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Entre vivants et souvenirs et encore la haine

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Court la haine,
ce chien de guerre qui aboie
dans la bouche des canons,
qui explose dans le cœur des hommes
court, court,
entre vivants et souvenirs.

Il n'y a pas de petites proies,
je pense à un enfant de trois ans
une balle tirée dans la tête,
à ces millions de victimes du couteau
et de balles tirées dans le ventre
des femmes qui jonchent les terres
du Congo et d'ailleurs,
je pense aux deux fois assassinés
par l'horreur et le silence.  

Il n'y a pas de petits crimes
pas de petits morts,
je pense aux oubliés,
aux partis en fumée,
je pense à ce chien de guerre
qui hante les rues
de Marioupol et d'ailleurs,
aux violeurs et aux soldats qui jubilent,
je pense à ceux qui partent
et ceux qui survivront
la mémoire chargée d'ignominie.

Tous les crimes ont une même taille
c'est l'âme humaine qu'on assassine
c'est la vie qu'on entaille.

Je pense à ce chien de guerre
les crocs dans le sang,
Je pense à la haine qui chante
et à la conscience qui se tait.

jms 20/03/22

 

Publié dans JMS - A paraître

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Viens (lettre à Léo)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Allons viens
viens, j'ai des chips
un fond de bonheur et du coca
viens, pour toi j'ai des croquettes
viens mon chat
dehors il pleut de la guerre et de la douleur
viens, viens avant le grand éclair
viens, ma bête, mon fauve de salon
mon tigre à trois pattes
viens avant qu'ils ne nous lyophilisent
avant que le malheur ne traverse la rue
viens, j'ai de la caresse à donner
et si je t'avais dit "la vie quelle aventure !"
ne crains rien, je voyage en pantoufles
viens mon chat
loin de nous, laissons jouer les humains
viens mon petit sac à douceur
viens et ne crains rien pour aller à demain
je ne veux plus rien  savoir
ouvre ton moteur à ronrons
viens, j'ai fermé ma porte.

jms

Léo

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Et mon cri (Depuis ce texte de mars 2015 six millions de morts)

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Tu as pris mon cri
tu l’as, étripé, essoré, lavé
tu l’as noyé dans le silence
noyé dans ses larmes
tu as tourné la page
les talons

je n’étais qu’une image
dans l’annuaire des douleurs
7 secondes de compassion
pour un crime trop loin

et mon cri
mon cri est resté là étendu
à l’encoignure d’un œil humide
piétiné par des oreilles fermées

alors
je n’ai plus rien dit
alors
je n’ai plus parlé
plus pleuré

j’ai ramassé mon cri
je l’ai séché
je l’ai plié
et près d’elle
sous ton silence
j’ai creusé un trou
pour y enterrer
mes larmes
et mon cri

Au Congo
aucun cri orphelin
ne cherche plus d’oreilles

jms in "Et leurs enfants pareils aux miens"

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Je ferme ma gueule et je pleure

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parfois, un bruit plus grand que le silence effondre l'espérance
un cri me réveille, aussi immense que l'impuissance
aussi profond que la blessure.
 
L'encre est un mot qui saigne
comme l'agneau sous les coups du bourreau.
Est-ce le matin, la fin des jours ?
 
J’aimerais tant rêver
mais, parfois,
parfois,
mon désespoir est plus vaste  que ma colère
alors
je ferme le bruit
je ferme les yeux
je ferme ma gueule
et je pleure.
 
Le temps des hommes qui s'entre-tuent est revenu
comme reviennent mes poèmes de peu d'espoir.
Les jours à contre cœur
et les furies cognent, fracassent grand cœur.
 
Je prie comme les enfants qui agonisent
aboient des odes à la vie.
Je jure des mots à gueules de trépassés,
des injures crève chien,
des glapissements carnassiers d'éventreurs en goguette
et je me demande qui marche dans les sabots du diable.
 
Je viens de temps invraisemblables où l'on croyait à l'amour,
où Luther King avait un rêve,
mais, hier, j'ai vu des cigognes sauvages
rameuter les bébés pour les ramener d'où ils viennent.
Ils iront à l'envers des naissances,
là habite la mort,
là où s'enterrent l'avenir et l'espoir,
ici,
je me demande qui joue à vis ou crève.
 
Je viens d'un temps inimaginable
où, comme cartes à poker, l'on battait l'utopie
en ces jours où l'as de cœur toujours triomphait.
Mais, le jeu est mauvais, si mauvais
que le trèfle, le pique et le malheur se ressemblent.
 
