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Tourments de mémoire

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a toujours des mots et des cris
dans les mémoires d’hommes.
Moi, je ne sais oublier.
Encore résonnent ces mots
qu'aux veillées
l'on cachait aux enfants.

Derrière l'air grave des anciens
je n'ai rien su de l'oncle disparu dans un camp
ni vu la douleur et les larmes
quand, dans un sourire amer,
on nous disait : "Allez jouer les enfants".

Longtemps, sous les nuages,
des mots et une terre effacée
ont joué l'amnésie
avant que je n’apprenne l'histoire des "Amants d'un jour"
celle d’Odette, cette tante suicidée
qu'Edith Piaf chanta.
 
Longtemps les mots ont joué l'amnésie
avant que l'on ne me raconte
l'histoire d'une lettre insipide
dont l'endos indiquait : "Madame veuve S"
en un temps où Franco assassinait
en un temps où être républicain était un crime.

Sous le franquisme, parler des purges était périlleux !
Un simple revers d'enveloppe nous avait alertés :
le cousin de grand-père était mort

C'était un temps
où la censure imposait le silence
jamais nous ne sûmes
ce qu'il advint de ces parents.

Seul, parfois un cri remonte
d'une mémoire qui ne veut pas mourir.
Cette nuit encore il grinçait
 un peu plus fort que la nuit.

 JMS

"Les Amants d'un jour"

"https://youtu.be/2m-_FzubQx8

 

Publié dans Textes de JMS

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Anne Sylvestre

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Anne Sylvestre

4 fois Prix de l'Académie Charles-Cros

"Les gens qui doutent"

 

à écouter :

https://youtu.be/uLsjlOLNnJs

 

Ces paroles résonnent d'autant plus grand

que ce sont les mots d'une immense chanteuse auteur-compositeur

qui désavoua son père (ex bras droit de Jacques Doriot (légion des volontaires français sous Vichy)

 

♪ Les Gens Qui Doutent ♪

 

J'aime Les Gens Qui Doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime Les Gens Qui Doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".

 

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Sucre Amer - 1968 - Chronique d'une révolution en chansons et musique"

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

1ère de couverture


Ancien disquaire au temps du vinyle, je viens de finaliser un roman retraçant une époque où la chanson à texte et la poésie étaient un langage universel en osmose avec une parole protestataire portée par le blues, le folk, la pop music, de même que par le courant littéraire de Jack Kerouac et de la beat Génération. C'est donc de l'influence de la chanson sur la jeunesse des années 1965 à 1977 dont parle ce roman.

"Sucre Amer - 1968 - Chronique d'une révolution en chansons et musique"

La spécificité de ce livre est de s'intéresser à cette décennie, non du seul point de vue Franco-Parisien qui prédomine actuellement en la limitant aux manifestations de Paris, mais en rappelant les origines d'une revendication humaniste mondiale qui a ébranlé le monde de la Californie à Tokyo en passant par Paris, Berlin et Nice, révélant, de chanson en chanson, les sources d'une parole engagée pour les droits de l'homme et l'écologie. Cette parole, née avec le blues des années 20, puis acheminée par le folk et la Pop Music des sixties, a généré une idéologie subliminale qui, sans être le fruit d'une revendication construite et structurée, s'est substituée aux discours des partis politiques, sans même que la plupart des acteurs de 68 en soient véritablement conscients.


Livre disponible chez votre libraire
ou sur le site des Éditions Chemins de Plume
livraison offerte (dédicace sur demande)
Présentation au Salon du livre de Nice les 1,2,3 juin 2018

Publié dans Informations

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Entre apparence et réel, fallait-il que je me cherche ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le monde, l'univers, l'infini…
… les ai-je créés ?

Cela commence avec la vie
le premier souffle
avec cette  conscience qui donne forme, apparence
à ce qui est nous
à ce qui est hors de nous
à ce qui n'est pas.

Pourtant, tant de choses sont là
qui ne sont pas nous
qui font mal
comme l'absence
celle de l'amour
de la réponse attendue
"M'as-tu aimé ? Pourquoi m'as-tu trahi ?"

Je n'ai pas peur
je n'ai pas peur de mon absence
du point zéro, du retour à nulle part
du compte à rebours.

Pourtant
j'aime les oiseaux, mon chat
mes amours, mes enfants, le ciel, la joie.
De l'absence
je ne crains que de les perdre
sans leurs yeux
sans leurs regards

je ne suis plus

je ne suis rien.

Parfois, il m'arrive de penser loin.
Si loin que je perçois encore l'odeur de ma maison lointaine
le bouquet d'anémones posé sur la table du dimanche.
Je me demande si toi
qui maintenant habites l'absence
tu peux encore le voir.

Le doute est un frisson
l'absence est une froideur
un gant de givre sur un vague à l'âme
mais Toi, où es-tu ?

Ici, les minutes suintent du réveil, mais c'est moi qui pars.
Le réveil restera sur le buffet, avec ses yeux fermés
à attendre encore que quelqu'un tourne son ressort
que quelqu'un le regarde.
Se pose-t-il la question de savoir s'il est encore temps ?
Je ne sais pas ce que pensent les horloges.

