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Armand Robin 1912 - 1961

Publié le par Cheval fou

LE PROGRAMME EN QUELQUES SIECLES

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l'Ame
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice,
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l'Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera l'Esprit de Vérité
Au nom de l'Esprit Critique ;
Puis on supprimera l'esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du Sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots.

On supprimera le Sublime
Au nom de l'Art,
Puis on supprimera l'art.

On supprimera les Ecrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie ;
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète ;
Puis on supprimera le poète.

On supprimera les Hommes du Feu
Au nom des Eclairés,
Puis on supprimera les éclairés.

 
On supprimera l'Esprit
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

Au nom de rien on supprimera l'homme ;
On supprimera le nom de l'homme ;
Il n'y aura plus de nom.

Nous y sommes.

Publié dans Ils disent

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La réforme !

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


Parfois, par galéjade, fixant le ciel, j'annonçais y avoir vu "une aigle", ou "un oie" sauvage. Immanquablement, quelqu'un me reprenait : "On dit une oie,  et on dit un aigle" !
Ravi, je rétorquais "Ha, tu vois ça ? Tu le vois comme ça ?"...
Le sexe des arbres, celui des anges, comme celui des fraises, m'était encore indifférent. Force est de constater que j'avais raison avant tout le monde en me permettant cette entorse langagière ! Car l'Éducation Nationale, qui n'a pas trouvé de "vaccine" contre "le morosité" et l'illettrisme, partage, avec son écriture inclusive et ses réformes de genre, ma point de vue.
À partir de maintenant, faute de "mot.e.s"  approprié.e.s à l'insexsualité ou la bisexualité des choses, je me dois, par neutralité lexicale, de mesurer la propension des choses à s'acoquiner à un genre ou à un autre ! Me voilà en quête de leur trouver une forme d'intimité secrète avec le genre auquel on se devrait les associer, "la sanglier" et "le tortue" vont peut-être trouver leur place dans ce chambardement de notre bonne vieille langue française, mais l'escargot hésite… Quant  à la justice, hélas je le savais, elle n'est pas neutre. Mais prenons note, il nous faut, aux dernières nouvelles linguistiques, compenser les erreurs du passé et adhérer à ce nouveau révisionnisme qui fait que nous nous devons de devenir plus "fémininianistes" et rompre avec l'usage. Faisons donc table rase du sexe ancien des mots, et remettons en cause les vieilles étiquettes des choses ; dans quel but littéraire ? Même les thuriféraires de la réforme n'ont pas à ce sujet de réponse claire… à moins que ce ne fût de "répons clair" qu'il s'agisse, mais là nous entrons en liturgie et c'est un tout autre débat !
Moi qui n'ai eu d'autre dieu que ma maman pendant très longtemps, j'en suis réduit à me demander, à ce jour, si elle a été tirée d'un côte d'Adam, ou d'un ou d'une amour… un petit doute me saisit. Pourtant, avec "clavier" et "souris" qui, j'en suis sûr, sont masculin & féminin puisqu'ensemble il-elle enfantent mes phrases, je me dis que les instances politiques se mêlent bien de ce qui ne les regardent pas et qu'à les laisser jouer du dictionnaire, décidément les mots ont maintenant bien mauvais genre.
JMS

 

 

 

 

