Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

À la pesée des âmes

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tu te crois - tu te dis,
à la hauteur de tes mots
mais,
tu verbilles, tu paraphrases, tu versifies,
tu te dilues, te crois à la taille de ton image,
mais,
ton miroir ment !

Tu te nippes d'adjectifs, tu parades,
tu portes le compliment comme on porte médaille,
tu couches ta crasse et les mots dits
dans des cercueils de papier
mais,
tu oublies,
tu arases ce que tu n'as pas fait
sous des "J'aurai dû",
tu t'emballes en oublis de soie,
tu fermes les portes de mémoire,
tu comptes tes amis,
tu te compares et dis :
"Je ne suis pas si mal",
mais,
les mal dits, les maux dits,
les non-dits, les haines,
les regards détournés au malheur de l'autre,
les préjugés, les jalousies et autres mensonges,
tes abstinences à la générosité,
tes crimes d'in-solidarité,
au bilan des cœurs,
au quitus d'une vie,
regards au ciel,
tu les voudrais passe-frontières !
Tu crois berner la pesée des âmes,
tu te crois de ciel et du marbre
dont on fait les statues,
mais,
seules nos actions rendent compte de nous.

Au bilan de l'autosatisfaction,
si la balance a la taille du miroir,
alors ferme les yeux,
regarde à l'intérieur de toi,
tant de promesses
comme des oiseaux morts,
cherchent encore leur envol.

JMS
17/10/2021

 

Partager cet article
Repost0

Vœux 2021

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Partager cet article
Repost0

La mémoire du siècle

Publié le

Cet article est reposté depuis lafreniere&poesie.

Je mourrai
de la même blessure au flanc
que le siècle qui m'a vu naître
des lignes de front
me serviront de notes
et les ossements sous la terre
d'échelons vers la douleur
partout dans le monde
des mères attendent
la cartographie de leurs deuils
et que se complètent
les atlas des écoliers
je ne me souviens
ni de vos vingt ans
ni de vos terreurs
ni de vos blessures
ni de vos abattements
comment le pourrais-je
alors que du ventre à la gorge
cette tranchée vive encore
me traverse
et que les réseaux barbelés
gémissent au vent infatigable
je ne me souviens pas
je vis avec vous
dans le gourbi boueux
de la mémoire du siècle
 
Christian Erwin Andersen
Partager cet article
Repost0

À Dieu, ou ailleurs mon ami

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À l'échappée des apparences
tu as fait silence
laissé une marée de mots posés sur l'étendue des toiles
c'est l'heure de ce cri mauve où bruissent les absences habitées
tu es là dans ce texte de toi.
 
La sirène a fermé boutique
La maison des vents s'est écroulée
J'ai froid
 
Et l'horreur grandit en moi
J'écarquille les yeux
La nuit les ferme
 
J'aime la nuit
../..
Christian Erwin Andersen
 
S'il est un territoire pour les sans haine et les poètes,
à Dieu ou ailleurs, nous nous reverrons mon ami.
JMS
Partager cet article
Repost0

Trève de Noël 2020

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 Les VŒUX de JMS

Envers et contre tous ceux
qui côtoient le préjugé, le mal amour
envers ce Seigneur Covid
qui aimerait tant nous faire la fête
à nous noceurs de réveillons
farceurs de toute envergure
nous qui refusons d'être la farce
et la dinde de son festin
à nous enfants de la vie
en ces jours où revient
le vieux bonhomme à barbe
JE SOUHAITE
un soleil intérieur, des fleurs
des rires de santons
des parfums de Provence
et une odeur de chocolat.
Juché sur une lune rose
dans les bras du ciel
avec mon chat Léo
JE DÉCLARE
la Trève de Noël
l'heure des tendresses
l'espoir plus grand que nos rêves
et vous espère bras et cœurs ouverts
pour accueillir et partager
l'amour de ceux qui vous aiment.
Parce que je crois à tout cela.

JMS 23 décembre 2020

Partager cet article
Repost0

Déconfinement du Père Noël

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Partager cet article
Repost0

Dans l'inconséquence des silences

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je sais l'enfant brisé
le cœur froissé

je l'ai vu
dans l'inconséquence des silences
sous l'injure d'un rire
l'homme qui souffre est un enfant.

Je l'ai vu
larme rentrée, poing serré
qui allait sous le poids de l’injustice
l'âme écrasée au pressoir  des espérances.

Je l'ai vu
sur le pavé des nantis
invisible au regard des indifférents
blessé au regard des apitoyés.

Je l'ai vu
brindille au feu
implorant l’agonie.

Partout, des mains fermées à la douleur
j'ai mesuré l'inconséquence des silences.

Parmi la foule de ceux qui passent
carrefour de la misère, j'ai vu le crime
embusqué dans un ressenti coupable
quand l'indifférence encage
ce qu'il y a d'humain en nous.

Ami, n'aie pas peur de la tendresse
ne crois pas forts ceux qui font leur chemin en riant
ouvre tes yeux, ouvre ton cœur
c'est tous les jours Noël au jardin du possible
quand une femme, un homme
un enfant, un être vivant, reçoit l’espoir.


Hiver été printemps
il est toujours Noël
quand au cahier du malheur
l'enfance redresse l'homme courbé.

Il est toujours Noël
quand on offre un carré de bonheur.

