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Lettre à Mebkhout Beghdad à propos du "Le miel et le poison de la pensée "

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Oui Mebkhout Beghdad, il semble que ce texte, comme nombre de nos écrits, soit d'une même nature tant ces textes naissent de la nécessité de nourrir notre regard non pas de complaisance, d'alliance d'intérêts ou de haines, mais d'une recherche de vérité intégrant le désir de comprendre dans la bienveillance et le respect.
Nul n'échappe au formatage culturel et identitaire qui nous prédétermine, c'est cette glu culturelle que nous devons affiner pour qu'elle ne soit pas poison mais miel.
Vos mots rejoignent ce que je tente d'exprimer dans un essai en cours d'écriture : "Nouveaux paramètres de la conscience". L'engrais de l'unicité ferme la diversité comme l'obscurantisme ferme la lumière. À l'évidence, si nous écrivons d'une même âme, c'est bien parce que depuis l'enfance, nous l'avons choisie, vous nous le précisez dans vos mots : "Nous formions une tribu, unis par des rêves communs, cultivant les mêmes idéaux. C’était plus qu’une camaraderie : c’était une alliance, un serment d’innocence et de solidarité".
L'innocence, n'est pas une utopie, elle est le choix d'une rupture avec la compromission des acquis, et elle est l'ouverture d'une quête de vérités généreuses, condition première du respect et de la fraternisation.
JMS

"Le miel et le poison de la pensée" de Mebkhout Beghdad

Toute pensée qui se fige dans son caractère, incapable d’évoluer, ne respire que ce qui l’engraisse et refuse d’être autre chose qu’elle-même. Elle génère son venin pour se défendre, car tout renouveau la dépouille de sa nature. Elle s’habille du sacré pour interdire toute profanation, érigeant sa rigidité en vérité intouchable. Son désir est d’occuper toujours plus d’espace dans les esprits, pour les asservir à sa propre nature. De là naissent les dictatures des pensées imposées, où la diversité s’efface devant une vérité unique et tyrannique. À l’inverse, toute pensée qui s’ouvre à la pluie des réflexions des autres peut fructifier en une multitude de fleurs, prêtes à être fécondées par d’autres nectars. Elle s’enrichit dans l’échange, s’épanouit dans la diversité, et trouve dans la transformation une source infinie de renouvellement. Ainsi se forgent, à travers le temps, le miel et le poison de la pensée : l’un nourrissant, l’autre destructeur, fruits opposés de ses élans vers la vie ou de son enfermement dans la mort. Tout l'univers est régi par son évolution, et les lois qui le gouvernent sont les leviers de cette horloge où chaque instant est unique, différent de celui qui le précède, et lui-même changeant à chaque battement. Même les constantes de l'univers ne sont là que pour offrir cohésion à cette évolution, permettant à chaque mouvement de s'inscrire dans un cycle perpétuel de transformation. Ainsi, chaque pensée, chaque idée, possède sa propre dynamique, selon qu’elle choisit d’évoluer ou de se figer. Les lois de l’esprit, comme celles de l’univers, ordonnent le mouvement : certaines pensées suivent l’élan du renouveau, tandis que d’autres se laissent capturer dans la rigidité de l’immobilité.
Mebkhout Beghdad

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Ne pars pas

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ne pars pas
J’ai le cœur en hiver
L’oiseau cherche son chemin

Ne pars pas
J’ai le cœur à l’envers
Le monde a perdu l’endroit

Pas maintenant
J’ai le stylo blessé
Un oursin sur ma voix

Je meurs de guerres et de tempêtes
Face aux armes
Le juste n’a pas de droits

Je meurs une radio allumée
Le monde court de travers

Ne pars pas
J’ai le cœur en hiver
L’effroi glace mon sang
Comme une bouffée de mort
J’aspire la radio
Partout guerre et tempête
Le froid gicle en moi

Ne pars pas
Pas maintenant
Je meurs de nouveaux désespoirs
J’ai le stylo blessé
J’ai des rêves d’encre rouge

