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Trêve - Les lettres de cheval fou - Interludes N° 3 La maison d'ombre

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

La maison d'ombre

Si vous vous sentez à plat, si vous n'êtes plus que l'ombre de vous-même, j'ai trouvé la maison plate qui vous convient, votre ombre peut y entrer seule et de profil, mais si vous êtes ombrageux, refusez-lui de prendre toute la place. Faites-vous tout petit, laissez-la dehors et soyez humble comme un rêve sans lendemain. De la fenêtre, la vue sur la forêt est exceptionnelle quand le loup n'y est pas pour l'envahir de hurlements et de peur.

Photo art conceptuel - Kimio Tsuchiya - Lac de Vassivière


 

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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Trêve - Les lettres de cheval fou - Interludes N° 4

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 Une photo qui m'interroge,

Non, il n'y a là rien de méchant !
Non, l'arbre ne s'est pas pris un coup de tatane.
Non, il a ouvert une porte aux oiseaux et,
je dois dire, cela me botte infiniment,
car si un coup de pompe aurait pu être funèbre,
ou un croquenot* aurait pu avaler son chant,
de même,
un vil brodequin n'aurait pas été grolle du tout !

* Grosse chauss
ure

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Trêve - Les lettres de cheval fou - Interludes N° 3

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Une photo qui m'interroge,
Photogénique ?


Je me déçois énormément
En moi aucune douceur
je suis  ni noir ni blanc
mais que d'ombres !

Qui encore peut parler
de ma beauté intérieure ?

jms 18/12/2024

 

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Trêve - Les lettres de cheval fou - 2

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tu veux
aller au ciel,  
mais le train ne s'y arrête pas,
aller sous terre,
 mais tu n'aimes pas les vers.

Être malin comme un singe ne te sert à rien
alors te voilà en panne,
coincé comme un rat.
Tu voudrais voler comme un oiseau
mais tu restes là sur le quai à regarder passer les heures,
à faire le compte et le décompte
des bonnes et des mauvaises heures.
 Ta vie est une fourmilière un sac à embrouilles
et tu crois avoir le cafard.
Tu as oublié ta faim de loup et d'avenir,
tu te regardes en chien de faïence
mais le miroir est de glace.
Pour tout savoir, tu donnerais ta langue au chat
mais tu as peur qu'il te demande
de ne plus courir le mouton à cinq pattes,
de ne plus faire l'âne à tout vouloir prendre sur toi,
 de ne plus être tête de mule.
Tu échafaudes la tristesse,
te rappelles le temps où tu étais un coq en pâte
et tu en pleures comme une grenouille.
Mais maman n'est plus là
à te conseiller de ne plus être fier comme un paon
alors tu la cherches entre chiens et loups
et tu te souviens de Noël, et de sa dinde.
Comme court le lapin, le jour s'en va,
non, tu n'es pas une poule mouillée
seulement un homme qui a peur.
À trop prendre la mouche et à trop gueuler
quand il faut pépier ou faire l'autruche,
tu t'es jeté dans la gueule de l'ours,
t'es perdu dans un monde de requins.

Mais
tu rebondiras comme bondit le guépard.
Non, ce n'est pas la chouette qui hulotte
mais le réveil qui sonne,
et le soleil qui t'appelle.
Dehors chante le rossignol

jms16/12/2024

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Trêve - Les lettres de cheval fou - 1

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

La page était blanche et froide, rien ne faisait transpirer mon stylo, tous deux s'ignoraient. Alors j'ai remballé, les sourires, les larmes et l'inspiration en grève. J'ai tout compressé, tout remis dans la cartouche de mon stylo, c'était un tir à blanc par un après-midi de soleil, à l'heure de la sieste. C’était un temps à compter les moutons, alors j'ai compté. Compté les silences sonnants et trébuchants, compté sur moi, sur le chant des oiseaux, sur la voix des anges, mais l'encre muette ne s'est désaltérée qu'à mon sommeil.
Je ne rêve plus et la nuit est noire.
JMS

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Trêve de Noël

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Mémoire dyslexique

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Des mots de craie s’effacent
sur les tabliers de l’enfance,
au tableau noir des nuits,
là où les étoiles se perdent,
mes 8 ans encore me font mal.
L'espoir s'y écrasait comme le trait d'encre rouge
qui incendiait le flux violet des maux d'une dictée.
Au  patchwork du bonheur,
j'attendais mon heure,
mais la mémoire restait là,
à écarquiller ses couleurs et à déchirer le noir,
me fallait ouvrir des éclats de jour dans le creux des nuits,
jouer du rêve, inventer un cri pareil
au son des orgues de barbaries
pour y cacher la blessure.
Dehors, le gris d'un bruit de guerre
étouffait le soleil
mais je savais la voix du poème
enfouie dans les déliés d'une plume sergent  major,
et l'avenir à écrire.
Même une main attachée dans le dos
car le bonheur peut s'y cacher,
les rires et mon hirondelle habitaient ma cour,
c’était…
JMS

