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Elle lui avait dit : "À ton âge"…

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Elle lui avait dit : "À ton âge"…
Alors il avait pris son temps, la température de l'air, en avait écouté les musiques, mesuré la taille du ciel, cherché des oiseaux. Il avait pris une brassée de rêves et son chat par la patte puis, il s'était surpris à regarder des étourneaux et s'aperçut qu'il comptait comme un pied ! Pourquoi donc, quand l'un des oiseaux s'évadait de cette horde stellaire, ne devenait-il pas un 'étournal', répondant ainsi à cette même équation qui voulait que le cheval soit la moitié de deux chevaux ?
Jouant avec les mots, il avait alors échoué à en faire des familles, s'étourdissant à jongler avec les syllabes, à vouloir faire danser des vers, faire rimer des couacs. Et, de rimes en couacs et de quoi qu'on en dise en alexandrins, excédé, il avait renversé l'encrier et vu l'encre devenir pâte de mots liquide et lui colorer les doigts. Il avait alors ouvert, dans un geste de grand désespoir, le placard à secrets, y avait volé du chocolat en grommelant des mots à fermer le rire, et d'autres qu'il valait mieux taire.
Les temps se prêtaient à la grisaille. C'était un temps de rien, les hommes s'y promenaient fusils à la main. Pour toute récompense, au matin, on leur offrait des oraisons funèbres et des cantates à la gloire de l'orgueil, laissant aux mères les fleurs et les larmes. C'était en une époque de pénurie de cimetières, du nord au sud, du Danube au fleuve Congo, et partout de par le monde, dans les jardins du crime, l'éternité et l'incognito se croisaient, laissant des hommes à même la terre joncher l'oubli et nos re-morts. Entre l'amer des temps, les armes, l'amertume, les maux tue-âmes, les mots porte-larmes, et ceux qui alarment comme les tumeurs assassinent d'un incertain bonheur, tous s'accordaient en des sonorités complices aux accents funèbres.
"À ton âge" avait-elle dit…
Et ces mots qu'elle avait prononcés à cette frontière entre la peur du très-passé, et l'an-trop glissaient comme une frayeur oubliée. Funambule convié à la chute, avec l'insolence du vivre et chanter, pourtant encore il défiait l'absence, apprivoisait des bulles de savons, des griffures de chats, des rires d'ogre de barbarie, déclamant la joie d'être là. Il flânait, longeant l'épanchement des heures perdues et d'un siècle où tant d'amitiés avaient viré au noir, mais où tant d'heures endimanchées à d'odeur de vanille le retenaient si fort qu'il s'y était bâti un pays.  Encore il ignorait toute velléité d'excursion ou d'incursion en un au-delà où, selon lui, le matin, et bien trop tôt pour un homme raisonnable, les anges comptaient fleurette aux papillons et aux pissenlits.
Trop tôt pour lui ! À son âge, il voulait encore partir à l'assaut du jour et y chercher les couleurs du bonheur. Plus loin que les nostalgies qui l'habitaient, il voulait encore parcourir le train-train des heures qui chantaient comme un ronron de soleil dans le jardin. Encore il s'y cramponnait comme une feuille de platane à l'approche de l'automne.  
Elle lui avait dit "À ton âge…", mais que savait-elle de son amour du bleu, du jaune et des sourires d'automne ? Ses matins à lui chantaient encore comme l'heure du café et les fenêtres que l'on ouvre sur des envies de quotidien.
Elle pouvait se le garder son "À ton âge"…

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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1er mai 2022

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

En ce mois de mai
où un peuple se fait massacrer,
quand l'utopie d'une fraternité
entre les hommes
et celui d'un sauvetage de la planète
fait ses adieux au rêve,


quand seul le malheur
et la peur des sanctions électorales
appellent à la raison,


quand, ici et ailleurs,
les enfants et les hommes du labeur,
aux espérances étriquées,
dans le désenchantement de la promesse,
oublient de battre le pavé,


parce que
quelque chose en moi,
dans l'indigence de l'espoir,
 ne veut pas mourir,
encore je vous livre
quelques lignes de mon recueil de 2007
.
Opus 24
Requiem pour 1968


***
Je croyais en Tes mondes infinis
car je suis chien de mémoire
fidèle comme le remords


Dans un ailleurs
Tu étais là
parfois je Te nommais


Je Te savais parmi nous
je chantais à Tes côtés.

