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Salon du livre de Breil-sur-Roya

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Au plaisir de vous y rencontrer - JMS

Au plaisir de vous y rencontrer - JMS

Publié dans Informations

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Et encore et encore je chercherai

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Que la mort vienne comme une femme trop belle
Dont on craint l'abandon sur un autre coin de vie
Où, sans elle, plus rien n'aurait de sens


Que le jour s'en aille en ailleurs de crépuscule
Aux lunes arrachées


Encore
Je chercherai une flamme aux yeux de mes enfants
Et les étoiles dont on m'a dépouillé
Et les rires piétinés de mille générations d’hommes esclaves
Que je ne sais réparer


Encore
J'irai parmi les champs de douleurs où s'étiolent les exploités


Encore, je chercherai
Par delà le néant, les routes du pardon


Que la mort vienne
Que le jour s'en aille
Emportant les battements de ce cœur
Qui ne voit plus passer ses rêves


J'irai là où la mort m'attend
Voir
Si encore un peu d'amour peut raviver le vent
Voir
Si l'amour peut encore sauver l'enfance des devenirs.

 

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Petit délire à trois balles, mais aucune ne tue

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'été j'habite souvent à coté de mes pompes

pourtant elles ne sont pas funèbres

 je me cherche
 

à l'intérieur

à l'extérieur

 

me retrouve en

en continent rêve

 

me perds

aux sentiers du doute

alors que mes chaussures

squattent le jardin

en attendant que je revisite la vie.

 

JMS

 

 

 

 

Publié dans Textes de JMS

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Je n'irai pas plus loin que mes chaussures

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Je marche à coté de ma petite voix, je n'irai pas plus loin que mes chaussures.

Je marche à ma recherche, sans savoir si être homme aurait consisté à parler plus haut que les autres ; sans savoir si ma vie valait plus que celle de mes amis, que celle de mes contradicteurs, que celle de mon chat ou celle des tressaillements du silence où s'embusque la Question.

 

Un jour je partirai, à mon doigt l'anneau de croyance sertissant  ma conscience et le diamant bleu de mes doutes aux mille voix contradictoires.

Chaque pensée, chaque brindille, sera à sa place dans la forêt près du grand arbre, près de la vieille maison et de la pierre abandonnée.

La révolte et la douleur des laissés pour compte, ne seront jamais la parure logique des statistiques. Le sang, les représailles, le malheur, se nourrissent toujours de frustrations et de rêves en berne.

Aux rendez-vous de la désespérance, chaque pierre dressée est la muraille d'un passé portant son chemin de raisons. La fleur et l’océan y meurent noyés au triomphe des famines ; les bébés de la soif aux ventres enflés y ferment des yeux démesurés.

Quand l'homme va sur Mars nourrir sa curiosité, les étoiles l’accusent.

La fleur et le rossignol le savent, ce n'est pas plus l'homme qui fait l'Histoire que l'Histoire qui fait les hommes.

Le vieil Iroquois et mon chat le savent, ce n'est pas la nuit qui endort les consciences, c'est le sommeil des consciences qui tue les vérités essentielles.

Sur mes routes intérieures, les mots respect, bienveillance, justice, amour, cherchent leur voie.

Dans le décompte des rires, sans couteau, sans doigt tendu, je n'accuse personne.

J'habite près de mon cri.

Où que j'aille, le renoncement flétrit les utopies de l'homme debout.

Sur les terroirs d’indifférences, le prédateur fait école, brade, troque sa conscience, reçoit des médailles dorées, oublie les gens de peu et les vies de rien, oublie que notre maison commune s'appelle la terre.

 

Si un jour on me tuait, pour mes idées ou quelques haines millénaires, serais-je plus important qu'un battement d'aile, qu'une fleur, qu'un bébé orang-outang ? Irais-je plus loin que les ailleurs du Pourquoi et de la Question ?

Je partirai en paix, sans reproches, car tous auraient dû être mes frères.

Dans une rumeur de fleurs sèches, d'enfants sauvages, de quartiers où la tendresse s'est perdue loin de toute espérance dans la furie des porteurs de haine, je parcours la Question. C'est au mauvais terreau que le chiendent étanche sa soif. 

 

Les temps viennent, ma nuit arrive, je n'irai pas plus loin que mes chaussures.

Où que j’aille,  je serai sans haine.

Je resterai une âme debout parmi les fils des forêts de vie où l'espoir garde sa place, une feuille sous le vent, là où, encore, les enfants chantent les lendemains.  

J’irai, ne renonçant à rien, il me faut vivre et dire ce à quoi je crois.

J'irai, la plume en arbalète combattre mot à mot les maux.

