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textes de jms

Dernier rivage

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 

Photo A. Richard

***

Accoudés aux galets
les escaliers du vent regardent la pleine mer

Un ciel de gris posé sur de vieux rêves
cherche dans la nuée des mots perdus
les lettres de l’espoir

La palette désossée des blancs et noirs
regarde un monde que les jours effacent.

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Le cri d’ombre et la fleur coupée

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Photo Virginie Aymard

***

Une photo a arrêté le temps
image extrêmement précise
effraction dans le passé – parcours de l’instant
voyage en noir et blanc.
Huit doigts visibles - ceux d’une petite fille.
Enserrées dans la petite main – six fleurs - pétales ébouriffés
à peine étranglées
étrangeté d’une mort sans cris – minute de douce panique
instant volé.
Un regard d’ange qu’on ne peut pas voir
qu’on devine
l’ange contemple le crime invisible  
inutile
des pétales de neige sale
un jeu  qui arrive.
Déjà, j’entends bruisser le murmure
une comptine se décline
du "je t’aime un peu, beaucoup" - "jusqu’à la folie"
des fleurs jetées – un pré piétiné
et la vie qui court.

 Je suis sorti de la photo,
dans l’immensité du vertige, où suis-je ?
Dans la photo ?

Des pas… et d’autres pas fracasseront le temps sur des jeux de marelle
et la vie qui court
dans ce déjà passé
confondra le futur.
Je ne sais où, des milliers d’enfants useront leurs rêves
du "un peu, à la folie" - au "pas du tout".

Et partout des fleurs en frayeur.

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Un jour,

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Un jour, quand je serai grand
un jour, quand mes ailes auront poussé
en lieu et place de la constellation du dragon
en lieu et place de la constellation du scorpion
quand les oiseaux-mouches et l’oiseau de paradis
auront gagné la guerre des mondes
sous mes ailes déployées
dans un univers ailleurs
dans les forêts du ciel
dans la tempête des bleus
je sèmerai les mille étoiles
de la constellation du Chat
Même hors d’Égypte il sera mon maître.

JMS - "Dernières nouvelles de mon chat" - Dessins Jms  - Editions Chemins de Plume - 12€

 

Publié dans Textes de JMS

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La Frégate

Publié le par Jean-Michel Sananès


La Frégate
Extrait de : Une étoile dans le sang de Jean-Michel Sananès

 

A vous, frères d'Afrique,
un sang si rouge sous la peau,

A vous, frères indiens,
un cœur de lune sous la peau

 

Vos mères
déjà
ont tant pleuré

Vous avez eu une Terre
où vos sangs
ont cessé d'être bienvenus

 

Vos mères
déjà
ont tant pleuré

Pourtant,
ce devrait être un bonheur
que d'être Homme

A tous je veux dire :
Craignez le mésamour,
craignez l'intolérance,
comme en son temps
il fallait craindre le vent

A toi frère Indien,

un cœur de lune sous la peau,

je dis :

Crains le vent,
frère Indien,
car, déjà,
la frégate glisse sur les flots,
le malheur est en soute

Frère,
qui enfante
à l'amour et aux douleurs
des enfants pareils aux miens,
crains le vent,
la nuit porte la mort

 

Déjà
la frégate glisse sur les flots,
portant malheur en soute

Cortez est chevalier de mort
Ses navires écorchent le vent

Le vent nous a trahis
La nuit porte la mort

 

Pleure,
sœur Indienne

Déjà,
ils approchent,
une croix de sang dans leurs bagages,
la mort et nos larmes dans leur sillage

Ils ouvriront si profond la terre
qu'il y enterreront vos hommes

 

Pleure,
sœur Indienne
Ils ouvriront si profond la terre
qu'il y enterreront
tes enfants,
ton peuple

Tes larmes jamais
ne combleront pareille douleur

Nos larmes jamais
ne couvriront pareil malheur

 

Crains le vent,
frère d'Afrique

Déjà,
la frégate glisse sur les flots
portant malheur en soute

Frère homme,
qui engendre
à l'amour et aux douleurs
des enfants pareils aux miens,
crains le vent

