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textes de jms

Noël

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Pétales ronds et peu d'odeur
près d'un sapin désargenté
j'ai trouvé de la monnaie des papes

Quand le bon dieu trébuche
Dans des nuages enguirlandés
Le Noël des pauvres sent la faim

Des cliquetis de givres percent leurs yeux
Sortie de nuit pour les étoiles
La misère ne sent pas bon

L'argent n'a pas d'odeur
Le Père Noël livre
Les marrons glacés crissent dans la hotte
 
Près d'un sapin désargenté
Hôtel des sans papiers
Papier-monnaie
Dieu est rentré bredouille.
JMS

Publié dans Textes de JMS

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Le festin de l'araignée

Publié le par Jean-Michel Sananès

Il n'y a plus d'ange
plus de courage
plus de soleil

La cascade des phrases
est une écume perdue
dans le périmètre
du vieil océan

Dans la tanière du vide
l'araignée des nuits
mange mes mots

Où es-tu ?
j'ai peur

Des ventrées de terreurs dévastent mes certitudes
Demain
il me faudra vivre
renard

Comme un livre qui brûle
je meurs
dans l'iris de la peur

La nuit des mots
est un hiver

je ne sais plus ma route
je broute la mort et le givre
seul mon corps est d'ici

Dans le lit glacé des terreurs
je couche avec la neige des jours

Où es-tu dans ce silence ?

 
Jean-Michel Sananès - "Lettre à mon Alzheimer ou  le festin de l'araignée" - Editions Chemins de Plume - Petite Collection - 10 Euros

Publié dans Textes de JMS

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J'ai eu froid

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J’ai toujours su qu’il me faudrait marcher entre le croire et l’ombre. J’ai eu froid, mais j’ai vu la lune et les étoiles. Je ne me suis pas frotté au ciel, la pelure de mon chat est plus douce, moins incertaine, moins cruelle, plus vraie.  De la vie, je n’ai attrapé qu’un murmure, mais l’amour chuchotait. Entre le croire et l’ombre, j’ai pris des coups de blues, des coups de soleil et des coups de froid, mais l’amour m’a toujours réparé.
JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Requiem pour 68

Publié le par Jean-Michel Sananès

Opus 24
Requiem pour 68
Lettre à ceux qui n'étaient pas là et à ceux qui n'on pas compris 68 

Dans un ailleurs
Tu étais là
parfois je Te nommais

Je Te savais parmi nous
je chantais à Tes côtés
Opus 24
Je me rappelle ces temps
où les Lolitas, pour un baiser
pour un tour de bras
volaient de brefs instants au banal
.../...
Pour un Krishna, pour un Jésus
pour un Dylan, pour un Donavan
les hauts-parleurs jetaient l'amour
Les yeux jetaient du rire
les oiseaux parlaient tendresse
Martin Luther faisait un rêve
Dieu dansait à nos côtés
.../...
Je regardais les "hommes de bien"
.../...
De Charonne au Biafra
ils étaient là à vendre leurs couteaux
à vendre leurs canons
.../...
Chien qui mord la suie de l'oubli
chien qui mord
là où le souvenir se cabre
dans les névralgies de douleurs
où l'on enfante la haine de l'amour
Je regarde courir la mort
je mords à la vie
je mords à la mort

Je pense à Toi
En ces temps
je Te savais
je ne Te nommais pas

L'été avait une douceur
qu'il ne retrouva jamais
les radios jetaient l'amour dans les musiques
des notes sobres et simples
montraient des chemins sans fards
où les mots ne se corrompaient pas d'apparences
.../...
Je ne Te nommais pas
je Te savais parmi nous
je chantais à Tes côtés

J.M. Sananès - "Opus 24" - Editions Chemins de Plume

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4ème silence

Publié le par Cheval fou (Sananès°

4ème silence à gauche et rien que toi
j'ai peur et les étoiles dérivent

7ème horizon
le Petit Prince découd la nuit

le rêve aveugle n’attend pas demain
et les yeux fermés sont muets d'images

Le météorite fait froid
la pomme cachait son serpent

4ème silence
les miroirs sont fermés       

Je suis sorti me chercher 
tu n'étais pas là


7ème horizon
je ne me suis pas trouvé
où suis-je quand tu n'es pas là ?

4ème silence à gauche j'ai froid
il n’y a que toi
qui tires les rideaux
quand le jour se froisse
7ème horizon  à gauche 
j'ai peur et les étoiles dérivent

4ème silence à gauche
et rien que toi qui ouvres les nuits
rien que toi qui jettes du blé
à la Grande Ourse

Le bonheur me fait froid
comme un silence qui a peur

Chut,
le 4ème silence ouvre sa dimension

7ème horizon tu es belle
comme une prière.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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Une aussi longue absence....