J'aimerais renverser la table,
déchirer le ciel comme un lit qu'on ouvre
et au matin me réveiller pour dire que la vie est belle
mais je griffe des mots qui ressemblent au jour.
 
jms

 

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Le sais-Tu ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Où que j'aille, j'écrirai,
du Nord de mes inconstances au Sud de mes regrets,
de l'Est de mes désirs aux ailleurs du temps et de la mémoire.
Qu'y a-t-il plus loin que l'Ouest,
plus loin que le crépuscule des aimants ?
M'as-Tu connu ?
Et moi qui ne sais rien, je Te demanderai :
Dis-moi qui je suis
car je ne sais plus d'où je viens.

As-Tu un autre corps que celui qu'enferme ma question ?
As-tu une autre voix que celle de l'énigme ?
As-Tu une réponse à m'offrir ?
Je T'ai cherché partout, j'ai scruté le futur et le passé,
traversé le cristal, regardé en moi sans jamais Te trouver.
Je n'ai croisé que l'attente des enfants et la peur des vieillards.
Encore et encore, je Te demanderai :
Pourquoi n'es-Tu pas venu ?
 
Moi, l'athée qui tutoyais l'infini, traquant Dieu et la beauté,
de mes mains percées, comme un cœur oublié,
j'agripperai le vent, les heures et ma peur.
Dans le chevauchement des jours, j'irai,
sans savoir où, sans savoir quand.
Dans la traversée des diagonales,
je chercherai un nom qui aille à Ton pas.

Où que j'aille, moi, l'athée qui Te tutoyais,
je m'écrirai sur la page blanche de Tes silences,
je nous écrirai,
le sais-Tu ?

Je cherche une aile qui sache le lointain,
une branche sur l'arbre aux oiseaux,
une feuille, un rire, un regard
où suspendre cette musique qui parle de l'enfance.
Était-ce une comptine ?

Moi, l'athée qui tutoyais l'Impossible
sur l'aride chemin des consciences,
je cherche une route qui soit mienne,
une griffure de miroir qui nous assemble.

Peut-être me rencontrerai-je,
un soir, dans un bar à oubli,
ou une nuit, dans les fumigènes de l'espoir.

Écoute, écoute,
est-ce un bruit de guerre, un cri ?
Une frayeur ou des voix d’enfants ?
Le souffle d'une migration d'âmes ?
Le sais-Tu ?

Déjà, j'ai mal de froid
comme le corps des mots quand la vie s'en va,
quand le sens s'égare.

Demain je reviendrai,
le matin avant l'éveil de la ville,
je reviendrai dans le sommeil des savoirs.
Demain, des hommes, en restera-il ?
Le sais-tu ?
                   
Moi, l'athée qui tutoyait Dieu,
je reviendrai Te demander :
Dis-moi pourquoi je suis venu
moi qui partirai,
inconsolable,
sans avoir sauvé le monde.


JMS

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Un goût de déjà vu : Sixties-seventies - La vie en rose (1968)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le soleil brillait encore
dans la mémoire des lointains


C’était un temps étrange et sucré
où de curieux imprécateurs nous parlaient d’avenir


Dans le cœur d’un piaf
mourait la vie en rose
et les couleurs du jour


Là-bas au pays des hommes,
les mecs à idées vendaient un monde
dont ils avaient chassé les Dieux


Dans les printemps de Prague
on assassinait Marx
le Banana-consortium
fleurissait sur l’Amérique latine


Ailleurs dans les remous de la puissance
naissaient des ordres nouveaux
qui érigeaient des Marseillaise
à mal gammées d’idées noires


À  l’ombre des bombes à neutrons
les Présidents se rassuraient
Et moi, pauvre mec
aux devantures des drugstores


je m’interrogeais
sur la morphologie des parapluies à mégabombe
En ce temps là, des cris d’oiseaux
ciselaient des crépuscules suaves
Martin Luther rêvait encore


Au pays des hommes
les mecs à idées vendaient le monde
rêver n’était pas de  mise


Là-bas, ils fusillèrent nos rêves

C’était un temps étrange et sucré
les enfants du rêve perdu
cerclaient des A sur les murs de la Ville


Quand l’espoir n’est plus à la taille des désespoirs
il faut bien que quelqu’un le cri
e

