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Je m'appelais Michel

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je viens d'ouvrir un document vierge
Dois-je le souiller ?
L’habiller ?
Le refermer ?
Trois mots sont tombés de mon clavier, qui plombent  mon  moral.
La page est comme moi, ni blanche ni noire.
Seulement froissée.
 
A triturer le verbe, les mots fusent.
Je ne se suis plus l'enfant du cri, d'un soleil ou d'un printemps, je suis l'enfant d'un mensonge. L'héritage  ombilical est mort de ses blessures. Ne me nommez plus, la raison a destitué mes certitudes. Faut-il vraiment que nous ayons des noms ? Faut-il vraiment que nous ayons connu les utopies du sang et de la patrie pour apprendre un jour que nous ne sommes là que pour apprendre la solitude ?
Faut-il toujours se chercher pour renaître aux vérités du babillage d'un stylo sur le blanc d'un papier ?
Je creuse la vérité comme un amant trahi, ne me nommez plus, je m'appelais Michel.
Je viens d'un temps qui  m'a tant éparpillé que je stagne là, aujourd’hui, à fouiller la mémoire des guerres. Je ne parcours plus la route de vieux parents qui s'y seraient perdus. Je m'égare dans cette déchirure du verbe qui sépare le passé du futur.
Où suis-je dans tout cela ?
J'attends que la peur s'efface et que des bulles de bonheur ouvrent la route.
J'attends de trouver mon pas de chien errant en course vers des joies passagères.
J'ai peur des voitures, des faux serments, des traquenards citadins et du vent d'automne qui apporte l’hiver.
J'ai peur de ne plus voir, de ne plus savoir voir, et de perdre la saveur du rire.
On m'a tant dit que le temps est l'épine dorsale de cette blessure du néant que l'on appelle la vie, que je creuse l'ironie de l'espoir et du chagrin jusqu'à ce lieu où la raison déraille.
Je n'ai pas de temps à perdre. Je suis fragile comme une mémoire en partance ou un oubli en marche, je me regarde au miroir de l'inconscience. Je ne suis plus  l'écho de qui j'étais. J'ai faim.
J’ai faim et je veux me goinfrer d'amour, je veux vous regarder, je veux nous regarder plus fort car nous n'avons d'autre vie, d'autre nation, d'autre lieu d’être, que les  yeux et les cœurs de ceux qui croient nous regarder vivre.
Je m'appelais Michel.
Je me ressemble, je nous ressemble, je vous ressemble. J'irai partout avec nous et nous nous appellerons de tous les noms de la tendresse.
 
Il y a longtemps, j'avais ouvert m'a vie  sur une utopie démesurée et vierge. Qu'en restera-t-il quand l'ombre viendra ?
Les mots, l'amour, la passion, auront-ils su triompher des trahisons, des chagrins, des abandons ?
Aurai-je à jamais compris que l'être n'est qu'un frisson de joie sur une douleur qui marche ?


Des mots sont tombés de mon clavier.
La page est comme moi, ni blanche ni noire.
Seulement froissée comme un chagrin de soleil sous la pluie.

 

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Vendredi 7 octobre à 15 heures 30 à Mouans-Sartoux

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Vendredi 7 octobre à 15 heures 30 à Mouans-Sartoux

Festival du Livre de Mouans-Sartoux 2016
Vendredi 7 octobre à 15 heures 30

je serai l'invité du podium littérature (Bât : A)

Dans le cadre la présentation de mon essai :

La Crise ? Complot ou incompétence ?

- Il est temps de comprendre que cette prétendue crise est organisée par ceux qui en tirent sciemment profit. Il est temps de se donner les moyens d'entrevoir les nécessaires changements pour un retour à un monde meilleur et équitable.