Va mon fils,
Ne m’attends pas
Ne m’attends plus
Va et marche devant

Aux quatre vents
Je t’ai légué la mort
J’ai cassé la pendule
Et si mon sang se fige
Et s’il n’y a plus d’étoile
Et si l’effroi me glace
J’ai voulu le droit chemin

Marche devant, mon fils
Je t’ai laissé mes cendres
Marche, ne m’attends pas
Ne m’attends plus
Marche et va tout droit
Moi, je ne sais plus rêver
Marche, je n’irai pas plus loin.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Mon chat dit tout :

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 
Mon chat, ce révolutionnaire, pose la question :
Pourquoi les hommes de tête
ont-ils toujours abusé de la cheville ouvrière,
surtout quand elle était jolie ?
 
In "Mon chat dit tout" (recueil d'aphorismes ,à paraître)
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Le voyage de la goutte d'eau

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Au gré des courants et au fil du temps,
bien avant que l'on invente
le jour et la nuit,
goutte d'eau,
prisonnière d'une membrane,
la cellule première
 enfanta la vie,
le temps en avait-il conscience ?

Déjà les tambours battaient
vite, vite
il fallait courir, courir vers l'avenir
manger, manger
muter
manger le vide
prendre place - toute la place
muter, naître
et renaître d'un flux intérieur
dans le crissement de milliards de protozoaires
de cellules à la conquête de l'univers
de trillions de macromolécules germinales
de zygotes, de morulas
filles et fils d'une folie exponentielle
à l'assaut
du ciel et la terre
des ruts de l'infiniment petit
à la guerre des microsomes et des mastodontes
 de la sève et du sang
de la faim et des pulsions aux confluents de l'infini.
Vivre vivre vivre !

J'ai tout oublié de vous,
vous étiez rouges, vous étiez blanches,
protocellulaires et passagères d'un même voyage
dans le ventre ancestral des prémices du vivre
 de la peur et du plaisir.

Rouges, blanches,
mitochondries modulaires informes ou vertébrées,
j'étais là, nous étions là
quand vos cauchemars neuroniques broutaient l'envie d'être
avant même la copulation des anges
quand l'impatience de nourrir le destin
criait ses ambitions
avant que Bonobo ne connaisse Lucie
bien avant que l'homme se nourrisse de crimes.

Enfants du trépas
fils de la généalogie
 rouges, blanches
voyageuses spacio-temporelles
mémoires de chromosomes,
comme la matière de Dieu
vous nous habitiez
dans la filiation des hérédités millénaires
nous offrant le sang de vivre
le repos et la mort.

Dans l'inconscience
cosmique des BIG BANGS
voyageuses millénaires
rouges, blanches
au rythme d'un cœur-tambour
 dans l'antérieur des  infinis
bien avant nous
petite pulsion de vie
un jour
l'œil premier arriva
greffé aux vies premières.

Vous inventiez le verbe
et les pronoms
le je, déjà, jalousait le vous,
rien ne fut plus jamais pareil,
déjà il vous fallait inventer la paix.

JMS

Photo PS

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Notre-Dame

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a si longtemps que j'ai 2000 ans.

Sur la marge des jours,

je suis un vieil homme enchaîné aux milliards de vies qui m'ont précédé,

et à l'usure des heures consacrées aux jours de labeur et à ceux de prières,

au polissage des pierres et du ciel,

aux gestes de ceux qui ont lustré le marbre et sculpté le bois.

J'épouse chaque nom gravé sur un arbre.

Une histoire universelle me parle, me raconte,

je la parcours dans un costume taillé dans l’atome.

Je suis parmi les millénaires

un homme de mémoire infinie que le vent déchire.

 

Doit-on toujours attendre de pleurer

pour faire des couronnes de regrets aux ossuaires disparus ?

 

J'ai 10 000 ans et les doigts pris dans les portières du Temps,

le cœur tordu à savoir l'amour qu'il a fallu à lisser la pierre,

et l'intelligence coutumière du geste qui a levé les tours et les flèches.