Des Fuji-Yama d’inconscience nous berçaient  
des Himalaya de diplomatie-science nous bernaient


Des chants de larme déchiraient le silence
pendant que les orangs-outangs  
les bébés phoques ou Biafrais
et autres frères muets
dans un stade au Chili
ou dans ces camps en Sibérie
loin des canards*qui parlent  
laissaient leurs peaux et leurs idées  
Big Brother veillait


Les anges de la désillusion
poudraient les couleurs du jour
de rêves d’héroïne  


Dans le cœur d’un piaf
mourait la vie en rose


C’était un temps étrange et sucré
où de curieux imprécateurs
nous parlaient d’avenir


Et moi, et moi  
pauvre  mec, dans la jungle des marchands
ou autres péripathétiques chiens
qui vendent leur vie contre le droit de becqueter
j’étais ce chien errant et hors-la-loi
condamné pour divagation sur la voie publique
qu’on expatrie au paradis des chiens
pour avoir osé vivre sur une terre
qu’on lui a volée


Et moi, et moi pauvre mec
dans les jardins du Luxembourg
je cherchais le goût de l’automne


Le soleil brillait encore
dans la mémoire des lointains.


 * canards = journaux
In Cheval fou et De Pluie et d'étoiles (compilation) Éditions Chemins de Plume

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Merci Monsieur Albert Camus,

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

tombe-de-Camus.jpg

Cet homme a modifié ma vie. J’avais 20 ans. Il a modifié deux fois ma vie de manière irréversible.

D'abord par la lecture de "La chute ". Ce livre est resté ma cicatrice la plus douce depuis qu'il m’a pénétré d'une phrase récurrente qui s’impose à moi chaque fois que la question de faire ou de laisser faire se pose : "Les plongeons rentrés laissent parfois d'étranges courbatures". Cette phrase ressurgit des abîmes de ma mémoire et ses mots, comme un fer rouge sur ma conscience, dénoncent, guident, me rappellent que, quel que soit le naufrage et même si on l'ignore, le récif du remord à jamais restera là, entre le miroir et moi, entre ma nuit et mon sommeil.

Puis, la lecture de "Caligula " fut ma cicatrice la plus douloureuse. Elle m’a irrémédiablement appris que les hommes appartiennent à leur vécu, que la vie les forge, que la vie en fait des anges, des moutons ou des loups. On ne choisit pas toujours d’être assassin, la vie, ses blessures et ses cadeaux, font de nous les armes du malheur ou de l’amour.

Camus, mon frère, mon ancien, mon maître, celui qui parlait trop simple, trop humain pour que le gratin prétentieux de l’intelligentsia l’accepte en son sein, repose là dans ce petit coin du Luberon, à Lourmarin, en Provence, dans un pays de soleil et de Mistral, près d’une femme, son épouse.

Qui voudrait le kidnapper, lui offrir le lustre d’un monument pédant, le faste des fiers de la médaille !?

Qui voudrait commettre ce crime ?

De grâce, Monsieur, laissez mon frère, mon ancien, mon maître reposer dans ce coin tranquille de Provence, chez lui.

Laissez-le avec les cigales, lui sait que les cigales, aussi, sont d’ici.

 

  La-tombe-d-Albert-Camus-contraste-sur-madame.jpg

 

Anniversaire  de  la mort d'Albert Camus (4 janvier 1960)

Lettre à Albert Camus

Tu es parti sans partir
tu es mort sans mourir
ta voix est là
dans la ténèbre des vivants
elle éclaire le chemin

J’habite chez les gris
les orphelins de la conscience
dans la jachère des idées

Au côté de mes pères
tu es un essentiel

qui éclaire ma voie
 

Tu es parti hier
il y a longtemps
parti sans partir
sans emporter ton ombre
sans emporter ton cri
tu précèdes mon pas
tu enfantes mes mots

 

Je traverse le jour

Il est toujours hier

Je vais
dans un silence habité

tu es là
 

Il y a longtemps

tu n’es jamais parti.
 
JMS
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Ma lettre de Vœux à Mesdames et Messieurs les candidats à la Présidence de la République française et laïque

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Mesdames et Messieurs les candidats à la Présidence d'une France Laïque, je vous souhaite le succès nécessaire à votre réussite, qui ne sera une réussite pour tous que si vous aimez les Français plus grand que l'idée que vous faites de la France.
Faites de la laïcité un devoir républicain au-dessus des compromissions électoralistes et cessez enfin d'afficher de courtes promesses et ambitions électorales pour nous parler enfin de vos projets réels pour la France.

