Croiser l'Infini
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Parcourir l’étonnement d’un regard,
entrer dans un coin de jardin
comme on entre dans le cosmos.
Dans la clarté du matin,
découvrit la fleur aux couleurs fuchsia
mini galaxie dans l’explosion des lumières,
fragment d’étoile tombé sur la terre.
Pourquoi cette beauté ?
Pour qui cette architecture ?
Pour quel regard avant que l’homme n’existe,
avant que n’arrive l’indifférence au sacré du monde,
avant que ne viennent des passants
d’une éternité silencieuse ?
Homme, toi qui te crois destinataire
des architectures du cosmos,
qui crois que l’étoile brille pour toi,
que la fleur t’offre sa couleur,
que l’animal t’appartient,
que tu peux couper, prendre, posséder,
que sais-tu du regard premier,
toi qui n’es qu’une vibration parmi d’autres,
une particule consciente dans l’infini du vivant ?
Toi qui oublies que le virus
peut renverser ton empire,
qui ne sais que dans l’infini et dans le minuscule
se cachent des univers, des forces invisibles
plus anciennes que tes dieux,
apprendras-tu la cohabitation avec la vie,
avec le chant des fleurs,
le bruissement des feuilles,
le bavardage des oiseaux,
et tout ce qui respire,
pulse, vibre, dans l’immense ?
La croyance t’extirpe du Tout,
elle te fait oublier que nous ne sommes qu’un regard,
une poussière consciente, un souffle dans la matière.
Mais nous ne sommes qu’une particule du Grand Tout,
aussi fragile que la feuille des arbres
qui tombe pour laisser place à autre chose.
Nous sommes une part de la matière,
une étincelle dans l’univers vivant,
une production de la lumière,
un instant du cosmos qui se cherche dans l’infini.
*