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Jean-Marc La Frenière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Peut-être

Peut-être que le sable sortira des vitres et servira de plage.
Peut-être que la mer s’échappera des colliers.
Peut-être que le vent remplacera le pétrole.
Peut-être que les chevaux henniront dans les bottes pour retrouver l’avoine.
Peut-être que la ligne d’horizon libérera les collines et les jettera au vent.
Peut-être que le baiser des abeilles redonnera du miel aux ruches désertées.
Peut-être que le temps s’enfuira des horaires pour rejoindre le rêve.
Peut-être que les enfants oublieront la règle de trois, la guerre de Troyes
et les trois petits cochons pour dessiner le ciel.
Peut-être que les hommes sortiront des usines, des banques et des églises
pour retrouver la source.
Peut-être que les fillettes d’Afrique pourront jouer à la corde sans sauter sur une mine.
Peut-être que les crayons de couleur remplaceront les seringues aux mains du
désespoir.
Peut-être que les trains s’envoleront des rails en convois de pollen.
Peut-être que les chiffres feront la courte échelle aux alphabets rebelles.
Peut-être que les balles ne viendront plus crever les ballons des enfants
et que les cerfs-volants remplaceront les missiles.
Peut-être que les aveugles enseigneront aux autres à voir avec les mains.
Peut-être que les mains serviront aux caresses et qu’on pourra s’aimer
sans compter la monnaie.
Peut-être que l’amour réchauffera la terre et les nuages qui ont froid.

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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La mort sera plus douce

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

À cris retroussés

il explore l’oubli et la mort

 

ll est ailleurs du monde

ailleurs du bonheur

 

Vivre en marge est un exil

 

Là-bas, en rêve arraché,

il traverse la désillusion d’être

Il est l’homme détroussé du désir

 

Il n’est plus lui

Il est

celui qu’il ne voulait pas être

 

Père,

si tu me voyais,

moi,

qui marche à côté de ma vie

en royaume survie

 

Père,

si tu me voyais,

moi,

qui porte cette honte

 

Père,

ne pleure pas

 

Je n’ai pas été qui tu voulais

La vie m’a trahi

 

Je marche en oubli désir

Un coup de rouge, un coup de blues,

La mort sera plus douce

 

In "À l'ombre des réverbères"

Éditions Chemins de plume (2004)

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La photo retrouvée

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Passager d'un regard

à l'arrêt

sur une image en papier glacé

je te regarde

indélébile fantôme

toi

en noir et blanc

ta silhouette reste là, figée.

 

L'image est un muet qui hurle.

 

L'instant n'arrête pas le cri.

 

Passager de l'instant

je te regarde

posé sur ce coin de rue

où tu tends la main.

 

Tu es parti

et le silence

est venu, qui a noyé l'absence.

 

Ta douleur de vivre a-t-elle disparu ?

Si longtemps que ton envie d'être

et de vouloir être s'était tarie…

 

Cette déchirure de désespérance

ton cri

ce silence où sont-ils dans l'agitation du jour ?

 

Photo prise il y a une quinzaine d'années lors de l'écriture d'un recueil "À l'ombre des réverbères", sur l'exclusion des SDF. À Nice, à cette époque la misère ne se montrait pas, en plein été, la mairie de la ville les kidnappait pour les abandonner sur une colline à une quinzaine de kilomètres de leur lieu de vie !

Bien que les photos aient été prises avec le consentement de chacun des acteurs de mes textes, il m'a semblé que la douleur d'être un habitant de coin de rue et d'abris en carton n'est en rien un spectacle, et je les ai, pour la publication de ce livre, remplacées par des dessins.

En quinze ans, le temps a passé, a grignoté la vie, nombre de ces SDF ont déjà disparu. Je les croyais en partance pour cette autre nuit où partent mes mémoires et voici qu'hier, au hasard d'une liasse de photos retrouvées, tous sont revenus là, à encore fouetter ma mémoire avec leurs regards pareils à des mains en attente d'autres mains, avec leurs  mots et leurs yeux si tristes où se noient un flot de vague à l'âme, des regrets et des frayeurs.  

Comme une épine, la requête inquiète de cet homme reste là : "Ne me dénoncez pas, ne me faites pas de mal". Trop à la marge du pays des hommes, à genoux aux portes de l'opulence, son droit de vivre ne lui semblait pas entièrement légitime.

