Danser avec la mort

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Blues blues,
j'ai du vert de gris dans ma mémoire,
de l'alcool et des cris dans mes vers,
des pieds posés sur le swing d'une phrase,
des syncopes de litanie qui cherchent leur rythme,
j'ai mis des verres dans mon poème,
un vinyle sur la platine.

Blues blues,
au soir de ce vieil été,
je suis aussi noir que la poudre est blanche,
J'ai des mots emplis de vers,
je ne suis rien d'autre qu'un trop vécu et ses espoirs
qui aux rétrospectives du jour à l'heure du "Summertime",
se joue l'unique version de sa romance.

Blues blue,
j'ai du gris et l'absence dans de vieux horizons,
une bouche sans dents,
du blues et de la nuit en avenir,
un rire et de l'enfance à enfoncer l’éternité,
de l'humour à en apprivoiser la mise en boîte.

Blues blue,
je me rappelle Janis
avant qu'un jour, une nuit,
avant que mes enfants d'au-delà ne soient qu’insectes,
avant que si toi l'Incertain tu m’attends,
j'aille danser avec la mort
encore j'écoute Gershwin.

Blues blue,
au long tempo d’un cœur
qui encore sous ma peau fait ses rifs
et ignore l’heure du couac
quand l’horizon est bas,
je blues, je tangue,
et encore je crois en la valse des mots,
à la main tendue plus vaste que la solitude,
aux promesses et aux rires de l’enfant fraternel,
à mes rêves plus grands que ce rivage.

Blues blue,
je suis aussi noir que noir quand on attend l’espoir
et que l'ange d'utopie se barre sur l'aile d'un missile,
mes derniers blues me remontent l’hiver,
et si encore je meurs de trop en vivre,
encore j’habiterai,                                                    
bien plus particulièrement,
le verbe aimer.

Blues blue,
je partirai en habitant mes mots,
au fond de moi Gershwin, un "Summertime",
et les voix de Satchmo et de Janis.

JMS août 2022

 

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