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Un jour,

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Un jour, quand je serai grand
un jour, quand mes ailes auront poussé
en lieu et place de la constellation du dragon
en lieu et place de la constellation du scorpion
quand les oiseaux-mouches et l’oiseau de paradis
auront gagné la guerre des mondes
sous mes ailes déployées
dans un univers ailleurs
dans les forêts du ciel
dans la tempête des bleus
je sèmerai les mille étoiles
de la constellation du Chat
Même hors d’Égypte il sera mon maître.

JMS - "Dernières nouvelles de mon chat" - Dessins Jms  - Editions Chemins de Plume - 12€

 

Publié dans Textes de JMS

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Ile Eniger

Publié le par Jean-Michel Sananès

Le mensonge est verbeux, il étouffe la clarté. Car le mensonge ne parle pas, il vomit pour que glisse la vie. Pourrissement stérile qui gangrène la langue, il joue ses cartes truquées dans un remugle d'artifices. Il détruit le regard, abat la loyauté, tranche la parole. Le mensonge est un égorgeur. Sur ses béquilles volées il séduit la confiance. Et la tue.

Ile Eniger, Poivre bleu

Publié dans Ils disent

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Mon Chat a peur

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Mon chat a peur, il dit :

Les hommes
ont une telle aptitude à l'intelligence
du bien et à celle du mal

que j'ai peur de l'inadvenu !

 Il aurait été préférable
que l'homme soit stupide et bon.

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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La Frégate

Publié le par Jean-Michel Sananès


La Frégate
Extrait de : Une étoile dans le sang de Jean-Michel Sananès

 

A vous, frères d'Afrique,
un sang si rouge sous la peau,

A vous, frères indiens,
un cœur de lune sous la peau

 

Vos mères
déjà
ont tant pleuré

Vous avez eu une Terre
où vos sangs
ont cessé d'être bienvenus

 

Vos mères
déjà
ont tant pleuré

Pourtant,
ce devrait être un bonheur
que d'être Homme

A tous je veux dire :
Craignez le mésamour,
craignez l'intolérance,
comme en son temps
il fallait craindre le vent

A toi frère Indien,

un cœur de lune sous la peau,

je dis :

Crains le vent,
frère Indien,
car, déjà,
la frégate glisse sur les flots,
le malheur est en soute

Frère,
qui enfante
à l'amour et aux douleurs
des enfants pareils aux miens,
crains le vent,
la nuit porte la mort

 

Déjà
la frégate glisse sur les flots,
portant malheur en soute

Cortez est chevalier de mort
Ses navires écorchent le vent

Le vent nous a trahis
La nuit porte la mort

 

Pleure,
sœur Indienne

Déjà,
ils approchent,
une croix de sang dans leurs bagages,
la mort et nos larmes dans leur sillage

Ils ouvriront si profond la terre
qu'il y enterreront vos hommes

 

Pleure,
sœur Indienne
Ils ouvriront si profond la terre
qu'il y enterreront
tes enfants,
ton peuple

Tes larmes jamais
ne combleront pareille douleur

Nos larmes jamais
ne couvriront pareil malheur

 

Crains le vent,
frère d'Afrique

Déjà,
la frégate glisse sur les flots
portant malheur en soute

Frère homme,
qui engendre
à l'amour et aux douleurs
des enfants pareils aux miens,
crains le vent

La nuit porte la mort

Déjà
les galions déchirent les flots,
Une croix de sang en fond de cale

Le vent nous a trahis
la nuit porte la mort

Pleure,
ma sœur d'Afrique

Déjà,
ils déchirent ton futur,
une croix de sang dans leurs bagages
la mort et nos larmes dans leur sillage

Ils ouvriront si profond la mer
que vos hommes
vos enfants
votre peuple
ne reverront jamais le rivage

Vos larmes jamais
ne combleront pareille douleur
Nos larmes jamais
ne combleront pareil malheur

 

Pleure sœur d'Afrique,
les fils d'intolérance arrivent,
les soutes emplies de mort

 

Déjà la-bas,

d'où ils viennent,
pleurent les fils de l'étoile,
pleurent les fils du croissant,
pleure l'Indien des Amériques

 

La mort était dans leurs bagages,
notre sang dans leur sillage

Aucune larme
jamais
ne comblera
pareil malheur

Aucune larme
jamais
ne comblera
pareille douleur

 

JMS

 

 Spectacle : "Tous les enfants ont un même rire"


Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Plus haute

Je tiens tes mains de femme entre mes mains d'homme. Je t'aime d'une passion plus haute que d'aimer.

