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Angye Gaona

Publié le par Cheval fou

Angye Gaona, poète colombienne emprisonnée

 

Poètes et Citoyens du Monde, Mobilisez-vous!!! 

La poète et journaliste colombienne Angye Gaona a été incarcérée en janvier dernier. L'État colombien veut la faire taire pour maintenir secret un génocide qu'elle dénonçait. Angye Gaona a été arrêtée pour avoir osé témoigner, en Colombie, son pays dans lequel l'état considère que le fait de penser est un crime. Angye Gaona est une créatrice, une tisseuse de rêves entre les peuples, très engagée socialement et impliquée dans le développement culturel: elle fait partie du comité qui organise le Festival International de Poésie de Medellín.
Elle naquit le 21 mai 1980, à Bucaramanga. Elle a fait des études d'Espagnol et de Littérature à l'Université Industrielle de Santander.


"Toma este pan,                   "Prends ce pain
toma esta vida,                      prends cette vie
toma la Tierra                        prends la Terre
que es tuya."                          qui est à toi"

 

 

 Angye Gaona

Merci d’adresser votre signature de soutien pour la libération de la poète, à :
castello.cristina@gmail.com (Prénom, nom, activité, ville, pays)

Il y a aujourd'hui en Colombie plus de 7500 prisonniers politiques (étudiants, syndicalistes, artistes, enseignants, écologistes, agriculteurs, et d'autres).

[http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=fr&ref_campagne=14]

 

Publié dans Coups de gueule

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Pablo Neruda

Publié le par Cheval fou

(À mes amis d'Orient et d'ici,

à tous les enfants de l'ombre et à ceux qui habitent la crainte des lendemains,

ce texte de Pablo, toujours aussi actuel et cette espérance toujours aussi nécessaire)

*

Je veux vivre dans un pays où il n'y a pas d'excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains,

sans autres titres que celui-ci,

sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu'on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu'on n'attende plus jamais personne à la porte d'un hôtel de ville

 pour l'arrêter, pour l'expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole,

que quiconque soit poursuivi par des motos.
Je veux que l'immense majorité, la seule majorité : tout le monde,

puisse parler, lire, écouter, s'épanouir.


Pablo Neruda

Publié dans Ils disent

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Le mot est un chiffre

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Chaque mot est le chiffre d’une réalité. La note d’un clavier d’abstraction. Un cri, une larme, un avoir, une verbalisation, une dénonciation, une prière, un terme de terre et de ciel, une encoche dans le bras du cœur, une micro cicatrice dans l’immense du regard.

Je sais l’intense. Chaque sentence est une nano brisure de conscience, une particule d’âme et de vie qui passe. Le mot est la cendre d’une réflexion, un relief du consommé, l’évacuation d’un intangible. La phrase est une addition d’arrachements de mots, de notes chiffrées, que les reniements raturent, que la bêtise efface, et que les silences  gommeront dans l’amputation des heures.

Mot après mot, pied à pied, j’avance, je chiffre, je compte, je note, je piétine, j’archive, je lance des cailloux à l’oubli. Mot après mot, comme se découd la raison, avant que vienne la nuit, je mets mon âme en ligne.

J’avance et je chiffre. Le solde de tout compte m’effacera comme l’on froisse un papier d’encre perdu dans les veines du destin.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Et leurs enfants toujours pareils aux miens

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Romanichels.jpg

(1912) 

 

Au profond des cœurs 

il y a la nuit et la peur

des uniformes, des armes

des hommes que la crainte habite

des femmes, des enfants qui tremblent

la danse des chiens et la morsure du froid

de la colère et de l’amour dans l’encre  des chansons

 

Aussi loin qu'ils aillent

il y a le violon et les larmes

et leur âme comme mon âme

et leurs frères comme mes frères

 

Ils ont des yeux perce neige

qui ouvrent le feu jusqu’aux blessures du sang

de vieilles mémoires qui déchirent les siècles

des oreilles béliers qui enfoncent des murs de silence

des douleurs acharnées avec fenêtre sur larmes

des exils confisqués aux passages des frontières

des enfants sans écoles

des hommes sans terres

et des vies en lisière de chagrin

 

 