Dans le crissement des jours
quand mon chat s'étire autour de sa solitude
seuls ses yeux parlent :"J'ai confiance", disent-ils
pourtant la vie lui a arraché une patte
et moi j'en ai pleuré.

J'ai voulu le monde si grand
que parfois je me suis perdu
dans l'étroitesse.
Pour aller au plus haut
fallait-il que je me cherche ?
L'amour et le rêve agrandissent l'univers.

Parfois, quand l'aube ouvre mes volets
il me faut briser la chaîne des regards, celle des regrets
heurter le mal rire, le mal vivre
trouver le souffle d'un enfant, d'un chat, d'un oiseau
pour retrouver l'envie aller plus loin

j'ai encore tant d'arcs-en-ciel à offrir.

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Entendez-vous ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Et le silence qui se repaît du frisson des morts
Et toi qui glisses dans le passé
Et ton histoire sans histoire
Qui se résume à cette poussière de mots
Sur ce marbre que l'oubli rongera
Et moi qui voudrais te réveiller
Et tout savoir de ce que furent tes rires
Tes larmes, tes espérances

Photo de Pascal Neyrinck

Est-on toujours allé où l'on voulait aller ?
Se verra-t-on dans des bruissements de joies retrouvées ?
Se noiera-t-on dans les brumes froides de l'oubli ?

Je me souviens des mots d'une chanson
"Le chemin si beau du berceau au tombeau"
Je crisse dans des attentes de pierre, de sable et de terre
Je vais à toi tu sais,
Je scrute le passé
En recherche de milliards d'humains effacés
Je cherche les routes de la bonté
Je chevauche, j'expie les crimes commis

Je vais à vous mes amis
En vous rencontrant
C'est l'humanité que je regarde
Si apte au bien au mal
De si longtemps que je viens
Au cyprès où je vais
Je n'ai voulu forger
Qu'un cri d'amour
Entendez-vous mon cri ?
Entendez-vous mon cri ?
Entendez-vous ?

 

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Un mot d'Arthur H.

Publié le par la freniere

Cet article est reposté depuis LaFreniere&poesie.

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Non, au "facebook bashing" ! (humour)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le Net n'est pas net ! Et ce n'est pas vrai que le Net pas net sait tout sur tous et sur tout, pour preuve :
- Caroline" <news@vosnews--3.es> et ses copines ne cessent de me proposer des aventures sans lendemain en toute discrétion, elles ne savent donc, ni que je suis marié ni que cela ne m'intéresse pas !
Autre preuve :
-  "FDJ par Actu" <julie@info.-lactushopping.fr> croit que je suis un joueur de loto ! Ne sait-elle pas que ma vie ne se joue pas sur une grille de loto ou de tiercé ?
Qu'on se le dise, tout ce que je n'ai pas et ce que j'ai, je l'ai eu tout seul. D'autre part quand "FDJ" me propose un SUPER Loto le vendredi !, c'est vraiment ne rien savoir de moi, moi qui, sans être superstitieux, et sans avoir peur des chats noirs, des chouettes ou de mon ombre, ne fais jamais rien un vendredi...
Encore une autre preuve :
- "Vos radiateurs <news@-zedealmagic.com>", tout comme "La boutique du plaisir,  "CharCom" s'ingénient à me proposer de ne plus jamais avoir froid !
Je me demande à quoi me sert ma rubrique SPAMS, je vous le dis le Net n'est pas net ! Et ils ne savent rien de nous :
Hier encore :
- "Jaguar France via espace-un-temps" me proposaient d'essayer une de celles qui a "vraiment tous les arguments pour vous séduire", mais ne savent-il pas qu'à mon âge, même une couguar me serait superflue, mon temps est passé, j'ai abordé celui des pantoufles et des journées d'hiver avec de la buée sur les vitres !
Mesdames Messieurs du Net et du pas Net, ne m'importunez plus !
Parlez-moi plutôt d'enfants et de chats à sauver, faites-moi pleurer et espérer, dites-moi que noël revient ou foutez moi la paix !

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Salon du Livre de Monaco - Dimanche 15 avril 2018

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Au plaisir de vous y rencontrer. Ile E.
Au plaisir de vous y rencontrer. Ile E.

J'espère vous y rencontrer,

Très cordialement

Jean-Michel Sananès

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La taille des hommes

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Grand-Père me l'avait dit : La mesure de l'homme n'est pas le fait de l'image, belle ou triste qu'il traîne dans son sillage, cherchant à lire dans le regard des autres comme un écho de la brillance des princes. Les miroirs ne sont que les journaux fugaces d'egos d'alouette.

Il y a longtemps que Grand-Père est  parti, depuis je marche à la recherche de l'humain si bien dissimulé sous des carapaces d'apparences.  À la foire aux séductions, sa démesure dépasse de ses emballages verbeux et de ses profils de héros autoproclamés.

