Trêve - Les lettres de cheval fou - 1
La page était blanche et froide, rien ne faisait transpirer mon stylo, tous deux s'ignoraient. Alors j'ai remballé, les sourires, les larmes et l'inspiration en grève. J'ai tout compressé, tout remis dans la cartouche de mon stylo, c'était un tir à blanc par un après-midi de soleil, à l'heure de la sieste. C’était un temps à compter les moutons, alors j'ai compté. Compté les silences sonnants et trébuchants, compté sur moi, sur le chant des oiseaux, sur la voix des anges, mais l'encre muette ne s'est désaltérée qu'à mon sommeil.
Je ne rêve plus et la nuit est noire.
JMS