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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Articles avec #cheval fou

Fête des mères 1980

29 Mai 2016, 17:46pm

Publié par Cheval fou (Sananes)

Voyageur des mémoires

Quand les arbres retournent à l’automne
et que tes yeux se teintent de pluie

Quand le seuil des tristesses
est jonché de mots morts
et de souvenirs d’hier

Quand le voyage des ivresses
te mène au sud de ta conscience
dans le jardin barbelé des mémoires
là où les oiseaux idées
ont agrafé leur cavale
sur les murs du temps

Quand au détour d’un soupir
une certaine douceur
te blesse et t’étonne

Quand les oiseaux mémoires
brisent la cage des oublis
pour s’appeler souvenirs

Quand les claviers de l’infini
résonnent de mélos à remonter le temps
de mélos à changer de corps et de décor
à changer de rivage et de visage


Quand tu redeviens enfant
et que tu la revois
qui met des sourires dans ta soupe
qui brode sur tes mouchoirs
la couleur de ses espoirs

Quand tu te revois  
peignant sur tes cahiers
la couleur des regrets

Quand elle est là près de toi
dans ce pays où un clown meurt
chaque jour
là où les cris d’enfants sont clameur

Et même si tu es ce clown
et même si tu n’es plus enfant
n’aie pas peur de l’appeler

MAMAN !

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Lettre à Pablo Neruda

23 Mai 2013, 07:53am

Publié par Cheval fou (Sananes)

Lettre à Pablo Neruda

 

Nous,

Nous n’avions que des mots d’oiseaux,

les larmes de nos enfants

et une tendresse pudique

à opposer au vent, au froid et à l’acier.

 

Eux,

se croyaient mandatés

pour perpétuer les pogroms de l’Eglise ancienne,

pour boire le sang de nos femmes

et voir pourrir nos corps.

 

Nous,

une étoile tatouée sur le cœur,

 

nous n’avions

que des prières d’oiseaux,

et nos mains nues,

à opposer aux bourreaux,

 

que nos rêves de justice

à opposer au cauchemar.

 

Je pense à toi Néruda

 

et avec toi je dis :

je ne veux pas qu’ils nous tendent

leurs mains humides de notre sang.

 

Je pleure sur l’Afrique et la Négritude,

sur l’Orient, l’Asie et l’Indien.

 

Je pense aux tiens Pablo

et à tous

qui n’avaient que des mots d’oiseaux

à opposer à la barbarie.

 

Pour les tiens, pour les miens

et ceux qui ont souffert

 

Pour ceux qui ne reconnaissent rien

ni du mal, ni des larmes 

 

Comme toi, Frère d’ailleurs,

je demande un châtiment.

JMS

 

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Cris de vie

11 Décembre 2011, 09:16am

Publié par Cheval fou (Sananès)

Écoute, écoute ce tam-tam sous ma peau
non, ce n’est pas la plainte du vent
qui se déchire sur les arbres

Écoute, écoute, ces cris dans mon sang
n’est-ce que le tic-tac d’un coeur
ou le compte à rebours du temps ?

Écoute cette musique de l’intérieur
qui minute ma vie

Regarde, regarde entre mes doigts
ne vois-tu pas le temps qui glisse ?

Regarde, regarde au fond de mes yeux
ne vois-tu pas ma vie qui passe ?

JMS - In "Cheval fou - D'amour et de colère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Mon oiseau

20 Novembre 2009, 20:42pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

 Je n’étais rien

Et ils m’ont appelé "oiseau"

 

J’ai été moineau

Et ils m’ont apprivoisé

 

Autour de mes rêves

ils ont mis leurs idées.

Avec les morceaux de ma liberté cassée,

une cage,

ils ont dressé.

 

Et toi ?

Toi, petite,

tu n’étais rien,

Ils t’ont appelée "fille",

Ils t’ont donné une couleur et des mots

pour balafrer l’incognito

 

Le mot est un traître

qui dénonce la chose et le geste

pour l’assujettir à leurs fantasmes

quand ils manient l’impératif.

Et comme ils m’ont coupé les ailes,

ma fille,

si tu n’y prends pas garde,

ils te donneront des idées barbelées

de tabous, de devoirs et d’horaires

 

Peut-être te rappelleras-tu alors

le temps où tu n’étais rien

et où tu aimais tout le monde.

JMS - In "Cheval fou - D'amour et de colère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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IL

30 Octobre 2009, 21:25pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

 Il soulevait les rides du temps

pour parler aux nuages,

celui qui faisait sourire les oiseaux

mais prenait des plumes aux mésanges

 

Il voyait en l'écume

le frisson des vagues,

celui qui sentait dans leurs soubresauts

le tempo de ton cœur

 

Il prenait tes soupirs

pour la tendresse des anges,

celui qui t'appelait aux vents venus

pour que ses mots aillent plus loin que la nuit

 

Il égrenait tes silences

pour oublier toujours à jamais,

celui qui donnait aux vents

la poussière de ses rêves

le jeune homme que j'étais.