Publié dans Coups de gueule

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La langue des oiseaux

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'alphabet de la nuit résonne comme un chant de voyelles et consonnes stellaires, il est d'étoiles de lunes et de pensées égarées, de piétinements de mille-pattes, de gazouillis de nourrissons et d'oiseaux toujours en quête de leurs chants.
Aux matins des idolâtres, loin des coronavirus et des temps qui courent, chaque vibration est une musique perdue dans une magie inlassable qui cherche ses lendemains.
Les dictionnaires d'oubli s'éventent comme des mots arrachés et jetés aux immensités des millénaires. L'architecte du verbe compose des symphonies hétéroclites où les écrits perdent leur sens quand un chant de cigale déchire la nuit, quand une trompette trace un sillage de cuivre dans un ciel sans frontière.
J'entends battre les Tambours du Burundi, le Te deum de Marc Antoine Charpentier, et tous les oratorios qui dressent le frisson sur la peau des hommes.
Loin des dictionnaires, l'internationale des ressentis calligraphie des hiéroglyphes sonores et des tonalités graphiques. Partout au royaume neuronique, des silences sans noms et sans visages peuplent le ciel de pluies de mots qui ressemblent à des mésanges aux cris de joie jaunes ou à des oiseaux de proie prêts à défenestrer la larme. L'incommensurable polymorphe des ressentis, sans cesse, réinvente l'univers.
Un automne de feuilles au vent transporte des carrés de sourire et quelques coudées d'une rosée joyeuse en attente d'avenir. Tous en parlent, mais bonheur et tristesse résonnent dans l'in-décrypté. Aucun terme n'existe pour en dire l'épaisseur. Les firmaments étonnés glissent sur des cristaux d'infini. Aucune main n'agrippe l'éternité, pourtant, chaque jour, un merle redessine un horizon sonore, invite le silence à se taire. Un monde de cerfs, de biches, de chevreuils, de rongeurs, d'insectes, éblouis, écoute ce flot d'appels liquéfiés qui parle à chacun.                               
Le bruit n'existe pas quand l'âme de l'univers adresse ses messages. Mozart, de Falla, et le rossignol, parlent une langue étrangère à la barbarie.
Enfant, j'écoutais le langage de la mer, puissant comme l'écho du Big-Bang, je buvais la couleur des crépuscules comme on boit la tristesse des âmes, l'or des matins comme on déguste une pépite de joie. À pleine oreille, je croquais des piaillements de moineaux et des rires de soleil.
Comment ne pas concevoir qu'une langue originelle longe et berce l'incalculable ?
J'ai vu des langueurs de plantes épouser le soleil, un chat blessé pleurer comme un enfant, la danseuse s'élever comme une étoile. J'ai vu le mouvement circulaire du volubilis à l'appel de  la lumière, et ce qui habitait hors des mots.
Nous nous sommes enfermés dans une arithmétique des vocables qui oublie les langages intuitifs non codifiés, pourtant immensément plus larges et profondément ancrés dans des symbioses d'univers de couleurs et de musiques. Chaque perception, si subtile ou secrète qu'elle soit, invite à entrer dans une dimension à la taille du mystère de la vie. Le rouge-gorge, le hamster, les lichens et la pierre, le savent !
L'homme a perdu son lien au cosmique. Depuis le premier matin du monde, il court sans avoir compris qu'il n'est qu'une étincelle de vie. Il se croit immortel et pense perdurer en s'attachant à des parts de matière et au pouvoir de paraître. L'homme ne possédera jamais plus que son enveloppe.  Écrire son nom, le graver sur le marbre, n'entamera pas sa fusion au territoire de l'oubli.
Tout comme nos frères de tout poil, de toute écorce, de toute plume, nous sommes les enfants de l'univers. Toute appropriation est un détournement, une captation de cet infini qui appartient à tous.
Amibes, poissons, dinosaures, et peuples disparus, le savent bien, la vie un jour s'évaporera comme une larme oubliée sur un tic-tac d'horloge. Sur les routes du vivant, nos baluchons de savoir, de désespoir et d'amour, partiront comme meurent les étoiles.
Dans l'immatérialité du Temps nous sommes les notes égarées d'une symphonie galactique où nos images voyagent dans le train des années-lumière.
Un jour nous renaîtrons d'un regard d'ailleurs. La plante le sait, elle qui chaque jour projette ses graines au vent.
Nous sommes tous du même voyage dans l'essentiel message du vivant : l'amour et la compassion illimités.
La colombe, l'étoile, et l'enfant, le savent bien.

jms 7/03/2021

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Vous étiez 70 et c'était la guerre

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Nous sommes en ce jour où rien de particulier
n'aurait dû me guider vers cette vieille archive de famille.
Pourtant je suis là, face à vous
56 visages distraits ou attentifs, à faire bonne figure.
C'est la banale photo-souvenir qui demain
donnera des nouvelles à la femme, aux enfants, aux parents.
C'est un dernier écho de vie avant le feu,
la banale photo-souvenir qui figera demain l'image des disparus.
Vous êtes là, 56 hommes, mains nues,
promis à la ligne de front, qui attendent leur destin.
Vos cœurs, vos rêves, vos amours, sont en absence,
l'espoir en parenthèse.
Au 1er rang, la hiérarchie, 14 hommes.
Sous les képis, l'inquiétude, l'étonnement, la consternation,
sur la droite, l'un d'entre eux pose pour la postérité.
Devant vous, les 14 gradés, mains gantées de cuir noir,
qui vous mèneront à la boucherie.
Je scrute cette page retrouvée au carnet des oubliés,
Grand-Père y es-tu ?
Je crois te voir, tu es le seul qui a l'air amusé par cette mascarade.
Vous êtes 70 en attente de rien,
arrimés à un espoir de vivre
quand l'Histoire vous offre la mort,
le Chemin des Dames,
des noms sur le marbre des monuments,
et combien d'enfants jamais venus au monde ?
Et combien de femmes laissées aux larmes ?
Tu as survécu Grand-Père,
Vous étiez 70 et c'était la guerre.

