Immenses et fragiles
Immenses et fragiles
les mots
ces papillons fous
que la lumière des âmes enferme sur un papier
et que l’oubli jette au feu.
JMS
Aucune nuit n'est plus large que le rêve
Immenses et fragiles
les mots
ces papillons fous
que la lumière des âmes enferme sur un papier
et que l’oubli jette au feu.
JMS
Toutes certitudes en avant
Va loin, aime grand
Rêve l’IMMENSE
Partage, creuse ton cœur
Fais le voyage intérieur
Tends ta main, ouvre ta voix
Dis le bonheur
Cherche
Et trouve
Je suis venu
cheval fou aux portes du monde
toutes certitudes à l’horizon.
Je me suis cabré, j’ai trépigné
dans les insomnies du réel.
Je me croyais licorne ailée
je vous appelais amis
je vous voulais famille.
De l'enfance à l'exil
des palmiers aux peupliers
de bien malin à qui pleurera le dernier
de plein soleil à peine perdue
je T’ai cherché
Toutes certitudes en avant
j’ai marché, bûché, trébuché
couru dans les rivières du temps
traversé les corridors de la désillusion.
Va loin
Aime grand
Rêve l’IMMENSE
M'avais-Tu dis
Encore je m’en souviens
Je marche face au passé
encore je cours à l’envers
encore je rêve, je bute, trébuche
encore je Te piste
encore je Te cherche.
Cheval fourbu sur les toboggans du vent
je vais plein cap sur de vieux rêves
je rame à contre-courant.
Cheval d’enfance perdue
je marche face au passé.
Cheval mémoire, je marche face à moi.
Cheval éreinté, je vais face à Toi.
Je vole ailes attachées
comme une chrysalide.
Je vole comme un oiseau à la ramure blessée.
Je traverse l’attente.
Je cours, je vais, comme on devient.
Encore je Te rêve.
Ouvre tes mains, tes bras
Partage, creuse ton cœur
Fais le voyage intérieur
Va loin, rêve l’IMMENSE
Aime grand, disais-Tu
J’ai été aussi loin que le vent
j’ai rêvé aussi grand que l’immense
j’ai aimé plus fort que le silence
j’ai ouvert mes bras plus large que l’espérance
j’ai fait le voyage intérieur
plus profond que la désespérance.
Je ne T’ai pas trouvé.
Encore, cheval fourbu
je Te piste, Te cherche.
Encore je rêve, je bute, je trébuche
je cours à l’envers
je traverse l’attente
je deviens, je m’efface.
Partage
Creuse ton cœur
Fais le voyage intérieur
Ouvre ta voix
Dis le bonheur
Avait dit Grand-Père
Quand je m’en retournerai
empli de rêves fermés
usé d’avoir aimé trop grand
usé d’avoir trop grand ouvert
mes mains, mes bras,
désespéré d’avoir trop fréquenté l’Absence
le présent ne posera plus problème.
jms in Dieu le Silence et moi
ISBN : 978-2-84954-132-6 ©/Éditions Chemins de Plume
Seul un calice rempli de larmes
a l’éloquence du discours
quand il parle de la grandeur humaine.
Qui donc encore a conscience
de l'opulence indécente
quand des enfants meurent de faim ?
Je sais que "beauté" est un mot païen
qui se décline en cris de cœur.
Je viens de la lumière intérieure du verbe et des choses.
Je viens d’une lumière originelle
que la matière cache à l’insignifiance de l’œil humain.
Je viens de la lumière matrice
qui articule l’atome pour donner la vie.
Je viens d’un seigneur de sang lointain.
Je viens de mes pères et du chemin.
Je sais l’impertinence de la conscience
dans un monde de calcul.
Je sais l’indispensable mutation
et le retour à la lumière.
Je sais que la Beauté est toujours une prière.