La nuit porte la mort

Déjà
les galions déchirent les flots,
Une croix de sang en fond de cale

Le vent nous a trahis
la nuit porte la mort

Pleure,
ma sœur d'Afrique

Déjà,
ils déchirent ton futur,
une croix de sang dans leurs bagages
la mort et nos larmes dans leur sillage

Ils ouvriront si profond la mer
que vos hommes
vos enfants
votre peuple
ne reverront jamais le rivage

Vos larmes jamais
ne combleront pareille douleur
Nos larmes jamais
ne combleront pareil malheur

 

Pleure sœur d'Afrique,
les fils d'intolérance arrivent,
les soutes emplies de mort

 

Déjà la-bas,

d'où ils viennent,
pleurent les fils de l'étoile,
pleurent les fils du croissant,
pleure l'Indien des Amériques

 

La mort était dans leurs bagages,
notre sang dans leur sillage

Aucune larme
jamais
ne comblera
pareil malheur

Aucune larme
jamais
ne comblera
pareille douleur

 

JMS

 

 Spectacle : "Tous les enfants ont un même rire"


Publié dans Textes de JMS

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Vampirella et Moi

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Dans un instant de panique léthargique, cette gourde m’affirma qu’elle n’était pas cruche. Elle n’en était pas moins outrancière, des flots de larmes et des trémolos mêlés à des torrents de mots coulaient à flots. Désespéré, je cherchais des chemins d’escampette, un point de fuite, une ligne d’horizon à poser sur ses vagues à l’âme. J’avais atteint les frontières vaseuses de la désillusion, l’outre était pleine, la coupe débordait, mais rien n’altérait son flux verbal, aucune vanne ne l’affectait, elle gardait son plein débit. Grand-mère eut dit qu’en dépit de sa taille, elle contenait le litre. Encore et encore, il pleuvait du verbe et des mots. Moi, je me noyais dans une lavasse de paroles indistinctes, j’en avais jusqu’à plus soif. J’étais imbibé, mais parlais d’une voix sèche. Elle voulait couler des jours meilleurs, prétendait ne jamais me laisser en carafe. Le naufrage était bruyant. Elle avait étanché mes certitudes, épongé ma dernière larme, éteint la dernière flamme, noyé mon chagrin, mis de l’eau dans mon vin. Elle m’avait liquidé, j’avais perdu ma poésie et mon dictionnaire de rimes. Je rêvais de mers et d’océans, de déserts et de solitude entre nous. Ne me demandez pas pourquoi je n’aime ni l’eau ni ses contenants. La dynamique des fluides m’inquiète. Il m’arrive d’être imbuvable.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Comme un marin

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis parti à la vie
comme un marin part à la mer
sans savoir

sans savoir si le retour
est au bout du voyage

sans peur

 J'ai ouvert le jour et la nuit
j'ai cru aux étoiles
j'ai mangé du vent et de l'Histoire

Le prof m'a tapé sur les doigts

sans cesse
j'ai franchi la frontière
celle qui va d'hier à demain

 celle qui longe le fleuve de l'instant :
Le Maintenant

 Je respire

 Je sais
entre le faire et l'oubli
il y a des cascades
des ponts sur les flots
des mots sous les ponts

 chaque main tendue
est un pont qui ouvre les solitudes

 Je respire

 Je suis là
tout près de moi
j'ai cloîtré le silence et les nuages

 Entre deux rêves et la question
j’ai posé la nuit sur le tabouret
entre le noir et la lumière

 elle a si grand
la couleur de l'immense
qu'elle dépasse l’éternité
sort par la fenêtre
déborde, palpite
comme un corps de femme

 Toi
dans le lointain
tu cours
tu marches à ta rencontre

La nuit
JMS - "Mon chien mène l'enquête" - Éditions Chemins de Plume - 10 €beauté endiablée
est là
avec ses soleils papillons

qui frappe à nos carreaux

 Tu cours

Je marche
comme un  marin part à la mer
sans savoir si le retour
est au bout du voyage
 
En quête de lumière et de vérités
je vais de moi à moi
sans peur.