Cette rencontre, comme celles d'autres passagers de ce recueil, réveille une douleur qui me percute quand je revois ces images.

JMS

 

 

 

Publié dans Textes de JMS

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J'ai si mal de toi que je sais et ne connais pas

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Je regarde ces enfants

une fente ouvre mon regard d'une envie de pluie

j'aimerais tant en prendre un dans mes bras

le serrer et lui dire viens chez moi

viens, j'ai plus que de la tendresse à t'offrir

j'ai du pain, un coin de cœur, un coin de chambre

un lit et des livres à t'ouvrir

 

Un flot d'amour,

comme un papillon

épinglé sur un bouchon

harponne le papier

 

Mais ton image déjà s'oublie

une autre arrive

la vie te zappe

et je reste là

une blessure informe

une morsure

agrippée à ma conscience

j'ai mal de toi

toi pareil à mes enfants

toi si loin

que je sais

et ne connais pas

 

jms

 

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Sous des tas de papier

Publié le par la freniere

Cet article est reposté depuis LaFreniere&poesie.

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Dix jours ici, quand l'ailleurs agite le présent

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

C'est cet ami qu'un cancer foudroie, une femme et un avenir qui perd son sens. C'est  l'inguérissable planté en soi et cet œil qui perd la lumière, c'est une petite chatte qui mesure les frontières de son espace-temps, c'est cet ami en route pour des mondes parallèles qui ne reconnait plus l'épouse accidentée, c'est ce devenu veuf qui peuple de mots un cahier de solitude, c'est un cri qui passe et l'orage de l'inexorable sur des épaules trop petites.

C'est se retrouver au matin et encore avancer sans plus vraiment vouloir sauver le monde, c'est accepter de continuer d'avoir pour toute béquille un moignon de rêve et se contenter de ne donner qu'un peu de soi à ceux qu'on aime. C'est au matin attendre l'heure des croquettes avec un petit trois pattes qui regarde la vie et se demande s'il est vraiment raisonnable de croire encore en demain quand dehors la coupe du monde jonche les rues et le soleil s'émiette comme une pluie d'été.

jms

 

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Nice 14 juillet deux ans déjà

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Une page et quelques mots tirés de "Nissa-Nice, voyage côté rêves", recueil de poèmes, illustré en complicité avec mon ami, l'immense peintre magicien Slobodan tout droit venu d'un pays d'étoiles et de rêves pour que l'encre myosotis des peintres et des poètes, se pose sans haine sur ce jour de juillet où les étoiles on tant pleuré - (le recueil est disponible à l'atelier Slobodan, 2 rue de la Poissonnerie à Nice et aux Éditions Chemins de Plume.)

Pour consulter l'article, cliquer sur le lien ci-dessous :

http://www.editionscheminsdeplume.com/tag/slobodan/

Kiosque du Jardin Albert 1er (les ex-voto)

Kiosque du Jardin Albert 1er (les ex-voto)

À Nice
la musique a une odeur myosotis
parfois rouge
parfois noire
les anges ont quitté leur baie
les anges ont migré
ici et partout
ils donnent aux misères d'hier
du cœur
et jettent l'amour
sur les soleils de demain

Autour du kiosque
la musique a une odeur de myosotis

Voyageur
à Nice
l'amour refuse le naufrage
à Nice
le ciel a la couleur des cœurs

JMS
in Nissa-Nice, voyage côté rêve
aux Éditions Chemin de plume (frais de port offerts)

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Bruno Odile est parti

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Bruno Odile est parti, plus loin que "l’intériorité de la foudre qui l’accablait". Il est parti, mais ce qu'il a été reste dans l'intégralité de sa langue car Bruno avait une écriture, la sienne : inimitable. Elle s'abreuvait au langage  sur-humain, je veux dire qu'aucun de ses mots, aucune de ses phrases, ne venait du verbiage coutumier des hommes, son encre portait un cri puisé dans un subconscient d'humanité pétri d'espérance, de refus de résignation, pour n'être qu'à hauteur d'âme, dans l'immatérialité d'un ressenti aussi puissant qu'éblouissant.

