Mémoire dyslexique
Des mots de craie s’effacent
sur les tabliers de l’enfance,
au tableau noir des nuits,
là où les étoiles se perdent,
mes 8 ans encore me font mal.
L'espoir s'y écrasait comme le trait d'encre rouge
qui incendiait le flux violet des maux d'une dictée.
Au patchwork du bonheur,
j'attendais mon heure,
mais la mémoire restait là,
à écarquiller ses couleurs et à déchirer le noir,
me fallait ouvrir des éclats de jour dans le creux des nuits,
jouer du rêve, inventer un cri pareil
au son des orgues de barbaries
pour y cacher la blessure.
Dehors, le gris d'un bruit de guerre
étouffait le soleil
mais je savais la voix du poème
enfouie dans les déliés d'une plume sergent major,
et l'avenir à écrire.
Même une main attachée dans le dos
car le bonheur peut s'y cacher,
les rires et mon hirondelle habitaient ma cour,
c’était…
JMS