Un blog qu’il faut visiter : lafreniere.over-blog.net/


 

Publié dans Ils disent

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Vampirella et Moi

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Dans un instant de panique léthargique, cette gourde m’affirma qu’elle n’était pas cruche. Elle n’en était pas moins outrancière, des flots de larmes et des trémolos mêlés à des torrents de mots coulaient à flots. Désespéré, je cherchais des chemins d’escampette, un point de fuite, une ligne d’horizon à poser sur ses vagues à l’âme. J’avais atteint les frontières vaseuses de la désillusion, l’outre était pleine, la coupe débordait, mais rien n’altérait son flux verbal, aucune vanne ne l’affectait, elle gardait son plein débit. Grand-mère eut dit qu’en dépit de sa taille, elle contenait le litre. Encore et encore, il pleuvait du verbe et des mots. Moi, je me noyais dans une lavasse de paroles indistinctes, j’en avais jusqu’à plus soif. J’étais imbibé, mais parlais d’une voix sèche. Elle voulait couler des jours meilleurs, prétendait ne jamais me laisser en carafe. Le naufrage était bruyant. Elle avait étanché mes certitudes, épongé ma dernière larme, éteint la dernière flamme, noyé mon chagrin, mis de l’eau dans mon vin. Elle m’avait liquidé, j’avais perdu ma poésie et mon dictionnaire de rimes. Je rêvais de mers et d’océans, de déserts et de solitude entre nous. Ne me demandez pas pourquoi je n’aime ni l’eau ni ses contenants. La dynamique des fluides m’inquiète. Il m’arrive d’être imbuvable.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Lettre à ma petite-fille

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Tu as pris tes yeux en rond, tu t’interroges. Qui es-tu, me demandes-tu ?
Ah ! ah ! je m’inquiète, ta question m’inquiète, elle pose problème…

 

Je ris, je galège comme on dit ici. Toi, tu te demandes, tu m’évalues.
C’est étrange, je suis le problème, et tu es la question.
Tu me toises. Dans ton regard une suspicion amusée, un éclat de curiosité insensée, et des étoiles. Je n’appartiens à aucune espèce référencée. Les vieux gamins n’existent pas, enfin tu le crois et tu demandes.
Autant me demander le poids du vent, la couleur de l’amour, la durée du jour, la densité de l’attente, ou comparer l’hélium et la tendresse.
Question folle, immense, démesurée comme la candeur de tes certitudes, de tes peurs. Je suis du royaume du loup et des fées, je connais l’arbre à bonbons, le pays des fourmis roses. Je suis le vieux gamin fou, celui qui sème du doute et du jeu dans tes certitudes. Que pourrais-je te dire d’autre, moi qui n’aime que le vin, l’amour et l’amitié. Moi qui crois que l’amour et l’amitié se jouent de la raison. Moi qui t’aime sans but, sans intention. Je suis un animal qui se nourrit d’instinct, moi qui aime sans raisons, moi qui crois, à tort et à raison, aux vérités instinctives.
Rien d’autre que la taille de tes yeux, la couleur de tes larmes, et ma douleur quand tu pleures. Tu es la frontière brisée, celle que je franchis par sourire et par cœur. Je suis le vieux gamin qui veut du pain, de l’amour et de l’amitié. Le vin n’est là que pour la musique des mots, pour la couleur de l’instant, mais je pourrais t’aimer sans vin, sans pain, sans rien, nu et infirme, comme cette mer de dunes, comme ce désert qui se souvient de l’eau et qui regarde encore le futur.
Tu ne sais rien toi, tu arrives. Tes yeux en rond m’interrogent et je voudrais te parler du goût de la vie, de l’amour, de l’amitié, des fées et des canards roses. Mais comment te dire que rien de ce qui est important ne s’explique, comment te dire que mon chat m’aime et que j’aime mon chat. Pourtant, mon chat me préfère le soleil et donne ses ronrons au vautour d’en face, un tartuffe qui l’achète avec une ration de pâté…
Comment te dire que rien d’important n’est à hauteur de raison. Quand je coupe mon pain en quatre pour nourrir mon chat, ça ne l’empêche pas de rêver, d’avoir des mains griffues, ou d’avoir froid.
Comment te dire qu’on n'est riche que de ce qu’on aime. Je suis riche de toi, de mon chat, de l’amour et de l’amitié, du vent et du passé, de rien qui soit à hauteur de raison. L’amour et le bonheur sont des constructions imaginaires, bien plus réelles que le réel.
Tes yeux en rond m’interrogent. Et je ne sais que te dire sinon que je viens de loin. J’ai la tristesse et la joie consanguines, je ne suis pas un homme standardisé. Même quand il fait beau j’aime mes amis, les gâteaux et les épreuves.
J’ai fait ma route et tu arrives.
Dans mes lointains, Grand-mère disait "la pluie n’irrigue pas tous les champs, le désert n’est pas loin". C’était un temps de palmiers et d’enfance, j’avais du rouge dans mes cahiers et du bleu sur le cœur. Grand-mère disait aussi "le bon vent ne porte pas que l’odeur des roses". Et pourtant je ne peux vivre sans respirer, sans rire, sans partager.
Tu me demandes qui je suis, comment faire, comment vivre… mais je ne sais rien ! Les chats malades et les comment faire me persécutent. Chaque jour je vieillis et ma porte s’ouvre moins grand. Pourtant, aujourd’hui, je vois mieux mon étroitesse, mon ventre rond, mes cheveux de sel, j’ouvre plus grand les yeux. J’ouvre plus grand le cœur. Tes yeux en rond m’interrogent. J’ai fait tout ce chemin et je ne sais que te dire.
Moi qui t’aime sans but, sans intention, je suis un animal qui se nourrit d’instinct, un animal qui aime sans raisons et qui croit, à tort et à raison, aux vérités instinctives.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Comme un marin