Pourtant, Bruno n'est pas parti, lisez ses mots, son cri est l'absolue poésie, chacune de ses phrases est un joyau ; visitez et revisitez ses écrits, rendez vous sur son site "La colline aux cigales".

Voici quelques mots glanés au hasard de ses textes :

 

"Nos ventres collent au ciel et l’étoile que nous occupions a rendu l’âme de l’autre côté de l’univers. La terre se souvient de la consolation qu’elle a tenue dans son calice. Il nous faudra encore mille ans pour bouturer de la lumière sur le fin fond de la solitude. Nous n’avons rien appris qui ne soit une défaite sans harnais. Nous sommes le fouet de la brume et nous incarnons l’imperceptible mouvement d’une poésie incrustée sur les parois du miroir."

 

Bruno a aujourd'hui déposé sa robe de douleur, il a épousé son habit de lumière,

il est avec nous, lisez-le, et si la tristesse est là, c'est parce que la coquille vide des apparences nous cache la vision de l'essentiel, car oui, Bruno est là.

JMS

 

***

Rappel du texte publié par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès) le 14 mai 2018 :

Parmi les 5 à 10 auteurs du net dont j'admire la hauteur de pensée et l'expression poétique, Bruno Odile est celui dont la lucidité et les  fulgurances m'émeuvent toujours au plus haut point. Tout en lui est courage, promesses ou espérance. Il est le samouraï de l'espoir qui, depuis que je le lis, transcende ses drames pour que son écriture soit un chef d’œuvre.

Je vous livre ses quelques lignes et vous invite à visiter son blog. Vous y rendre c'est affronter la beauté démesurée du cri de l'homme :

 

"Je ne cherche plus l’orage au bout des chemins sombres. Hier déjà, heurté contre l’ombre de moi-même, j’envisageais de me défaire des lassos de l’obscurité où s’exilent les piqûres du jour. A présent, je veille aux creux de mes mains et sur le bord de mes lèvres, je flotte en dehors des espaces abandonnés. Il n’y a plus de terre en ces lieux inoccupés, il n’y a plus de morsures pour que saigne l’horizon. Les frontières d’hémoglobine ont rejoint le silence léger poursuivant leurs courses après la forge. Le fer longtemps travaillé s’épuise dans la matière rougie avant de prendre forme. Dans une taille acerbe, la serpe coupante a brûlé le foin. Où pourrai-je aller ? Perdu à l’épicentre de mon progrès, je grappille sous mon épiderme le souffle de la buse et la vigueur du renard. Il me faudra mûrir dans l’ombre de moi-même, dans l’intériorité de la foudre qui m’accable.".

Tout est dit ! Et mon admiration se fait cri et épousailles de douleurs et d'espoirs au profond de moi.


Jean-Michel Sananès

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J'ai peur

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'ai des silences irascibles où les non dits rongent l’espace
J'ai des sommeils qui parlent et une mémoire qui pleure
J'ai des amis au parking de l’oubli
D'autres jamais partis et pour toujours perdus
J'ai des mots en prison qui veulent se faire la belle
des espoirs qui font le mur
des rides des rires des larmes, que je ne veux pas répudier
J'ai le doute posé sur la jachère des certitudes
des lendemains cerclés par la parenthèse des jours
des hiers inachevés en pays volé
l'espoir et la nostalgie à jamais mêlés
J'ai peur des certitudes aveuglantes

qui parfois ont fermé le chemin des vérités que je cherchais
J'ai peur de partir sans avoir fait ce que j'étais venu faire
peur de n'être qu'une pâle copie de qui je voulais être
peur que mon cri soit impuissant
peur de ne pas savoir assez aimer
J'ai peur que la musique s’arrête.

jms

Publié dans Textes de JMS

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"Sucre Amer - 1968" Une Révolution en chansons et musiques

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Réponse à ceux qui n'ont pas pu venir

à la présentation du livre et m'ont écrit.

 

Le Livre est disponible à Nice dans les librairies suivantes :

La Sorbonne, Les Journées Suspendues, Librairie Papeterie Joseph Garnier, Les Mots du Monde, Presse du boulevard (Saint Roch), et à Masséna Antibes.

Ou peut être commandé aux Éditions Chemins de Plume (via le bouton de sélection sous l'article du livre - Règlement par Paypal ou carte bancaire), sans frais de port.

 

Publié dans Informations

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