Je voterai pour celles ou ceux qui veulent aider la France à grandir et à soigner ses plaies.
Voter simplement utile, ou pire, voter contre quelqu'un, n'est pas ma priorité. Je ne veux pas voter pour un parti, mais pour le bien de tous les Français.
Mesdames et Messieurs les candidats, serez-vous de ceux qui privilégient un changement social juste ?
Êtes-vous celle ou celui qui exaucera les vœux du Peuple français ?
Êtes-vous celle ou celui qui changera la France parce que vous en comprenez les rouages et les dysfonctionnements ? Viendrez-vous pour défendre le blason d'une seule partie des Français ou nous expliquerez-vous votre projet réparateur pour une France unie ?

Moi, l'homme d'un certain âge qui depuis les années soixante a traversé tous les changements, je crois que pour rompre avec une crise structurelle, il faut rompre avec une organisation fiscale conçue dans les années quarante-cinq, période où la fiscalité se nourrissait d'un commerce et d'un artisanat florissants. Il est consternant de constater que bien que le PIB ait été croissant, seules la finance et les grandes fortunes en ont tiré profit alors que les salaires, et donc le pouvoir d'achat du monde du labeur, n'ont cessé de baisser et que la France d'en bas a été précarisée.
À qui donc profite le malheur des exclus ?
Êtes-vous Mesdames et Messieurs les candidats de celles ou ceux qui répondront à nos attentes ?

Petit historique du désenchantement
Dans les années soixante, l'arrivée des Grandes Surfaces et leur extension s'est faite sur un aveuglement politique encouragé par le fait qu'elles participaient largement au financement des partis et aussi par le manque de compréhension des enjeux sociaux de nos politiciens toutes tendances confondues.
Avoir les meilleures intentions du monde et la volonté de bien faire ne s'indexe malheureusement pas sur les compétences.
Si la Droite sait ce qu'elle veut : des profits pour la Finance, la Gauche ne fait aucune proposition qui soit en corrélation avec une rectification des mécanismes sociétaux et en accord avec nos attentes.
Et vous Mesdames et Messieurs les candidats, pour résoudre nos problèmes, quelles solutions proposez-vous pour un meilleur avenir pour tous ?

Problème 1 - Recherche des causes
Établi dans les années 1945 à une époque où le petit commerce, l'artisanat et le monde agricole étaient source de richesses et de bénéfices, l'impôt social fut logiquement indexé sur le nombre d'employés. Actuellement, les charges sociales du petit commerce, pour chaque employé, représentent près de 50 % du salaire (part patronale + salariale). Cette taxation sur salaires représente le plus souvent 10 à 30 % du chiffre d'affaires PME, alors qu'en grande surface, compte tenu du gigantisme de leur chiffre d'affaires, le poids de cette fiscalité sociale est dix à cent fois moins élevé !
Ce déséquilibre, devenu structurel, pénalise lourdement un petit commerce et un artisanat qui, ne l'oublions pas, génèrent en France la majeure partie de l'emploi. Cette iniquité permet de mieux comprendre et d'expliquer la disparition de millions de petits commerces, la désertification des centres-villes, l'augmentation du chômage, la précarisation, et aussi, dès les années 1970, l'augmentation de la délinquance.
Ceux qui pensent que cela est normal, ou que rien ne peut être changé, n’ont rien à faire en politique. De même, ceux qui veulent rafistoler un système inadapté en maintenant ce dysfonctionnement, devraient partir.
Quand Michel-Édouard Leclerc prétend créer 400 emplois, il omet de dire qu'il ferme des centaines de magasins, qu'il crée des milliers de chômeurs, et que les emplois qu'il crée bénéficient souvent d'exonérations de charges, et des aides de l'État.

Petit rappel : la crise que nous traversons est née de la rupture entre le capitalisme social paternaliste des années cinquante et celui de la dérégulation et de la captation des richesses globales après les années soixante, ainsi que de l'enterrement, par la Droite, du concept de concurrence déloyale.
La notion même d'interdiction des monopoles est oubliée ! En France, une vingtaine de centrales d'achats contrôlent et imposent leurs prix, mettent à genoux les artisans, paysans et petits industriels français, en leur demandant d'avoir des prix inférieurs à ceux pratiqués au Bangladesh ou en Chine, (pays qui n'ont pas de fiscalité sociale), ce qui est non seulement insupportable mais relève de l'abus de position et de monopole.
Une première mesure simple et juste serait que l'impôt social soit prélevé au prorata du chiffre d'affaires tous produits confondus. Ce qui aussi inclurait une répercussion de cette taxe sur les produits importés et, intégrée à la TVA, cela permettrait de ne pas pénaliser les exportations.
Mesdames et Messieurs les candidats, que proposez-vous ?

