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textes de jms

Lettre à ma petite-fille

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y a de la panique dans ma boîte à rêve
la souris grise s´est évadée
envolée avec mes rêves

As-tu vu passer une souris grise
une souris rouge une souris bleue ?

Quand j´ai ouvert la boîte à rêves
toutes sont parties
l´une criait ton nom
l´autre cherchait ton chemin
l´autre tournait en rond

Dans ses menottes roses
elle tenait un parchemin
une carte du destin

Il y avait inscrit un nom
auprès du mot amour
et j´y ai lu ton nom.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Pierrot n´y peut rien

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Se créa la vie
le vent, l'espace, la terre, le silence
le matin, le jour, la nuit, l´infini
et la forme cosmique du sourire
Lundi

Se créa la pomme, le miel, les animaux, le ciel
les premières couleurs de la tendresse
le pouvoir de marcher, l´envie de pleurer
le chant des étoiles, le rire, et l´aimer
Mardi

Se créa l´heure venue, le sens, le bon, le mauvais
des fragments de conscience
des montagnes d´indifférence
Mercredi

Se créa la créature, le pouvoir d´aller plus loin
l´avidité comme un manteau à sa taille
elle s´appela homme
il alla trop loin
Jeudi

Se créa la colère
la peste des virus, et des trous noirs
Vendredi

Se créa le chagrin, et l´eau pour s´y noyer
Samedi

Quand se créa le remords
la lune se pendit à un rayon
Dimanche

Pierrot n´y peut rien
Si l´encre est un peu triste.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Écoute

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Écoute la nuit qui se froisse.

Les continents perdus effacent leur route.

Enfant je parcourais le rire

j’avais un vaisseau fantôme

la carte du ciel et des mondes engloutis

je craignais les dessins de l’ombre

je pactisais avec l'ange et le démon

j’aimais les soleils froids et les matins d’avril

Écoute,

la nuit monte de de vieilles étoiles

le ciel grince comme une solitude endeuillée

j’habite la lisière, je trace des frontières

j'ai soir

j'ai gris

je traîne comme une vieille torpeur

j’ai  mal au sud

j’ai mal à l’est et au cœur

Main gauche, ligne du destin

La carte était froissée

Main droite

le vent ne fait que passer

Perdu l’oasis du rire

le jour est venu et je me suis perdu.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Amérique

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Amérique Amérique
Amérique, je n'oublie rien
de l'hiver des indiens
Amérique Amérique
Amérique je n'oublie rien
du coton des larmes
je n'oublie rien
de ceux qui tuèrent les Kennedy
Encore j'entends Luther

Amérique Amérique
avec toi
un jour de 1944 Paris dansa

Amérique Amérique
ce jour de 2008
le monde  chante avec toi

Amérique Amérique
Aujourd'hui j'ai pris une leçon d'espoir
un jour je veux croire
nous serons plus frère que frère.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Comme un oiseau

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Photo A. Richard

Comme un oiseau qui regarde la mer
Les pieds posés sur le silence d'une rive
Les rêves plus grands que l'horizon
Au seuil d'un pourquoi
J'ai arrêté le monde
Rien n'est plus grand que la question.
JMS

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Plus frère que frère

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Nous n´avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n´avons pas bu le même lait
Nous n´avons pas bu la même eau
Nous n´avons pas partagé les mêmes minutes

Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Je te donne mes douleurs de terre et de sang
Et cet amour qui va d´Est en Ouest

T´appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne
Je te donne mes douleurs
Et la médiane de mes rêves
Les millénaires ne comptent pas

Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Nous avons tous eu la même mère
Celle qui porte le vent et les nuages
Nous sommes plus frère que frère
Nous avons vu les mêmes étoiles

T´appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne
La mémoire est remplie du chagrin des hommes
Nous entendons gémir la terre
Tous nous traversons les nuits du vent

Nous n´avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n´avons pas bu le même lait
Nos veines saigneront du sang et les douleurs du vent

Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Et cet amour qui va d´Est en Ouest
Afin qu´Hommes nous soyons
Hommes plus frère que frère
Sur cet arpent de vie qui longe les millénaires.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

 

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Québec, 5 heures

Publié le par Cheval fou (Sananès)

5 heures dans ma mémoire
et toi
et ce bateau qui t’avale et cette misère qui t’exporte
et ce mouchoir qu’on agite
5 heures et cette femme ancrée au désespoir
c’est une veuve en blanc
qui reste clouée à un nuage de larmes
et toi
qui enterres l’eau sous des sourires froissés
en bas ce quai qui ploie sous la frayeur des lendemains
ces mots et ce vieux cahier que tu emportes
et l’improbable promesse que tu graves
je reviendrais, disais-tu

