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Retour en tristesse dix ans plus tard

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parce que la haine reste l'arme des fanatismes, parce que ce jour s'y prête, ce souvenir d'un 14 juillet à Nice, où sous la joie assassinée, la mort jouait, aiguisait ses dents, prête à saigner l'avenir. En hommage, ces personnages du grand Slobodan, artiste peintre (rue de la Poissonnerie à Nice) et ce poème mémoriel écrit .

Aux anges et aux survivants

À Nice
la musique a une odeur myosotis
parfois rouge
parfois noire
les anges ont quitté leur baie
les anges ont migré
ici et partout
ils donnent aux misères d'hier
du cœur
et jettent l'amour
sur les soleils de demain
Autour du kiosque
la musique a une odeur de myosotis


Voyageur
à Nice
l'amour refuse le naufrage
à Nice
le ciel a la couleur des cœurs

JMS


in Nissa-Nice, voyage côté rêve
 

 

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La mort

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

(L’homme de Bel-Abbès)

 

La mort,

c'est ce chat qui m'attend

dans une rue de Sidi-Bel-Abbès

pour me dire que les fleurs étranglées

ont écrit des zéros

 

La mort,

c'est cette belle vitriolée

par l'Amour, par le Temps,

par les crèves et les chemins de détresse

jouant aux dames derrière le carreau

 

La mort,

c'est se revoir sur un banc au collège

chez les marchands de mensonge

avec son copain qu'est devenu un autre

 

La mort,

c'est ce marchand d'étoiles

sorti d'un manège

qui joue de la déchirure mémoire

et de la gomme à songes

 

La mort,

c'est quand on n'est même plus un autre.

 

La mort,

c'est ce chat qui m'attend

dans une rue de Sidi-Bel-Abbès

 

JMS

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Algérie, le chemin où le loup guettait

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Le cristal de l’enfance s’ébrèche quand vient le loup. L’hiver 1954, le loup guettait quand il prit Grand-père. Aucun rire, aucun blagueur ne résiste à son l’appel. Même Sethi, le vieux Sethi, celui qui lui rendait visite, l’ami, aussi revenu du Chemin des Dames, l'avait rejoint avec son tablier de pauvre et sa béquille. Longtemps qu'il toussait des restes de gaz moutarde, longtemps que le cri du fauve soufflait dans ses vieilles bronches.

C'était un temps où la campagne grondait comme une souricière. La mort avait de longues dents.

À 8 ans, à la Toussaint, j’ai su que nous habitions la tanière du loup. À 8 ans, j’ai su qu’il n’y a pas d’âge pour être grand, ni d’âge pour être enfant. À 8 ans, j’ai appris que vouloir être qui l’on est, suffit. À 8 ans, j'ai compris que la destination m’était moins importante que le chemin.

Grand-mère avait la patience de ceux qui partent. Le secret habitait sa maison. Lorca la faisait pleurer, des noms jaillissaient du noir. Je n’ai jamais su s’il avait été utile à mon père de vouloir être plus fort que ses peurs d'homme, je n’ai jamais su ce qu’il savait du bonheur, il était mon père.

Depuis le premier hurlement du loup, je n’ai jamais cessé d'être le petit garçon qui en a peur, le petit garçon qui sait que, jusqu'au bout, il lui faudra se battre pour mériter la vie.

J’ai toujours su qu’il me faudrait parcourir cette brisure d’éternité où seule la beauté rassure. Tout cela, je l’ai appris en regardant le ciel d’Algérie et ses hirondelles hiéroglyphes courir entre le silence de mon père et l’aridité des peurs.

Depuis, le loup a tout mangé, les amis ont essaimé loin d’une enfance devenue étrangère, mon père est parti, et ma mémoire est un pays d'exil. Sur ma route de Poucet, si vieux que je sois, il me faudra encore semer des mies de beautés et des croutons de douceurs, si les oiseaux les mangent, plus fort que mes peurs je ferai canard et chanterai le bonheur d'être encore là.

