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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Marina Tsvetaïeva

29 Mai 2013, 17:03pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

"Éparpillés dans des librairies, gris de poussière, ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus, mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares quand ils seront vieux"

Marina Tsvetaïeva - 1913

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"Fête des mères" (2)

27 Mai 2013, 11:42am

Publié par Cheval fou (Sananes)

En rebond sur le texte de Ile Eniger : "Fête des mères"

 

Songeuse, elle pense et défriche ce cri que l’on croit lointain. Il est là pourtant, caché sous les pas de la petite fille qui courait dans les graviers. Le cadeau, les heures et le rire pétillant explosent, jaillissent. Résurgence d’un bonheur que le flou des ombres avait amalgamé à une autre vie, dans un monde ailleurs où rien ne vieillit.

Songeuse, elle pense, défriche et écrit.

Et moi, spectateur étranger embusqué, lecteur de ces mots qui retracent une autre vie ailleurs, dans l'universalité des mémoires où les enfants n'ont plus d'âge mais où les odeurs et les rires d'antan reviennent inlassablement.

La mère est dans la cuisine, dehors le cri des hirondelles qui réparent le nid, résonne dans le patio. Je me retrouve là, dans la magie d'un souvenir, fier dressé sur mes six ans à attendre que son visage s'illumine pour un bracelet en pâtes ou un dessin maladroit, fier et prêt à lui dire : c'est moi qui l'ai fait .

Peur de rien est passé, peur de tout et de vieillir sont arrivés.

 Tu te retrouves petit garçon et tu penses à elle et à ce "Bonne fête maman" qui a perdu son rire.

Elle est là, mais sa mémoire est partie

A-t-elle oublié la vieille école de la rue Marceau, ma tenue de louveteau ?

Elle est là et n’est pas là. Elle sourit, cherche à saisir sa vie.

 Les rires, les larmes, les espoirs, les déceptions et les bonheurs peuvent-ils survivre à l’ombre ?

Que fait-on des mémoires fermées ?

Des mots, des amours, des douleurs jamais réparés et des aveux jamais faits ?

Déjà le noir et le silence t’habillent.

Tu fermes le vieux carnet de ta vie et tu te sens seul.

JMS

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Qand je partirai

26 Mai 2013, 08:25am

Publié par Cheval fou (Sananes)

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Carnet de notes

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Lettre à Pablo Neruda

23 Mai 2013, 07:53am

Publié par Cheval fou (Sananes)

Lettre à Pablo Neruda

 

Nous,

Nous n’avions que des mots d’oiseaux,

les larmes de nos enfants

et une tendresse pudique

à opposer au vent, au froid et à l’acier.

 

Eux,

se croyaient mandatés

pour perpétuer les pogroms de l’Eglise ancienne,

pour boire le sang de nos femmes

et voir pourrir nos corps.

 

Nous,

une étoile tatouée sur le cœur,

 

nous n’avions

que des prières d’oiseaux,

et nos mains nues,

à opposer aux bourreaux,

 

que nos rêves de justice

à opposer au cauchemar.

 

Je pense à toi Néruda

 

et avec toi je dis :

je ne veux pas qu’ils nous tendent

leurs mains humides de notre sang.

 

Je pleure sur l’Afrique et la Négritude,

sur l’Orient, l’Asie et l’Indien.

 

Je pense aux tiens Pablo

et à tous

qui n’avaient que des mots d’oiseaux

à opposer à la barbarie.

 

Pour les tiens, pour les miens

et ceux qui ont souffert

 

Pour ceux qui ne reconnaissent rien

ni du mal, ni des larmes 

 

Comme toi, Frère d’ailleurs,

je demande un châtiment.

JMS

 

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Maxime le chat regarde les hommes

10 Mai 2013, 17:27pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

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Adeline (ombrescontrevents)

8 Mai 2013, 10:13am

Publié par Cheval fou (Sananes)

Brisés 

 

" Un coup de gueule ? ça peut tuer aussi sûrement qu'un coup de fusil"

On lui avait dit ça un jour
Il avait ri.

Mais quand il L'a trouvée brisée
vide
coeur répandu

Violettes
s'écoulant au long de la vitre des rêves en miettes

Il a préféré se boucher les oreilles
pour barrer la route à la tonitruance des souvenirs

Et boire un autre verre
Tout neuf
Empli de ses larmes
 

Texte Adeline - http://ombrescontrevents.hautetfort.com

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Jean-Marc La Frenière

4 Mai 2013, 20:49pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

J’écris avec des mots
qui se cognent aux murs,
des ecchymoses d’amour,
des bleus au cœur,
des blancs de mémoire,
des vis qui dépassent
et des copeaux d’érable.