Un siècle et 5 heures sont passés, j’ai la mémoire alevine
ici le temps est une rivière que le saumon remonte
toi tu frémis dans ce vieux cahier
linceul de papier où périssent d’improbables promesses
des pages arrachées, lettres jamais arrivées, jamais parties

Québec, j’écoute bouillir le silence des loups
tu vibres et hurles entre mes dents
je suis de toi, l’Ancien
empli de ces mots de tempête et de vent
venus de l’Est des mémoires
je te lis dans le français du verbe aimer
je te lis sur les pages d’un livre jamais refermé
tu es le mot qui coule dans mes veines
le naufrage jamais consommé
je suis la veuve en blanc sur la route des larmes
le bateau qui ne fermera jamais l’exil

La mer océane t’a mangé
pour que naisse un ailleurs plus grand que nos rêves
un printemps au Québec

Pour moi il est toujours 5 heures.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
 

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La nuit du serpent

Publié le par Cheval fou (Sananès)

La nuit du serpent s’étire entre des arbres secs
il n’est pas d’heure et l’aurore n’en finit pas de s’éteindre

Rien de nouveau, j’ai découpé le ciel
il fait mort dans les lointains d’Angola
il fait mort quand les milices courent

Les anges ne pleurent plus

J’irai hurler dans les nuits du Darfour
ce soir je veux vomir du dollar
casser des étoiles et tuer des lunes hilares
Paris caresse des compassions passives et des messes latines

J’ai vu le profil des étoiles, les arrières salles et la bière qui coule 
le serpent chevauche l’inutile du rire et des rizières sans enfants
le sable est un linceul
le sel est un éclat de rire
le sillage des flèches ne déchire pas le ciel
ma peau sent le vendredi et Mozart vide des cascades

Rien
le chemin du vent calibre la mort devant la pierre ivre
ma colère se ride comme rictus d’éternité
Mozart est mort j’ai traversé le ciel
ivre

La nuit vient d’Amérique et les indiens pleurent.
JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Le manifeste du pélican - JMS

Publié le par Jean-Michel Sananès

Moi,
l'homme pélican, l'homme cosmique
Moi
l'homme chat, l'homme maïs, l'homme grenouille, l'homme hibou
Je déclare que l'univers, la terre, ses fruits et ses ressources
sont la propriété inaliénable de tous les peuples, de toutes les espèces
de tout
ce qui est du monde des vivants
Je déclare que l'univers, la terre, ses fruits et ses ressources
sont la propriété inaliénable du vent
que l'on empoisonne
de la mer
qui pleure
des étoiles
que l'on souille
 …/…
Moi
l'homme ni ange ni bête, l'homme animal
l'homme conscient
Je déclare
que la douleur n'est pas fatale, que le statu quo n'est pas final
Je déclare
qu'aucune puissance, aucun trust
aucun gropuscule d'affairistes corrompus
aucun accaparateur
n’a droit à exploiter à son seul profit
les richesses communes
Je déclare
qu'aucun législateur n'a légitimité pour
cautionner, gérer, organiser
la spoliation
des peuples de la vie
n'a légitimité à parrainer
le démantèlement de notre patrie
la Terre

Moi
l’homme serpent, l'homme cheval, l'homme machine, l'homme affamé
l'enfant esclave
J''affirme
que le pouvoir de l'argent et des armes,la peur et la violence
ne légalisent ni la corruption
ni la douleur des forêts
ni la dépossession des peuples

Qui jouit et pollue
saigne le pétrole, arrache l'or et les diamants
commet un crime
quand les enfants ont faim

Moi
l'homme pélican, l'homme cosmique, l'homme chat, l'homme maïs
Je réclame
le droit de l'ortie
le droit de la forêt
le droit de l'enfant des banlieues
de l'enfant de la brousse …/…
JMS
Extrait de : Le Manifeste du Pélican - Editions Chemins de Plume - Petite collection -  10€

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Écrire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Écrire
C’est habiter la marge, un stylo en bandoulière
C’est affronter un cri croisé
Que l’indifférence a laissé au coin de la rue
Muet

Écrire
c’est casser l’ombre et le silence

Je n’écris pas pour faire beau
.

JMS - extrait de : Lettre à ma plume (à paraître)

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