Merci à tous ceux qui viendront m'écouter

Jean-Michel SANANES

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Frère de l’herbe et du sang

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je mesure l’odeur de l’herbe, la larme de sève à mes chaussures, la goutte de sang à la blessure du monde. La vie est une béance plus grande que l’univers. J’avance, l’œil sur l’horizon, l’horizon sous les étoiles ; j’avance l’œil moins grand que l’infini ; je tutoie le vent et l’arbre. Des miettes de mes ancêtres s’y promènent, s’y reposent, se marient à l’écorce des arbres, à l’écorce du vent et au parchemin de mes rêves. J’avance l’œil sur l’horizon et je bois le soleil, et je bois la plaine. J’arpente un chant d’oiseau, un rêve de givre et de futur, un rêve de passé. Où es-tu ? Qui es-tu ? Toi dans l’ombre de mes pas : un arbre qui me regarde, un oiseau plus haut que le ciel, une étoile perdue dans les années lumière. Une larme de sève à mes chaussures, j’avance à ma rencontre.

Quand je sauve une abeille tombée à l’eau, un oiseau prisonnier des griffes de mon chat, le petit homme raisonnable, celui qui se croit si grand qu’il pense que la terre n’est pas assez grande, qu’il faut coloniser l’espace, le petit homme raisonnable rit. Il croit que certaines vies sont infimes. Je ne suis pas raisonnable, toutes ces vies me sont indispensables comme l’enfance, comme le rire. Toutes vont à mes côtés comme une partie de moi. Je suis un fils du ciel et du vent. Inlassablement, je scrute à la recherche de l’ancêtre, l’ancêtre homme, l’ancêtre brindille, l’ancêtre poisson, l’ancêtre amibe. Je cherche l’ancêtre du rêve, le premier frisson de la goutte d’eau.

L’homme raisonnable n’en a que faire, il règne dans une jungle de marchands de papier, de marchands d’hommes, de marchands de vies, de marchands de biens. Il règne sur les territoires de la monnaie.

Je parcours la vie en indigène. Je suis d’un ailleurs de paix si incompréhensible aux hommes raisonnables que leurs cartographes s’y perdent.  Dans mon monde, j’habite avec des abeilles, des chats et du ciel, aucune place pour les marchands de terre, aucune médaille pour les spéculateurs de l’opulence.  La terre, même captive, même soumise, même arrachée à la nature, violée, lapidée, empoisonnée de chimie, reste et restera un morceau d’univers indigène. Ma Terre pleure quand vous la détruisez, elle est mon manteau, ma parure, ma vie, mon tombeau.

Mesurez-vous l’odeur de l’herbe, le chant de l’oiseau, la douleur de l’arbre, quand vous abattez la forêt, quand vous goudronnez ?

Vous parcourez la vie à la hussarde. Vous évaluez l’oiseau, l’arbre et le chant, en poids, en profit. La bête n’est plus la bête, dans votre regard elle devient viande. La forêt n’est plus la forêt, dans votre regard elle est stères, mètres cubes, charpentes, charbon, copeaux. L’homme n’est plus homme, dans votre regard, il est bras, sueur, consommateur et machine exploitable. Vous oubliez que le chant, l’odeur et l’horizon, sont ma richesse.

Vous en tirez vanité. Le reste n’est que dégâts collatéraux.

J’avance l’œil sur l’horizon, l’horizon sous les étoiles. J’avance l’œil moins grand que l’infini. Je tutoie le vent. J’attends que l’arbre me parle. J’attends que cesse le tumulte.

La vie est une béance plus grande que l’univers.

Je suis frère de l’herbe et du sang.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 13.50 Euros (réimpression)

Publié dans Plus frère que frère

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"La Crise ?" Essai et "Le jardin des diagonales" Roman

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

"La Crise ?" Essai et "Le jardin des diagonales" Roman
"La Crise ?" Essai et "Le jardin des diagonales" Roman

Parution de mes deux nouveaux ouvrages aux Editions Chemins de Plume pour le Salon du Livre de Mouans-Sartoux les 7, 8 et 9 octobre 2016, en dédicace au Bt A

 

Publié dans Informations

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Là où les matins m'attendent

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Si mon permis d'être
un jour ou demain
m'ouvrait un autre là-bas
que j'y arrive en me pinçant le cœur et l’âme