Problème 2
Concernant l'âge de la retraite, croyez-vous qu'il soit utile de le changer alors qu'il y a des millions de chômeurs et d'emplois à temps partiel subis faute de pouvoir obtenir un temps plein. En une période où les caisses des Grandes Surfaces sont de plus en plus gérées par des robots et où la place de l'humain est réduite par la mondialisation et la robotique, n'est-ce pas là une porte ouverte à la programmation d'un sous-emploi destiné à faire tomber les salaires ?
Quand des licenciements sont opérés seulement pour augmenter le profit des actionnaires, n'est-ce pas là une faute morale qui devrait être recadrée par la Loi ? La gestion financière des entreprises, avec l'aide de l'État et un encadrement de la Loi, ne pourrait-elle pas respecter la conscience et l'éthique ?

Problème 3
Acceptez-vous que certains industriels et groupes de la grande distribution faisant de larges profits, licencient leur personnel aux seules fins d'engraisser les salaires démesurés des dirigeants et les dividendes des actionnaires ?
Acceptez-vous qu'un travailleur ne puisse subvenir à ses besoins ou qu'il soit contraint de vivre dans la rue ou d'accepter un travail non rémunérateur à temps partiel pour truquer des statistiques ?
Mesdames et Messieurs les candidats, cautionnez-vous cette fraude aux statistiques ? Que proposez-vous qui soit équitable ?

Problème 4
Le trou de la Sécurité sociale ne vient-il pas en partie à cause du prix des médicaments qui varie de 1 à 60 selon les pays !
Autorisera-t-on encore longtemps que les laboratoires touchent des subventions et soient seuls maîtres des profits et des marges bénéficiaires qu'ils réalisent ?
Ne devrait-il pas y avoir des condamnations pour non-assistance à personne en danger quand quelqu'un meurt parce qu'il ne peut payer son médicament ?

Problème 5
L'industrie subventionnée et celle financée par l'actionnariat, ne devraient-elles pas avoir une déontologie contrôlée et régie par une Loi fixant la répartition des bénéfices, imposant la création de fonds de réserve prévoyant l'investissement et la reconversion ? Quand ferez-vous cesser la programmation des dépôts de bilan et les parachutes dorés après le pillage de l'entreprise ?

Problème 6
Mesdames et Messieurs les candidats, resterez-vous complices de la spéculation sur l'hébergement des malades d'Alzheimer, déficients physiques ou mentaux, et autres maladies dégénératives ?
Que ferez-vous pour éviter le suicide dû au désespoir des aidants devant leur impossibilité de payer chaque mois de 3 000 à 4 000 euros pour un EHPAD ?
Que ferez-vous pour résoudre cette tragédie ?

Problème 7
L'éducation LAÏQUE, seule peut élever la condition de l'Humain et éviter la barbarie. L'école ne doit pas faire d'impasse. L'enseignement de l'Histoire doit, sans censures, replacer l'événement dans son contexte et dans son époque, à moins que la République se prépare à enseigner que la terre est plate !

Problème 8
L'acceptation de la laïcité ne devrait-elle pas faire partie de l'accueil des migrants ? Qu'en pensez-vous ?

Problème 9
Refuserez-vous de léguer aux enfants des futurs millénaires une pollution radioactive générée par l'énergie atomique pour satisfaire des besoins à court terme dont les dangers et les coûts sont sous-estimés ? Risques : prix des EPR sans cesse multiplié – Prix des démantèlements non anticipés – Risques d'attentats, inondations, tremblements de terre et erreurs humaines ?
Continuerez-vous à enfouir les déchets radioactifs qui empoisonnent la Terre de façon définitive, ou choisirez-vous enfin que les milliards finançant le nucléaire soient investis dans le développement des énergies renouvelables ?

Problème 10
Doit-on oublier que la justice n'existe que quand elle est la même pour tous et les sanctions proportionnelles. Quand un vol à l'étalage est puni de prison alors que le détournement, (paradis fiscal ou pas), bénéficie d'égards scandaleux, n'y a-t-il pas compromission et délit de justice ?
Que ferez-vous pour mettre fin à une justice à deux vitesses ?