Il y a longtemps que je le sais : les imbéciles ne croient pas au loup.

jms

Publié dans Mémoires d'Orient

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Que devient l’attente ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Que devient l’attente
quand même le silence renonce à la lumière
quand l'homme face à ses désarrois 
oublie ses nostalgies  

J'ai oublié la mère, le chat premier 
et les printemps de l'amour 
Le ciel était trop lourd

Oubliés ces matins
où le goût du café au lait
teintait d'une voix qui disait : 
"Ne sois pas en retard"
sur le pas de la porte, 
suivait le coup de peigne dans les cheveux

Oublié le cliquetis des talonnettes de fer 
quand la chaussure ressemelée
martelait les chemins de l'école

J'ai l'amnésie si vaste 
qu'au jeu des qui suis-je
mon nom se cherche

Je me suis perdu 
dans les placards de l'enfance
à attendre le regard d'un père

Le temps est si vaste 
qu'encore je cherche mes copains
un chien que je n'ai pas su aimer
un chat que j'ai trop aimé
l'heure de la dictée
et la règle sur les doigts

Et le temps et le vent  
à l'érosion de l'être
n'y peuvent rien

Dans la lucidité d'être
je parcours le temps des regrets 
et des attentes

Parfois je me parle, 
dans le miroir je me demande :
"Quand reviendras-tu ?"
Seul un souffle de nuit
me répond :
"L'hiver arrive"

JMS

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Comme Poucet

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Demain dans les clairs de nuit, 
à la remontée des rêves, 
j'irai chercher l'étincelle oubliée en chemin, 

Comme Poucet,
 j'irai questionner la pierre des souvenirs 
et ce qu'il me reste de jours.

Trouverai-je cette source des destinées
où mes pensées cherchent la naissance du cri ?

Ai-je assez aimé, assez dit je t'aime ? 
Ai-je assez voulu sauver la joie ? 
la fraternité, le monde ?

La Question, ce galet d'incertitude 
qui ricoche sur mes vagues à l'âme,
ouvre des vides abyssaux. 
Les poissons poisons s'y noient
dans des incantations à l'espoir.
Comment pourrais-je les consoler
devrais-je leur parler de mon nounours,
de ma Baghera, oubliés dans des lits d'enfance ?

Devrais-je leur dire : attendez-moi j'arrive ?
Répudier ma mémoire ?
Écrire et dire, haut et clair : je suis d'ici et de maintenant ?
Ne plus brader mon souffle, aimer ce qui mérite de l'être ?
Être au côté de l'avenir des enfants, du côté du futur ?
Et enfin être la part de moi que je suis venu accomplir ?

Roule la Question du sens et de la vie,
Résonne ce silence qui ricoche sur mes vagues à l'âme.

Demain, dans les clairs de nuit, 
j'irai chercher l'inaltérable étincelle oubliée en chemin.

JMS

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J'ai écouté l'oiseau

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans les brisures du silence
assis sur mon étoile
j'écoutais l'oiseau chanter,
je décryptais l'épaisseur de l'aube
quand la souris entreprit de parler :
 
"Va petit moineau,
va dire à la biche,
à tous
et au brin de blé
que l'homme et le chien domestiqué,
l'homme monté sur ses chevaux
arrive avec ses attelages
pour coucher les champs de blé
piller le sang
car nous ne sommes que gibier.
Va, petit moineau,
Va dire que le jour arrive
sabots ensanglantés.
Va, va petit moineau,
dire qu'arrive
l'homme, et ses fusils

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L’oubli plus fort que le fini

Publié le par Cheval fou (Sananès)


Et ce battement des jours qui coud le vent perdu à l’aiguille des montres
Et les larmes séchées qui coulent à l’insensé naufrage sur des papiers courriers
Et cette pêche à la ligne quand l’encre est si vide que le sens se noie
Et ces jours qui arrivent comme des voiliers fous
Et cette ancre de la destinée qui tire vers le fond du voyage
Et ce sourire d’homme perdu abandonné sur un quai de gare
Et le rêve comme une mouche entoilée sur une folie en grève
Et la raison qui tue la déraison comme l’on flingue la liberté
Et mon âme qui s’étiole au fil d’absconses vérités
Et cet enfant qui court dans des temps révolus
Et ce vieillard qui crie dans un lit de patience
Et toi mon père au royaume du passeur
Et mon rire qui se cherche aux vertus de l’oubli