 
Opus 24
Je me rappelle ces temps
où les Lolita, pour un baiser
pour un tour de bras
volaient de brefs instants au banal


Un brin d’encens à la main
elles se disaient
égales aux  hommes
les ouvriers rêvaient


Pour un Krishna, pour un Jésus
pour un Dylan, pour un Donavan
les hauts-parleurs jetaient l’amour


Les yeux  jetaient du rire
les oiseaux parlaient tendresse
Martin Luther faisait un rêve
Dieu dansait à nos côtés


Sur les pavés du pouvoir
les "bien-pensants" outrés
pactisaient autour des guerres


Du Chili au Vietnam
ils jouaient du crime et du napalm


Je regardais les "hommes de bien"
ils jouaient
à faire courir la mort


De Charonne au Biafra
ils étaient là à vendre leurs couteaux
à vendre leurs canons


Sur la cartographie de la misère
les grands
verrouillaient le monde
essaimaient leurs corruptions
ancraient leurs dictatures
dépossédaient les peuples
capitalisaient les étoiles
ensemençaient le futur de Forgeard* goulus
et autres détrousseurs de rêves et de richesses
ils nous préparaient leur monde.

 
*(aujourd'hui nous dirions les Carlos Ghosn et autres comparses)

 In Opus 24  Requiem pour 1968
Publié aux Éditions Chemins de Plume 

Publié dans Textes de JMS

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Il fut un temps

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il fut un temps
où le printemps chantait
si fort que mai explosa
comme  une rose en bourgeon
ouverte à un rêve d'avenir

Il fut un temps
où mes vingt ans résistaient
et le printemps appelait
à l'amour et à l'espoir

il fut tant et tant de temps
pour  que s'usent  nos lendemains
il fallut tant et tant
d'hivers et de colères
à user nos utopies
pour que passe le vent
qui portait nos vains ans

et toi petite
qui sais que les rides
effacent la jeunesse

et toi petite
qui sous mes rides ne voit pas
ce qu'il me reste de jeunesse

jms 25/04/22

 

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Sur un fil

Publié le

Cet article est reposté depuis lafreniere&poesie.

Quand l'idée du bonheur
se jette sous le train
à 5 heures du matin.

Quand l'infini bascule
du côté noir des choses
à 5 heures du matin.

Quand un fleuve d'oiseaux
perd ses vagues en volant
à 5 heures du matin.

Quand la fiancée des fleurs
perd sa bague d'odeurs
à 5 heures du matin.

Quand on marche sur un fil
qui ne tient plus à rien
à 5 heures du matin.

Quand la chair des mots
n'est qu'une peau de chagrin.
Quand le cuir des bottes
n'est qu'une chair de poule.

Quand le sommeil abat ses rêves
comme des cartes truquées
 5 heures du matin.

Quand personne ne m'attend.
Quand les morts me rejoignent
À 5 heures du matin.

J'invente à l'espérance
une sœur jumelle.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Ils disent

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La complainte du hérisson

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le hérisson, venant de quitter l’hiver, aperçut une souris :
"Comment oses-tu sortir toute nue et sans défense ?"
 s’insurgea-t-il ! avant d'apercevoir une beauté sans pareille
qui ne manquait pas de défense.
Mais qui donc aurait osé, d'une main enhardie,
s'approcher de la belle hérissonne ?
Détournant son regard, peut-être par pudeur,
il vit maître mulot s'extasier devant la souricette,
lui qui vivait dans la peau d'une feuille printanière,
et il dût bien le constater,
tout le monde ne regarde pas d'un même œil !
D'ailleurs, le petit rat, à voir ainsi bardé le hérisson
paré de son habit guerrier, lui trouva fort mauvais genre,
avant qu'une ombre ne le fasse fuir.
À chacun ses armes, seules ses jambes le sauvèrent
lui qui, dans son chic habit, plaisait à la chouette.
D'une infinie sagesse, il s’exclama :
"Cessons de regarder les autres
et allons vite dans notre trou et chacun chez soi,
laissons les autres se ressembler,  
et si à être pareils, les modes s’acharnent,
n'est-il pas bon de se ressembler et d'être soi ?
N'est-ce pas la peur du dissemblable qui fait les guerres ?".

Au repas du soir, le hérisson et le mulot,
trouvèrent chouette de vivre ensemble,
mais fou qui ne se méfie pas...

