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Le silence entre les portes de Roger Aïm

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Chronique du jour

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

D'un pas fier, j'étais parti,
insouciant, sautillant sur un siècle
qui depuis trop longtemps m'avais mis en quarantaine ;
parti me faire requinquer le moral,
remettre à neuf par un garagiste de plurigénaires ;
mais, encore aujourd'hui,
j'avais joué à mal donne,
j’avais tiré la carte des mauvais jours,
j'étais  tombé à  pique
avec l'élégance d'un vieil as de voltige,
sans prestige, je m'étais couché,
étalé sur trottoir ;
trop fier pour avoir mal
ou écorner mon profil de gladiateur du web-salon,
comme un matador mal encorné,
torse bombé, j'avais repris ma route,
mais le trottoir s'en souvient !
Pas pleuré… même pas mal,
et dodo les neurones,
même pas réfléchi,
me suis même pas demandé
si, avoir mal aurait froissé mon ego,
un peu neu-neu quand même !
 
jms 26/08/22
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Danser avec la mort

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Blues blues,
j'ai du vert de gris dans ma mémoire,
de l'alcool et des cris dans mes vers,
des pieds posés sur le swing d'une phrase,
des syncopes de litanie qui cherchent leur rythme,
j'ai mis des verres dans mon poème,
un vinyle sur la platine.

Blues blues,
au soir de ce vieil été,
je suis aussi noir que la poudre est blanche,
J'ai des mots emplis de vers,
je ne suis rien d'autre qu'un trop vécu et ses espoirs
qui aux rétrospectives du jour à l'heure du "Summertime",
se joue l'unique version de sa romance.

Blues blue,
j'ai du gris et l'absence dans de vieux horizons,
une bouche sans dents,
du blues et de la nuit en avenir,
un rire et de l'enfance à enfoncer l’éternité,
de l'humour à en apprivoiser la mise en boîte.

Blues blue,
je me rappelle Janis
avant qu'un jour, une nuit,
avant que mes enfants d'au-delà ne soient qu’insectes,
avant que si toi l'Incertain tu m’attends,
j'aille danser avec la mort
encore j'écoute Gershwin.

Blues blue,
au long tempo d’un cœur
qui encore sous ma peau fait ses rifs
et ignore l’heure du couac
quand l’horizon est bas,
je blues, je tangue,
et encore je crois en la valse des mots,
à la main tendue plus vaste que la solitude,
aux promesses et aux rires de l’enfant fraternel,
à mes rêves plus grands que ce rivage.

Blues blue,
je suis aussi noir que noir quand on attend l’espoir
et que l'ange d'utopie se barre sur l'aile d'un missile,
mes derniers blues me remontent l’hiver,
et si encore je meurs de trop en vivre,
encore j’habiterai,                                                    
bien plus particulièrement,
le verbe aimer.

Blues blue,
je partirai en habitant mes mots,
au fond de moi Gershwin, un "Summertime",
et les voix de Satchmo et de Janis.

JMS août 2022

 

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Ubuesque, hier deux hommes ont été poignardés

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Les tenants d’une vérité qui affirment que la terre est une planisphère, s'attaquent à ceux qui pensent que la terre est ronde.
Au nom de ces "vérités", hélas multiculturelles et millénaires, on tue, on exécute. On déshumanise l'homme, la vie et la nature, un même cri anime ceux qui refusent que l'on laisse libre cours à la pensée logique. Un livre devrait censurer toutes les encyclopédies, toutes les observations de la science, l'évolution, la nature, le cosmos, et surtout le droit à disposer de son identité !
Pour certains, l'homme libre, qui vit dans un monde de conscience et de tendresse, commet le crime de non soumission à leurs croyances. Affirmant leur négation de l’autre, leurs inquisitions, extrémismes et djihads se suivent, faisant de la grandeur du crime, de ses terreurs et holocaustes, la clef d'un autre monde. Le choix des extrêmes ne s'applique pas qu'à leur communauté, ceux qui partagent des valeurs humanistes communes à tout homme, sont en danger. Leur croyance ne devient alternative que lorsque les bienfaits de la science les soignent, les sauvent. Il semble que le monde de la croyance fanatique ne sait l'horreur ressentie par la communauté des consciences que lorsque le malheur la frappe, elle, personnellement. Le droit de l'extrémisme intolérant prédominera-t-il encore longtemps sur la logique, la science, l'altruisme et le respect de l'autre ? L'éducation à une morale tolérante, respectueuse de l'autre et de la vie, du semblable et du dissemblable, finira-t-elle un jour par triompher de l'obscurantisme ?


