que le soleil efface
ombre lumière frontière…
Je traverse pieds nus
les nuages couvrent la lumière
je cherche le passage.




Éditions Chemins de plume    12 Euros
ISBN 978-2-84954-079-4
cheminsdeplume@yahoo.fr




 
Par Cheval fou - Publié dans : Plus frère que frère
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Mercredi 3 juin 2009

Après le meurtre de George Tiller,

médecin américain assassiné pour avoir pratiqué des avortements et sauvé des vies

 ***

Intégriste, lève toi et tue

Une femme a voulu choisir le moment où elle donnerait la vie

Un couple a voulu choisir le moment propice à l’amour d’un enfant

Un père a voulu choisir le moment où il pourrait faire un Homme

dans la dignité du pouvoir manger tous les jours

de celle d’avoir un lit, des rires, des cahiers, et du bonheur

 

Mais c’est vrai, intégriste

toi tu bondis devant les crimes commis

contre les milliards de spermatozoïdes abandonnés

chaque nuit dans le ventre caoutchouteux des capotes

 

Intégriste

vas-tu maintenant tuer les branleurs solitaires

et tous ceux qui ne pensent pas comme toi ?

 

C’est vrai, intégriste

aimer comme les hommes aiment, t’est étranger

tu es de ceux qui fomentent les guerres et les djihad

de ceux qui, parlant d’amour

laissent mourir de faim

des enfants aux quatre coins du monde

 

C’est vrai, intégriste

tu es de ceux qui refusent les sacrements

aux enfants morts avant baptême

 

Tu es de ceux qui tuent

en parlant d’amour

tu n’es que l’hydre à sept têtes

qui mangea l’indien le bison et la terre

qui, là bas, enferma la femme sous la bourca

qui, là bas, assassine les enfants du Darfour

 

Tu crois parler d’amour, intégriste

alors que tu en as fait un péché

 

Moi, je ne veux que l’amour.


JMS

 

 

Logique

 

Côté logique pure, sans émotivité

 

En 2006 la Population terrestre a dépassé 6,5 milliards d’humains, après avoir plus que doublé en 37 ans (en 1950 : 2,5 milliards et en 1987 : 5 milliards). Les prévisions tablent sur une population variant entre 7,3 et 10,7 milliards d’habitants en 2050.

 

 

 

Actuellement, une personne meurt de faim toute les 4 secondes (24.000 par jour), 815 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Le monde épuise ses richesses, la surpopulation le pollue, le climat change. Dans ce capharnaüm, l’aveuglement des intégristes de toutes religions demande pourtant encore plus et plus d’enfants.

 

Les intégristes croient que Dieu solutionnera peut être cela par de bonnes épidémies* ou une bonne guerre contre "les méchants". Conséquence logique de cet aveuglement, seule la force  ou le privilège, en nourriront certains et la plupart mourront.

 

Excusez moi messieurs mesdames, la réalité me fait peur, et la logique intégriste me terrifie.

 

*l’interdiction des préservatifs est en soit une incitation épidémique

 

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Dimanche 31 mai 2009
Mon chien
est sorti chercher le silence
la rue était  pleine
mais il n’a rien trouvé !


JMS

Où est la vérité ?

Mon chien mène l’enquête




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Dimanche 31 mai 2009

C’était un petit soldat

Qui marchait droit devant

Qui allait de l’avant

 

Dans les bois

Le fusil s’embusquait

Et la neige tombait

 

C’était un petit soldat

Qui chantait et rêvait

À la maison aux roses

Et au doux regard qui s’y cachait

 

Nous étions en hiver 

À prier pour qu’avril vienne

 

C’était un petit soldat

Qui allait de l’avant

L’amour allait devant

Se coucha dans le givre      

Ne sentit pas venir le froid

 

Personne ne le sut

À la maison aux roses

Et la belle se maria


L’hiver et le fusil firent leur chemin

Par chance le petit soldat n’en sut rien

Cela l’aurait sûrement tué.


JMS

 

Par Cheval fou
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Vendredi 29 mai 2009

Alors
n'existait pas
l'éclipse des étoiles

Le ciel rejaillissait, inaltéré
derrière les palmeraies du rêve

et l'aurore,
sur nous,
savait battre des cils.


C.M. " Mes Algériades "  2000

Par Cheval fou - Publié dans : Ils disent
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