Dans une nuit aux rêves et aux douleurs inaltérés, les petites gens avancent à la sueur de leur labeur, habitent l'univers des enfants de l’ombre qui savent la solidarité plus forte que la compassion, qui tendent la main comme on  devrait tendre la joue, non pour l'exemple mais mus par un instinct imposant la primauté de l'amour sur toute violence. Ce sont les Justes de l'invisible, les Robin-des-Bois sans flèches et sans épées, mes pacifiques au grand cœur qui rendent le monde encore acceptable et l'espoir encore ouvert.

Je me souviens, Grand-Père me disait : Les hommes n'ont pour taille que leur conscience. Pour grandir, il te faudra différencier ceux qui s'inscrivent dans l'authentique nécessité du Bien, de ceux agissant par besoin de plaire ou d'être récompensés par une instance invisible. L'instinct du cœur n'est pas un calcul. Méfie-toi des prophètes de l’apparence, de ceux qui font montre d'empathie et de générosité seulement lorsqu'ils sont au grand jour.

Grand-Père est parti un jour de larmes et de fête, certains l'avait critiqué parce qu'il avait voulu protéger un ennemi. Il savait rire, ne jamais paraître sérieux, il savait côtoyer des hommes de bien et de peu comme les oiseaux naviguent entre ciel et nuages. Il était frère de la Conscience comme l'oiseau sait la pluie et le soleil.

Jean-Michel Sananès

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Jean-Marc La Frenière : Avec le temps

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Avec le temps, la courbe des collines accable mes épaules. Les rides d’un jardin sillonnent mon visage. Mon corps s’est revêtu de la peau d’un poème. Ce qu’on nous prend n’existe pas vraiment. C’est ce qu’on est qui est. Nous ne perdons jamais la vie. Je cherche à reconnaître le visage d’un mot dans la foule des phrases, une vie sans verrou dans le vivier de vivre, une vivance plus large. Le goût du temps réveille les mémoires atrophiées. Là où la pluie se rature à mesure, le sel du non-dit me titille la langue. Je cherche une parole pareille à l’arbre ou au soleil, pareille à l’ouragan ou la tristesse d’un chien, pareille à une éponge absorbant l’infini. J’aurai toujours la langue à l’affût des nuages, les deux pieds dans les plats, les deux mains sur la vie. Chuit ! Chuit ! Le frottement des mots sur la page ou celui des pieds nus sur le sable, c’est pareil. Ça permet d’avancer. L’un mène plus haut, l’autre plus loin. Nous sommes un parchemin où s’écrivent les gestes. Il ne faut pas avoir peur de quitter son corps pour continuer sa route. Chaque visage reflète un peu notre âme. La main qui donne et celle qui reçoit ne sont qu’une seule main. C’est souvent celle qui écrit. Les mots s’embrassent à notre insu. Leurs syllabes lécheuses humectent nos oreilles. Les mots éclatent sur la langue en bulles de savoir. Qu’on arrache des neurones pour en clouer des neuves ne change pas la tête. Il faut refaire à neuf la plomberie du cœur, ouvrir les fenêtres, franchir le mur du temps, retrouver l’odorat dans la danse des parfums, faire giguer les mots sur le plancher des hommes. Il faut le cœur et l’âme pour rejoindre la vie. Tous nos pas antérieurs enjambent trop de morts. Il faut aller de l’avant, de spirale en spirale. Dans la marée de l’encre, les phrases montent et descendent, laissant des mots-récifs, des mots-galets, des mots-épaves sur le sable des pages.

Quand on marche trop vite, on gaspille l’absolu. Je ne suis qu’une vague dans le fleuve des êtres, un visage dans la foule, un pli d’amour sur la grande peau du monde. Lorsque les yeux s’effacent, les mains apprennent à voir et palpent la lumière. J’écris souvent au cimetière, loin des klaxons et des réclames. J’aime que le silence m’appartienne. J’y fais des trous sonores avec la bouche en cœur, des arabesques de musique. Entre les pierres tombales, je salue de la voix le poème de vivre. Il faut goûter à tout, du baiser des moustiques aux caresses du vent. Au temps de l’abondance inutile, on juge le monde à ses poubelles. Il y a trop d’images étouffées sous la cendre. Dans l’appentis de bois, près du jardin en friche, les outils délaissés témoignent d’un vieux rêve. Ce sont souvent des pauvres qui portent la lumière. Ils ont tiré un trait sur l’appétit d’avoir. Ils marchent sur la terre avec les pas de l’âme. Tout appartient à celui qui n’a rien. Il n’y a que l’homme pour faire une potence d’un arbre le plus beau, en chasser les oiseaux pour en faire une croix. La joie se heurte aux hommes. La haine a le champ libre. Ils se battent pour elle. Longeant le précipice du monde, je me raccroche à la ténacité des plantes. Je lance des mots à tout hasard pour sonder l’infini. On les entend cogner contre un mur invisible. La beauté n’a pas besoin qu’on la regarde. Elle nous prend par la main. Le geste le plus banal devient une caresse. Les bras du quotidien soulèvent l’espérance. Il est intimidant d’écrire sur la page blanche de l’amour. On se prend à rougir avec un bout de crayon, à faire chanter le papier, à mordre dans la chair. Quand les enfants dessinent, ils n’ont pas cette pudeur.

 Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

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