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À Mohammad Mehdi Karami

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'enclume du devenir a retenti
Trois fois ton nom a résonné
La mort compte ses fleurs
Je ne te montrerai pas la route des nuages
Là-bas, le rire des détroits pince le destin
D'une parole magique
Ta clameur brave l'abjection théocratique
Tes rêves se jouent de l'autodafé
Ta liberté insulte la soumission
Mohammad Mehdi Karami
J'aimerais déchirer ton linceul
En faire du papier musique
Étrangler l'ange complice
Jeter un chant de tolérance
En couvrir l'horizon
Mohammad
Tu es fils du vertige
À l'équarrissage de l'amour
Qui donc
T'avait promis
L'abondance du futur ?
Ils t'ont pris
Ont amputé ta mère
Ton nom
Tes mots ne sont que soupirs
Couteaux dans la frayeur des jours
Regarde Mohammad
On arase la promesse
Et toi tu pars dans ta robe de martyr
L'hydre des haines glapit
Tu as vingt-deux ans
Les temps continueront sans nous
Mais c'est nous qui bâtissons le futur

JMS

Samedi 7 janvier 2023, les autorités iraniennes ont indiqué avoir pendu
Mohammad Mehdi Karami

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Tardive et amicale réponse à André Chenet

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tardive et amicale réponse à André Chenet que je remercie vivement pour ses mots et l'intelligence de l'article où il parle de mon texte "Je suis la frontière".

"Mourir pour des idées "? dis-tu. Oui, mourir sourire aux lèvres, une fleur ou une révolution dans la tête comme le fit Fortino Samano, j'aurais pu. Oui, j'y ai pensé par désespoir ou par colère, enfin disons dans la colère du désespoir. Depuis, si les passagers de la misère m'ont appris que toute révolte est légitime, les révolutions m'ont aussi appris que les révolutionnaires deviennent trop souvent pires que ceux qu'ils exècrent. Le vieux cheval que je suis, sait maintenant que la vengeance et la réciprocité haineuse nous rendent semblables à nos ennemis.

Aujourd'hui, si mon corps n'ignore pas mon âge, je n'en ai pas moins décidé de révoquer l'idée qu'il y a un temps pour la résignation et qu'il est de bon ton de croire que la sagesse seule est une posture acceptable. Contre toute idée reçue, il nous faut apprendre à exister jusqu'à la mort. Il nous faut vivre et nous battre pour des idées, cela m'est suffisant. Je crois que le mot vaut tous les fusils du monde. Mais soyons réalistes, cette attitude vaut seulement si la censure ne l'assassine pas et si, au travers de nos approches identitaires, nous-mêmes, par la lecture que l'on en fait, ne truquons pas l'information. C'est là le thème de mon prochain essai qui s'appellera "Nouveaux paramètres de la Conscience" (si j'arrive à l'achever !).

Dire l'amour ne suffit pas, il n'y a pas les autres et nous, il n'y a que des échos de nous-mêmes qui, comme nous, souffrent et aiment, même si, comme nous, ils peuvent être pervertis par ces identités cultuelles et culturelles qu'inconsciemment la plupart d'entre nous porte comme un drapeau et dont il est si difficile de se défaire. Voir en l'autre, l'Arabe, le Juif, le Rom, le Coco, ouvre l'irrationalité du regard, le préjugé subjectif subliminal. Apprendre à s'extraire de la catégorisation devrait être le programme premier de toute culture non pervertie par cette autosatisfaction qui fabrique des clowns, maîtres ou esclaves. La condition première du véritable regard sur l'autre, réside en la construction d'un altruisme nouveau qui ne soit pas seulement nourri de pitié, de compassion ou de jugement. Je n'ai pas de haine pour ceux qui ont massacré, torturé, tué les peuples et les nations du monde, mais je condamne ceux qui pour conforter leur hégémonie, leur ont enseigné la haine de l'autre et qui encore aujourd'hui s'acharnent ; les suprémacismes n'ont pas disparu ! Restons vigilants, réalistes et prudents.

Moi, le vieux cheval, je sais que je n'aurai pas assez d'une vie pour dire que l'autre, s'il n'est pas mon identique, n'en est pas moins mon frère, et que tous nos regards doivent réapprendre la tendresse dont se nourrit l'amour. André, comme tu le dis, nous devons sauver ce Titanic sur lequel nous sommes tous embarqués.

JMS

 

André Chenet publié dans la Voix des Autres le 13/01/2023

Un poème d'une importance capitale de Jean-Michel Sananès! A travers le poète passent toutes les frontières, immatérielles, qui nous empêchent de sortir de nous-mêmes, qui nous divisent, et parfois même nous brisent. Toute guerre n'est que le tampon officiel de la dictature impitoyable des forts contre les faibles désarmés, spoliés des lois naturelles et du bien commun... La justice se prostitue en procès innocentant, ou presque, les criminels à grande échelle internationale. “Le cri est noir” quand toute la mise en scène des pouvoirs absolus ne permet plus de respirer au grand vent du large, éradique jusqu'au droit imprescriptible de rêver. Les macchabées prospèrent, banques et industries d'armement, gouvernements vendus, actionnaires assassins protégés par la police des mœurs financières dévoyée depuis si longtemps. Mourir pour des idées ?