  J’écris avec les morts
qui continuent leur chant,
les vivants qui se taisent,
les enfants qui s’aiment
et ceux qui les protègent.

J’écris sur la pointe des pieds
comme on sort du lit.
J’écris avec la route
qui ne sait où elle va.

  Je donne mon regard
aux fantômes des rues
et je prête l’oreille
au mutisme des murs.

  Je prête un peu de doigts
aux gestes malhabiles,
des orteils aux trottoirs
qui marchent de guingois.

  Je prête un peu de marches
aux escaliers branlants,
le regard des vaches
aux passagers broutant
les rails de l’ennui.

J’écris avec la mer
qui nous montre ses dents,

la blancheur de l’hiver
qui découpe les ombres.

  J’écris avec une encre
qui dessine les mots,
avec des couleurs
qui portent la parole.

J’écris à la jointure
d’hier et d’aujourd’hui
avec le bruit du temps.

  J’écris avec les fruits
prolongeant les racines,
les ailes des insectes,
les avoines cassées
et les yeux d’un aveugle
qui cherche le soleil

J’écris comme je respire
avec les mots qui passent
mal sapés sur la page.

  J’écris pour la bonté
et la beauté du geste,
le trognon des pommes
enceintes d’un verger,
la fleur entrebâillée
laissant lire à l’abeille
son pollen sémantique.

  J’écris avec la pluie
qui dort dans la neige
et s’éveille au printemps.

 Texte de Jean-Marc La Freniere - Publié dans :  Poésie - http://lafreniere.over-blog.net

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1er mai

2 Mai 2013, 09:45am

Publié par Cheval fou (Sananes)

1er mai

 

Au pique-nique du diable, pour voler plus haut, les corbeaux s’habillent chouettes. Au festin des vautours, les grands becs volent à la tire et repartent, notre avenir sous le bras. Le chacal et le cobra s’accusent, mais chacun chez soi ! La soie pour les uns et la dèche pour les autres.

Dans sa toile, Marine tricote au point de croix. Au tire, tire, sur le fil c’est l’avenir qui se défile. Un point à l’endroit, un point à l’envers et tous en enfer. Les grands argentiers font école, ils distribuent les A+ les A-, les bons points et les dividendes. Partout, les banquiers font leur cuisine, soufflent le chaud, soufflent le froid, nous gardent en dessert, se sucrent et nous roulent dans la farine. Partout l’ivrogne des tristesses est aux abois mais sa coupe est vide. Sur TV propagande le langage bien nippé ne fait pas la belle âme mais fait les beaux discours. Il y a un air de déjà vu et du noir dans le ciel.

C’est jour de fête chez les grands chefs mais nous sommes tous au pied du mur. Pas de profit pour qui n’est pas Net, les disquaires virginaux sont mis à pied, la culture se fait chez Trust. Les hauts fourneaux noient leurs larmes, le travail s’échine. Les autres s’en iront faire le pied de grue devant les bras cassés et les pieds beaux de la bourse du travail. De Tunis à Damas les printemps font leurs ravages et Berlin parade. Les dés sont pipés, au casino de la vie les bandits-manchots ne passent plus la main, l’argent ça va ça vient. Les martins tricheurs jouent à triste ou pleure. Mais ceux qui pleurent sont toujours les mêmes. Parfois les boute-entrain sont pris la main dans le sac mais les bourses sont vides. Rien ne va et mon chat fait crise mine. Partout les rats grignotent la liberté, c’est un temps de jachère où le civisme ne fait plus recette. Les pleins d’oseille ne tirent plus à la courte paille. À paye ou part, comme à pique tout et pas de cœur, ils iront à Néchin. Ceux qui chôment, ceux qui triment, ceux qui pleurent et dépriment, pointeront aux caisses de la désespérance. C’est un temps de coquins où les requins tirent à boulets noirs sur les poissons roses.

A Nice comme ailleurs et en hiver, le capital et le ciel ont leurs fuites. Sans crier gare, la Gare du Sud a plié bagages, les rêves de ma jeunesse sont en voyage,  je marche à l’ombre de matins où le bonheur devient sectaire, j’attends que le soleil revienne.

JMS

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