Je t’aime je t’aime je t’aime
Les mots courent à l’infini
Fini fini fini
L'oubli toujours plus fort que le fini
Et là-bas cette patrie qui plante ses drapeaux
Je cours je rêve je vais
Les mouroirs d’enfance chantent en français en espagnol en arabe
J’ai oublié oublié oublié
Rien
Il est des matins où le pain ne trouve pas sa faim
Je cherche mes dents d’enfance, mes dents de lait
Bat bat bat mon cœur
Au soir reviennent les fantômes
Quand le jour se lève une soif de rêve inassouvi encombre la cafetière
Georges m’a téléphoné la médecine le découpe
La vie profile ses adultères de mort
Je vais tu vas nous allons
Je cours je rêve je vais
Je t’aime je t’aime je t’aime
Les mots courent vers l’infini
Fini fini fini
L’oubli toujours plus fort que le fini
Je cours je rêve je vais
Les mouroirs d’enfance ne chantent plus en français en espagnol en arabe
J’ai oublié oublié oublié
Demain un jour sera hier

Je ne L’ai pas rencontré.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi

 

Publié dans Dieu le silence et moi

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Fête des mères

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Mère, je suis voyageur d'une mémoire que tu as côtoyée pendant plus de sept décennies, avant de partir, l'usure du jour me rapproche, s'il en est un, du pays de l'ombre et des ancêtres. Dix  ans que tu es partie désertant ce chemin borgne où la Question m'interpelle. Encore je pense aux cartes dessinées d'une encre maladroite sur papier Canson, je pense à tes espoirs. C'était au temps des illusions. L'effacement nous trahit et enfante des mots perdus. J'ai retrouvé ce poème qui encore ouvre la déchirure, le voici :

 

Voyageur des mémoires

Quand les arbres retournent à l’automne
et que tes yeux se teintent de pluie

Quand le seuil des tristesses
est jonché de mots morts
et de souvenirs d’hier

Quand le voyage des ivresses
te mène au sud de ta conscience
dans le jardin barbelé des mémoires
là où les oiseaux idées
ont agrafé leur cavale
sur les murs du temps

Quand au détour d’un soupir
une certaine douceur
te blesse et t’étonne

Quand les oiseaux mémoires
brisent la cage des oublis
pour s’appeler souvenirs

Quand les claviers de l’infini
résonnent de mélos à remonter le temps
de mélos à changer de corps et de décor
à changer de rivage et de visage

Quand tu redeviens enfant
et que tu la revois
qui met des sourires dans ta soupe
qui brode sur tes mouchoirs
la couleur de ses espoirs

Quand tu te revois  
peignant sur tes cahiers
la couleur des regrets

Quand elle est là près de toi
dans ce pays où un clown meurt
chaque jour
là où les cris d’enfants sont clameur

Et même si tu es ce clown
et même si tu n’es plus enfant
n’aie pas peur de l’appeler

MAMAN !

