Me fallait-il savoir ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Les larmes, le vent et les nuages parfois volent si bas

Que l’on en a le visage mouillé
Si bas, que pour ne pas mourir, il nous faut rouvrir de vieux soleils
Et, aux archives de l’intime, retrouver les yeux lumières et les jeux
Que l’on posait sur ces jours en fêtes où les bougies brillaient


Dans la diagonale des siècles, Capitaine passé, je viens de loin
Je viens du bal des nuits et d’une valse des jours

Où se cachent tant de sortilèges
Qu’il me faut passer les frontières pour déterrer l’enfance

Me fallait-il savoir que pour être homme aucune douleur n’est vaine ?

Dans la soute cathédrale des univers, Capitaine mémoire, je viens de loin
Je viens d’un chant de hibou et d’une danse de sirène

Où s’embusquent tant de mystères

Qu’il me faut passer les océans d’envers

Où m’attendent mes vieux chats et mes amis

Me fallait-il savoir que les espoirs vaincus nous apprennent à vivre ?

Dans ce voyage transversal, Capitaine dépassé, je viens de loin
Je viens des rires de Grand-Père et de tablées de fêtes
Où des morts millénaires chantaient à mes cotés

Me fallait savoir que tout doit se dépasser pour aller plus loin ?

À la croisée des infinis, Capitaine naufragé, je viens de loin
Je viens d’un interminable syllabaire des douleurs

Et d’un père retrouvé
Je viens de l’océan cosmique où coulent les mémoires

Me fallait-il savoir que les rêves les plus fous déchirent l’acier le mieux trempé?

Dans les carrés de l’Histoire, Capitaine sans repaire je viens de loin
Je viens d’un verbe aimer et d’une terre étrangère

Où l’on étripe mes nostalgies
J’étais venu de rivières de tendresse et des rires du pays des arbres à bonbons

Me fallait-il savoir que sans amour il n’y a pas la vie ?


Les larmes, le vent et les nuages, parfois volent si bas

Que l’on en a le visage mouillé
Si bas que pour ne pas frémir, il nous faut ne rien oublier
Le jour viendra où ma fille et mon fils oublieront le vieux cheval fourbu
Leur faudra-t-il apprendre que jamais rien ne se perd quand on croit au rêve ?

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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J

"je viens de l'océan cosmique où coulent les mémoires"


je le crois


amicalement
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G

ton poème est à lire avec attention...J'en aime particulièrement le début et la fin


"Les rêves les plus fous déchirent l'acier le mieux trempé"


"Il nous faut rouvrir de vieux soleils"


Je reviendrai le lire...Merci!
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C

 


"jamais rien ne se perd quand on croit au rêve ?Je le crois également.
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