Un siècle après, cette photo me fait mal,
les hommes font la guerre
sans jamais partir à la conquête du meilleur.
Tu le savais Grand-Père,
les médailles n'ont pas d'âme,
elles ne sont que la blessure des vivants.

Et je suis là, en ce jour où rien de particulier ne se passe,
en ce jour où, encore et toujours, des hommes meurent de faim
quand d'autres cultivent la haine et le couteau
sans rien connaître de l'amour.
Les religions et le capital se gavent des douleurs du monde
et je suis las.

JMS

 

 

 

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L’espoir

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L’espoir
L’espoir est une fleur africaine
les fourmis européennes l’ont détruite
avant même que je ne sois adulte
On nous a fait un culte
où tout espoir est adultère
en ce sens qu’il est à ceux
qui n’en n’ont pas besoin
L’espoir est une fleur eurasienne
les fourmis américaines l’ont détruite
avant même que je ne sois adulte
Les enfants des autres sont crasseux
et peuvent vivre sans soins
mais ils connaissent la fée Carabosse
les nôtres jouent à la guerre
nos enfants connaissent le Bien :
il est fait de nos actes
Eux, ont des maladies de chiens
la misère est une maladie atroce
ses symptômes sont la faim
la crasse, la saleté
et le refus de contacts
Nous fuyons ces hommes d’un autre âge
qui cultivent le désuet et le rêve
nos fusils meurtrissent leurs présages
Pourtant certains d’entre nous
sont frappés d’un mal étrange et dangereux
le remords
mal déraisonnable et hideux
il est la fleur des fous
Ici on le soigne à grands coups
de comment, de pourquoi, de TV-lavage
et de drapeaux music-déballage
Ceux qui ont l’âme sale
inexorablement en crèvent
la Loi est implacable
la Loi est anonyme
L’égalité est une fleur fanée
elle est zéro et je dis que le zéro
n’est que relatif, Avogadro
n’a rien inventé, il a constaté
En un lieu et une place
se trouve au moins le vide
et le vide est notre essence
nous n’avons plus besoin d’alibi
nous avons notre hymne
il est international
il nous invente une conscience
à chacun sa place
et que chacun y reste
si j’y suis
bien loti
L’amour est universel
ils n’ont qu’à le partager
nous garderons les armes et le reste
cette convention est mondiale
Nous avons tiré la leçon du missel
notre loi s’apprend au pied du bûcher :
nous vous imposerons notre façon d’aimer.

JMS Un texte des années 65

In "Cheval fou" et dans la compilation "Chemins d'étoiles"

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C'est un

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

C'est un homme d'envers
aux mains de colère déchirée,
un enfant qui voudrait inventer l'espoir,
un qui harangue le ciel, la terre et le destin, à l'usure des utopies.
C'est un, qui, à l'heure des victoires du mâle
voudrait tuer tous ceux par qui le désespoir arrive.
C'est un goéland d'enfer quand le ciel s'efface,
une joie sombre de volubilis autour de mots de sang,
la jeunesse d'un cri fusillé à l'agonie du poète,
un soldat malgré lui qui s'éteint,
un hier qui égare ses lendemains,
une épée brisée dans un combat inutile,
un ouvreur de paix sans clefs d'avenir,
l'image d'un rêve qu'on ne reverra plus,
une faim de vivre qui ne trouve plus son chemin,
deux hommes perdus assis sur un banc
à l'heure des : "T'en penses quoi ?".
C'est un homme de feu, capitaine fantôme toutes haines fermées
jetant ses armes loin des gagne-médailles et des vies volées.
C'est, au feu de l'inquisition, l'accusé croyant encore à la raison,
le cerf blessé espérant l'humanité,
un combat d'ailleurs,
une rivière d'eau pure sur le sel et la blessure,
un espoir qui viendrait à la vie,
un matin vierge qui attend la Conscience.
Jms 20/02/21

 