Ils ont des caravanes partent pour nulle part

et des trains qui ne reviennent jamais

 

Si loin qu’ils aient été

ils ont du sang dans leurs joies

un violon et des larmes

et leurs âmes comme mon âme

 

Si loin qu’ils s’en souviennent

l’internationale des douleurs

chante la vie, la mort, et le sang des mémoires

et toujours un cœur avec fenêtre sur larmes

 

Si loin que je me souvienne

dans la furie de mes rêves

il y a des mots blancs sur le noir des chansons

un blues, un flamenco, un prière

ou un cri que l’on jette aux quatre coins des vents

et toujours l’invisible sortilège des joies

et toujours un Pierrot qui meurt sur des papiers d’écritures

et toujours une fée qui se noie à la  fêtes des larmes

 

Et leurs enfants toujours pareils aux miens.

JMS - "Et leurs enfants pareils aux miens"

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Bientôt dix-huit heures, et la nuit monte.

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il joue

S’habille d’une élégance juvénile

Mon chat stagne dans une perpétuelle enfance

 

Un tic tac porte l’inquiétude de l’heure

Chaque jour je forge mes rides

Chaque jour j’apprends à  vieillir

Insouciant mon chat me regarde trahir ma jeunesse

Bientôt dix-huit heures, et la nuit monte.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Vivre est toujours un imprévu !

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je n’étais pas ou je n’étais rien
Peut-être habitais-je un temps mort
Quand sans langes et sans un mot
Nu comme un enfant
On me lança dans la vie.

Vivre est toujours un imprévu !

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Le chien et l'homme

Publié le par Cheval fou

l-homme-au-chien.jpg

JMS - In "À l’ombre des réverbères" - Editions Chemins de Plume

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ALI KHADAOUI

Publié le par Cheval fou

LAISSEZ LES OISEAUX CHANTER

En fait
j’écris pour fuir
explorer
ce mystère que je suis…
Rivière désert caravane
Mirage des siècles et des larmes
des enfants
des regards
des horizons
des troubadours…
Le poème
La lumière
Ce vent
Mémoire des filles
avec l’onde
des nuages
Izlan (chants)
Ce parfum
De tiwirga (rêves)
Des izuran (racines)
Asghurd n tiwtmin (youyou des femmes)
en pleine lune
avec des étoiles complices
et des astres silencieux…
L’oralité
La mémoire de l’océan
L’irrigation frayeur
La brise cet âge absence
puissance blanche
rituel ivre
angoisse de l’étranger….
Le temps
muet
est mort sur une plage
libellule invisible sur le roseau
et la voix incolore
comme le ciel la nuit
le ventre de la terre
s’amuse à regarder l’homme
boire à sa coupe
de mouche et de blanc
Le hasard n y est pour rien
il poise juste pour l’éternité
Mieux
la platitude comme être sans projet aucun ?
Terrible
Cela s’adresse plutôt aux femmes qu’aux hommes
aux femmes que les religions monothéistes
ont broyées
dans le bonheur et l’angoisse de l’enfantement…
Et les peuples crient :
Laissez les oiseaux chanter !!!
L’homme derrière le masque
juste avant l’aube
dépose devant l’autel de l’éternité
contre les crimes réunis
de l’Occident et de l’Orient
« J’ai des cœurs dans la tête
et des
papillons
dans le cœur… »
Ainsi parla une jeune fille de 7 ans
amoureuse d’un garçon de 8 ans !
Interdit !
Le jour s’est levé car c’est le moment
d’habiter ses mots
Rien ne justifie les conquérants
Et l’aurore
ce sera
l’échange de l’espoir
     contre le mur d’en face…


ALI KHADAOUI
Kénitra fin 2010

Publié dans Ils disent

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À mes amis connus et inconnus

Publié le par Cheval fou

À mes amis lecteurs, amis de la poésie, amis connus et inconnus

À mes amis blogueurs, qui ont déposé des commentaires sur mes articles,

mille excuses pour mon absence de réponses

Les impératifs du quotidien…

une vieille maman qui perd ses repères et les conséquences qui en découlent

Voilà, tout est dit, j’ai eu la tête ailleurs et le temps trop court

Un trop plein d’ailleurs m’a tenu éloigné de mon blog

Merci de vos visites

jms

Publié dans Informations

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Chronique d’un jour de fête ordinaire

Publié le par Cheval fou

 Pour certains, hier était jour de fête, pourtant, la joie n’avait pas l’éclat des bonheurs sans questions. L’étrange tintamarre des oubliés de la conscience et des laissés à la rue, ébréchait mes joies. Le bonheur m’est toujours difficile quand je sais l’injustice qui court, quand je sais que revient le temps des princes et l'oppression des sans-droits.