JMS - in "De moi à moi" - Editions chemins de Plume - 12 Euros

 

 

 

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Etre fou

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J’ai traversé l’espace

d’un rire à un amour

d’un mot d’enfant jusqu’à l’hiver

 

J’ai eu

un cerf volant

un chèvrefeuille

du papier blanc

un crayon rouge

 

J’ai chanté

J’ai traversé la rue

J’étais qui je croyais

Je me regardais passer

Je caressais de grands dragons bleus

Je me parlais fort

 

Être fou

être libre

être plus beau que beau

être plus grand  que grand

savoir que les rêves changent le monde

savoir que la mer est bleue

savoir la distance entre l’être et le devenir

 

Entre hier et aujourd’hui

qu’ai-je oublié

 

Je ne joue plus

je suis sage

je suis pauvre

j’ai oublié

 

Je ne vais plus à moi

Je ne vais plus de moi en émois

je n’ai plus d’été

je sais le chemin entre être et avoir été

je sais la distance entre être libre et  adulte

 

Je suis sage

je suis pauvre

je ne suis plus fou

 

Entre goudron et désespoir les poissons trient la mer

entre moi et moi j’ai perdu le rêve

j’ai traversé la vie

ce soir je tailladerai la raison et ses barreaux

ce soir j’irai me voir

ce soir un oiseau chantera.

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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En traversant le matin, tu te cherches

Publié le par Cheval fou (Sananès)

À l´intérieur
À l´extérieur,
J´ai tué le réveil,
mangé ma montre,
des spaghettis et des lardons,
j´ai rêvé, j´ai vu, j´ai bu.

Dans la panique du miroir,
dans la pointe de ta plume,
c´est un rêve triste qui ruisselle
c´est une quiétude irradiée.
Tu es là qui te cherches sans savoir où tu es.
Tu es là où tu es,  mais tu ne sais pas qui tu es.
Est-ce toi qui te regardes ou toi qui te cherches ?

J´ai perdu mon rasoir,
j´ai tué le réveil,
mangé ma montre.
Dans la panique du miroir
à l´intérieur,
à l´extérieur,
le matin est passé.
Il est quinze heures
j´ai bu, j´ai vu, j´ai rêvé.
Tu te demandes qui tu es.
Est-ce toi qui te regardes ou toi qui te cherches ?
C´est une quiétude irradiée.

Sois sans crainte,
sans lunette sans sextant,
je te dirais où tu es.

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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La colombe

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Si je cherche encore le rire

aux yeux des bébés

et la joie

aux jeux des adolescents

et le rêve

aux creux des matins

et la paix

à l'aurore des devenirs

et l'amour

aux yeux des visages

 

je ne suis pas d'un autre âge,

 

Si je ne suis plus qu'un oiseau blessé

au loin des chemins de certitude

ne sachant se taire

dans des déserts de solitude

 

ne coupez pas mes ailes,

Et même si je ne bois pas à vos idées

Et même si ma route solitaire

va vers des millions de nulle part

aux crépuscules blafards

 

même si l'on m'appelle colombe,

 

Chiens gardiens d'idées

ne brisez pas mes ailes,

 

rendez l'amour

aux amitiés disloquées,

 

ouvrez la cage aux principes

libérez la tolérance,

 

Et comme dans le premier matin du monde

je renaîtrai de l'espérance.

 

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume - 12€

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Aux armes papillons

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Une eau perdue dans le Sahel
une larme sur le ventre des douleurs
Ce soir
l’horizon manque de hauteur
l’infini se réduit au carré
Pleure papillon

Tes rires sont des étoiles
entre les frissons et le matin
Je creuse la nuit jusqu’à la trame
Aux larmes citoyens

Où vas-tu ma tendresse
dans cette marge qui borde le destin ?
Dans ce dehors
l’horizon mord ses nuages
l’infini se réduit au carré

Le ciel est bas
j’ai rêvé trop haut
Dans les travées du jour
les murs hurlent leurs vanités

Sur l’asphalte des rêves
le quêteur d’étoiles cherche sa Grande Ours

Une eau cherche sa source

Une larme perdue dans le désert
Aux armes papillons.
JMS

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