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L'arbre millénaire

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Vieil arbre, toi que l'on dit de paix,
si tu pouvais parler,
nous dirais-tu le bonheur ou le sang versé ?
Certains silences sont les tombeaux du tumulte,
devrait-on en exhumer les rires,
les cris, les larmes et les renoncements ?
Nous raconterais-tu l'histoire brute,
hors corrections et manipulations,
loin des culpabilités ?
J'en reste aussi perplexe que curieux
et j’écouterais, en me bouchant les oreilles !

                   Photo Armanda Dos Santos - Ayurvedic Lab

 

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La mort

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

(L’homme de Bel-Abbès)

 

La mort,

c'est ce chat qui m'attend

dans une rue de Sidi-Bel-Abbès

pour me dire que les fleurs étranglées

ont écrit des zéros

 

La mort,

c'est cette belle vitriolée

par l'Amour, par le Temps,

par les crèves et les chemins de détresse

jouant aux dames derrière le carreau

 

La mort,

c'est se revoir sur un banc au collège

chez les marchands de mensonge

avec son copain qu'est devenu un autre

 

La mort,

c'est ce marchand d'étoiles

sorti d'un manège

qui joue de la déchirure mémoire

et de la gomme à songes

 

La mort,

c'est quand on n'est même plus un autre.

 

La mort,

c'est ce chat qui m'attend

dans une rue de Sidi-Bel-Abbès

 

JMS

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Je passe comme un chagrin de temps qui court

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


 Souvenir d'un juillet 62

À Hossine, ce vieil ami que j’aimais comme un père

Retiens ma vie
m’avait dit ce chat griffé par le cancer.
Tourne tourne le poignard bleu.
J’ai laissé sa vie
sur le cri désâmé d’une seringue assassine
j’ai oublié mes larmes sur la table d’un vétérinaire.
Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard.
Tourne tourne le poignard de l'impuissance.
Partent partent les pages
partent les larmes.
Et moi qui passe
comme un chagrin de temps qui court.
Je suis un homme de demain
je serai un enfant d’hier.
Résonne la Question :
Est-il mot plus signifiant que : pourquoi ?
Retiens mon nom,
avait-il semblé dire
déjà sous un ciel d’ailleurs.
Déjà, un vieil ami m’avait dit :
Retiens mon nom.
Tournent tournent les décennies.
Tourne tourne le poignard bleu.
Là-bas, dans l’enlisement des jours s’effacent les noms
comme un deuil en partance et la mort entre nous.
Au temps de l’enfance et du sang
sur un trottoir d’adieu la vérité cherchait ses mots
et clamait ses promesses.
Dans les fausses notes d’un temps égorgeur
la prière et le crime rognaient le même verbe.
Partent les pages, partent les larmes.
Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard.
Tourne tourne le poignard de l’impuissance.
Et moi je pars
comme un chagrin d’antan épuisé de remords
sous le cri désâmé des minutes assassines.
Quand tonne la Question
je reste un gamin d’hier.
Est-il mot plus insignifiant que : toujours ?
Je vais comme un chagrin de vent mauvais
je bruisse en rumeur d’oublis insoumis.
Dans l'enfance que je porte, mijote un enfant chauve.
Et Toi, quelle est Ta langue ?
Ne parles-Tu que le silence ?
Je Te regarde sur la seconde qui part.
Tu me flingues
comme une marée de rires sur cœur à marée basse.
Partent les pages, partent les larmes.
Tourne tourne le poignard de l’impuissance.
Tourne tourne la lueur trouble
des derniers regards.
Je pars comme un éléphant fou
quand la mort barytonne à la pointe du jour.
Mère, où es-tu, qui me laisses grandir
vieillir, m’assagir, m’assoupir ?
Poucet qui égrène les jours
je pars mes rêves à la main
vieil enfant qui court dans la maison de l’Ogre
j’écoute tonner l’oxymore.
Est-il mot plus signifiant que : jamais ?
Partent les pages partent les larmes.
Jamais triomphe toujours de toujours.
Tourne tourne le poignard de l’impuissance.
Tourne tourne la lueur trouble de nos regards.
Et moi qui passe
comme un chagrin de temps qui court.
Le cheval d'enfance n’ira pas plus loin.

JMS in "Cheval fou" et in "Chemin de pluie et d'étoiles"  TOME 1 aux Éditions Chemins de Plume

 

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Où le cœur ouvre son regard, tu es

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

                                                                                                         À E.B
Tu venais d'une Provence laborieuse,
des couleurs de ciel, de blé et de coquelicots
plein les yeux, plein la tête, plein le cœur.
La lumière, tu l’extirpais de la chevelure d’un pinceau,
tu nous l'offrais comme un sang paisible.
L'été, tu le mariais à une silhouette de femme,
toujours la même.
L’ombre, tu la peuplais de fleurs,
de violonistes et d'odeur de café.
Tu dressais la vie sur une toile,
parmi ce qui est et sera.

Aujourd’hui, dans cette nef de bois en route vers l’infini,
tu ne pars pas, tu es,
tu restes partout où le cœur ouvre son regard.
La route vers l'immense ne ferme pas l’invisible,
ceux qui t'aiment te regardent
Dans ce présent plus large que l’ailleurs,
tu es là.

JMS

 

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Elle est

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis PAGES ECRITES.