J'irai, recherchant l’harmonie, attendant que ma Mère la Terre reprenne ce qu'elle m'avait prêté.

Je marche, sa petite voix à mes côtés.  

 

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Mon chat ne lit plus

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Mon chat ne lit plus les papiers aux vérités détournées
les phrases perfides, alambiquées, qui racolent
au terroir des vieilles haines inoubliées
qui, encore, paradent sous l'apparente beauté du verbe

Mon chat interpelle ce nulle part où se perd la dérive des consciences
il dit que l’encre séchée et la diarrhée de l’écrivain
sont les maux viciés qui parfois enfantent le cri primal
des peurs, des calomnies et du mensonge
 
Il dit que la vérité ne peut être au service de la partialité
qu'elle ne peut être tronquée
qu'aucune révolte ne devrait être l'arme de l'un contre l'autre
que seul l'amour sert la raison et l’humanisme.

Il dit…


 

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Gilles SERVAT - Litanies Pour l'An 2000

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 Gilles SERVAT - Litanies Pour l'An 2000

Publié dans Ils disent

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Si le temps venait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À toi passé, cette chambre d'enfant

et cette carte, laissée là-bas, couverte de petits drapeaux,

portant au mur l'adresse de mes amis,

à toi ma blessure, cette maison où je n'ai pas pu retourner.

 

À toi, l'exil, ce ciel et ces palmiers qui ont porté mon ciel,

à toi, la pierre noire si souvent posée sur tant de rêves,

et à tous ceux qui les ont contrariés,

cette mémoire qui ne sait pas s'éteindre.

 

À toi ma mère, à toi mon père,

à vos attentes que je n'ai pas su honorer,

à toi mon chat qui clopine sur trois pattes,

et à tout ce que je n'ai pas sauvé

 

À toi ma femme, à toi mon cœur, et à tous ses habitants,

à la vie et ses enfants du vent, ceux du bonheur,

à ceux de la rue, à l'herbe qui résiste dans les fissures du goudron,

aux oiseaux de soif, au vieillard qui part, au prochain grain de blé

 

À ceux que j'ai blessés, aux mille rêves que j'ai fermés,

aux routes que je n'ai pas prises,

pardonnez ce petit homme échevelé

Qui rêvait trop haut, mais était parmi vous.

 

À tous, inoubliés du jardin des consciences, si je ne revenais pas,

si jamais, dans l'infini, nous ne devions plus nous revoir,

s'il arrivait ce temps des transparences et du cri muet,

à jamais je vous garderais dans mes rêves.

 

À toi l'Inachevé, aux promesses perdues oubliées,

à tout ce que j'aime que j'aurais voulu protéger,

aux étoiles et aux enfants qui viennent,

s'il me fallait partir, je vous laisserais ma tendresse forteresse.

 

À l'éternité, au souffle millénaire où sont restés les miens,

à vous frères du vivant, fils des maisons de chair que la vie nous confie, 

fils des maisons d'eau qui font les océans, à l'atome retourné à l'infini,

je dis : nous sommes le corps de la vie.

 

À vous peuples des larmes disparues et du futur à naître,

je demanderais de pardonner, d'aimer,

plus grand que la vie, plus grand que le passé et le futur,

de vous aimer, aussi grand que vous-mêmes.

 

Car, ensemble, nous sommes la seule espérance.

 

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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René Guy Cadou - extrait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

« Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu'au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang »

René Guy Cadou - extrait

Publié dans Ils disent

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Nice 14 juillet

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Nice, un an déjà et rien d'autre que l'amertume, non pas contre une religion, non pas contre une couleur,  non pas contre la globalité de la différence, cette différence qui fait que Nice est à elle seule un petit peuple aux mille composants héréditaires, mais amertume contre une douleur sournoise qui ne se referme pas.
À Nice, que de chemins parcourus depuis l'homme de Grimaldi ce vieil homo sapiens qui habita notre région, que d'hésitations au travers de ces siècles où se sont croisés, rencontrés, mélangés et hélas affrontés : Gaulois, Romains, Italiens, Turcs, Français et Niçois, depuis le triomphe de la petite cathare de Ségur
1, depuis son repeuplement par les marchands portugais2, et plus récemment par l'arrivée des rapatriés et des réfugiés.
Que de chemins de misères et d'espoirs, pour faire une ville, un univers, où les gens puissent apprendre la joie et l'envie de goûter à la culture de l'autre, de partager sa richesse culturelle, ses chants, ses rêves, sans juger, et loin de cette insupportable suffisance culturelle qui envahit et pollue le bonheur, pour certains d'entre nous, d'être un homme accepté de tous.
Que de chemins, pour qu'à Nice et partout en France et dans le monde, chacun puisse essayer de porter, en son cœur, la volonté et l'espoir de voir ses enfants devenir des hommes de compassion, des porteurs d'humanisme solidaires de toute vie.
Nice, un an déjà, et rien d'autre qu'une douleur au lendemain de l'horreur des ces crimes sur la Promenade des Anglais. Rien d'autre qu'un immense malaise à voir la valse des burkas et des voiles noirs arborer les couleurs de l'odieux dans certaines grandes surfaces ce que j'ai ressenti comme un message de solidarité avec ceux qui violent, mettent en esclavage, tuent et égorgent, ailleurs, ceux qui n'ont pas épousé leur religion et, ceux qui n'ont pas adopté leur fanatisme.
Certes l'Histoire est pleine de crimes, guerres de religions, haines ancestrales, pogroms, peuples massacrés, au nom d'idéologies et de devoirs sacrés, mais n'avons-nous donc encore rien appris ? Devrions-nous, encore aujourd'hui, accepter que la bonté et l'empathie que porte la conscience humaine, flétrissent sous l'influence d'un culturel identitaire nourri de la détestation de l'autre ?
Aujourd'hui, jour commémoratif de la blessure à Nice, je dis qu'il nous faut cultiver le droit à douter et à acquérir un savoir multiculturel, loin de l'impérialisme des dogmes de cultures égocentriques, et cela tant que l'éducation n'aura pas confronté ces dogmes à l'incontournable savoir que nous offre la science.
Aujourd'hui, à Nice, comme à Paris, à Mossoul, et ailleurs, cette blessure est encore le fruit de barrières culturelles et d'un obscurantisme non traités. Encore aujourd'hui, certains enfants du monothéisme s'attachent à croire que la terre est plate, qu'elle fut créée et livrée en l'état il y a moins de huit mille ans, que la femme, pauvre chose née de la côte d'un homme, n'est qu'une subordonnée du sexe fort. Victimes de leurs cultures et englués dans un devoir identitaire, certains s'y accrochent et seraient encore prêts à participer à des crimes contre leurs prochains, leurs voisins, leurs amis d'enfance et de village, à des crimes contre l'humanité.
D'Auschwitz à Srebrenica, Damas, Téhéran, ou ailleurs, des hommes ont versé le sang des hommes. En Afrique, en Hongrie, en Orient, partout dans le monde, ils sont encore là, sous des bannières différentes, à vouloir raboter le droit à la liberté de conscience, le droit à la vie, de ceux qui, riches de la diversité, s'opposent à leurs croyances et des paranoïas identitaires.
Le regard de l'homme sur l'homme sera rarement bienveillant tant que le religieux et le politique soumettront à leurs censures le nécessaire enseignement d'une argumentation laïque permettant une approche des vérités scientifiques et historiques en contradiction avec les idéologies et les croyances dogmatiques.
Qu'attend-t-on pour enfin permettre une éducation à la Laïcité, en priorité ? Éducation pour la liberté de conscience où chacun pourrait faire ses choix librement afin que l'homme puisse enfin sortir de bornages religieux et idéologiques dangereux ?
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1 D'après un journal gratuit qui racontait l'histoire de la petite Maufaccia (mal faite) dite Catherine Ségurane (Légende ou histoire que chacun se serve)
2 Arrivée à Nice, après son dépeuplement par la grande peste, des Juifs espagnols et portugais pourchassés par l'Inquisition sous le pudique dénominatif de "Marchands portugais"

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans le bol d'un crâne

Les enfants jouent à la marelle là où les pas des vieillards grignotent l'espérance. Le revolver du temps nous tire dans le dos avec ses balles chargées de sang. Que pouvons nous y faire? Nos mots ne sont que des balles à blanc. Ils traversent la nuit et finissent en phalènes. La vie se vide de sa substance dans le bol d'un crâne. Ce qui commence n'a pas d'avenir sinon celui de la mort. N'ayant pas de pays, je suis en exil chez moi. J'habite le fond de mes poches, un doigt dans le trou par où s'échappent les sous. J'écris n'importe quoi, n'importe quoi et le reste, n'importe quoi et rien. C'est comme une eau qui coule, le sang d'une blessure, la sève s'épanchant d'une entaille. Tout s'agite autour de moi. Je m'attarde à regarder passer les heures. Certaines minutes traînent la patte. Des instants tombent en vol comme les oiseaux du temps. Même quand elles ne font rien, les heures font du bruit. J'attends mon tour à l'hôpital. J'ai une enflure au désespoir, un oedème à la voix.

Publié le par Jean-Marc La Frenière

Publié dans Ils disent

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