Si mon permis d’être
fermait mon ici
qu'il y ait un là-bas
je voudrais être
parmi ceux qui m’aiment et que j'aime
aux côtés de tous ceux qui ont eu
la conscience plus forte que la foi
le cœur plus large que l’ego
le doute plus grand que les certitudes
je voudrais être
avec les pêcheurs qui ont donné du pain aux oiseaux
les enfants qui ont pleuré pour un bonnet d'âne ou une gifle imméritée
ceux qui ont mendié et volé pour manger
et avec tous ceux qui les ont aimés et qui connaissent les routes du pardon

Si mon permis d'être
un jour ou demain, m'ouvrait un autre là-bas
je voudrais être
parmi ceux qui ont voyagé dans la détresse des hommes
ceux qui savent que les peuples martyrs doivent réapprendre à chanter
ceux qui se sont fait voler des larmes et des enfants à la guerre
Et tous ceux qui gardent encore un cri contre l'injustice

Si jamais mon permis de vivre s'épuisait
je voudrais être
parmi mes chats, et ceux qui m’aiment et que j'aime
ne jamais oublier leurs voix, leurs couleurs
leurs pleurs, leurs rires
leurs images

Je serai là où les matins attendent.

 

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Chambre 12

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Chambre 12

Tu es là ma mère,
comme un frisson mémoire
où vibre ma jeunesse

Tu es là, ma mère, accrochée à ce souffle
Qui coule d'un filament diaphane
Où suinte un filet de vie

Tu es là ma mère
Au mur, quelques photos
Et ton doigt qui désigne
Mon père, dis-tu
Encore tu fouilles dans l'absence


Tu es là, ma mère, mon orpheline
Qui cherche un père
Pour te prendre la main
Et te conduire dans cet improbable
Où repose la conscience

Tu es là, ma mère, mon orpheline, ma muette.

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Le vent de l'ailleurs t'appelle... ma mère

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'été s'est arrêté aux fenêtres
De minces filets de lumière déchirent l’ombre
L'heure ralentit
Venues de l'ailleurs du vent
De vieilles inquiétudes et de vieilles joies s'attardent
Venue de l'ailleurs du vent
Ma mère est là

Dans un pathétique tête à tête
Où la vie passe à contrejour
L’espoir et le néant
Orchestrent les métamorphoses de l’invisible
Sa main dans ma main
Ma mère s'agrippe à des heures incertaines

Encore une fois un oiseau s'est posé entre mes doigts
Son regard émiette des images et des odeurs écornées
Déconnectées de l’espérance
Une moisson de souvenirs joue la jachère
Ses rêves ont tant pâli
Qu’ils émergent d'un silence d’iceberg
 
Ses joues sont froides
Nos cœurs se glacent

Remonte un temps ancien
Où déjà mon père avait accosté ma main
Avant que son regard ne se dissolve
Dans un crépuscule de regrets
Et d'insipides espoirs

Ma mère est là

Et son cœur cogne
Elle a peur et me demande de la suivre
Que répondre à ce projet d'éternité à deux ?
Que dire à une main qui désarrime sa force et se cramponne ?
Que dire au désarroi
Et à cette ombre où grince la permanence des douleurs ?
 
J'ai peur
J'ai peur des tumultes inoubliés
 
Une petite fille n'en finit pas de chercher un père
 
J'ai peur
J’ai peur de ses peurs
J'ai peur de ma peur
 
Reste, ne me lâche pas, me dit-elle

Main dans ma main
Ses mots muets me claquent aux yeux
Plus forts que la prière  
Que t'a-t-on volé ma mère ?
Qui éteint la lumière ?
 
Et les cieux !
Où sont-ils, si près, si loin de ce lit ?
 
Ma mère murmure
Ses mots s’évadent
Un pâle sourire griffe mon âme
Ravive des temps que je ne saurai oublier
 
N'aie peur de rien, ma mère
Où que tu ailles
Un jour j’irai
Le présent n'a pas de cage.