Il n'y a plus que des idéologies bâtardes se faisant passer pour du savoir-faire pragmatique, des certitudes certifiées par des médias croupions au casino de la vie détroussée. J'ai connu Jean-Michel bien avant qu'il publie un de mes livres. Nous n'étions pas d'accord sur certains sujets délicats mais au moins, il ne trichait pas et il nous a toujours été possible de nous “ENTENDRE” au-delà de nos divergences superflues. J'aime cet homme et ce poète acharné à lever les tabous qui interdisent les passages évidents d'une vérité à une autre. En tant que “petit éditeur” (Chemin de Plumes), il est de ceux que les croyances stupides ne font pas reculer et à un âge respectable, il nous convie au combat suprême pour que la “douceur de l'amour” triomphe au-delà de toute espérance. A mon avis, la vie n'est pas un programme car nous savons tous les échéances grotesques de ces projections politiques (sociaux-économiques) qui ne devraient être que des outils de mécanicien (ou ingénieurs) permettant de corriger nos défaillances intellectuelles d'êtres humains embarqués à titre de servants (rameurs) ou chefs de navigation dans ce Titanic qu'est devenu la civilisation occidentale entrée ces dernières décennies en phase de décomposition … “Aller plus loin, aller plus loin, aller plus loin,/ écrire, écrire, écrire,/ et dire l'amour, la joie, l'espérance./ La musique dépassera l'hiver” conclut le poète qui revient du futur.

André Chenet

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Présentation de 2 textes parus sur Francopolis.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je remercie la revue Francopolis et plus particulièrement la poétesse
Dana Shishmanian qui présente 2 textes de moi dont un  inédit ; 
à lire sur 
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Je suis la frontière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Perdu dans l'opium des craquelures de l'absence,
je dérive dans les parenthèses du moi.
Je suis la frontière de mon nom,
j'arrime les vieilles palpitations de la Question,
je me cherche dans l'oblique des transparences,
je respire jusqu'aux déchirures du rire.
Des clowns se noient dans le jardin des larmes
là où, dans les eaux croupies, Monet faisait ses emplettes,
l'ombre du vacarme est un oubli qui m'efface.
Au crépuscule, pas besoin d'amulette, là-bas une gifle me réveillera,
mais l'instant court,
les mots coagulent, se désagrègent,
se font bruit, clameur, débordent.
J'ai peur des phrases brusquées, des onomatopées de la déraison,
le cri est noir,
s'y agitent les lieux communs d'un patrimoine cosmique.
Je viens du futur,
la mort, le bonheur, le futur, c'est où ?
Autour de moi la vie est une feuille d'automne
ciselée par les ailes d'un vent qui l'emporte.
L'errance des mots plein ciel, des gazouillis d'enfance,
enfonce des chemins de frayeurs tracées,
j'écris mes cicatrices et le doute
sur la peau, parchemin en quête d'avenir.
Les rides se maquillent et le rire cabre ses larmes,
j'avance à reculons dans le brouhaha,
je suis d'ailleurs,
je suis la frontière du vent, de la pluie, d'autrui.
Chacun porte sa douleur,
l'amour est une douceur,
vivre est un programme.
Aller plus loin, aller plus loin, aller plus loin,
écrire, écrire, écrire,
et dire l'amour, la joie, l'espérance.
La musique dépassera l'hiver.

JMS 12/01/23

 