JMS - In "Cheval fou - D'amour et de colère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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La colombe

24 Août 2009, 20:30pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Si je cherche encore le rire
aux yeux des bébés
et la joie
aux jeux des adolescents
et le rêve
aux creux des matins
et la paix
à l'aurore des devenirs
et l'amour
aux yeux des visages


Je ne suis pas d'un autre âge

Si je ne suis plus qu'un oiseau blessé
au loin des chemins de certitude
ne sachant se taire
dans des déserts de solitude


Ne coupez pas mes ailes

Et même si je ne bois pas à vos idées
Et même si ma route solitaire
va vers des millions de nulle part
aux crépuscules blafards

 

Même si l'on m'appelle colombe


Chiens gardiens d'idées
ne brisez pas mes ailes
rendez l'amour
aux amitiés disloquées
ouvrez la cage aux principes
libérez la tolérance


Et comme dans le premier matin du monde
je renaîtrai de l'espérance.

 

 

 

JMS - In "Cheval fou - D'amour et de colère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Lettre à mon fils

23 Juillet 2009, 18:36pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

 

Pour toi

un jour ou maintenant

j'aurais voulu être

 

Grand raccommodeur de nuages

afin que la pluie ne mouille ton pas

 

Grand semeur d'or

afin que la moisson brode ton chemin

 

Grand artisan du rire

afin d'ensoleiller ta route de cascades

 

Grand faiseur de rêves

pour en fleurir ta vie

 

Grand marieur de mots

pour te conter le bonheur

 

Grand dentelier au fil du temps

pour te tisser un bonheur

 

Grand bâtisseur de certitudes

afin que tu saches

que tout cela

un jour et maintenant

d’hier à demain

et pour  toujours

en toi

fleurit déjà.

Jean-Michel Sananès, in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

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Un fils du vent à sa fille

2 Juillet 2009, 08:29am

Publié par Cheval fou (Sananès)

L'homme cousu de vent et de nuages

celui qui voulait courir les Alizés

celui qui n'ira pas où va le vent,

l'homme qui cachait ses rêves sous tes sourires,

l'homme qui posait son cœur sur tes soupirs,

celui qui voulait te cueillir des étoiles et du lilas,

à la moisson ne trouva que toi

pour parler de rêves à faire fleurir.

 

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

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Le Silence

28 Mai 2009, 20:55pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Au fond des silences
sont d'étranges vérités

Vérités nappées de glace
comme les grands espaces

Habits du temps qui passe
morceaux de temps
figé pour dix éternités
 
LE SILENCE
cette autre face du cri
cette étrange parole venue
de l'autre coté du mot
 
LE SILENCE
ce mot mort assassiné
dans un sommeil
au coin d'un soleil
cette mauvaise conscience
du non-dit
cette parole perdue
ce mot trop fatigué pour vivre
cet absolu infini
qui enveloppe les solitudes
cette effroyable certitude
ce grand livre
qu'il aurait fallu écrire
 
Laissez passer les silences
ces témoins muets
du temps qui passe
des mots qu'il aurait fallu dire.

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

 

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La dérive des bonheurs

8 Février 2009, 11:46am

Publié par Cheval fou (Sananès)

Tu as laissé

 

ton nounours,
ta peau de bébé
ton avion
et ton cœur d’enfant

 

pour de l’encre bleue
et une plume
à fixer le savoir



Tu as troqué

 

ton impatience,
ta mémoire crédule
tes sourires lisses
et tous tes rêves à forger
pour un banc d’école


Là, tu as demandé

 

l’espérance et des certitudes,


Tu as demandé

 

la beauté
le chemin droit des vérités
et tu n’as rien appris des choses de la vie


Tu as jeté

 

l’encrier
l’encre bleue
le papier
les rêves â forger
ton cœur d’écolier
Tu as pris ta besace
ton grand cœur de vingt ans
ton âme de musicien
tes rêves de justice


Tu es allé chez les marchands de rêves

 

Là, tu as demandé :
"le Bonheur"

Le petit homme a rigolé
et le gros aussi :

 

Pourquoi pas du bonheur et du pain,
des amours et du rêve
!

 

Enfant déraisonnable,
pourquoi ne pas demander la lune
les étoiles ou le ciel
?


Tu as repris ta besace
ton grand cœur de vingt ans
ton âme de musicien
tes rêves de justice

 

Il n’y a rien dans ta besace
rien pour ton cœur grand ouvert
rien pour tes chants d’amour
rien pour tes rêves d’égalité

Te voilà seul et bredouille
Nul
n’engrange plus de rêves d’absolu


Maintenant tu sais
tu sais la vérité :

 

 

Le bonheur,
le pain
le rêve et les amours
ne sont pas à portée de tous

 

 

Qui voudrait embrasser le monde
serrer dans des bras fraternels
les enfants de Bangkok, de Nairobi
ou d’ailleurs
Qui voudrait serrer dans des bras fraternels
les ouvriers de Lahore, du Bangladesh
ou d’ailleurs
Qui voudrait embrasser les déshérités
de Paris, d’ici
ou d’ailleurs
ne pourrait

sans laisser sa conscience
 sans pleurer ou hurler
croire que le Bonheur est d’ici

 

Nul
contre l’inacceptable routinier
ne saurait que toute révolte rentrée
est trahison.

Il n’est ici-bas
que des bonheurs partiels

De par le monde
les hommes vivent et ne sont pas heureux

Seuls, certains plaisirs se croient bonheur
La vérité a vocation anarchiste
La vérité est rêve de mutants.

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

 

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