J'ai 10 000 ans et l'âme froissée à savoir la passion et la patience

qu'il a fallu aux hommes, pierre après pierre,

coup de burin après coup de burin, sculpture après sculpture,

pour graver le ciel d'une silhouette à la taille de l’immense.

Ils ont ciselé le ciel et la mémoire des hommes.

 

Que l'on m'enlève Notre-Dame-de-Paris et l’Île-de-la-Cité,

que l'on m'enlève Paris, la beauté et la mémoire des siècles,

et je ne serai qu'un balbutiement d'homme en quête de son identité.

 

 

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Extrait de "Derniers paramètres de la conscience" (Essai à paraître)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Quand la raison collective vacille, tout comme l'homme, les sociétés inquiètes doutent et, faute d'avoir les réponses sécurisantes et claires qui leur sont nécessaires, elles développent un stress socio-identitaire qui trop souvent leur fait perdre toute aptitude à la réflexion.
Très vite, leur analyse oublie la nuance. La peur de l'avenir occulte la raison, cède le pas à la caricature, réduit les vrais problèmes, et les limite à un choix binaire. Ne reste que le blanc et le noir. La juste mesure n'a plus sa place, la voix des ultras triomphe de la raison, catégorise les humains. Un fanatisme de groupe sélectionne. Pour certains, les mots tels que Communistes, Athées,  Socialistes, Capitalistes, Religieux, sonnent comme des insultes. Les intégrismes s'arrogent le domaine du bien et diabolisent l'autre. Le phénomène est cyclique, en période de récession, chaque fois la société perd ses perspectives, elle s'agrège à sa peur, se met à disposition de tous les mysticismes, de tous les intégrismes, de toutes les influences. Hélas, souvent, quand le gourou devient roi, des foules subjuguées deviennent le terreau actif d'extrémismes politiques et religieux dévastateurs.
Oui, en période de désarroi, comme un animal blessé, la société développe une pathologie dépressive qui en fait un terrain de chasse, une proie. Cédant à  une pulsion simplificatrice, le ressenti de masse oublie la nécessité de confronter les idées. C'est la chasse au bouc émissaire. L'émigré, le Juif, le Coco et la haine sont au hit parade des subconscients vénéneux, le pétainisme n'est pas plus mort que le nationalisme ethnique ou religieux. Les conditions du vivre ensemble, qui sont la force et la gloire de la laïcité, deviennent, pour certains, obsolètes. Déjà, depuis des décennies, les fêtes chrétiennes de Noël, ou les fêtes laïques du 14 juillet font l'objet d'émeutes. Les influenceurs financés en roubles et pétrodollars fabriquent leurs gourous, le hooliganisme sort des stades, il hante toutes les manifestations de haine, l’humanisme républicain est en berne..
 
JMS Extrait de "Derniers paramètres de la conscience" (Essai à paraître)

 

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Rebond sur un article de Yvi Marlin à propos des couleurs

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'ai vu courir la rue et le son mat du cliquetis des bottes sous un des firmaments éteints. Je ne vois plus l'éclat de la joie. Le bleu profond de l'inquiétude côtoie le gris triste de l'avenir. À trop poudrer la douleur d'un soupçon de ciel, les couleurs mentent. On dit que rien n'est ni noir ni blanc, mais le sang reste rouge quand la haine est une prière. Laissez-moi douter et du noir et du blanc, les larmes n'ont pas de couleur. Quand le bonheur en sera une j'investirai dans la tendresse jusqu'à ce que les murs du futur perdent leurs barreaux. À regarder l'espoir d'un mauvais œil, la vérité fane et le printemps se ride. Et moi, en attendant, que voulez-vous que je vous dise, moi que l'on dit blanc et qui ne le suis pas, moi avec ma peau arc-en-ciel et ses humeurs d'ocre rosée, moi que la peur rend blanc quand je ris jaune, moi que l'âge blanchit et qui vois rouge dans mes colères noires, moi qui préférerais rester transparent dans un monde de haine où chacun cherche un bouc expiatoire, moi qui aime la couleur des frères quand elle s'appelle tolérance et respect. Que voulez-vous que je vous dise ?
 