Ainsi, hier, sans éprouver la moindre jalousie, je ressentais la particulière indécence des temps actuels. Le soir venu, certains fréquenteraient, en famille, des restaurants 4 étoiles où, par "économie", ils "se contenteraient" de repas à mille Euros par personne (sans le vin bien sûr !)... À Paris, d’autres habiteraient des palaces à 30 000 Euros la nuit, ou encore des footballeurs engrangeraient leur butin du mois : des centaines de SMIC ! Encore, je mesurais l’étrange démesure des rapports humains.

Un footballeur ou un chanteur vaut-il 100 fois, 1000 fois plus qu’un maçon, un médecin, un instituteur, un infirmier, ou autres ? Un capitaine d’industrie a-t-il un droit souverain sur l’ouvrier qu’il précarise ? La misère serait-elle la sanction d’être mal né, d'être sans agressivité, ou d'être né au mauvais endroit ?

Qui peut croire que l’argent est la sanction du mérite ? Dans l’indécence d’une justice à l’écoute des pouvoirs, encore, je me demande où habite la morale.

Mais passons là, hier, je me voulais paisible, c’était un jour de trêve. Ma conscience prenait vacances. Hier, je ne pensais ni à ce qui va bien dans le monde, ni à ce qui va mal.

Comme beaucoup, je faisais mes dernières courses dans un supermarché. Alors qu’à la caisse j’attendais mon tour, un homme, devant moi, en baskets et survêtement usés, à l’air de travailleur vaincu, partait avec un minuscule sapin, un bébé arbre de dix centimètres en pot avec racines, et trois petites bouteilles de bière noire, peut-être son Nouvel An.

Une fête ordinaire, me direz-vous.

 

L’étrangeté de mes suppositions sur la vie de cet homme fut interrompue. Une dame aussi maigre que la misère, accompagnée par une adolescente, me parlait. Les rides de cette femme et la tristesse de cette adolescente tatouaient sur leurs visages les stigmates de la désolation.

Qui donc mérite la misère ?

Dieu et le Diable seuls savent pourquoi, me direz-vous.

D’une petite voix, la femme me tira de ma méditation. "Monsieur", disant cela, elle me montrait un sachet de jambon préemballé et ouvrait son poing serré, exhibant le montant de son achat – une pièce d’un Euro et quelques pièces jaunes, "je n’ai que ça, puis-je passer devant vous ?". J’acceptais. Cet acte anodin dut lui paraître extraordinaire car elle me remercia comme si le cadeau était immense. Embarrassé par tant de gratitude, je lui ai souhaité de voir tous ses vœux se réaliser en 2011. Ces petits mots simples et sincères me valurent une nouvelle vague de remerciements et lui donnèrent l’occasion d’exprimer son souhait personnel : "un peu plus d’argent m’aiderait bien !".

Compatissant à une détresse si visible, j’affirmais que les temps étaient durs. Sa réponse, par ce jour de joie officielle, fut pour moi tout aussi dure à entendre : "oh oui Monsieur, je pleure tous les jours".

J’ai insisté pour payer son jambon et j’ai ajouté du chocolat à ses courses.

Elle me remercia comme si elle avait rencontré je ne sais quoi ou je ne sais qui.

La caissière déjà m’appelait.

Sorti du magasin, j’ai cherché la femme et l’enfant tristes. Elles avaient disparu.

 

Comme l’homme au bébé sapin, la femme et la jeune adolescente, à quelques heures de la Nouvelle Année, avaient rejoint la chronique de mes misères et celle de mes chats écrasés.

Un désespoir ordinaire, me direz-vous.

 

Nice, le 1er janvier 2011

Jms

Publié dans Coups de gueule

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