JMS

Photo de Rémi Tournier
incluse dans "Je me souviens", livre à paraître
de JMS (textes) et Rémi Tournier (photos)

 

 

Partager cet article
Repost0

La distance de l'ombre et pourtant... (À toi ma tante)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Années 50/54

À toi ma tante, dans la distance de l'ombre
et pourtant...

Vous êtes partis.
Vous êtes tous partis…
Je gomme, je dégomme,
je m'appelle à l'imparfait des mémoires,
le temps grince comme un rêve écrasé,
le temps efface les couleurs.
Restent quelques images où le regard s'accroche,
Toi, avec ton chien, ton chat,
ton sourire et un je ne sais quoi dans ton regard
qui retient.
Une phrase jamais dite, résonne,
nous sommes-nous jamais rencontrés
en ce centre où l'éternité se fige ?
Quelque chose pourtant reste là,
dans ce sourire sans question,
il y a de la grandeur dans la fierté
 à aimer un chien, un chat.
Où es-tu maintenant ?

À frontière d'une photo,
un instant de vie se cramponne.
Pénétrer ce regard, est-ce indiscret ?
Fouiller le vide et y trouver de la tendresse, cela est-il fou ?
Tu es l'écho de papier perdu dans l'immensité des Temps,
vision d'un film de vie réduit à un cliché,
et je ne suis rien d'autre qu'un moment de conscience
arrêté sur un fragment de passé,
le frisson d'un œil qui fusionne avec l'infini.
.
L'essentiel se réduit au précieux des jours,
à une image où chiens et chats qu'on aime
effacent les coups de vie.
Reste l'émouvance d'un écho où se dissout
l'image d'un siècle lointain.
Reste en moi le trouble
face à l'effrayante fugacité de cette vie,
si fragile.

jms13/12/2020

Partager cet article
Repost0

Une maison de chiffonnier

Publié le

Cet article est reposté depuis lafreniere&poesie.

Une maison de chiffonnier

«Qu’est-ce que tu fais ? – Je dessine une maison. – Je ne la vois pas. – Elle est invisible. – Comment tu la vois alors ? – Je ne la vois pas, je l’entends. Il y a une femme-fée dedans et elle chante. C’est sa voix que j’entends. Elle pousse les mots avec sa baguette. Elle fait reluire les plus boueux. Elle répare ceux qui n’ont plus de voyelles. Elle tricote des bas. Elle met des tuques sur les i. »La petite fille écrit en tirant le bout de la langue. On dirait qu’elle pompe l’air pour en faire de l’encre. Je commence à voir des formes, à entendre la voix. Il suffisait de regarder avec les yeux fermés, d’écouter la musique qui émane des choses.

Dans ce monde où l’on ne pense qu’à prendre, je ne veux que comprendre. Mes pages sont une maison de chiffonnier où l’on ne jette rien. Elles sont faites de bricoles, de ficelles, de voyelles à bout de souffle, de consonnes en haillons. On s’y coupe les doigts à l’ouvre-boite du rêve. Mon sang coule aux cicatrices du papier. La main pleine d’heures, je sème des secondes. La tête pleine d’orages, je lance des éclairs. Je marche avec mes mots. Je n’ai que mes phrases à offrir aux oiseaux, des images à deux jambes, des paroles à deux bras.

Merci maman, merci pour la vie, l’émerveillement, l’amour. Il me fallait deux pouces de plus pour les bras. Je ne rejoins jamais la dernière tablette. Il me fallait des oreilles moins sourdes, des paupières moins lourdes, des yeux plus verts, quelques neurones fous pour enjamber le mur. Pour le reste, ça va. Les mots sont trop petits pour la pointure de l’âme et les phrases trop courtes pour la grandeur du monde. Les manches refoulent sur l’habit des images. Il me manque des jours sur les calendriers, les chiffres des comptables, du pain pour les amis. J’ai perdu mes cheveux mais j’ai les idées larges. Pour le cœur, ça va. J’ai pris un peu du tien, la main tendue, celle qui donne ou qui caresse. Tu m’as appris les mots d’amour. Je m’en sers pour dire la révolte. Tu m’as laissé le temps, la confiance et l’espoir. Tu m’as laissé tes yeux pour voir l’invisible, la bonté sous les choses, la beauté d’une épine, la couleur des ombres. Tu m’as laissé ta soif et ta fontaine, ta tendresse et ta faim. Tu m’as appris les mots qui servent à marcher. Tu m’as donné la vie et tu m’offres ta mort pour en saisir le sens.

Jean-Marc La Frenière

extrait du recueil Un feu me hante, Éditions D'Art Le Sabord

Partager cet article
Repost0

La buée

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Elle ne pleurera pas. Pas tout de suite. Il lui faut encore rentrer le linge, le plier, préparer un semblant de repas, changer l'eau du chat, arroser les deux jacinthes qu'elle a achetées pour Noël. Le clocher sonne six fois dans le soir d'hiver qui tombe. Elle pense qu'elle aimerait l'entendre avec lui. Elle écrit le mot seule sur la buée des vitres. La buée pleure. Pas elle, pas tout de suite. Elle pleure tellement souvent maintenant, qu'elle sait différer. Elle ouvrira les vannes plus tard, ce soir, dans son lit. Juste avant de ne pas dormir.

 

Ile Eniger - Les mains frêles (à paraître)

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>