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Lettre à Mebkhout Beghdad à propos du "Le miel et le poison de la pensée "

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Oui Mebkhout Beghdad, il semble que ce texte, comme nombre de nos écrits, soit d'une même nature tant ces textes naissent de la nécessité de nourrir notre regard non pas de complaisance, d'alliance d'intérêts ou de haines, mais d'une recherche de vérité intégrant le désir de comprendre dans la bienveillance et le respect.
Nul n'échappe au formatage culturel et identitaire qui nous prédétermine, c'est cette glu culturelle que nous devons affiner pour qu'elle ne soit pas poison mais miel.
Vos mots rejoignent ce que je tente d'exprimer dans un essai en cours d'écriture : "Nouveaux paramètres de la conscience". L'engrais de l'unicité ferme la diversité comme l'obscurantisme ferme la lumière. À l'évidence, si nous écrivons d'une même âme, c'est bien parce que depuis l'enfance, nous l'avons choisie, vous nous le précisez dans vos mots : "Nous formions une tribu, unis par des rêves communs, cultivant les mêmes idéaux. C’était plus qu’une camaraderie : c’était une alliance, un serment d’innocence et de solidarité".
L'innocence, n'est pas une utopie, elle est le choix d'une rupture avec la compromission des acquis, et elle est l'ouverture d'une quête de vérités généreuses, condition première du respect et de la fraternisation.
JMS

"Le miel et le poison de la pensée" de Mebkhout Beghdad

Toute pensée qui se fige dans son caractère, incapable d’évoluer, ne respire que ce qui l’engraisse et refuse d’être autre chose qu’elle-même. Elle génère son venin pour se défendre, car tout renouveau la dépouille de sa nature. Elle s’habille du sacré pour interdire toute profanation, érigeant sa rigidité en vérité intouchable. Son désir est d’occuper toujours plus d’espace dans les esprits, pour les asservir à sa propre nature. De là naissent les dictatures des pensées imposées, où la diversité s’efface devant une vérité unique et tyrannique. À l’inverse, toute pensée qui s’ouvre à la pluie des réflexions des autres peut fructifier en une multitude de fleurs, prêtes à être fécondées par d’autres nectars. Elle s’enrichit dans l’échange, s’épanouit dans la diversité, et trouve dans la transformation une source infinie de renouvellement. Ainsi se forgent, à travers le temps, le miel et le poison de la pensée : l’un nourrissant, l’autre destructeur, fruits opposés de ses élans vers la vie ou de son enfermement dans la mort. Tout l'univers est régi par son évolution, et les lois qui le gouvernent sont les leviers de cette horloge où chaque instant est unique, différent de celui qui le précède, et lui-même changeant à chaque battement. Même les constantes de l'univers ne sont là que pour offrir cohésion à cette évolution, permettant à chaque mouvement de s'inscrire dans un cycle perpétuel de transformation. Ainsi, chaque pensée, chaque idée, possède sa propre dynamique, selon qu’elle choisit d’évoluer ou de se figer. Les lois de l’esprit, comme celles de l’univers, ordonnent le mouvement : certaines pensées suivent l’élan du renouveau, tandis que d’autres se laissent capturer dans la rigidité de l’immobilité.
Mebkhout Beghdad

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Ne pars pas

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ne pars pas
J’ai le cœur en hiver
L’oiseau cherche son chemin

Ne pars pas
J’ai le cœur à l’envers
Le monde a perdu l’endroit

Pas maintenant
J’ai le stylo blessé
Un oursin sur ma voix

Je meurs de guerres et de tempêtes
Face aux armes
Le juste n’a pas de droits

Je meurs une radio allumée
Le monde court de travers

Ne pars pas
J’ai le cœur en hiver
L’effroi glace mon sang
Comme une bouffée de mort
J’aspire la radio
Partout guerre et tempête
Le froid gicle en moi

Ne pars pas
Pas maintenant
Je meurs de nouveaux désespoirs
J’ai le stylo blessé
J’ai des rêves d’encre rouge

Va mon fils,
Ne m’attends pas
Ne m’attends plus
Va et marche devant

Aux quatre vents
Je t’ai légué la mort
J’ai cassé la pendule
Et si mon sang se fige
Et s’il n’y a plus d’étoile
Et si l’effroi me glace
J’ai voulu le droit chemin

Marche devant, mon fils
Je t’ai laissé mes cendres
Marche, ne m’attends pas
Ne m’attends plus
Marche et va tout droit
Moi, je ne sais plus rêver
Marche, je n’irai pas plus loin.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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