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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Je passe comme un chagrin de temps qui court

27 Novembre 2011, 20:11pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

À Hossine, ce vieil ami que j’aimais comme un père

 

Retiens ma vie, m’avait dit ce chat griffé dans le cancer du vent

Tourne tourne le poignard bleu

J’ai laissé sa vie sur le cri désâmé d’une seringue assassine

J’ai oublié mes larmes sur la table d’un vétérinaire

Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard

Tourne tourne le poignard de l'impuissance

Partent les pages partent les larmes

Et moi qui passe comme un chagrin de temps qui court

 

Je suis un homme de demain, je serais un enfant d’hier

Résonne la Question

Est-il un mot plus signifiant que : Pourquoi ?

 

Retiens mon nom, avait-il dit sous un ciel d’ailleurs

Tourne tourne le poignard bleu

Dans l’enlisement des jours un vieil ami s’efface

Comme un deuil en partance et la mort entre nous

Au temps de l’enfance et du sang sur un trottoir d’adieu

La vérité cherchait ses mots et clamait des promesses

Dans les fausses notes d’un temps égorgeur

La prière et le crime rognaient le même verbe

Partent les pages partent les larmes

Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Je pars comme un chagrin d’antan épuisé de remords

 

Sous le cri désâmé des minutes assassines

Quand tonne la question,  je suis un gamin d’hier

Est-il un mot plus insignifiant que : Toujours ?

 

Je vais comme un chagrin de vent mauvais

Je bruisse comme une rumeur d’oublis insoumis

L'enfance que je portais mijote un enfant chauve

Et Toi, quelle est Ta langue ? Ne parles-Tu que le silence ?

Je Te regarde sur la seconde qui part

Tu me flingues comme une marée de rire sur cœur à marée basse

Partent les pages partent les larmes

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Tourne tourne la lueur trouble des derniers regards

Je pars comme un éléphant fou

Quand la mort barytonne à la pointe du jour

 

Mère, où es-tu

Qui me laisses grandir vieillir m’assagir m’assoupir ?

Poucet qui égrène les jours

Je pars mes rêves à la main

Vieil enfant qui court dans la maison de l’Ogre

J’écoute tonner l’oxymore

Est-il un mot plus signifiant que : Jamais ?

Partent les pages partent les larmes

Jamais triomphe toujours de toujours

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Tourne tourne la lueur  trouble de nos regards

Et moi qui passe comme un chagrin de temps qui court

Le cheval d'enfance n’ira pas plus loin.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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L’arbre de mon jardin

19 Novembre 2011, 17:29pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

 

 

maison-d-oiseaux-contrastee.jpg

Ses mains avides de ciel
je l’entends pleurer
l’arbre de mon jardin.


Je l’entends

brasser des mots bruissants de joie

bras ouverts aux oiseaux

 

il-compagnonait--avec-chien---oiseaux.jpg

Je l’entends ce frère pacifique
qui d’hiver en printemps
compagnonnait l’enfance des hommes
et, en transparente affection, embrassait
les amoureux les chiens et les oiseaux.


Frère pacifique
j’entends trembler les porteurs de ciel.
La ville est en guerre
on désarbre, on arrache, on désâme
on rentabilise l’espace.

Sans-l-arbre-pigeons-deplaces.jpg

Mon arbre n’est plus.
Seul reste l’espace silencieux du regard
une nostalgie orpheline
perdue dans l’enfance des arbres
et les billions de regards que l’homme efface.

JMS

Photos PB

 

 

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Vivre

12 Novembre 2011, 14:16pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Je suis un barde fou qui naufrage des univers de papier

un archéologue de la douleur, un traqueur de rêves 

un explorateur d’imagination, un plaisancier de l’inconscient

un topographe de la raison.

 

Je suis l’enfant qui désapprend le mot

pour en extraire les frissons du sens et des pleurs de syntaxe

le vieillard qui lentement efface les bruissements de son cœur

un homme loup qui hurle à la mort des cœurs

le voyageur qui sort de sa vie pour aller aux ailleurs essentiels.

 

Je suis un marcheur de cieux, un pisteur de rumeurs aseptisées

une fourmi pensante dans l’ailleurs des sans ciel

une diagonale d’infini et d’étoile 

où clapote le silence tapageur des hommes.

 

Je suis un Bateau Ivre au naufrage des mots blancs

une nuit d’encre rouge, une encre au cri noir

un capitaine crucifié dans la tempête millénaire des vagues à l’âme

un homme tumulte, un hurleur de clair de lune

un arpenteur de déraison.

 

Je suis la rime désancrée qui cherche un port d’attache

un rêve perdu dans le chahut égotique des verbiages inutiles.

 

Je suis la maison abandonnée

le vieux présage d’un homme d’hier

d’un futur qui brûlera ses calepins, ses mots et sa mémoire.

Sur la route de l’oubli

je suis l’homme désancré qui s’efface en bruissements inaudibles.

 

Je suis le mot vain en terre d’amnésie

le verbe qui se noie comme je me saoule

l’homme sans voix dans un monde de comptables

la conscience égarée en chemin de voyage intérieur.

 

Je suis le psaume muet dans un ciel de non-dits

un mot de silence qui vit comme on meurt

l’enfant qui sait : l’esprit qui dort fait escale en après vie.

 

Je suis l’homme qui veut mourir éveillé.

Le quotidien est un crime de poète.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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