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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Ile Eniger

10 Juin 2014, 19:37pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

Pourtant

Elle sait les manques, les chemins à rebrousse jeunesse, les miroirs perfides, les carrefours, l’embuscade des sillons, tous les fléchissements. Elle sait les traîtrises d’automne, la lumière crue, la lumière nue qui appelle le corps par son âge. Elle sait l’inconfiance malgré la violence des désirs. Alors, elle voile la chute, protège l’intime, cherche la distance. Elle masque la peur, marche et sait qu’elle ne court plus. La cruauté naturelle ne laisse aucun doute, la route est plus courte. Pourtant, elle y boit toujours le soleil d’un trait. Encore son pas réunit l’eau et le galet. Doit-elle dire je quand elle parle d’elle ? A les voir se chercher, je me dis qu’il faut du temps pour joindre les deux bouts d’une femme.

Ile Eniger - L'Inconfiance - Editions Collodion

http://insula.over-blog.net/

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Marine, père et impair !

10 Juin 2014, 07:26am

Publié par Cheval fou (Sananes)

Disons-le haut et fort à Marine et ceux de ses amis qui pensent comme elle que son papa n’a commis qu’une "faute politique" en disant tout haut ce qu’une partie de son électorat pense : elle se trompe ! Jean-Marie Le Pen a surtout commis une faute morale de la plus haute gravité.

Je ne sais pas si pour Monsieur Le Pen et certains de ses amis, la commémoration du Débarquement était jour de fête ou jour de deuil, je ne sais pas non plus ni si son projet de réhabiliter Pétain fait toujours partie d’un inavoué programme, mais je sais que pour nombre de Français, la famille Le Pen, le FN, et leur proximité avec les extrêmes droites les plus virulentes d’Europe, sont une menace pour la Démocratie.

Aucun vrai Français ayant une mémoire des atrocités commises par une idéologie qui a fait, il n’y a pas si longtemps, ses "fournées" d'artistes, de Roms, de Juifs, d’homosexuels et de résistants, aucun vrai Français ne peut penser que les propos du Président d’honneur du FN sont acceptables.

Quand aujourd’hui encore, Jean-Marie Le Pen répond à sa fille Marine : " La faute politique c'est ceux qui se sont alignés sur la pensée unique", à l'évidence ce qu'il qualifie de "pensée unique", c'est la pensée républicaine ! C'est, me semble-t-il, celle qui s’oppose à l’assassinat d'êtres humains n’entrant pas dans le moule de l'idéologie FN ! En fait papa Le Pen est toujours le même !

Et la question se pose : le discours actuel de Marine Le Pen dénote-il une volonté de véritable changement au sein du FN, ou n'est-il qu'une stratégie de séduction ?

Une clarification s'impose !

Je me permets de rappeler mon article à propos des Elections Européennes en date du 29 mai, sur Facebook et sur ce blog, ayant pour titre : QUI S’ÉTONNE ? (article ci-dessous)

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Dansez petites filles

8 Juin 2014, 19:37pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

L'usure des heures étire des millénaires

où s’effacent tous les possibles d’hier.

Et vous deux, dans la largeur de mon regard.

 

Dansez petites filles.

Moi, je m’égare entre vos éclats de rire

et la courbure du siècle.

 

Dansez petites filles

vos possibles sont encore avenir.

 

Est-ce bien raisonnable de vieillir

quand les enfants dansent ?

JMS

Dansez petites filles

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Brésil

7 Juin 2014, 21:28pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

À se demander si le droit de vivre libre et chez soi, et même le simple droit de vivre, est un acquis définitif, quand les usufruitiers de la richesse, que ce soit les grands propriétaires du Brésil ou d’ailleurs, et les multinationales, encouragés par les gouvernements qu’ils soudoient, pensent que le monde est un bien vacant à privatiser. Le sort des Indiens du Brésil, comme celui des sans voix des Indes, d’Afrique ou d’ailleurs, ils le tiennent dans une main de fer qui, inexorablement, écrase l’homme naturel, l’homme dépouillé d’influence et de technologie guerrière. L’homme naturel dans ses prairies, dans ses steppes, dans ses îles, n’a pas de droits car la richesse, mariée à la puissance des armes, se donne le droit de spolier et polluer. Des puissances financières achètent des armées privées. L’émergence de ce que j’appellerai une philosophie "monsantiste" affirme, avec une incroyable arrogance, que l’on peut privatiser la vie et parquer les peuples : ce qui n’est pas encore à moi je le prends, devient l’article premier de la bible du libéralisme !

Et, pendant ce temps, la foule des "panurgiens", les hypnotiques du 20 h, les décérébrés de la téléréalité, les fous du stade et leurs hooligans, chantent leur autosatisfaction en cuvant leur bière et l’avenir de leurs enfants.

Mais putain, l’amour et la fraternité, c’est quand ? Quand comprendra–t-on que chacun de ces Indiens est mon frère ? Que chaque homme qui souffre s’inscrit dans une douleur collective ?

Quand comprendra–t-on que les hommes ne sont qu’une seule famille et que ceux qui pillent la terre détroussent l’humanité ?

Quelle philosophie non frelatée leur apprendra qu’aucune richesse vraie ne se bâtit sur la douleur, la spoliation ou l’exploitation de l’autre ?

Qui leur dira que les hommes, tous les hommes, les animaux tous les animaux et la terre, toute la terre, ont un droit, non négociable, au respect.

JMS

Photo : Les Enragés

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Jean-Marc La Frenière

7 Juin 2014, 14:07pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

Par la glissière des lèvres

Le temps ne se lit pas sur un calendrier. C’est l’humilité qui grandit l’homme, pas la gloire. Je n’écris pas mes livres. Ce sont eux qui m’écrivent et me portent. J’ai besoin des mots pour mettre un pas devant l’autre, des gestes dans les bras, des choses dans les mains, pour regarder derrière le paysage, appréhender l’âme derrière les apparences. Il faut la main pour comprendre la main, la main chaude, la main à la pâte, la main d’un jardinier, la main nue. Il y a dans l’écriture des restants du début, un cerveau de serpent, de poisson, un art du silex, la douceur des amibes. La tête la plus vide reste chargée de l’homme. Les mots viennent avec des feuilles, des oiseaux, des gouttes de pluie, de la cendre, du feu. J’entends les mots bien avant de les avoir écrit. J’habite à l’intérieur de ma voix. Quand elles deviennent pesantes, il faut donner de l’air aux idées. Les mots prennent leur élan le long du corps avant de s’envoler par la glissière des lèvres. Les livres m’ont changé bien plus que les années. Il y a des nuits qui viennent et d’autres où c’est le jour se retire. La mer monte et descend. Je vais du noir au noir pour trouver la lumière. Je sens comme un arbre d’homme la pression des racines, la chlorophylle qui réchauffe, les feuilles prenant le frais, le frémissement du vent sur l’écorce des branches. J’aime écrire à la main, égaliser les phrases avec la paume, glisser un doigt entre les mots.

Par la freniere Publié dans : Prose

http://lafreniere.over-blog.net

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Mon chat dit :

3 Juin 2014, 14:11pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

Mon chat dit :

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