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À l’autopsie des solitudes

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tu t’es vu grand et tu as épousé ta taille. 
Que faire quand tu te dresses dans ta posture d’icône, 
toi qui, à l’autopsie des solitudes, scrutes le mutisme des êtres perdus. 

Tu t’interroges sur le grain d’univers qui a tracé ta route. 
Que fais-tu, perdu dans le fleuve des non-dits, et si près de l’infini ?
Tu cherches où étancher ta soif. 
Au calendrier des décennales tu poursuis ton âge.
À l’abécédaire des grenouilles tu hésites : 
faut-il coasser ou croître au renouvellement des têtards ?
 Adhérer à l’amicale des batraciens ? 
Hurler contre la dépravation des renoncements ?
Tu voudrais parler à l’âne de service, 
à la police du verbe et aux interdits. 
Et encore tu penses au vieux primate qui sommeille en toi.
Dehors la rue meugle. 
Tu te sens cheval fou et tu voudrais hennir, 
aboyer, miauler, glapir, mais les langues te sont étrangères ; 
des tue-silence s’embusquent, 
ton cri s’efface quand il y a tant de choses à dire.
Alors tu entres dans ta tête et tu marches à reculons, 
tu cherches le sourire des premiers mots, 
ta première larme, ton premier rire, et tu t’interroges : 
pourquoi faut-il toujours marier le rire et la larme,
la vie et la mort, le jour et la nuit, le futur et l’oubli ?
À qui dois-tu offrir tes mots,
 à quelle absurdité, quand rien ne trouve son sens, 
quand toi qui te croyais né pour l’impossible
 et pour dire l’universel, tu n’as que pataugé dans le silence.

Dehors tu cherchais des frères,
 mais une haine sournoise a remonté des profondeurs. 
Il y a tant de lumière tuée dans l’ombre des certitudes,
 tant de hiboux et de chats qu’on a cloués, 
tant de rires enfoncés dans la bouche des bébés, 
de ventres forcés dans l’ineptie des croyances. 

Quelles inquisitions, quels djihad, 
quels crimes faut-il mener pour rencontrer le ciel ?
Que dois-je faire pour sauver l’intelligence des fraternités ?

Viendras-tu avec moi, sans couleurs, sans violences, 
sans autres armes que la main tendue 
et un miroir dans lequel tous les hommes sont tes frères ?

 

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Où es-tu ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Où es tu, toi qui restes près de moi sur une vieille photo ?
Te rappelles tu : nous nous étions promis
du bonheur, du coca, des croquettes. 
Tu prodiguais du ronron à profusion.
 Je t’avais dit : viens, reste près de moi, mon chat. 
Mais une panne de cœur t’a emporté. 
Tu es parti sur trois pattes,
tandis que j’apprenais le voyage en pantoufles. 
Mes mots gardent une vigueur 
A jamais blessée d’une mélancolie 

à l’affût  de notre dernier  rendez vous. 
Oui, j’arriverai en retard. 
Attends moi.

jms8/09/26

 

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Je griffonne des coquilles de mots

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je griffonne des coquilles de mots où les idées s’embusquent,
Je hèle le silence, le secoue,
Happe des carrés d’inquiétude comme un chien affamé.
Des images arrivent qui me parlent d’oiseaux,
d’hommes sans morgue et sans fusils.
Je pense à grand-père qui disait :
"Le bon côté du fusil est toujours celui de la victime,
la poudre et la mort sont d’une même nature,
l’escampette est une recette de vie quand l’imbécile prend les âmes".
Il nous faut vivre de mots à bâtir le bonheur,
nous inquiéter des habitants du chemin,
ne pas hésiter à demander :
"Où vas-tu inconscient,
toi qui portes ta maison sur ton dos,
où vas-tu escargot dans les périls du matin
en cette prairie d’herbe sèche où l’hiver oublie de voyager,
où vas-tu quand la multitude humaine mange la planète ?".
Cette planète, s’appelle-telle encore avenir ?
J’ai déserté le poème et je raccommode un vieux rêve
posé sur la solitude des pierres.
Il y a un clou dans la chaussure de l’aube.
Je cherche le mot qui manque dans le cœur de l'artiste.
S’appellerait-il espoir ?

jms 3/09/2026

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Les fontaines de l'ambition

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Depuis des siècles, les fontaines de l'ambition
paradent aux subversions de l'éthique
Il y a si longtemps que l'ombre a frappé le jour
que les archéologues du rêve sondent l'impuissance
Pourtant un jour se soulèveront les consciences
je cherche la lumière blottie
le gazouillis de l’enfant à venir et le soupir qui se fera joie
JMS 2/09/26
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Parce que le vent le sait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Un jour je serai ce silence
Posé sur un arbre
Une peur oubliée sur un chemin délaissé
Un cri bâillonné qui veut sortir de son trou
Un chant qui veut retrouver son chemin
Un jour je serai celui qui sait
Que la vie tue moins que le silence
Un jour je glapirai, plus fort que les rumeurs
Les mots vrais que l'indifférence assassine
Un jour je serai ce cri sorti des gisants de l'encre
Une voix qui traverse le miroir
Pour retrouver son âme
Une ombre en relief
Qui me ressemble

jms 21/6/2016

 

 

 

Publié dans JMS - A paraître

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Croiser l'Infini

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

*
Parcourir l’étonnement d’un regard,
entrer dans un coin de jardin
comme on entre dans le cosmos.
Dans la clarté du matin,
découvrit la fleur aux couleurs fuchsia
mini galaxie dans l’explosion des lumières,
fragment d’étoile tombé sur la terre.
Pourquoi cette beauté ?
Pour qui cette architecture ?
Pour quel regard avant que l’homme n’existe,
avant que n’arrive l’indifférence au sacré du monde,
avant que ne viennent des passants
d’une éternité silencieuse ?