JMS
Vient de paraître au Québec aux Editions Trois-Pistoles dirigées par Victor Levy-Beaulieu
Jean-Marc La Frenière
La matière du monde
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Le temps me tire par le cou vers un bosquet de mots, les images perdues, une vision de veille, une forêt de sons. Les jours passent en quêteux. Les bêtes se relèvent dans l’orgueil du cri. La route autour du monde n’était qu’une chimère. La pluie dénoue ses doigts dans les sources taries. La seule ligne infinie est pointillée de mots. J’y cherche un peu d’espoir. Les fleurs gonflées d’orgueil ont bu toute la soif. Les rendez-vous d’amour ont dévoré les heures sans cracher les pépins. Ce n’est pas moi qui marche, c’est la route qui lève, la neige qui salue, le soleil qui pleure. Jean-Marc La Frenière |
France 3, ou de l’irresponsabilité des medias à la valorisation et, pourquoi pas, à la promotion du crime !
A propos de l’émission "Affaire Merah, itinéraire d'un tueur"
Chaque jour, je suis choqué de voir la télévision nous offrir des modes d’emploi utiles à la fabrication d’une bombe, de la voir divulguer des informations qui peuvent renseigner des malfaiteurs ou des criminels sur l’avancée d’enquêtes policières. Chaque jour je m'indigne lorsqu’elle montre des visages et des lieux, au risque de transformer en cible des opposants à des fanatiques. De même, je ne comprends pas que la télévision puisse révéler des projets confidentiels, mettant en péril la vie de nos soldats ou d’otages.
La question se pose : les journalistes sont-ils responsables des conséquences de leurs actes ?
Certes, France 3 n’est pas seule à se trouver prise au jeu d’une information avide de sensationnel et de mort. Pour autant, Monsieur le président de France 3 et vous Messieurs les journalistes de tous bords, vous démontrez chaque jour que le crime vous passionne plus que la douleur des hommes, vous êtes des marchands de "scoops", vous spéculez sur l’ignoble, votre nourriture la plus demandée c’est la mort. Et vous en réclamez toujours plus. Votre terrain de prédilection c’est le morbide. Vous êtes davantage enclins à promouvoir la violence que la poésie ! Ce qu’il peut y avoir de fraternel et de beau dans les quartiers et dans le monde, ne vous intéresse pas.
Ce n’est pas seulement de votre faute, Messieurs, l’audimat et les concepteurs de programmes vous y engagent, et hélas, vous épousez si bien votre rôle que vous finissez par ressembler à vos œuvres. Les faits ne vous suffisent plus, il vous faut en rajouter, certes avec le tact nécessaire de tous ceux qui s’en défendent, mais qui ne sont pourtant que des propagateurs de haine.
Alors, Messieurs, à vos micros et caméras, donnez audience à l’abject : le crime vous appartient.
Le documentaire "Affaire Merah, itinéraire d'un tueur", que vous programmez avec pour invités des admirateurs du crime raciste, telles Souad Merah, et sa mère Zoulikha Merah, contribuera à la mise au grand jour d’une idéologie et, je le crains sera au mieux, l’exaltation malsaine du voyeurisme le plus morbide, au pire, un podium pour le djihad. Je ne sais quel but vous servez quand vous offrez à des partisans de la guerre intercommunautaire et du crime religieux, la possibilité de redimensionner et de justifier cette série de meurtres bestiaux. J’éprouve, devant cette programmation, le même malaise que j’aurais eu à voir des supporters pédophiles, amis de Dutroux, narrer le supplice de ses victimes à la télévision, explicitant que certains crimes sont innocents.
Le salaire de votre voyeurisme prendra-t-il un jour en compte la souffrance des parents, des frères, des amis, des suppliciés ?
Cependant, Messieurs les programmateurs, vous arrivez trop tard, au rayon de l’odieux vous avez loupé Staline, Himmler et pas mal d'autres, alors consolez-vous avec la mauvaise soupe que vous nous servez, moi je continuerai à écrire contre le crime et la douleur des hommes.
Jean-Michel Sananès
Vice-président SOS Racisme 06