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Mon chien a du nez

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Mon chien a du nez et des lettres

de réverbère en réverbère, il collecte les messages.

Je ne lui écris jamais

je ne suis pas polyglotte et j’ai de la tenue moi !

JMS

JMS - "" - Éditions Chemins de Plume - 10 €
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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou

Tes mots sont ma maison, j'y entre. Tu as posé le café sur la table et le pain pour ma bouche. Je vois des fleurs dans la lumière bleue, ou verte. C'est exactement le paysage que j'aime, il a le visage de ta voix. La pluie rince finement une joie tranquille. Aucune barrière, aucune pièce vide. Désormais tout s'écrit en silence habité. De cette plénitude, je parcours la détermination des choses. L'arbre porte fièrement ses cerises comme une belle ouvrage. Il installe une trêve dans l'interstice des branches. Pas de passion tapageuse mais la rondeur du rouge. Un éclat. Des fleurs, encore lasses d'hiver, se sont maquillées depuis peu. Le soleil astique le cuivre des terres. Peut-on apprendre à reconnaitre l'existence ? La rivière miraculeusement pleine, inonde son layon. La carriole du plaisir est de passage. Des oiseaux aux poissons, les rêves quotidiens font bonne mesure. Tout est bien.

Ile Eniger - Un cahier ordinaire

Publié dans Ils disent

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Le plus et le moins ?

Publié le par Cheval fou

Des hommes pleurent, des hommes ont peur
demain il fera faim


Mon chien s’interroge
sur le poids du plus, sur le poids du moins


Strasbourg, un quartier brûle
des hommes pleurent
les dignitaires regardent ailleurs
À croire
que certaines urgences ont le poids du moins


Une villa corse visitée par des indésirables
le pouvoir s’émeut
À croire
que certaines violences ont le poids du plus


Mon chien s’interroge
sur le poids du plus, sur le poids du moins


Des assassins de futur
condamnent 3000 foyers à la précarisation
l’économie réclame ses chômeurs ses exclus
des hommes se suicident
et la bourse chante
À croire
que certaines violences sont innocentes


Un patron dort à l’usine
et la violence est majeure
À croire
que seules certaines violences sont coupables


Mon chien s’interroge
sur le poids du plus, sur le poids du moins


Mon chien a compris
Le pouvoir vaut son content de droit


Mon chien ne s’interroge plus
le poids du plus et le poids du moins
s’indexent à la bourse


Mais l’été arrive
Il serait temps de se taire
Il conviendrait de ne plus japper.


JMS

Publié dans Coups de gueule

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Mon chien mène l’enquête

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Des bombes… des généraux… des intégristes… !

Mon chien s’inquiète

Qui gardera le rire si les hommes disparaissent ?

JMS - "Mon chien mène l'enquête" - Éditions Chemins de Plume - 10 €
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Aphorisme

Publié le par Cheval fou (Sananès)

"La vie est un accident de la mort, sa réparation m'inquiète"
JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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Point d'interrogation, jamais final

Publié le

Laisser le silence délayer l'encre
Laisser la plume gémir sous l'arrête d'un cri
Traverser le jour ou s'arrêter
Vivre et le dire
Laisser le verbe pendu au gibet des non-dits
Utile inutile ?


Laisser mourir le papier
Au silence des yeux étrangers
Aux griffes de l'indifférence
Laisser le parchemin danser à la valse du feu
Épuiser l'air qu'on respire et l'encre qu'on expire
Le silence est-il plus complaisant que la parole ?


Je suis un architecte de l'ombre
Je mets mon âme en papier
Cri muet, pain laissé aux oiseaux
Écrire n'est-il pas un don aussi silencieux
Et gratuit que le pain laissé aux oiseaux ?
Utile inutile ?


Si les oiseaux se taisent
Doit-on condamner le moteur transparent
qui pousse la main et le geste ?


Si l'ange ne voit pas ses ailes,
ce n'est pas grave la valse continue.

