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8 ans plus tard

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le temps nous porte 
me porte et nous emporte.
Sur une vieille photo et une décennie
un visage disparu 
porte à jamais fermée  
qui ouvre une écharde de lucidité.

Je ne sais pas si j'aurai le temps d'assumer mes chagrins
le temps de voir renaître l'espoir
de donner un sourire à l'amour
mais déjà je sais qu'être un homme
 c'est aller au bout de sa désillusion 
sans jamais perdre espoir
sans peur d'aimer sans retour.

JMS - 8 ans plus tard, avec une pensée pour Pascal.

Facebook : image souvenir - Printemps des Poètes à Saint Jean Cap Ferrat

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L'impuissance n'a jamais raison.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans la clameur d'une quiétude oubliée
il a vu la colère du vent 
et mon camélia lui donner
les derniers pétales 
rouge-sang de l'hiver

Là-bas où les hommes 
agitent leurs haines et leur droit de vivre
la guerre se joue 
des chants d'oiseau et du silence des morts

L'impuissance n'a jamais raison.

JMS

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Un jour, je me cacherai

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À l'arrachement des larmes,
j’ai éventré mon cœur,
creusé l’écume de l’apparence
jusqu’au nid du mensonge,
ouvert la nuit et éborgné l’étoile du matin.

La nuit est si vaste
que je ne suis pas sûr
d’avoir envie d’attendre le jour.

La colombe est partie,

je cherche l’écho du rire
dans l’affirmation des fraternités.

Chaque jour, je renais
et meurs de mes désespoirs.
Chaque jour, le ciel est de fer,
je bombe , je tombe, tu meurs.

L'espoir est une balle,
un crime qui emporte le soldat.

Un jour, je me cacherai,
 dans cet incognito des espaces
où, dans l’écho de Ton absence,
le verbe s'use,
à en rétrécir l’infini.

Le doute et la tombe nous séparent.
Je n’ai pas d’ennemis,
qui donc trace ces frontières
où la déchirure est si rouge ?

Qui es-Tu,
Toi qui m’emportes
dans l’hémorragie des jours ?
Toi,
qui n’es pas venu ?

JMS

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L'eau de mes larmes

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 J'ai chevauché le psaume et l'utopie
J'ai tué mon Dragon Noir
C'était hier, c'était jamais
Je ne vis ni ne meurs pour passer le temps
Je jappe à la quiétude des chiens
Me reste trois arpents et d'incertaines décennies.

Je rêve je résiste et me bats
Je vis encore en altitude
Je règne en sud mémoire
C'était demain, c'était hier
La tour rebelle n'est jamais assez haute
Je tire à l'encre noire
L'eau de mes larmes ne lave rien
Ils ont cerné l'espoir ils ont trahi le rêve
Les bruits qui courent me pourchassent
Demain je partirais.

C'était jamais, c'était peaux de chagrin, c'était hier
J'ai chevauché le psaume et l'utopie
Je parle aux colombes et j'appelle l'enfance
Je ne crie ni ne pleure pour passer ma vie
Je brode la douleur à mes armes
Je suis le prince de mon royaume
J'ai tué mon Dragon Noir
Je jappe à la quiétude des chiens
Me reste trois arpents et d'incertaines décennies.

Aux bruits qui courent, mes mots sont folie
Du haut de ma tour, ma fureur ne retient plus le sable
Je sème dans le désert
D'un revers de vie, je tourne les sabliers
Du haut de ma tour, le vent fracasse la goélette des heures
Je viens d'hier et de jamais
Je suis une peau blessée
Une musique perdue que rien ne retient
J'écule le précieux des jours
Je suis fantôme venu de mon passé
Je suis un esprit frappeur qui cogne aux vérités.

Sabliers sabliers
Sonnez les cloches
Sonnez le glas sonnez les vêpres
Je ne vis ni ne meurs pour passer le passer le temps
Dans la cage du mensonge, je suis chasseur de vérité.

Sabliers sabliers
Je suis l'homme à mains de papier
Le prince au masque de fer 
La plume dans l'argile du mot
À l'autopsie de mes utopies
Je suis le bistouri au cœur sanglant.

Sabliers sabliers
Je partirai sans voir la lumière
Chaque feuille perdue m'enfonce dans la nuit
Je voudrais rire comme un enfant.

Je suis prince de mon royaume
Je brode la douleur à mes armes
Je parle aux colombes et j'appelle l'enfance
Dans la rumeur des bruits qui courent
Mes mots sont folie
Sans épée je me répare
Le rire du printemps reconstruit les jardins perdus
Je ne crie ni pleure pour passer ma vie.

Sabliers sabliers
Je ne vis ni ne meurs pour passer le temps
C'était hier c'était jamais
Encore je voudrais pouvoir dire
Demain le monde sera plus beau
Mais j'ai tué mon Dragon Noir
Je suis prince d'un royaume où l'on décapite le mot.

Je ne vis ni ne meurs pour laisser le temps passer.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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