JMS 23/04/22

         

   

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Dans l'immensité des jours

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parfois, l'immensité des jours
et de la douleur d'être homme est si vaste
qu'elle s'enferme et s'autodétruit dans l'inimaginable.
Le choix est dans son contournement
ou le cumul des poignards de la raison, jusqu'à la folie.

Déchirez-moi la tête,
la pensée,
déchiquetez mon corps, mon âme,
étouffez mes ressentis,
gommez-moi
effacez-moi.

La mort,
leurs morts, entrent en moi,
me hantent et me rongent.
Je pense à toi,
je te sais, toi la mère
qui regardes la poussière d'immeuble
où ta famille vient de disparaître,
et je sais
la mesure de la douleur,
le sanglot et la larme rugueuse,
comme un cri animal au profond des entrailles,
et l'agitation de mots qui n'expriment plus rien.

Que reste-il du rire de l'enfant que tu aimais ?
Me revient l'image de la petite fille de l'école Oha-Torah,

un pistolet sur la tête.
Partout au monde l'ignoble coagule l'innommable,
qui donc, et pourquoi, ont-ils fait cela ?

Est-ce l'image du dernier rire de ton enfant
dans cette rivière de sable et de poussière d'homme
que tu figes, là où était ton immeuble ?

Ta douleur a pénétré mon âme,
j'ai mal pour toi.
Nous sommes la flamme du brasier qui nous ronge.

Effaçons l'amour,
fermons les yeux
la mémoire et le futur,
pareille douleur, elle, ne se ferme pas.

Nos corps vivront et iront plus loin,
sans nous.
Notre effacement s'appelle l'Exil,
je le connais,
il y a si longtemps que je l'habite.

jms  le 18/04/2022

Photo internet

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Depuis que je m'habite

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Hé l'oiseau, où vas-tu ?
Et toi mon rire, où te caches-tu dans cette cohue ?
Tant de chats, tant d'amours dont je cherche les noms,
tant de jours à remettre dans l'ordre,
j'ai vu un tableau si profond que je m'y suis perdu.
Manque de perspective ?
Depuis que je m'habite,
à trop être en moi je m'égare, est-ce l'âge ?
Tout devient aussi grand que le vide,
j'y perds des mots, des jours, et l'heure file.
 
En rang les mots !
En ordre les jours !
Vite, mon calendrier s'effrite,
trop de bruit dans ma tête,
ça fait désordre,
avez-vous vu mes rêves ?
 
Je voudrais être un bruit posé sur un arbre
et retenir les chants d'oiseaux.
Où sont passées les comptines d'enfance ?
La musique est en ruine,
Pierrot ne chevauche plus la lune,
sa plume ne sait plus le chemin de l'encrier.
 
Perdu parmi tous mes habitants,
je ne suis plus seul,
et je ne suis plus celui qui parle le plus haut.
À être un homme multiple,
je me divise,
me brouille.
Ne parlez pas tous ensemble !
Laissez-moi me chercher,
je veux retrouver un coin d'enfance
et l'habiter seul,
m'y retrouver, et fermer la porte
 
Où sont donc les odeurs joyeuses
qui habitaient la cuisine ?
Maman n'est plus là,
les hirondelles sont parties.
 
Bruits, mots et jours du passé,
je ne suis plus celui
qui n'était jamais content,
celui qu'une règle de trois
faisait basculer
quand nous étions plus de deux.
 
Et si je suis seul,
si vous ne me parlez plus,
qui répondra à mes questions ?
 
Hé, l'hirondelle, reviens,
et dis-moi qui, là-bas,
habite ma maison ?
J'ai perdu le chemin d'enfance.
 
Quand je nous aurai quittés,
pourrai-je encore nous parler ?
JMS
 

 

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Devrais-je dire à mon fils

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Devrais-je dire à mon fils
quand deux hommes se battent :
"Interpose-toi et sépare-les ?".
 
Je me souviens de Polonais et d’Espagnols
venus défendre la France.
Je me souviens d'un temps
où les hommes eurent mal
et d'un autre qui emporta les miens.
 
Je me souviens de l'enfant syrien
errant sur un bord de route,
d'une frontière fermée à la misère,
d'un enfant du Congo
regardant sa mère éventrée.
 
J'ai vu, loin d'eux et du ciel,
les ventrus vendre leur vertu
de crainte d'avoir des assiettes
moins bien remplies.
 