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Est-ce grave docteur ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'arpente le moment,
le traverse comme une question
est-ce moi qui écris ?
J'ai peur d'être un petit gros analphabète et possédé
qui s'agite sous la plume d'un autre.
Quatrième neurone à gauche
y a-t-il quelqu'un qui parle plus fort que moi ?
J'ai peur de ne pas être qui je suis.
Je pourrais être marchand de loukoums
portier de manège et faire des courbettes
sous le regard d'un cheval de bois
avoir été transmuté en escarbot bancal
par une fée mal lunée
me faire marcher dessus
par un ciel si haut
que je me serais senti infime
marcher à genoux…
mais allez savoir pourquoi
j'ai l'encre ventriloque
j'écris avec mon âme
quand mon cœur s'emballe.
Est-ce grave docteur ?

JMS

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L'homme n'est-il pas la somme de ses poèmes ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a, en moi, des mots et des images-mantras mariés à mon âme.
Cinq heures du soir* résonne dans mon sang*
comme ce Il dit non avec la tête  ou,
ces plongeons rentrés* qui parfois me font ignorer le danger.

Les mots qui m'ont enfanté sont puissants comme la mémoire.
Je cherche un père,
Est-ce toi Lorca, toi Aragon, toi Rimbaud, toi Camus,
ou toi, Prévert, qui enchanta mon enfance ? *
Pourrais-je vivre sans un peu de Neruda dans mon sang ?
Quel est cette chaise*, ce cri*, ce dormeur*, devenus images
qui imprègnent mon univers et m'interpellent ?

Pardonnez, amis, si je me shoote davantage à la poésie
qu'aux Te Deum, parachats ou sourates,
pardonnez, Frères Humains*
j'aime la vie et ses peuples :
mes frères primates, l'herbe et l'insecte,
j'aime tout ce qui porte l'espérance de vivre.

Pères, je pleure sur l'inculture de ceux qui vont,
couteau à la main, souiller le sacré du vivant.
Est-il pire crime que de vivre sans aimer son prochain ?
L'homme n'est-il pas la somme de ses poèmes ?

* Ce fut en avril à cinq heures (Louis Aragon) - * Au Cabaret Vert, cinq heures du soir (Arthur Rimbaud).- * Les plaies brûlaient comme des soleils à cinq heures du soir (Federico Garcia Lorca) -* Les plongeons rentrés laissent parfois d'étranges courbatures (Albert Camus) - * Il dit non avec la tête, mais il dit oui avec le cœur (Jacques Prévert) - * Si Je meurs et si tu ne meurs pas (Pablo Neruda) - Le dormeur du val (Arthur Rimbaud).
* La Chaise de Vincent van Gogh.- Le Cri de Munch

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De l'exterritorialité des intégrismes identitaires

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'écris de l'exterritorialité des intégrismes identitaires
j'ai toujours été un indien, un aborigène, un rom
un singe ou parfois une fourmi.
Je suis la somme de leurs souffrances embusquées
dans le regard d'un homme.
Je suis une conscience autodidacte
dans la peau d'un être face au cosmos
aux inquiétudes sidérales et aux ignorances dogmatiques.
Je marche me demandant où est le pays des âmes.
Quelles sont ces doctrines, ces croyances, qui nous jettent la pierre
qui parlent au nom d'un absolu qu'ils nomment dieu
qui tuent le sacré, piétinent les certitudes aborigènes
mangent la terre amérindienne
se gaussent de l'hindouiste
ignorent la fourmi
mettent en esclavage l'homme ou pire
le soumettent à un devoir de survie
qui brise l'espérance même de vivre comme un homme.
Tu me dis Juif, Rom, Nègre, Inuit, athée, nihiliste
et au nom de tes certitudes
de ton insuffisance et de tes jalousies
tu crois ne pas me ressembler.
Tu te dis supérieur, tu te veux être le choisi par dieu
tu dilapides notre terre, nos océans, nos rêves
et vole la vie de ceux qui ne peuvent s'offrir ta médecine.
Moi, l'Indien, l'Aborigène, le Rom, le singe, la fourmi
l'inconforme, l'indigent utopique
je marche dans le regard des insectes, sous le cri des oiseaux
je traverse les champs de vie que tu n'as pas encore détruits
je suis une supplique autodidacte, le cri estropié.

Dans l'encre d'un stylo, je marche
me demandant où est le pays des âmes.
Je marche, me demandant si la conscience existe.

jms

20 /12/2020

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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