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis parti à la vie
comme un marin part à la mer
sans savoir

sans savoir si le retour
est au bout du voyage

sans peur

 J'ai ouvert le jour et la nuit
j'ai cru aux étoiles
j'ai mangé du vent et de l'Histoire

Le prof m'a tapé sur les doigts

sans cesse
j'ai franchi la frontière
celle qui va d'hier à demain

 celle qui longe le fleuve de l'instant :
Le Maintenant

 Je respire

 Je sais
entre le faire et l'oubli
il y a des cascades
des ponts sur les flots
des mots sous les ponts

 chaque main tendue
est un pont qui ouvre les solitudes

 Je respire

 Je suis là
tout près de moi
j'ai cloîtré le silence et les nuages

 Entre deux rêves et la question
j’ai posé la nuit sur le tabouret
entre le noir et la lumière

 elle a si grand
la couleur de l'immense
qu'elle dépasse l’éternité
sort par la fenêtre
déborde, palpite
comme un corps de femme

 Toi
dans le lointain
tu cours
tu marches à ta rencontre

La nuit
JMS - "Mon chien mène l'enquête" - Éditions Chemins de Plume - 10 €beauté endiablée
est là
avec ses soleils papillons

qui frappe à nos carreaux

 Tu cours

Je marche
comme un  marin part à la mer
sans savoir si le retour
est au bout du voyage
 
En quête de lumière et de vérités
je vais de moi à moi
sans peur.

JMS - in "De moi à moi" - Editions chemins de Plume - 12 Euros

 

 

 

Publié dans Textes de JMS

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Retour de silence

Publié le par Jean-Michel Sananès

 

Je ne paraphraserai pas Prévert en vous déclarant Tu, "je dis tu à tous ceux que j’aime", cela serait d’une excessive prétention, mais peut-être accepterez vous, vous qui parfois vous arrêtez sur mon blog, le nom d’ami.
Ainsi amis, excusez les absences dont je suis coutumier quand la vie m’appelle ailleurs, ou quand je rentre en écriture et en silence.
Dans cette absence, j’ai accouché de mon dernier recueil "De moi à moi ". C’est un voyage entre ma folie ordinaire et un regard non sans ironie sur moi même.

Publié dans Informations

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Etre fou

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J’ai traversé l’espace

d’un rire à un amour

d’un mot d’enfant jusqu’à l’hiver

 

J’ai eu

un cerf volant

un chèvrefeuille

du papier blanc

un crayon rouge

 

J’ai chanté

J’ai traversé la rue

J’étais qui je croyais

Je me regardais passer

Je caressais de grands dragons bleus

Je me parlais fort

 

Être fou

être libre

être plus beau que beau

être plus grand  que grand

savoir que les rêves changent le monde

savoir que la mer est bleue

savoir la distance entre l’être et le devenir

 

Entre hier et aujourd’hui

qu’ai-je oublié

 

Je ne joue plus

je suis sage

je suis pauvre

j’ai oublié

 

Je ne vais plus à moi

Je ne vais plus de moi en émois

je n’ai plus d’été

je sais le chemin entre être et avoir été

je sais la distance entre être libre et  adulte

 

Je suis sage

je suis pauvre

je ne suis plus fou

 

Entre goudron et désespoir les poissons trient la mer

entre moi et moi j’ai perdu le rêve

j’ai traversé la vie

ce soir je tailladerai la raison et ses barreaux

ce soir j’irai me voir

ce soir un oiseau chantera.

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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