 

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NICE

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Ne m'appelez pas Nice, Charlie, Paris ou Toulouse
Ne m'appelez pas non plus du nom des assassins
Quand le sang coule
Appelez-moi chagrin
Appelez-moi larmes douleur révolte

Je suis Kaboul, Jérusalem, Damas, Mossoul, Munich
Je suis
L'enfant quand le poignard s'enfonce
La femme aux yeux tristes dont on éteint le regard
Les 84 personnes qui ont péri
Les 331 blessés qui s'acharnent à vouloir vivre et encore aimer
Les dix enfants volés
Ce rire encore collé à une photo
Cette femme qui ne reverra jamais sa mosquée
Ce père et son fils si loin de leur Texas
Ces deux enfants qui ne fêteront jamais leurs cinq ans
Je suis
Un père en deuil et une mère en larmes
Une grand-mère qui ne sait plus vivre
Le cri qui ne veut pas partir
Cet homme qui protégea les siens
Ceux qui s'interposèrent pour que d'autres vivent
Cette nuit où les étoiles eurent mal
Cet oubli qui ne viendra pas
Cette nuée des âmes
Qui s'insurge contre tous les détenteurs de vérités
Contre tous ceux qui jugent et s'arrogent le droit de tuer
Contre tous ceux qui souillent le droit sacré de vivre
D'aimer et d'être libre et d'avoir une conscience

Appelez-moi destin
Car je suis celui qui sait
Que les enfants de l'échec sont une obole à l’intégrisme
Que les infirmes de la conscience
Vendent la prière et le meurtre à la criée

Appelez-moi ineptie
Car je suis celui qui regarde
Les marchands de haines prospérer sur Internet
Dans l'impunité et l'indifférence de ceux qui en font commerce

Appelez-moi Nice, Toulouse, Bataclan, Orlando ou Paris
Appelez-moi Kaboul, Jérusalem, Damas, Mossoul ou Munich
Appelez-moi, Afrique, États-Unis, Asie, Tunisie, Algérie
J'ai le nom et le sang de millions d'hommes
Qui grésille au fond de ma mémoire
Où que j'aille, de Port El Kantaoui à l'extrême sud de l'Afrique
Encore et encore, je cherche l'humain

Appelez-moi détresse
Car je suis celui qui sait
Qu'entre la bestialité et l'homme il y a la conscience
Appelez-moi doute, fatalité, malchance, aveuglement
Appelez-moi Homme, si être homme encore a un sens

Appelez-moi espoir
Appelez-moi avenir
Car je suis celui qui croit
Que l'on peut encore restaurer le cœur de l'homme
Et encore lui donner des étoiles, des projets et du rêve

À Nice, Toulouse, Bataclan, Orlando, Paris
Kaboul, Jérusalem, Damas, Mossoul, Munich
Et dans les mille autres ailleurs où court le crime
Vous serez toujours là, à peupler les donjons de ma mémoire
Où que j’aille, je porterai votre sang et vos rêves

Enfants d’ici
Enfants d'ailleurs
Convoquez l'amour, le respect, la tolérance, la joie
Je cherche l'humain
Où que j’aille, encore et encore,
Toujours je chercherai des frères

Pèlerin sans croix sans croissant, sans étoile
Sur une route où les intégrismes sont légions
Sur cette route où la lumière est sous voile
J'affirme que l'humanité sera laïque
Diverse généreuse et fraternelle
Ou qu'elle ne sera pas.

JMS - Nice Juillet 2016

 

 

Publié dans JMS - A paraître

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La vie sans paillasson ou l’enfant suicidaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Quand mars fut venu
funambule aux clairières du non être
j'hésitais


Minuscule fagot cellulaire
à peine lié à un souffle de vie
je m'attendais


Sans essuyer mes rêves au paillasson des étoiles
j'ai replié la nuit
fermé l'ailleurs
sans clef, sans certitude
j'ai ouvert la vie
et le bruit est venu


Mon premier mot fut un cri sans larme
un effroi
une attente de nuits éternelles
et de soleils vagabonds
entre le sel et les herbes amères
aux encornures du vacarme
je découvrais le jour
et les frontières de la raison


Précocement, j'appris la larme funambule
et les soubresauts de la douleur


De loin
j'imaginais une mère en rires
les frissons torsadés de l'amour
des clairs de joies sous des cascades de lune
De loin
J'imaginais l'innocence du bonheur
dans les ailleurs du monde
Déjà
à l'ombre hachurée des persiennes
je me disais : n'aie pas peur du voyage
avant de vivre tu as déjà connu la mort
J'étais l'enfant du noir espoir
l'adolescent du non espoir