 

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Plus frère que frère

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Nathalie Riera

Publié le par Cheval fou

rien à enfouir

mon visage dans mes mains

 

les moments où voir

les manières de voir

 

enserre large

desserre ce qui se défait

 

t’adoucir à ce qui se laisse deviner

 

désirer

 

toucher re toucher

 

où se décante

ce que tu relis

 

dans le sommeil du trait

 

 (21 janvier 2009)

© Nathalie Riera

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou

Les petites phrases qui font que le Poète et l’Homme ne font qu’un :
"Je cherche le passage entre les causes perdues et la beauté des choses."
Jean-Marc La Frenière : Un auteur à lire sans modération

Si je publie souvent des textes de Jean-Marc, si aujourd’hui encore je m’attarde sur ces mots pris au passage dans l’un de ses textes, c’est que dans son écriture je reconnais certains mots clefs de mon existence ; loin de m’agacer ou de regretter qu'il m’ait précédé dans cet ailleurs où le mot trouve le vêtement à sa juste taille, je m’émerveille. Dans cette planète aux fruits amers, il y a des sœurtitudes et des fratitudes qui me rassurent ; la vie est un combat qu’il nous faut porter à la frontière des mots. Le monde n’est pas fermé quand la poésie s’y frotte, quand la réflexion l’élargit. Ailleurs il y a d’autres Jean-Marc, d’autres moi, d’autres nous-mêmes qui vivent. Nos cris ouvrent des sentiers de mots qui pistent des Vérités que nous croyons essentielles ; d’autres ouvriront des routes si grandes qu’elles seront évidences.
JMS

Publié dans Ils disent

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Anick Roschi

Publié le par Cheval fou

Printemps des Poètes Berlin

 

Capitale Terre

Voici le temps
Partagé
De nos dernières richesses

  À chaque naissance
Liberté
Une goutte d´eau
Assoiffée de rivière

  À chaque naissance
Egalité
Une goutte de sueur
Epuisée de misère

   Àchaque naissance
Fraternité
Une goutte d´air
 Souillée de déserts

Voici le temps
Exorcisé
De nos raisons planétaires

Le temps
Articulé
D´une capitale
Terre.

Anick Roschi  (Allemagne)

Publié dans Ils disent

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CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

Publié le par Cheval fou

La mer étamée, comme un océan de quiétude et de candeur avant la tempête, après la furie des éléments. La mer apaisante, amène, qui reflète enfin les ciels que l'on peut toucher et caresser à satiété, tous les deux...

La mer immobile, où le couchant invite l'Orient et promet la réconciliation des jours grimés, salis, meurtris.

 

Une mer d'huile, oublieuse, pour invoquer les semailles d'une  rencontre et la récolte des songes !

Et puis il y a la mer secrète, qui s'enroule autour d'un rêve bleu et meurt solitaire, cachée...elle égrène la noce des gouttes d'eau, l'harmonie des flots voyageurs, au fil de l'écume féconde et lascive des vagues .


Mais dites-moi, quel est le souffleur de verre, qui est le magicien  qui enivre  et délie ces volutes de cristal sous un dais d'azur ou de velours , qui joue avec la beauté et les pensées de ses yeux émeraudes, qui rêve à ciel ouvert l'existence, l'extase palpable de l'instant ?

Une vague s'est élevée, une lame s'est ourlée puis dissoute comme une vague illusion, un vague à l'âme.

 

A chaque fois, je devine en elle le regard mystérieux et doux de la prairie ondoyée qui me convie et me reçoit, je sens peser alentour la vérité intangible de l'orbe fœtale, de l'ellipse, et dans le cercle fluide et ovale, au terme abscons du voyage de l'eau, je loue la renaissance immuable de toute chose !


Au milieu des perles d'eau précieuses, des larmes de la terre, du sanglot et de la joie silencieuse que la mer toute entière dissimule et blottit en son sein natal, je contemple le miracle de la création, je redoute aussi le silence et la puissance aveugle des abysses consternées d'histoires.

 

Mais je vois surtout l'humanité s'abîmer lentement, qui s'éloigne irrémédiablement de notre Mère originelle...

 

Je suis la vague qui ploie, lourde et lasse, comme parvenue au soir de la vie, à naître encore et toujours, qui danse éperdument la lyre sacrée de la mer, pour que coule en moi, inextinguibles, le verbe et l'esprit de l'eau ...

.

CRISTIAN-GEORGES  CAMPAGNAC

sur  http://emmila.canalblog.com

Publié dans Ils disent

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