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Dans l’épaisseur de l’absence

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans l’épaisseur de l’absence,
je m’assois près de vous,
j'écoute crépiter les voix du silence et des siècles.

Où es-Tu toi qui portes le regret des pères,
l’archivage des naissances,
la rumeur des disparus ?

Dans le sucre noir des nuits je cherche à tâtons,
aucune lune ne criera plus haut
que la plainte des Andalous.
Je sais Tolède par cœur et par naissance,
je sais le voyage du vent
et l’insolence du papillon qui mesure l’éternité.
Je sais tant de larmes jamais séchées,
tant de haines inculquées,
la méthodicité appliquée du meurtre.
J’ai rejoint l’Indien et le Huguenot,
y a-t-il des cimetières célestes ?

Je me suis assis près vous dans le noir des silences,
j’attends  que la mémoire se lève
emplie de vos mots et du chagrin des enfants.
Je suis l’enfant des hommes mêlés,
le sang sans vengeance
qui demande justice 
au crucifix des silences et des mémoir
e

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Coup de geule : NI RETRAITÉS, NI PRÉCAIRES

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je suis fatigué de voir des responsables politiques se dire “au service de la France”, tout en se mettant au service de partis qui oublient une partie du pays. Fatigué de les voir agir avec sincérité, mais sans comprendre la mécanique réelle de nos institutions. Faute d’analyse, ils tentent de faire coïncider leurs idées avec ce qu’ils imaginent être les nécessités nationales, en rejouant indéfiniment la gauche contre la droite.
Il suffirait pourtant de regarder la réalité économique.
Nous ne sommes plus en 1945, lorsque le Gouvernement provisoire puis le gouvernement de Charles de Gaulle et la SFIO ont fixé les règles fiscales. À l’époque, le système était cohérent : la richesse dépendait du nombre de travailleurs, et les cotisations sociales reposaient sur une base large — petits commerces, paysannerie, artisanat, industrie dense en main-d’œuvre.
Mais la France a changé, pas les lois. Les petits commerces ont disparu, remplacés par une grande distribution qui concentre les flux financiers mais pas les emplois. L’industrie s’est automatisée et délocalisée, déportant emplois et profits vers des niches et paradis fiscaux. La paysannerie s’est mécanisée. Les profits financiers ont pris le relais, mais ils ne contribuent presque pas au financement social.

Depuis les années 1960, les chiffres sont sans appel :
le PIB a été multiplié par 10,
la masse salariale seulement par 7,5,
les salaires dans le PIB sont passée de 56
% à 42 %.

La richesse a explosé, mais la base de cotisation — le nombre de cotisants — s’est effondrée. Et pourtant, les prélèvements sociaux restent indexés sur le travail, comme si la France de 1945 existait encore.
Le résultat est mathématique : en reposant sur une base réduite, le financement social ne suit plus l’arithmétique de la richesse nationale.

L’aberration est visible dans les chiffres :
- un petit commerce (300 000 € de Chiffre d’Affaires) consacre 33 % de son activité au social, 
- un supermarché (1500 000 €) n’en consacre que 10 %
- un hypermarché (6 000 000 €) seulement 7,5 %.

Le poids des charges est trois à quatre fois plus lourd pour ceux qui créent l’emploi que pour ceux qui captent les flux financiers, souvent en profitant de positions dominantes et d’importations de pays à bas salaires.

À l’évidence, le système social français est financé par ceux qui ont numériquement disparu, sans la contribution de ceux qui ont pris leur place. Tant que les responsables politiques ne comprendront pas cette rupture fondamentale — la rupture entre PIB et prélèvements sociaux — ils continueront à bricoler des réformes qui ne touchent jamais le cœur du problème.
Les dernières propositions, qui consistent à taxer les vieux et les démunis, n’apporteront rien.
La seule réforme cohérente consiste à sortir le financement du social de la masse salariale pour le transférer vers le chiffre d’affaires.

Une TVA sociale, accompagnée d’un soutien aux petits revenus, permettrait :
- de ne plus pénaliser l’emploi dans le petit commerce ;
- de taxer  aussi les produits importés ;
- de faire contribuer tout ce qui est vendu, y compris le profit spéculatif ;
- sans pénaliser l’exportation, puisqu’elle en est exonérée.

Ce n’est pas une révolution idéologique : c’est une mise à jour comptable.
Le social doit être financé par la richesse produite, pas seulement par les salaires.

Une telle mutation sécuriserait le petit commerce, porteur de l’emploi de masse, et rétablirait enfin une justice fiscale adaptée à l’économie réelle.