J'ai bu de la bonne parole
et mangé du silence
dans le fracas des bombes tombées.
J'ai vu l’enfant, fleurs en main,
devant la tombe d'une maman.
 
J'ai vu,
et je ne sais plus quoi dire aux enfants.
 
JMS

image TV

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Tu vois, Martin, l’Histoire ne nous apprend rien (Texte déjà publié le 24 novembre 2015)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Lettre à Martin Niemöller et à Mordekhaï Gebirtig

La clarinette de David Krakauer pleure
comme hurlerait un chien,
son os de vie planté en plein cœur.


«Ils brûlent brûlent notre bon village,
proie des flammes, proie de carnage… vent de haine …
C’est toute notre vie qui brûle»
*1

La voix de Catherine Ringer résonne
comme crépite le cri d’une femme
dévorée par d’atroces mémoires

Sa voix martèle et forge mes mots
le verbe compressé résonne
sur l’étendue d’un cri plus long que les décennies

Ailleurs et ici les hurlements mutilés
portent la plainte de peuples qu’on assassine
de femmes que l’on souille et d’enfants volés que l’on fait soldats

Ailleurs et ici sa chanson court comme un linceul blafard
posée sur l’agonie de l’Orient
sur des hommes esclaves et d’autres qu’on décapite

Dans un siècle qui rumine ses silences
la voix de Martin Niemöller*2

ne cesse d’embusquer son poème

Aux apothéoses de la mort
la haine n’est pas morte et les consciences incertaines
ferment les douleurs trop lointaines

Quand ils sont venus chercher les yazidis,
encore une fois, Martin
nous avons fermé les yeux

Quand ils sont venus chercher les chrétiens,
encore une fois, Martin
nous avons éteint nos cœurs

Quand ils s’en sont pris à nos enfants,
alors, nous avons tremblé

Tu vois, Martin,
L’Histoire ne nous apprend rien.

Les barbares sont à nos portes

——————————————-
*1Mordekhaï Gebirtig, poète auteur du poème : Ça brûle
*2Martin Niemöller, pasteur et poète au célèbre poème : "Je n’ai rien dit"

http://www.dailymotion.com/video/x2i08ix_catherine-ringer-soiree-david-krakauer-et-son-all-star-extrait_music

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Parfois, le rêve s'éveille

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parfois, le rêve s'éveille jusqu'au matin.
Hier, j'y ai rencontré Van Gogh
mais, déjà je l'avais croisé
alors qu'il s'éternisait, en noir et blanc,
sur une vieille photo.
Et déjà, il se ressemblait beaucoup,
aussi n'ai-je pas été surpris.
 
Tous deux,
Comme si nous nous étions de toujours connus,
nous sommes partis
loin du siècle,
de ses imposteurs et de ses frayeurs.
Partis,                        
de l'encre jaune et des corbeaux sous le bras.
 
Entre avril et le mal de vivre,
nous avons croisé mai
dans le tue-tête d'un soleil
chantant le printemps à l'oreille de Vincent.
Moi, d'un œil, j'écoutais l'horizon
faire tourner l'heure, les moulins,
et la terre se faire noire
dans une ivresse
où l'encre et le pinceau brassaient le ciel et la lune.
 
Dans les silences de la vigilance,
un vieux hussard acharné et son palefrenier,
bon pied mais mauvais œil,
avançaient sur la route de Waterloo
là où le vivre mal et la mort faisaient leurs fêtes.
 
Depuis trop longtemps, au quadrille des vanités,
les hommes étaient allés, tambours battants,
si loin dans le plaisir d'être grands,
qu'à vouloir s'en expliquer, ils s'étaient perdus !
 
Mais, n'était-ce pas aussi parce qu'entre chien et loup
on ne reconnaît plus les siens ?
N’était-ce pas aussi qu'à prêter son oreille au chat,
on écoute les souris ?
Et qu'à montrer patte trop blanche à la chance,
parfois les portes se ferment
comme des promesses oubliées ?
 
Parfois, le rêve se couche au matin,
laissant traîner des mots tout aussi fluides
que ces larmes qui du ciel tombent
comme hallebardes et averses,
nous laissant dire que, même mélangé à l’eau,
le ciel reste lourd.
 
Van Gogh est parti,
le silence me revient comme une solitude,
immense.

Parfois, Dieu me manque un peu.

JMS

Van Gogh : Champ de blé aux corbeaux

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