 

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Chaque soir

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Chaque soir
je compte
mes doigts brûlent
Habillé d'un manteau d'humour
et de mort vert d'âtre encore fumant
je mange et cabre les heures
je cherche l'ange
dans la fourmilière des malentendus
et dans la fosse
des vivants trébuchés
Chaque soir
la vingt-cinquième heure court
dans les mirages du temps
Chaque soir
je compte les étoiles et les larmes
chaque soir je ris aux éclats
Chaque soir
j'attends ta main
et le nécessaire
le rien
le lien intangible
qui verrouille la nuit
le passe lumière
où habite ma mémoire
Chaque soir
danse ma mémoire
Chaque soir
je vis de ces frissons princiers
où explosent les rêves
je vis et broute
des nuages tachetés
aux blanches nostalgies
que l'on brode
sur ces linceuls de soie
où l'attente dérive
Je sais la route et les trois galaxies
déjà longtemps que je m'y suis perdu
longtemps que je dérive
je reviendrai hier
compter les étoiles et les larmes
Chaque soir
je ris aux éclats
Tu es ma mémoire
Chaque soir
tu ouvres mes lendemains.

JMS

In "Cheval fou" & compilation "Chemin de Pluie et d’étoiles"

 

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Marche

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis PAGES ECRITES.

Je marche avec vous mes sœurs millénaires du Golghota. Avec vous je ne comprends pas, je pleure, je crie, je prie. Le silence nous accompagne. Je marche avec vous mes sœurs migrantes arrachées aux terres de vos ancêtres. Avec vous je sais la peur, le désespoir, le rien. Le silence nous accompagne. Je marche avec vous mes sœurs de partout meurtries, trahies, affamées, assoiffées, muselées, penchées aux dépouilles des vôtres et de vos rêves. Avec vous je sais le hurlement mutique sans écho. Le silence nous accompagne. Je marche avec vous mes sœurs de tous les univers, malmenées, flouées, torturées, forcées, oubliées. Avec vous je porte le fléau du non amour, son indifférence. Le silence nous accompagne. De loin, de près, toutes mes sœurs, je marche avec vous. Je ne comprends pas mais je marche. Et nos pas qui s'effacent délivrent la lumière.

Ile Eniger - Les pluriels du silence (à paraître)

 

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L'âme des peuples

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'âme des peuples, tu la croises dans les troquets de quartier, dans l'odeur de la sueur des travailleurs, loin des boutiques à flonflons où pacotilles et souvenirs aguichent le touriste.
L'âme des peuples s'ouvre comme l'essence d'un poème, on y entre en immersion, en s'imprégnant de sa clameur, et on en repart imbibé de la peau aigre des petits matins avec leurs cris de rue, ses lueurs d'yeux croisés, et ce ressenti  de solitude, de joies paillardes, de tristesse et d'espoir que l'on appelle la vie.
Je pense à toi, la petite fille trop belle qui voulait se vendre et qui ne comprenait rien quand, dans un anglais bancal, je lui disais : "Retourne chez toi, ne vois-tu pas que tu te nourris de pollution ? Fuis le désir crasseux des hommes, fais que ton âme te ressemble". Ange me tirant par la main, toi, la trop belle, je te ressentais pareille à ma petite fille. Je me suis enfui, mais tu restes dans mes mémoires de voyage, près d'une douleur figée qui me tutoie et où, encore je te range près de l'image de cet homme échoué dans un passage souterrain de Bangkok, près de ce lépreux en haillons et sans jambes, qui de ses moignons me demandait l'aumône. 
J'ai vu tant de pays que le ciel habitait si peu, que partout je suis chez moi dans la maison du cri.
Passager, dis-moi : le poème est-il le gisant d'un désarroi, une révolte du silence ?
Tant de crimes collent aux rêves, que je voyage incognito parmi les arbres et les mondes que l'on dit inférieurs, parmi ce qui vit et espère, sans jamais oser me réclamer de l'engeance des hommes.
Je suis le frère d'un projet qui ne verra pas le jour, une cellule dans l'immensité d'un univers, une fourmi dans les galaxies de l'inquiétude.
L'inaccompli me rassemble. Je me cherche.

JMS ( Carnets de voyages)

 

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