JMS 15-09-26

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À l’autopsie des solitudes

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tu t’es vu grand et tu as épousé ta taille. 
Que faire quand tu te dresses dans ta posture d’icône, 
toi qui, à l’autopsie des solitudes, scrutes le mutisme des êtres perdus. 

Tu t’interroges sur le grain d’univers qui a tracé ta route. 
Que fais-tu, perdu dans le fleuve des non-dits, et si près de l’infini ?
Tu cherches où étancher ta soif. 
Au calendrier des décennales tu poursuis ton âge.
À l’abécédaire des grenouilles tu hésites : 
faut-il coasser ou croître au renouvellement des têtards ?
 Adhérer à l’amicale des batraciens ? 
Hurler contre la dépravation des renoncements ?
Tu voudrais parler à l’âne de service, 
à la police du verbe et aux interdits. 
Et encore tu penses au vieux primate qui sommeille en toi.
Dehors la rue meugle. 
Tu te sens cheval fou et tu voudrais hennir, 
aboyer, miauler, glapir, mais les langues te sont étrangères ; 
des tue-silence s’embusquent, 
ton cri s’efface quand il y a tant de choses à dire.
Alors tu entres dans ta tête et tu marches à reculons, 
tu cherches le sourire des premiers mots, 
ta première larme, ton premier rire, et tu t’interroges : 
pourquoi faut-il toujours marier le rire et la larme,
la vie et la mort, le jour et la nuit, le futur et l’oubli ?
À qui dois-tu offrir tes mots,
 à quelle absurdité, quand rien ne trouve son sens, 
quand toi qui te croyais né pour l’impossible
 et pour dire l’universel, tu n’as que pataugé dans le silence.

Dehors tu cherchais des frères,
 mais une haine sournoise a remonté des profondeurs. 
Il y a tant de lumière tuée dans l’ombre des certitudes,
 tant de hiboux et de chats qu’on a cloués, 
tant de rires enfoncés dans la bouche des bébés, 
de ventres forcés dans l’ineptie des croyances. 

Quelles inquisitions, quels djihad, 
quels crimes faut-il mener pour rencontrer le ciel ?
Que dois-je faire pour sauver l’intelligence des fraternités ?

Viendras-tu avec moi, sans couleurs, sans violences, 
sans autres armes que la main tendue 
et un miroir dans lequel tous les hommes sont tes frères ?

 

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Où es-tu ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Où es tu, toi qui restes près de moi sur une vieille photo ?
Te rappelles tu : nous nous étions promis
du bonheur, du coca, des croquettes. 
Tu prodiguais du ronron à profusion.
 Je t’avais dit : viens, reste près de moi, mon chat. 
Mais une panne de cœur t’a emporté. 
Tu es parti sur trois pattes,
tandis que j’apprenais le voyage en pantoufles. 
Mes mots gardent une vigueur 
A jamais blessée d’une mélancolie 

à l’affût  de notre dernier  rendez vous. 
Oui, j’arriverai en retard. 
Attends moi.

jms8/09/26

 

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Je griffonne des coquilles de mots

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je griffonne des coquilles de mots où les idées s’embusquent,
Je hèle le silence, le secoue,
Happe des carrés d’inquiétude comme un chien affamé.
Des images arrivent qui me parlent d’oiseaux,
d’hommes sans morgue et sans fusils.
Je pense à grand-père qui disait :
"Le bon côté du fusil est toujours celui de la victime,
la poudre et la mort sont d’une même nature,
l’escampette est une recette de vie quand l’imbécile prend les âmes".
Il nous faut vivre de mots à bâtir le bonheur,
nous inquiéter des habitants du chemin,
ne pas hésiter à demander :
"Où vas-tu inconscient,
toi qui portes ta maison sur ton dos,
où vas-tu escargot dans les périls du matin
en cette prairie d’herbe sèche où l’hiver oublie de voyager,
où vas-tu quand la multitude humaine mange la planète ?".
Cette planète, s’appelle-telle encore avenir ?
J’ai déserté le poème et je raccommode un vieux rêve
posé sur la solitude des pierres.
Il y a un clou dans la chaussure de l’aube.
Je cherche le mot qui manque dans le cœur de l'artiste.
S’appellerait-il espoir ?