JMS In Cheval fou

Publié dans Cheval fou

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Billet d'humeur après les démonstrations antisémites sur les stades, dans les rues et à l'Eurovision.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a dans l’air quelque chose de rance, de déjà vu, de déjà entendu. Une odeur de 1936 qui remonte par les fissures du présent. On crie "mort aux Juifs" dans les rues de France, comme si l’Histoire n’avait rien appris de son passé, comme si la mémoire n’était plus un pont mais une arme. Ce qui me choque n’est pas seulement la haine. C’est la falsification. On accuse aujourd’hui l’ensemble du peuple juif d’un génocide. C’est un mensonge double : La majorité des Juifs du monde n’habite pas Israël, ils ne votent pas pour son gouvernement, ne participent pas à ses décisions militaires.
Israël ne mène pas une guerre spontanée mais répond à une attaque massive et à des menaces explicites d’anéantissement formulées depuis des années par des organisations armées soutenues par l’Iran et certains courants islamistes radicaux.
Dire ne revient pas à soutenir un gouvernement. Dire rappelle des faits.
Parmi ces faits, l'idéologie du reconditionnement de l'Histoire par un wokisme devenu pétainiste et participe à l'union des haines. Ce n’est pas une nouveauté mais la répétition d’un mécanisme ancien né de la volonté de purifier le monde en purifiant les mots, les symboles, les mémoires.
Dans l’Histoire, on retrouve ce mécanisme dans les puritanismes religieux, dans les révolutions, qui veulent effacer le passé, dans les totalitarismes qui réécrivent les livres et la réalité présente. Le wokisme est une idéologie morale qui croit 'réparer' le monde en le censurant, qui croit que changer les mots change la réalité, que corriger les symboles corrige l’Histoire, que purifier le langage purifie l’humanité.
L'Histoire démontre que toute idéologie morale finit par exclure, que toute purification finit par condamner et toute réécriture finit par effacer. La vertu devient violence quand elle se croit parfaite. C’est un danger anthropologique qui remplace la conscience par la conformité, la réflexion par la peur, la nuance par la dénonciation.
Au nom d'une notion du bien canonisée, pour purifier le monde Constantin a imposé la vision romaine du bien, condamnant ceux qui réclamaient la suppression de l'esclavage, le repos hebdomadaire, la négation des dieux de Rome, et cela en érigeant une religion unique et d'état. Ce qui fut un instinct d'ethnicité romaine fondé sur la domination en travestissant  la vertu. 
Cette vision de la pureté a déporté, génocidé les Juifs, les hérétiques, les Africains, les Incas, les Amérindiens, les peuples caribéens... 
La repentance contemporaine, elle, voit ressurgir un wokisme qui réévalue l’Histoire, la réécrit dans des livres qui suppriment les couleurs des personnages, dans des films qui modifient les accents, dans des discours s’autoproclamant coupables des fautes des ancêtres sans jamais replacer les faits dans leur époque. Ils oublient que, dans l'Islam, l’esclavage existait, que les blancs aussi en furent victimes. De même, ils oublient que cette infamie fut aussi une spécialité arabo africaine qui, contrairement aux victimes déportées par l'Occident n’ont laissé aucun peuple descendant à cause de leurs castrations. 
Le mécanisme d'autoculpabilité est depuis peu contourné, il ne s'agit plus de se lamenter sur les exactions de ses ancêtres, la rigidité de leurs comportements machistes et sexistes, il faut au nom d'une liberté nouvelle se croire parfait et exonéré de son histoire ancestrale en trouvant un coupable plus coupable que soi !
Le grand théâtre est rouvert. Sur la scène, on cherche le bouc émissaire : Ne serait il pas Jésus, celui que l’homélie de la Semaine sainte a déjudaïsé, celui dont la mère vierge efface une origine juive (filiation avec le roi David), celui que Rome a crucifié en faisant croire qu'il avait été donné par les Juifs, ce que contredit l'Évangile de Luc qui nous dit que Jésus s'est rendu de lui-même à Antipas, le roi choisi par les Romains pour le mettre à mort ? (Luc 13:32 - 13, 33).
Les exactions actuelles contre les Juifs ne sont-elles pas une association des haines et la sous traitance d’une vengeance millénaire par une inquisition islamique contemporaine ? 