Mesdames et Messieurs les candidats, êtes-vous prêts à devenir des élus de la République préparés à une réparation et à une ré-humanisation d'une France Laïque, ou vous battez-vous seulement pour un titre de président de la République qui s'inscrirait dans le cadre d'une confrontation Droite-Gauche en ignorant le sort des Français ?

Très cordialement, je vous présente mes Meilleurs Vœux pour France.
Jean-Michel Sananès

 

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Mes voeux 2022

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Le lamento de la vieille étoile

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je me souviens du monde d’avant le silence des cœurs, d’avant le large silence. Je me souviens du temps où seuls existaient les continents de la pensée. Quand le magma des énergies immobiles contemplait les nuances et les frissons irisés du néant, quand le rêve inventait le bleu. Quand le Tout méditait, ciselait le prisme de la conscience. Quand n’existait que la musique du Cœur, bien avant que l’on écartèle le vide, bien avant que l’on en extirpe l’eau, le vent et les premiers songes, bien avant que les plus mauvais ne fussent nommés cauchemars et que les plus beaux soient appelés rêves.

C’était bien avant l’envie, avant l’avidité, le pouvoir et la peur. Je me souviens, au creux de mon enfance, il fut un temps où Dieu n’habitait pas encore les buissons ardents. Il ne se cachait pas.
C’était au commencement, au temps où les dieux créèrent le vent et le posèrent sur mes épaules, je n’étais pas encore stone mais j’étais déjà ivre, ivre du plaisir de vivre au calme dans la largeur du temps. J’étais déjà casanière et bien trop paresseuse pour faire ma route. Le serpent dormait. Comme moi, il buvait la douceur des jours. Sous des soleils de plomb, nous portions l’ombre. Libre de toute ambition, insensible au désir, indifférent à la futilité des pommes, le silex dormait parmi les canyons et les plaines. Il n’armait pas encore les flèches. La lune souriante se croyait intouchable. La pomme et le serpent n’avaient pas jeté leurs sortilèges.
Un jour, pourtant, ils le firent et, l’univers changea. L’eau porta mes larmes, l’oiseau habita le ciel, les cartes du destin brandirent leurs piques, il me fallut faire ma route, m’extraire de mon milieu naturel. Certains parlèrent de l’évolution des choses, d’autres dirent qu’il me fallait faire carrière : c’était l’âge de pierre.
Moi qui me croyais de roc, moi qui étais brute, on me préféra polie, on me préféra de marbre et d’albâtre, on me sélectionna : les fils de la pomme me domptèrent, me façonnèrent à leur image. L’Assyrien incrusta sa forme sur ma peau, y grava des profils, des roseaux, des chevaux, une panthère blessée. On mit à bas mes hauts reliefs, on me fit bas-relief. On me fit murs et palais, l’Égyptien me fit pyramide, l’intellectuel me tatoua ses hiéroglyphes, l’amoureux ses cœurs et ses flèches. Quand je chantais j’étais rolling stone, plus rock, plus roll que stone.

Je ne chante plus.
Plus rien ne va, ici-bas. Au coup du burin, chaque caillou saigne sa poussière, j'ai perdu mon moral de béton, je faiblis, j’essuie les plâtres. Je ne suis plus la pierre angulaire où l’on appuie le vent, le socle de l’univers où le ciel se pose. Je suis l’arène du monde. Plus rien ne va.
Ainsi, moi qui fus montagne, je suis devenue caillou, dalle, fronton, colonne, parfois même trottoir. Ils m’utilisent, m’asservissent, me bitument, me broient, me pressent, me stressent, me compriment, me dépriment.
Il fut un temps où l’on m’appelait Terre, roc, planète, univers…
Mais… rien n’est joué, je me révolte. Je suis le pavé dans la mare, la colère des dieux. Mes larmes de pierre sont des laves chaudes, des magmas en révolte qui attendent leur heure. Mes larmes froides sont des tsunamis en furie, mes coups de gueule des volcans, mes frissons des tremblements de terre.
Dans ce monde fait de briques et de broc, je ne tourne plus rond. J’ai envie de faire le mur, de courir les étoiles…
Restons terre à terre, ce n’est pas pour demain. Mais… déjà mes grains galets descendent la montagne.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Éditions Chemins de Plume - 12 Euros

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