jms 3/09/2026

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Les fontaines de l'ambition

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Depuis des siècles, les fontaines de l'ambition
paradent aux subversions de l'éthique
Il y a si longtemps que l'ombre a frappé le jour
que les archéologues du rêve sondent l'impuissance
Pourtant un jour se soulèveront les consciences
je cherche la lumière blottie
le gazouillis de l’enfant à venir et le soupir qui se fera joie
JMS 2/09/26
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Parce que le vent le sait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Un jour je serai ce silence
Posé sur un arbre
Une peur oubliée sur un chemin délaissé
Un cri bâillonné qui veut sortir de son trou
Un chant qui veut retrouver son chemin
Un jour je serai celui qui sait
Que la vie tue moins que le silence
Un jour je glapirai, plus fort que les rumeurs
Les mots vrais que l'indifférence assassine
Un jour je serai ce cri sorti des gisants de l'encre
Une voix qui traverse le miroir
Pour retrouver son âme
Une ombre en relief
Qui me ressemble

jms 21/6/2016

 

 

 

Publié dans JMS - A paraître

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Croiser l'Infini

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

*
Parcourir l’étonnement d’un regard,
entrer dans un coin de jardin
comme on entre dans le cosmos.
Dans la clarté du matin,
découvrit la fleur aux couleurs fuchsia
mini galaxie dans l’explosion des lumières,
fragment d’étoile tombé sur la terre.
Pourquoi cette beauté ?
Pour qui cette architecture ?
Pour quel regard avant que l’homme n’existe,
avant que n’arrive l’indifférence au sacré du monde,
avant que ne viennent des passants
d’une éternité silencieuse ?

Homme, toi qui te crois destinataire
des architectures du cosmos,
qui crois que l’étoile brille pour toi,
que la fleur t’offre sa couleur,
que l’animal t’appartient,
que tu peux couper, prendre, posséder,
que sais-tu du regard premier,
toi qui n’es qu’une vibration parmi d’autres,
une particule consciente dans l’infini du vivant ?

Toi qui oublies que le virus
peut renverser ton empire,
qui ne sais que dans l’infini et dans le minuscule
se cachent des univers, des forces invisibles 
plus anciennes que tes dieux,
apprendras-tu la cohabitation avec la vie,
avec le chant des fleurs,
le bruissement des feuilles, 
le bavardage des oiseaux,
et tout ce qui respire, 
pulse, vibre, dans l’immense ?

La croyance t’extirpe du Tout,
elle te fait oublier que nous ne sommes qu’un regard,
une poussière consciente, un souffle dans la matière.
Mais nous ne sommes qu’une particule du Grand Tout,
aussi fragile que la feuille des arbres
qui tombe pour laisser place à autre chose.
Nous sommes une part de la matière,
une étincelle dans l’univers vivant,
une production de la lumière,
un instant du cosmos qui se cherche dans l’infini.

*

 

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La vie sans paillasson ou l’enfant suicidaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Quand mars fut venu
funambule aux clairières du non être
j'hésitais


Minuscule fagot cellulaire
à peine lié à un souffle de vie
je m'attendais


Sans essuyer mes rêves au paillasson des étoiles
j'ai replié la nuit
fermé l'ailleurs
sans clef, sans certitude
j'ai ouvert la vie
et le bruit est venu


Mon premier mot fut un cri sans larme
un effroi
une attente de nuits éternelles
et de soleils vagabonds
entre le sel et les herbes amères
aux encornures du vacarme
je découvrais le jour
et les frontières de la raison


Précocement, j'appris la larme funambule
et les soubresauts de la douleur


De loin
j'imaginais une mère en rires
les frissons torsadés de l'amour
des clairs de joies sous des cascades de lune
De loin
J'imaginais l'innocence du bonheur
dans les ailleurs du monde
Déjà
à l'ombre hachurée des persiennes
je me disais : n'aie pas peur du voyage
avant de vivre tu as déjà connu la mort
J'étais l'enfant du noir espoir
l'adolescent du non espoir


Comme des larmes de mère
l'épine du devoir
enfermait ma vie
funambule du vivre
dans l'odeur du néant
je creusais l'hiver pour en extraire le soleil
j'attendais que passe le jour
je cherchais le jardin des âmes


Sur fond de mort
sur fond de guerre
j'attendais que la vie se lasse


Dans l'hiver algérien j'écoutais Lorca
je cherchais le sens
j'attendais que les jours passent
j'attendais
je cherchais à être


On ne vit pas sans s'attendre
je m'attendais


Et si, de ce passage ici, il reste quelque chose
je ne veux emporter que la lumière d'un rire.
Au paillasson des étoiles, j'essuierai mes peines.

 

JMS - in "Derniers délires avant inventaire" 

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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