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textes de jms

Où sont les fées, où sont les anges ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Où sont les idoles
les promesses, les prophètes ?

Dans des draps de larmes
les enfants vont mains tendues aux dieux assassins

Où sont les fées, où sont les anges ?

Les poètes vont nus
dans un monde où les marchands de papier
froissent, écrasent, déchirent le chant des mots

L'événementiel s’est fait spectacle

Je vais nu
comme un cri fracassé  sur des tessons de glace
je crie
j’éructe des larmes de silence minéral
des papiers que nul ne lira
je lance des mots et des mains désarmées
aux indifférences systémiques
consciencieuses, absurdes

Inutile combat
les larmes trébuchent sur des symphonies autistes
et des rêves de dollars incendiaires
je grince des douleurs et des hurlements invisibles

Le monde est un spectacle

Les oiseaux s’éreintent aux sarcasmes des marteaux piqueurs
Neandertal regarde la régression
les poètes livrent leurs oraisons muettes
je suis nu

Où sont les fées, où sont les anges ?

JMS

 

Publié dans Textes de JMS

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Le vieux fusil

Publié le par Cheval fou

.../... 

Quand j’étais jeune, un vieux fusil sur le mur, pendait. Des photos, sur la commode, agitaient la mémoire de Grand-père. Il mâchonnait du gris. Il disait : «dans la guerre qu’anges et démons se livrent, chacun croit que l’autre incarne le mal.  Rien de tout cela n’est vrai, ce n’est qu’un jeu de miroirs inversés. Personne ne connaît rien à Dieu. Dieu, c’est la somme des douleurs et des joies de l’univers. Le bilan est mauvais. Combien de larmes pour un ventre satisfait ou un rire de bébé. Il faut être bête comme un homme pour croire qu’il connaît la création et les desseins du Créateur. Dieu ne tient pas plus dans la tête d’une alouette que dans celle d’un homme».

Grand-père parlait de son expérience. Il aimait à répéter : “j’ai vu grandir la fleur, et l’oiseau l’a mangée, j’ai vu voler l’oiseau et le chasseur a tiré. J’ai vu grandir la peur, et personne jamais ne l’a arrêtée”.

Parfois, quand le vin avait un peu trop coulé, Grand-père allait plus loin, jusqu’au point 17 de sa jeunesse. Il avait été soldat, là-bas, en France.

Pour Grand-père il n’y avait pas d’ennemi, seulement un regard différent sur l’autre. “L’autre coté du miroir ment toujours”, disait-il.

Quand j’étais enfant, Grand-père nous apprenait la vie. Moi Manuel, je jouais, nous ne connaissions pas la Guardia, le futur se dessinait dans les contours d’une école aux toits rouges.

JMS - Extrait de : "Le jardin des diagonales" (roman à paraître)

Publié dans Textes de JMS

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Lune noire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Au jardin de l'aubépine
le chat mon chat-grain

a un grain au fond des yeux

Un grain de tristesse

a grippé la machine à soupirs
               
Au jardin de l'aubépine
sont aussi des épines

Le chat mon vieux
le chat a un grain,
grain d'amour et de folie
engrangé dans sa petite tête

du grain dans les méninges

Le chat, mon vieux, a un chagrin

    Belle est partie
    drôle de belle
    qui ailleurs fait du grain
   
    Drôle de belle
    qui ailleurs fait la belle
    et donne le grain

Pauvre chagrin
en pelure de chat

    Où allez-vous
    amours à la miaou
    parées de ces perles de cristal
    qu'on colle aux yeux
    diamants liquides
    qu'un sourire sèche

Chat mon pauvre chat
Belle ne vaut pas plus qu'une souris

    Au jardin de l'aubépine

    à quoi chagrin rime ?

JMS in  "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Textes de JMS

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Exil

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Trouverai-je
une terre aux soleils oiselets de chants
à qui je confierai les secrets espoirs du vent ?


Est-il
une mer aux nuits à lunes
auréolées d'amours sereines,
où Licorne et Cheval fou
réinventent la promesse du jour ?

Y aura-t-il
aux aurores impatientes de bonheur
un lieu où l'alizé et la tendresse ont rendez-vous ?

Est-il
un être qui me parlera de la caresse du vent ?

les yeux d'un chat,
le regard d'un chien,

une voix d'enfant,
une femme pour ma flamme,

des bras plus fort serrés
que les regrets égrenés,

des yeux dans mes yeux,
un pas dans mon pas,

une oreille à mes mots,
une main dans ma main,
un cœur pour mon cœur ?

Est-il
un être qui, au dernier rivage,
me parlera de la caresse du vent
et de la douceur d’aimer,
m’offrant ce sourire
qu’on emporte en ultime bagage ?


JMS - "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Textes de JMS

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Mon chien dit

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Mon chien dit :

  Le loin n’est pas plus lointain que le proche que j’ignore

Si loin que tu sois

Tu es là

Quand tu ne me vois pas

Je suis nulle part

La distance vraie ne se chiffre qu’à la douleur du manque.