La mémoire blanchie par un coupable de substitution exonère les mémoires coupables !
Ce mécanisme est psychologique, social, politique, religieux, et a fait ses preuves, l’Histoire le confirme. Le mouvement mystico puritain des Taiping en Chine a fait 20 à 30 millions de morts. Mao, 30 millions de morts. Staline, des millions de morts au Goulag. Les inquisitions chrétiennes ont effacé des peuples entiers. Les conquêtes impériales musulmanes ont fait des ravages en conversions forcées.
Le droit à la différence a toujours été un crime.
Hitler et le pétainisme n’ont pas fait tuer les Juifs parce qu’ils étaient Juifs mais parce qu’ils n’étaient pas catholiques : un simple certificat de mise en conformité pouvait les sauver.
Le mécanisme est simple : quand l’idéologie devient jalousie, la jalousie devient peur, la peur devient élimination. 
La crise antisémite s'arme de l’occultation des massacres contemporains. C'est une diversion morale au service de l'unification d'une politique du renoncement à la laïcité. 
Pour y réussir on flatte le djihad, on croit s'y allier, on blanchit ses crimes, on détourne le regard des massacres contemporains dans l’indifférence générale. On ne compte pas les crimes sur les chrétiens d'Orient et d'Afrique. Les Yézidis sont exterminés, réduits en esclavage.  Malheur aux populations et minorités d’Iran. Les Kurdes, Baloutches, Bahá’ís sont réprimés, assassinés. Au Soudan, les massacres ethniques continuent. En Afrique centrale les violences religieuses et politiques font des ravages. Au Nigéria : enlèvements, massacres, villages rasés. En Libye, Somalie, Sahel : esclavage, et aucune solidarité non plus pour les Ouïghours, les  Rohingyas …
Pourquoi ces peuples martyrs, ces millions de morts sont-ils oubliés ?
Ils le sont parce qu’ils ne sont pas utiles dans les récits identitaires de l'Occident. 
Ils ne sont pas inscrits dans une culpabilité millénaire qu'il faut laver dans l'agitation compensatoire d'une jeunesse qui n'a trouvé ni l'espoir, ni d'idéal.
L’antisémitisme actuel n’est pas seulement une haine, c’est un outil psychologique : il permet d’éviter de regarder les crimes réels du monde.
L’aveuglement est géopolitique. Qu'Israël soit condamné par une ONU dont 57 États sont membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) et par des pays dont les subconscients ont été imprégnés par des siècles d'inquisition et de pogroms, m'interpelle. Quand dans leur combat pour une prétendue justice ils exonèrent tant d'autres pays de leurs crimes en oubliant qu'Israël est le pays attaqué depuis des décennies par l'Iran et ses proxys de Gaza et du Liban, cela ne choque pas grand monde ! 
Sans ne rien pardonner à la minorité d’extrême droite israélienne, je me demande pourquoi les beaux parleurs n’ont jamais de forces d’interposition quand ils demandent à un pays de ne pas se défendre face à un assaillant qui cache ses bunkers, ses tunnels, sous des installations civiles (hôpitaux, écoles) et utilise des boucliers humains !
La conscience ne devrait jamais être au service d'un parti ou d'une idéologie, d'une culture, d'une religion, mais d'une éthique qui, seule, peut libérer l’homme, car la conscience est la seule force qui peut briser la chaîne millénaire de la domination, la seule issue capable de reconstituer la primauté du bien commun sur la soumission à la brutalité. :!!           
     

 

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Être adopté par un enfant

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J’aimerais être adopté par un enfant, 
un enfant nu d’idées préconçues, 
libre de ces paroles gravées par des barbares 
qui pensent que réfléchir, douter, offense Dieu, 
qui s’imaginent assis à Sa droite 
en train de gérer le ciel et de justifier leurs génocides.
J’aimerais oublier qu’ils croient la terre plate, 
qu’ils accusent une femme d’avoir tué un jardin.

J’aimerais oublier que je suis un homme du passé, 
oublier tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai porté.

J'aimerais être adopté par un enfant, 
apprendre avec lui à regarder le monde 
comme un nouveau-né découvre le vol du papillon, 
le voyage des nuages, l’hirondelle dans le ciel,
regarder avec lui, sans haine héritée, 
sans mémoire empoisonnée, 
croire à un bonheur possible.

JMS 14 mai 2026

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