Publié dans Textes de JMS

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L'âge me gagne.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'âge me gagne. Sur la vie qui me reste, sous le temps qui joue, coule la cascade des rires, le goût du sel et des peurs, coulent encore des rivières de verbes, d'espoirs et d'envies.
Dans l'envers "du rajeunir", vivre n'est plus un devoir, mais une envie d'aimer, de voir, et de dire. J'écoute, je scrute, mais qu'en est-il du silence quand tant de visages, de regards, d'amis d'encre vive, s'agitent, griffent, ouvrent les voix du non-oubli sur les vertiges du jour ?
Où suis-je dans ce no man's land des mémoires où l'enfance n'en finit pas de sombrer. Inlassable, je suis un cueilleur de mirages, de noms, de phrases et d'échos. Que reste-t-il des mots, des poèmes que je ne sais oublier, des trahisons que je voudrais effacées ?
Un chemin d'ombre me mène à ma mère, à mon père, à mes amis, à mes douleurs.
Je suis en berne de rêves mais je veux reconstruire le passé, vous voir chanter dans les clameurs d'autre temps. J'ai des bonheurs égarés, je veux revoir les enfants, le temps des aurores où, au pied d'arbres de noël, devant quelques mystérieux emballages, nous attendions que les parents s'éveillent. Mais quand l'avenir s'emballe, le passé n'est-il pas toujours qu'une poignée de vent vide, une question qui ne veut pas de réponse ?
Qui sait ce que demain réserve ? Déjà, les frayeurs dansent, n'en est-il pas toujours ainsi ?
J'ai mal aux affections, aux amours, aux amis disparus, et aux promesses. J'ai peur de la larme sur les joues de qui j'aime, j'ai peur des lendemains quand le siècle se gâte, j'ai mal de ce que je n'ai pas su faire. Pourquoi mon père, n'ai-je pas été le miracle que tu attendais ? Au pays d'avant, le temps arrime l'enfance des exils. Les bruits d'une école et d'une guerre, l'épine d'un regard, parlent encore plus fort que la raison. Il n'y a pas de fleurs dans ma mémoire mais de l'amour et des regrets. Que me manquait-il mon père qui adoucisse ton regard ? Un chemin d'ombre me mène à toi, y trouverai-je la lueur d'une approbation, l'expression d'une tendresse, des bras ouverts ? Le temps perdu mène ses enquêtes. Où étais-tu quand je te cherchais ? C'est bête, je vis ici, et toi en allé, ma mémoire s'évente aux marelles du souvenir, j'apprends à vivre loin des mots que tu n'as pas dits. Je suis d'ailleurs et d'ici. Je vis. J'écris pour nous retrouver, lis-tu mes courriers ?

JMS-Janvier 23

Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc La Frenière, un immense poète s'en va

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Depuis longtemps une voix amie faite des mots de la terre et de lumière m'accompagnait. Je la parcourais dans des habits d'herbe, d'odeur des chemins, le pas d'un loup, le vent et ses épines.
Ce matin mon ami est parti, mais ses mots restent. Oui, Jean-Marc La Frenière, a enfourché l'éternité et rejoint ses chemins de mémoires, il est partout où ses mots s'embusquent, il est une musique inaltérable. Partout.

Jean-Michel Sananès

 

 

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Vœux 2023

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'ai rêvé d'un ange
 qui du fer des canons ferait des charrues,
d'une terre apaisée sur laquelle
 de minuscules graines se feraient blé,
et de la farine qui se ferait pain
à mettre sur toutes les tables

J'ai rêvé d'un ciel à Kiev
et partout où l'on se bat,
où, venues de toutes parts,
mésanges et colombes chanteraient la paix
et un possible avenir où le mot guerre
serait banni des dictionnaires.

J'ai rêvé
d'un futur plein de vous, de nous,
d'amour et de temps nouveaux,
de jours et de nuits dans un univers de rêves,
de tendresse, de sérénité, d'espoir,

Je vous souhaite
tous mes  vœux de
Bonheur pour 2023

Jean-Michel

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Noël sans Léo

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

1er Noël sans Léo

(Léo, intrigué par le manège à musique)

Il est parti
comme passent les matins
comme passe la tendresse
sans rien dire, sans savoir
que certains manques
agrandissent le silence

jms

 

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NOËL 2022

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

En cette année 2022,
l’hiver est encore venu livrer ce combat paisible
où l’ombre affronte la lumière.
Oubliant que la nuit glisse son couteau
dans la couche des SDF, et les guerres,
Père Noël est là, avec ses cadeaux, ses ivresses et ses regards fermés.  
    Amis buvons ensemble au verre fraternel, sans rien ignorer.
Amis buvons à nos proches et aux devoirs du rêve.  
Meilleurs vœux, mes amis
JMS
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Je hais les pantoufles, le lit, et les jardins de l’âge

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

à Lucien

Grand-père a fini en prison,
les murs de son enfermement n'étaient pas de pierre
ils furent mesures d’isolement.

On confisqua ses costumes,
sa prestance, ses envolées lyriques,
on échangea ses vernis contre des pantoufles,
on lui infligea une robe de chambre
si lourde qu'il cessa de trottiner,
on le destitua, éborgna son rire,
on lui interdit la rue et les avenues,
les embuscades de midi,
on remplaça l'opéra et le chant de vie par un lit.

Ses cercles amicaux,
ses discours et sa bonne humeur
furent réservés à nos visites du jeudi,
nous avions 8 ans.
Se riant de nous, il nous faisait croire
que du jambon il n'aimait que la couenne,
nous, complices de ses jeux
nous mangions son repas.
Le vieil ogre n'avait plus faim
mais, avec enthousiasme,
il nous parlait de Lorenzaccio, de l’Aiglon
de Dumas, de Paris, de Sarah Bernard
.

Une dédicace de Rostand
et de vieilles photos m’appellent,
me parlent de lui
me parlent de nous.

Je hais les pantoufles,
le lit, et les jardins de l’âge.

JMS

 

 
 
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