JMS - "Mon chien mène l'enquête" - Éditions Chemins de Plume - 10 €

Publié dans Textes de JMS

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La robe étoilée

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Quand on me revêtira
de cette robe à la taille de la nuit
à la mesure de mes silences

 

mes enfants, ma femme


Quand j’aurai eu mon comptant
d’oxygène et d’heures

mes amours, mon amour


Quand après avoir été présent
il me faudra crier absent

 

 ma femme, mes amours, mes enfants
 ne gardez que nos bonheurs
  vous n’êtes pas de mes regrets

Quand j’aurai été,
quand cette robe
à la taille de la nuit
à la mesure de mes silences
sera ma dernière maison

 

je reviendrai
dans des cris de mémoire

 

Vous serez mon sourire d’éternité
comme les yeux verts d’une chatte
comme griffe de satin
comme un frisson du vent
qui agite des ombres

 

mes enfants, mes amours
je reviendrai

 

comme un frisson dans le vent
repeindre mes regrets
effleurer les myosotis.

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

 

Publié dans Textes de JMS

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Chez les moineaux

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il n'est pas d'heure chez les moineaux

ça baigne chez les poissons

ça danse dans les basses-cours

court le vieux fermier

court le couteau à la main

 

Je ne suis pas dans mon assiette

fait pas bonheur chez les perdreaux

je cours comme un bélier

j'ai peur du vieux fermier

je compte mes abatis

 

Des cris de mouettes ivres fouettent les baleines

je ne veux pas chanter

la litanie des vieux bergers

Je suis fou à lier

je veux danser rire aimer

 

Pas d'heure chez les moineaux

ma vie n'est pas d'équerre

elle est de courbes et de tangentes

j'ai pris la mauvaise voie

plus aucun soleil n'habite mon trou

 

Du plomb pour les perdreaux

c'est sûr

ma vie n'est pas d'équerre

 

De haut et de bas

elle court comme un torrent

elle coule en encre vive

elle est de pleins et de déliés

elle court à plein récit

 

Bélier fou

dans un monde cannibale

je caresserai  le verbe aimer

comme une eau vive

à plein récit

Jusqu’au dernier récif.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Chagrins rouges

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il est midi

J’ai les chagrins rouges

Pour ton départ
J’ai traversé le vent à contre-pied
Pour ton départ
J’ai bu à contre-peine

Je suis assis comme un vieux chagrin
Dis-moi où va le vent
Dis-moi où sont les blancs printemps

La joie est un cri tardif
Et la chanson vacille

Tu es dans ma mémoire
Le pieu sur lequel je ne sais pas ne pas buter

Tu as des yeux en perce nuit
J’ai des rêves insomniaques
J’ai les chagrins rouges.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Le plomb et le fer

Publié le par Cheval fou

Longtemps j´ai été sous des soleils de plomb à creuser une mémoire funéraire, à vouloir ouvrir les chapes et les cercueils de plomb, à voir suinter les silences étamés qui enferment le rire. Trois plombes que j´attends les horizons légers. 

Où étais-tu toi mon oiseau à mine de plomb blotti dans ma main, cherchant  une inspiration terne et plombée, danseuse enfermée dans ses chaussures de plomb et de désespoir,  tu te dissimulais ?
La vie ce n´est pas ça, quand enfin te mettras-tu du plomb dans la cervelle ?! 
La vie et ses ronrons, ses rataplombs, son moral de plomb ressemble à une escale en enfer. J´en plombe mes soirées de gin et de vodka, m´endors d´un sommeil de plomb, pleure des larmes de plomb. Je suis à deux doigts de péter un plomb, de me jeter dans la Seine moi qui nage comme une semelle de plomb.

Hélas, je ne suis qu´un soldat de plomb qui étouffe son cri sous un ciel plombé. Me flinguer d´une balle de plomb,  je manque d´aplomb,  ma vie n´est pas d´aplomb. Il me faudrait changer, laisser le plomb pour le fer et tout refaire. Avoir un moral de  fer et d´acier, ne plus me laisser scier, chercher la dame de fer et trouver l´été. Ne plus arrêter le faire avant que le temps ne me rouille, que la vie me dérouille, faire et défaire des grimaces laides comme  l´hiver de Fernand et  léger comme Chagall. Enfin, je ne sais pas quoi faire mais j´y vais d´un train d´enfer et la grève des chemins de fer n´y peut rien. Je ne sais plus que faire dans cet envers de plomb et de fer où ma plume cherche son encre. L´ange a du plomb dans l´aile.

JMS - extrait de : "Lettre à ma plume" (à paraître)

 

Publié dans Textes de JMS

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Solitaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je vole en solitaire
Mes larmes plus hautes que le ciel

Je voulais être serin aux pays des aigles
Devenir un vieil enfant serein au royaume des hommes

J’avais l’âme oblique et ma casquette de travers
J’avais de l’orage sous mes tempes
Et du schnaps dans mes rêves

J’ai pris mon encre et un dictionnaire de rimes
J’ai pris le silence pour maison
Je ne savais pas vivre à ma hauteur
Je vole en solitaire et parcours ma folie
En bas vivent les hommes et la raison.

jms

 

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 13.50 Euros

Publié dans Textes de JMS

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