Trêve - Les lettres de cheval fou - 2
Tu veux
aller au ciel,
mais le train ne s'y arrête pas,
aller sous terre,
mais tu n'aimes pas les vers.
Être malin comme un singe ne te sert à rien
alors te voilà en panne,
coincé comme un rat.
Tu voudrais voler comme un oiseau
mais tu restes là sur le quai à regarder passer les heures,
à faire le compte et le décompte
des bonnes et des mauvaises heures.
Ta vie est une fourmilière un sac à embrouilles
et tu crois avoir le cafard.
Tu as oublié ta faim de loup et d'avenir,
tu te regardes en chien de faïence
mais le miroir est de glace.
Pour tout savoir, tu donnerais ta langue au chat
mais tu as peur qu'il te demande
de ne plus courir le mouton à cinq pattes,
de ne plus faire l'âne à tout vouloir prendre sur toi,
de ne plus être tête de mule.
Tu échafaudes la tristesse,
te rappelles le temps où tu étais un coq en pâte
et tu en pleures comme une grenouille.
Mais maman n'est plus là
à te conseiller de ne plus être fier comme un paon
alors tu la cherches entre chiens et loups
et tu te souviens de Noël, et de sa dinde.
Comme court le lapin, le jour s'en va,
non, tu n'es pas une poule mouillée
seulement un homme qui a peur.
À trop prendre la mouche et à trop gueuler
quand il faut pépier ou faire l'autruche,
tu t'es jeté dans la gueule de l'ours,
t'es perdu dans un monde de requins.
Mais
tu rebondiras comme bondit le guépard.
Non, ce n'est pas la chouette qui hulotte
mais le réveil qui sonne,
et le soleil qui t'appelle.
Dehors chante le rossignol
jms16/12/2024