Lettre à Pablo Neruda

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Lettre à Pablo Neruda

 

Nous,

Nous n’avions que des mots d’oiseaux,

les larmes de nos enfants

et une tendresse pudique

à opposer au vent, au froid et à l’acier.

 

Eux,

se croyaient mandatés

pour perpétuer les pogroms de l’Eglise ancienne,

pour boire le sang de nos femmes

et voir pourrir nos corps.

 

Nous,

une étoile tatouée sur le cœur,

 

nous n’avions

que des prières d’oiseaux,

et nos mains nues,

à opposer aux bourreaux,

 

que nos rêves de justice

à opposer au cauchemar.

 

Je pense à toi Néruda

 

et avec toi je dis :

je ne veux pas qu’ils nous tendent

leurs mains humides de notre sang.

 

Je pleure sur l’Afrique et la Négritude,

sur l’Orient, l’Asie et l’Indien.

 

Je pense aux tiens Pablo

et à tous

qui n’avaient que des mots d’oiseaux

à opposer à la barbarie.

 

Pour les tiens, pour les miens

et ceux qui ont souffert

 

Pour ceux qui ne reconnaissent rien

ni du mal, ni des larmes 

 

Comme toi, Frère d’ailleurs,

je demande un châtiment.

JMS

 

Publié dans Cheval fou

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C

Je ressens comme toi présomptueux de s'ériger en modèle, car là non plus on ne parlerait pas d'amour.


Moi aussi j'ai mal aux autres qui agressent. Mais je ne veux pas opposer à leur attitude une réponse du même genre car elle ne cadre pas avec ma démarche. Il me semble, je dis bien: il me semble,
que les agresseurs sont bien mal en eux-mêmes pour opprimer autrui. Il me semble qu'ils sont bloqués en chemin, mais je ne prétends pas savoir pourquoi. Si je leur réponds par la violence je me
comporte comme eux.


Bien sûr que pour survivre, face à un agresseur, je tuerais peut-être par peur, mais ce ne serait que par peur, dans un réflexe de survie, un acte soudain, mais probablement pas pour entrer dans
l'escalade mortifère du rapport de force ou de la donneuse de leçon.


Idéaliste? Oui, je le revendique mais je ne manque pas d'être une "asphalteuse", les pieds bien plantés au sol.
Répondre
C

Je ne demande pas un châtiment. Mon Dieu n'est que d'amour et il ne punit pas.


Je ferai de mon mieux pour faire tache d'amour autour de moi et du coup, donner envie d'en faire autant. Peut-être que cette "con - naissance" aidera les malheureux, quelque soit la rasion de
leur malheur, en l'occurence, l'oppression,  de l'oppressé et due à l'exiguité  de l'oppresseur.
Répondre
C


Tu noteras que ce texte reprend une phrase de Pablo Neruda :


"je ne veux pas qu’ils nous tendent


leurs mains humides de notre sang.


je demande un châtiment."


Pablo parle du continuel massacre de ses frères indiens, ces 'impurs' aux yeux d’une culture chilienne qui parle pourtant si 'bien' de l’amour ! Mon poème reprend sa phrase en précisant :


"Pour ceux qui ne reconnaissent rien


ni du mal, ni des larmes"…


 L’attentat de Londres et une récente émission qui parlait de la purification des terres d’Islam au nom du Miséricordieux et du modèle hitlérien applicable aux rebelles à l’ordre islamique
(les juifs et les chrétiens d’Orient), m’ont incité à republier ce vieux texte issu de "Cheval Fou".


 


Pardonne mon 'étroitesse' mais, si je ne suis pas pour la vengeance, (le "châtiment" ici ne revêtant pas cet esprit-là), il me semble pourtant que le pardon s’applique d'abord à ceux qui
expriment des regrets !


Et oui, ceux qui tirent orgueil de leurs crimes m’indisposent et je les dénonce.


Je crois qu'il n'y a pas de "Dieu d'amour" ni de Dieu du mal, il y a des hommes qui bafouent l'élémentaire respect et le sens profond de la vie.


 


D'autre part mon écriture n’a pas vocation à dire autre chose que ce que je ressens. S’ériger en modèle me semble présomptueux !


Et je reste d'accord avec Pablo.