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Où étais-je... si je savais...
Excusez-moi, mais je sais, j´étais sorti de mes gonds, hors de moi, mais pas vraiment fâché contre moi, d´ailleurs mes colères sont sans conséquences, je ne m´en veux pas, je me pardonne tout.
Tout est arrivé à cause d´une de ces aubes livides, une de celles où tu te lèves blanc comme du papier. Le miroir ne te voit même pas, alors tu te mets à table, tu veux tout dire, tu ouvres ta tête, tu sors une plume. Pas une larme, mais ta plume saigne et tu ne sais pas pourquoi. Tu aurais voulu t´appeler Manuel, Pedro, Che Guevara, ou pourquoi pas, Picasso. Mais tu es là, coincé dans une peau trop grande pour toi, tes yeux ne sont même pas à la bonne hauteur, tu vois le monde d´en bas et tu hurles dans ton silence, tu voudrais être un loup, hanter le bois, terrifier la lune, mais tu as une peur d´enfant égaré, abandonné. Ta révolution, tu la fais devant un café froid et l´hiver arrive. La nuit coule comme une pierre ronde qui rejoint le fond du vieil  océan.
Une odeur de vide. Une balle. Un flingue. Un rire de dingue... Non une écume de mots qui dit à quoi rime, qui se fait la belle et se croit poésie. Rien que des mots. J´écris, mais la poésie a honte quand la nuit se cabre.
Je ne sais pas pourquoi, j´étais parti, j´étais hors de moi, loin d´ici, à deux pas de moi, dans deux chaussures froides.
Je me regardais passer comme le silence

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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La mort de l'alouette

Publié le par Cheval fou (Sananès)

C’était l’avril d’un grand soir
Les espérances étaient à l’Est du grand soleil
Et le chant devait être partout
Qui donc avait dérobé le Nord ?

Les alouettes pleuraient
Pas de Sud, d’Est ou d’Ouest
Triste, un monde où l’on a perdu le Nord

C’était l’aube des matins noirs
Le vent et la pluie s’étaient perdus
Nulle part pour aller, nulle part pour s’arrêter
Les alouettes sont mortes loin de chez elles


Au passe-passe de la vie
On leur avait volé la pluie et les saisons
On leur avait volé le vent et les chansons


C’était une nuit d’abîme et de soufre
La police qui n’arrête que les pauvres gens
bien sûr n’arrêta pas les voleurs de vent
On abandonna le Nord l’espoir et le chant

On bituma l’Alberta, on enterra l’alouette
Qui donc et le président chantèrent la mort de l’alouette
Bras dessus bras dessous chantèrent la mort de l’alouette.

JMS

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Il jouait de la guimbarde

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il fallait jouer du violon et de la fable
garder la tête froide et les pieds au chaud
Il fallait avoir l’air d’avoir l’air
avoir le bras long et les pieds plats

Il fallait jouer poker
jouer dans le sens du poil et caresser le loup
jouer des coudes et en découdre
se faire aimer sans rien donner
se jouer de tout et de vous,
se  jouer du jour et des lendemains

Il jouait de la guimbarde
du charme et de la tendresse

Il jouait aux dames et aux échecs
il jouait à ne pas jouer
à tendre la mains et à ouvrir ses bras

Quand il se fit manger comme l’agneau
il jouait encore de la guimbarde
.

 

JMS

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Lettres à mon PC et à ses habitants

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Tu fais tes quinze pouces
trois inches
tu me nargues

Entre ma vie et moi
tu fais écran

Carré blanc
carré mémoire et mémoire vive
j'ai ouvert ma boîte de déception
mémoire informe
tu restes vide

Au carré du silence
mémoire pleine
j’attends
tu es l’indéchiffrable graffiti du vide
l'aube ne viendra plus

Je ne suis qu’un bruit de fenêtre ouverte
sur un carré de solitude opaline
rien
rien à l'intérieur
rien d'attendu, rien d'inattendu
tes silences sont illisibles
l'aube ne viendra plus

J’habite le cri d'un escargot piétiné
le regard impuissant d'une fleur
je suis un silence trop lourd
abandonné aux étoiles
un air de musique qui sent la rengaine
un morceau de vent
que l’aile brisée
porte en bandoulière

je suis l’orphelin
qui arpente une envie de ne pas être
j'ai chuté sur un mauvais rire
 

Au carré blanc
je n’ai trouvé qu’une blessure diaphane
un message qui n’est pas venu
.

JMS

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Champagne

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Sous vos lèvres carmin
champagne !

Le champagne,
un éclat de mort
et un éclat de rire

A votre cou
la pierre piaille ses clartés de diamant

 

Que de terre
que de mer
entre la mine et le feutré des grands salons

 

Punda a marché
de Mbuji Mayi* à la mine

le ventre tailladé par la faim
les nuits gorgées de peur.
A ses cotés la mort court,
comme un chien agite ses crocs
sur des plaies d’enfant

Que de terre entre Mbuji Mayi et la mine
Que de terre mangée entre les dents de Punda

Sous vos lèvres carmin
champagne !
Un éclat de mort

et un éclat de rire
A votre cou
la pierre piaille ses clartés de diamant

Que de terre entre Mbuji Mayi et la mine
La pierre pleure dans des palaces de divas fardées.

Que de terre sur la tête de Punda
Que de terre sur les 10 ans de Punda.


Comme des centaines d'orphelins, Punda, avait quitté son village, Mbuji Mayi* (Congo), pour travailler dans une mine de diamant : sont-ils esclaves ou libres, les enfants qui meurent ensevelis dans l’effondrement des terriers qu’ils creusent à mains nues, en quête de diamants, pour le compte de quelques trafiquants ?

JMS

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