 
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Présentation de Hillel Saint-Agnès : pseudo d'écriture de Jean-Michel Sananès

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Hillel Saint-Agnès représente une facette de mon écriture, il remplace mon nom : Jean-Michel Sananès poète-romancier,  pour devenir un quêteur de vérités historiques, scrutant et défiant les erreurs de l’Histoire et des mémoires héritées, trop  souvent sélectives et au service d'idéologies identitaires.

Mon livre, "Le chaînon manquant", est une étude où les synagogues de Jésus, que j'appelle "jésusiennes", renaissent de l'oubli. Ici, l’archéologie démontre la présence des disciples de Jésus disparus au VIe siècle éliminés par l'Église Romaine de Paul.

Sous le nom de Hillel Saint-Agnès, j'ai écrit également 2 autres livres.
"Jésus et mes frères, à la lumière des Manuscrits de la Mer Morte", qui visite les courants d'idées et confronte les Évangiles à des écrits similaires mais antérieurs de plus de deux siècles à la naissance de Jésus.
Dans mon essai "Qui a tué Jésus, le procès", écrit sous forme de pièce de théâtre, Jésus se trouve face à des Indiens, esclaves, gitans etc... qui ont été persécutés au nom de sa parole. Joute qui pointe les responsables et d'où le Jésus historique sort innocenté.

Ces trois ouvrages de Hillel Saint-Agnès opposent le Jésus historique à celui forgé par un irrationnel des mémoires millénaires.

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11 novembre

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Poste des Cascades

Souvenir 1914-15

essai

Sur cette photo "Le Poste des Cascades"

 


Un petit coin de France que mon Zouave de Grand-père
Et ses amis étaient venus défendre
 
Combien d’entre eux n'en sont pas revenus ?
 
***
C’était un temps où l’on partait fleur au fusil
C’était un temps
Où pour un pays
 L’on pouvait encore mourir d’amour
 
Combien de peur, de froid, d’attente
Entre l’enfance emportée, le vieil oued
Et l’apprentissage du désespoir
 
Combien de vies
Pour que le retour vienne
 
Grand-père était parti
Sans savoir les tranchées, la misère
Les symphonies du glas
 
Parti, sans se retourner
À l’épaule
 Une maigre besace
Du tabac à priser
Une identité française et des airs d’opéra
 
Au loin, un amour l’attendait
Sur le grand bateau
Il avait chanté la Marseillaise et la chanson des Africains
Au Nord, Verdun l’attendait
 
Il est revenu
À l’épaule
Une maigre besace
Un désespoir furieux
Et la triste joie des survivants
Rien d’autre que la boue et du sang
 
Il savait
Plus rien ne serait comme avant
 
Il savait
La candeur à jamais perdue
L’addition des années, les amis disparus
 
Il savait
Sur les cartes d’État Major
la vie
les hommes
ne pèsent pas lourd
 
Il savait
Chaque tombe
est un clou dans le cœur des vivants.

 

JMS

 

 

 

Publié dans JMS - A paraître

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Orphelin de la lumière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Chercheur d'invisible beauté,
chercheur de l'or des transparences,
vais-je te ressembler ?
 
Quand aux méandres de l’intérieur,
grattant le ciel, encore je caresse le verbe,
la conscience agenouillée supplie mes neurones
de me délivrer une parcelle de céleste,
quand perdu parmi les orphelins de la lumière
le sens interroge l'éternelle Question :
"Pourquoi vivre ? ",
quand à approcher ma raison d’être
je tamise les odeurs du jour
et la frayeur d'être homme
fétu de paille égaré dans l'incertitude des siècles,
quand je me déchire sur les écueils
de la conscience,
qui donc me traverse ?
Qui donc hante la voix qui habite ma raison ?
 
Ego et illusion,
c'est l'ombre qui se met en scène
quand la raison trahit la conscience

 

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