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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

La traversée du ciel à moto

20 Janvier 2010, 16:04pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

À la traversée du ciel

sans rétro, sans sonotone et sans lunettes

Dieu devant sur sa grosse moto

moi derrière sur mon petit vélo

je demandais le Chemin

 

Du Sud au Nord

à chaudes larmes

à pleine voix, à plein espoir je quémandais

L’Avenir Monsieur, l’Avenir

 

De vieux firmaments chantaient

des cantiques éculés

et des lassitudes de bleu

Le silence s’éreintait

 

À la croisée de Ses yeux par gros temps 

d’Est en Ouest je parcourais le destin

j’étais malade

mon cœur battait trop vite

j’avais une crise de Foi

 

C’était hier, c’était demain

j’allais…

mais où allais-je ?

 

Dans l’infortune du dire

j’explorais des poussières de rêve

je cherchais à aimer

je cherchais à L’aimer

 

À parcourir l’éternité à vélo, le chemin était long

À trop longer l’espérance j’ai brisé l’horizon

 

C’était un hiver de soleil froid

le train n’était pas sur ses rails

ma vie était en gare et mes rêves à l’arrêt

Dans l’infortune du rire

je crois bien que je cherchais où aller

 

C’était hier c’était demain

j’allais…

mais où allais-je ?

 

À arpenter le vent à deux roues

la côte était raide et l’air était froid

je piétinais aux portes du désir

je piétinais des éclats de voix

et des brisures de rires…

où allais-je ?

 

Dans la mort et les azalées

je cherchais où pleurer

 

À l’équarrissage du verbe

perdu comme un lokoum

je traversais le désert

j’avais froid comme l’hiver

je jouais caniche et révolver

je portais ma croix

 

Toi, tu allais…

mais où allais-je ?

 

À la traversée du ciel à moto Dieu devant

moi très loin derrière et à vélo

j’épluchais l’amour à l’économe

À l’écumoire des heures les jours passaient

 

La vie m’a mouché au rasoir

je ne sais plus où je vais…

mais je suis où j’allais

 

À la malversation de la raison

le mensonge a fait fortune

depuis que je ne cherche plus je me trouve

 

En barque à rames ou à vélo

je ne sais s'Il a jamais  traversé nos larmes

moi, sans corde, sans échelle et sans vélo

j’escaladerai encore l’abrupt des devenirs

 

C’était hier c’était demain

J'irai.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Commenter cet article

bart 11/07/2014 11:32

Pour ceux qui ont cru au ciel, souvent la terre est trop petite ;)

Ile E. 16/02/2010 22:52


Jms, dans mon coin de Provence à moi, "Barjaquer" signifie parler énormément !


Cheval fou 25/02/2010 21:15



je le conçois un peu comme "un qui parle trop" pour ne rien dire, bref un gentillet qui brasse plus d’air que d’idées


jms



still-life 12/02/2010 23:03


que veut dire "barjaquer?" le commentaire 3 était le mien.
un texte surprenant, encore. merci.


Cheval fou 16/02/2010 22:03


Sous le soleil de Provence un "barja" est un original grave (un peu sympa un peu fou)
amitié
jma


khanouff 08/02/2010 21:34



J'ai beaucoup aimé ton poème l'ami mais tu vas peut être rire de moi car en lisant "Dieu devant sur sa grosse moto..." j'ai eu devant les yeux une image les livres de JK Rawlings (la série Harry
potter) et surtout l'image de Hagrid avec sa grosse barbe et fondant le ciel sur sa moto
Commentaire n°4 posté par
khanouff le 30/12/2009


Cheval fou 08/02/2010 21:41



 j'ai perdu ton  commentaire et aussi la photo.


Tes visites me font toujours plaisir, je n’ai pas osé utiliser l’image que tu m’as envoyée, elle m’a fait rire.


Amitiés,



khanouff 27/01/2010 14:32


J'ai beaucoup aimé ton poème l'ami mais tu vas peut être rire de moi car en lisant "Dieu devant sur sa grosse moto..." j'ai eu devant les yeux une image les livres de JK Rawlings (la série Harry
potter) et surtout l'image de Hagrid avec sa grosse barbe et fondant le ciel sur sa moto
Bonne journée ùon ami.



- 24/01/2010 21:22


alors là! bravo! j'ai souri j'ai sourcillé j'ai relu étonnée émue ravie, j'étais tout ça comme ça successivement devant mon écran!
j'ai aimé entre autre "sans retro sans sonotone et sans lunette" et "perdu comme un loukhoum"
et oui, la vie nous mouche tous, un jour ou l'autre.... alors, allons!


Cheval fou 08/02/2010 20:35



Mille excuses pour le délai de réponse, je barjaquais ailleurs, je n’ai pas pu revenir sur le blog. Sans lunettes arrange bien des choses ! Je suis heureux du partage. Pas de blog ?


Amicalement


jms



gazou 24/01/2010 15:04


Superbe  ce poème !
Mais quand même aller troubler les silences célestes avec des pétarades de moto, est-ce bien raisonnable? A moins qu'il n'ait inventé une moto silencieuse ou que le bruit se dilue dans ces grands
espaces et  devienne  seulement musique enchantée..Merci pour ce beau voyage!


Cheval fou 08/02/2010 20:41



Merci à vous pour ce mot, je suis ravi que le texte vous plaise – cependant les célestes pétarades de ma moto, pas plus que les gémissements de Haïti ne troublent vraiment le Grand Dormeur,
c’est, je le crains son millénaire sabbatique, l’auberge des trois miracles est fermée.



lutin 22/01/2010 23:16


Hier, Aujourd'hui, Demain, les jours se ressemblent, ils sont ce que nous voulons en faire. J'irai en marche arrière, sur place, ou en marche avant, j'irai ce que je veux être.


Cheval fou 08/02/2010 21:27



 


On est malheureusement plus souvent qui on peut que qui on veut, mais il faut tout même se courir après, se dépasser pour pouvoir se regarder dans les yeux.


Amicalement


jms