Comme des larmes de mère
l'épine du devoir
enfermait ma vie
funambule du vivre
dans l'odeur du néant
je creusais l'hiver pour en extraire le soleil
j'attendais que passe le jour
je cherchais le jardin des âmes


Sur fond de mort
sur fond de guerre
j'attendais que la vie se lasse


Dans l'hiver algérien j'écoutais Lorca
je cherchais le sens
j'attendais que les jours passent
j'attendais
je cherchais à être


On ne vit pas sans s'attendre
je m'attendais


Et si, de ce passage ici, il reste quelque chose
je ne veux emporter que la lumière d'un rire.
Au paillasson des étoiles, j'essuierai mes peines.

 

JMS - in "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 13.50 Euros

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Être !

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parfois je me demande si les étoiles savent encore rire
J'aimerais qu'on me le dise    
Qu'on me le redise
Qu'on  me le dise encore et encore

Enfant, déjà je savais que la tristesse était un feu invisible
Un mange l'envie
Une douleur que je ne savais porter

Il y avait du bruit sur mes silences
Des rires et  des poings serrés autour de mes larmes
Personne n'en a parlé
Personne ne m'a rien dit, personne ne m'a rien dit
Seule toi, tu étais là qui portais encore des étoiles
Et des désespoirs aimants  dans ta tristesse
La tristesse m'est toujours une lueur douloureuse à porter

Mon vieux pays est mort
J'ai appris  d'autres rêves
Connu des jours et un temps où  l'espérance
Ne se déclinait pas à l'imparfait
Un temps où j'ai chanté
We shall overcome
We shall live in peace
Nous allons vivre en paix,

Je voulais être un homme de l'Être
Un porteur de possible et d'enthousiasme
Je voulais conjuguer le verbe aimer à l'inconditionnel
Et, avec la vie et les enfants du monde
Me nourrir de rêves au temps présent
Espérer, bâtir, promettre la joie et le rire pour les temps futurs

Le vent a tourné si aigre
Que parfois je me demande si les étoiles savent encore rire
Je ne sais que dire aux enfants      
Qu'on me le dise
Qu'on me le redise, encore et encore

La tristesse m'est toujours une lueur douloureuse à porter

Je ne sais offrir le bonheur
Le jour et la nuit sont immenses
Je suis si petit
Que le regret m'emplit de mots
À poser sur tous les maux du jour
Je voulais être homme de l'Être
Mais je suis chroniqueur
Dans un monde d'oreilles coupées du cœur
Et de consciences amputées d'amour
Je n'ai plus que des mots pour des sourds
Qui vont au stade lancer leur clameur
Et qui laissent les larmes des déshérités
Retomber, sans jamais les sécher
Je crie des mots d'amour pour bouchers qui s'en lavent les mains

Je porte en moi des rires d'enfants noyés dans leurs larmes
J'habite un mot d'amour perdu en fond de tiroir
J'habite la couleur de l'effroi
Quand les égorgeurs essuient leurs couteaux
Quand les humains piétinent leur humanité

La tristesse m'est toujours une lueur douloureuse à porter
 
Je suis un homme de braise
Que la logique froide des rationalismes assassins poignarde
Je suis l'enfant qui  cherche un bonheur expatrié
Je suis la bouche et le ventre vides aux portes d'une banque
Je suis une forêt, un Indien, un Mauritanien, encore esclaves
Cette femme qui veut croire à la vie, à la liberté, à la conscience
Je suis cet autre qui baisse sa plume
Quand l’opulence tourne la tête pour ne pas voir mourir les enfants
Je suis celui et celle
Et ceux qui attendent une paix qui ne vient pas
Je suis l'homme triste de savoir
Qu'il partira inquiet pour chaque bébé qui nait
Pour chaque homme qui souffre
Pour chaque plante et chaque animal
En quête d'un territoire de vie

Parfois, je me demande si les étoiles savent encore rire
J'aimerais qu'on me le dise    
Qu'on me le dise
Et qu'on  me le redise, encore et encore.


JMS

Publié dans JMS - A paraître

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