Homme, toi qui te crois destinataire
des architectures du cosmos,
qui crois que l’étoile brille pour toi,
que la fleur t’offre sa couleur,
que l’animal t’appartient,
que tu peux couper, prendre, posséder,
que sais-tu du regard premier,
toi qui n’es qu’une vibration parmi d’autres,
une particule consciente dans l’infini du vivant ?

Toi qui oublies que le virus
peut renverser ton empire,
qui ne sais que dans l’infini et dans le minuscule
se cachent des univers, des forces invisibles 
plus anciennes que tes dieux,
apprendras-tu la cohabitation avec la vie,
avec le chant des fleurs,
le bruissement des feuilles, 
le bavardage des oiseaux,
et tout ce qui respire, 
pulse, vibre, dans l’immense ?

La croyance t’extirpe du Tout,
elle te fait oublier que nous ne sommes qu’un regard,
une poussière consciente, un souffle dans la matière.
Mais nous ne sommes qu’une particule du Grand Tout,
aussi fragile que la feuille des arbres
qui tombe pour laisser place à autre chose.
Nous sommes une part de la matière,
une étincelle dans l’univers vivant,
une production de la lumière,
un instant du cosmos qui se cherche dans l’infini.

*

 

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La vie sans paillasson ou l’enfant suicidaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Quand mars fut venu
funambule aux clairières du non être
j'hésitais


Minuscule fagot cellulaire
à peine lié à un souffle de vie
je m'attendais


Sans essuyer mes rêves au paillasson des étoiles
j'ai replié la nuit
fermé l'ailleurs
sans clef, sans certitude
j'ai ouvert la vie
et le bruit est venu


Mon premier mot fut un cri sans larme
un effroi
une attente de nuits éternelles
et de soleils vagabonds
entre le sel et les herbes amères
aux encornures du vacarme
je découvrais le jour
et les frontières de la raison


Précocement, j'appris la larme funambule
et les soubresauts de la douleur


De loin
j'imaginais une mère en rires
les frissons torsadés de l'amour
des clairs de joies sous des cascades de lune
De loin
J'imaginais l'innocence du bonheur
dans les ailleurs du monde
Déjà
à l'ombre hachurée des persiennes
je me disais : n'aie pas peur du voyage
avant de vivre tu as déjà connu la mort
J'étais l'enfant du noir espoir
l'adolescent du non espoir


Comme des larmes de mère
l'épine du devoir
enfermait ma vie
funambule du vivre
dans l'odeur du néant
je creusais l'hiver pour en extraire le soleil
j'attendais que passe le jour
je cherchais le jardin des âmes


Sur fond de mort
sur fond de guerre
j'attendais que la vie se lasse


Dans l'hiver algérien j'écoutais Lorca
je cherchais le sens
j'attendais que les jours passent
j'attendais
je cherchais à être


On ne vit pas sans s'attendre
je m'attendais


Et si, de ce passage ici, il reste quelque chose
je ne veux emporter que la lumière d'un rire.
Au paillasson des étoiles, j'essuierai mes peines.

 

JMS - in "Derniers délires avant inventaire" 

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Derniers paramètres de la conscience

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Retour

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Me revoilà
Si mon absence a été partiellement due à une panne d’ordinateur, depuis quelques mois je me suis surtout livré à une excursion intérieure. J’ai affirmé ma vocation de spéléologue du voyage intérieur, d’explorateur de la Question, de ce que depuis longtemps, dans ma poésie, je nomme le Mystère majuscule.
Un étrange besoin s’est saisi de moi : que se tient-il de l’autre côté des apparences ?
Désolé si, à cette interrogation, je ne peux donner le nom de dieu ; si je ne parviens pas à réduire cette infinie question à l’image d’un petit enfant posé sur les genoux d’une dame ou croire que notre univers et notre Terre seraient nés en six jours, juste avant l’arrivée d’un grand-père universel, cet Adam trop curieux ou trop gourmand qui aurait cédé au fruit défendu.
Désolé aussi pour ceux que cela pourrait choquer si je qualifie de démences consenties toutes les soumissions aux mythologies du sacré et aux cosmologies explicatives.
Sur la cosmo-route des savoirs, en quête de possibles et de certitudes, je me suis appuyé sur la physique. Dans ce dernier essai, « Derniers paramètre de la conscience », j’ai parcouru le chemin qui va de l’instant zéro de notre univers : du Big Bang à la lumière, de la lumière aux particules et des particules à l’atome qui, en structurant ses architectures et ses géométries, ouvre les formes primaires et essentielles. Dans leur périple, de la rencontre de l’hydrogène et de l’oxygène devenus eau, naitront les vies primitives. 
Je les ai suivies jusqu’à ce que, au fil de milliers de millénaires, elles engendrent l’animal — et ce que mon essai nomme l’homnimal. Cet être primaire, mû par ses nécessités de survivre, de procréer, de dominer, de posséder… jusqu’au jour où, par le mot, il dépasse l’image, devient porteur d’intangibles ressentis, et entrouvre la porte de la conscience.

jms

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