Elle est sans paroles au milieu des débris de verre de ses croyances, de ses questions. Elle est sans prière. Sans justification. Elle est l'oiseau et l'arbre, le ciel et l'eau, sous le grand vent, la grêle, le feu. Une simple place nue. Chaque jour elle est au bûcher des douleurs. Cisailles contre impuissance. Chaque jour elle est l'abandon des heures heureuses. Native espérance contre trahison. Chaque jour elle distribue des caresses au chat et partage son regard. Au-dessus des agitations, elle est une improbable loyauté. Chaque jour, arrivée au bout du jour, elle choisit l'amour et la lumière. Dût-elle être la seule dans tous les mondes de tous les univers à choisir l'amour et la lumière, elle s'y tient. Elle s'y tiendra. Et ce choix, lancé au rien des jours, la rend invincible.

Ile Eniger - Les pluriels du silence - (à paraître)

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Aimer, avait demandé Léo ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Chez Léo

Aimer, ça sert à quoi si l'un de nous s'en va ? m'avais-tu demandé.
J'en étais resté aussi bête qu'un silence d'ignorance, et je ne sais toujours pas ce que tu vois de l'autre côté du décor, ni ce que, de nous, il reste là-bas.
Mais, ici, près de moi, aimer rend immortel, chaque jour je te vois, chaque jour je te sais dans le jardin de mes ailleurs. Les êtres de cet ailleurs, comme ceux d'ici, n'ont de taille que par le ou les bonheurs qu'ils ont offerts. Et toi, mon jamais tout à fait transparent, n'y vois-tu pas grand-père et cette vieille dame que j'appelais "Maman" ? N'y vois-tu pas un pays, le platane qui jouxtait ma maison et ses oiseaux qui mangeaient de mon pain ? Chaque jour, je m'y rends de mémoire et, parmi eux, je te cherche.
JMS
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Deuxième été sans Tristan Cabral

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tristan Cabral est parti un 22 juin il y a deux ans déjà, mais il est en nous un espace temps surréel plus puissant que le réel, fait des présences subliminales qui nous habitent et encore prolongent nos dialogues inachevés. Tous ceux qui portent en partage les mots de Tristan, gardent un peu de lui, ce que confirme un message que je viens de recevoir et que je copie ci-dessous. Il est certain qu'il existe une dimension bien plus large que le cadran des heures.

Mes discussions avec Tristan, sur l'ailleurs, sur l'attente de l'homme sublimé et capable du meilleur, sur l'identité, nos désillusions, restent en moi présentes, peuplées de ces silences où la réflexion s'approfondit dans une fusion fraternelle des idées.

Des bribes de poèmes croisés qui nous ressemblaient me reviennent car les mots ne sont pas encre séchée sur un papier, ils sont briques d'âme ou de conscience, qui s'assemblent et peuvent porter haut cette ambition d'être plus humain qu'homme, et ce mot frère que nous vivons ensemble.

Je me permets donc de partager ce mot, reçu ce matin, qui affirme que les hommes habitent dans l'ombre de leurs mots.

: - A l'attention de M. Jean-Michel SANANES, (suite à un échange : L'été sans Tristan Cabral)

Quelques petits mots seulement, branjoles mais fervents.
Pour dire encore ma reconnaissance, mon amitié invisible et  chaleureuse au gang des "gentils" (mot déglingué !), des ardents.
Et à travers vous aussi saluer Tristan.
T. C. (de Bogota)

 

Publié dans Informations

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Toi, tu pars

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

                                       À à l'ami qui part
Toi, tu pars,
hésites

Où est ce pays d'âmes nues
si loin, si proche de nos écorces terrestres ?
Y emmène-t-on nos mémoires
et tous les ressentiments attachés aux désirs,
aux ambitions manquées
et aux douleurs égotiques,
pour habiter le Pardon ?


Laisse-t-on ici-bas
nos cicatrices ?


Retrouvons-nous une originelle lumière
qui nous précéda
joyeuse,
et débarrassée du poids des karmas
des douleurs préexistentielles ?

Retrouvera-t-on l'ancêtre
pour y étancher notre soif d'éternité
jusqu'aux confins d'une cellule mère
faite de la vibration de l'atome et de l'Infini ?


Toi, tu pars,
hésites,
toi qui marches vers la réponse.


Toi, tu pars,
et nous, nous attendons.

 JMS

 

 

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Petite lettre à mon ophtalamo

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Depuis que l'âge me prend
même si parfois je crois mieux voir en moi
mon ophtalmo m'inquiète.

dessin JMS
Hier, il m'a prescrit des lunettes à double foyer,
un pour voir le monde distant,
un autre pour mes proches,
mais rien pour les univers intérieurs,
peut-être dois-je moins bien m'habiter
car là, il m'a conseillé un psy,
et ceux qui me connaissent confirment.
On ne peut pas vivre en soi,
être droit dans ses bottes et sur Internet !
Mais rien à faire, un doute persiste,
puis-je lui faire confiance alors qu'il ne s'aperçoit pas
que ceux qui me côtoient ne me voient pas ?
Quand il me dit que mon œil à bon fond ?
Alors que moi, depuis que je me cherche,
je ne me trouve pas !
N'ai-je qu'un regard périphérique
inutile quand je me perds à l'intérieur ?
Comment lui faire confiance
alors qu'il ne sait me dire pourquoi
je vois mieux le passé que l’avenir,
ni pourquoi je ne vois pas le temps courir ?
jms

 

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Festival du Livre de Nice 2022 : Merci à vous, lecteurs, merci à tous.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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