Mon chat dit tout :
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Aucune nuit n'est plus large que le rêve
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Au gré des courants et au fil du temps,
bien avant que l'on invente
le jour et la nuit,
goutte d'eau,
prisonnière d'une membrane,
la cellule première
enfanta la vie,
le temps en avait-il conscience ?
Déjà les tambours battaient
vite, vite
il fallait courir, courir vers l'avenir
manger, manger
muter
manger le vide
prendre place - toute la place
muter, naître
et renaître d'un flux intérieur
dans le crissement de milliards de protozoaires
de cellules à la conquête de l'univers
de trillions de macromolécules germinales
de zygotes, de morulas
filles et fils d'une folie exponentielle
à l'assaut
du ciel et la terre
des ruts de l'infiniment petit
à la guerre des microsomes et des mastodontes
de la sève et du sang
de la faim et des pulsions aux confluents de l'infini.
Vivre vivre vivre !
J'ai tout oublié de vous,
vous étiez rouges, vous étiez blanches,
protocellulaires et passagères d'un même voyage
dans le ventre ancestral des prémices du vivre
de la peur et du plaisir.
Rouges, blanches,
mitochondries modulaires informes ou vertébrées,
j'étais là, nous étions là
quand vos cauchemars neuroniques broutaient l'envie d'être
avant même la copulation des anges
quand l'impatience de nourrir le destin
criait ses ambitions
avant que Bonobo ne connaisse Lucie
bien avant que l'homme se nourrisse de crimes.
Enfants du trépas
fils de la généalogie
rouges, blanches
voyageuses spacio-temporelles
mémoires de chromosomes,
comme la matière de Dieu
vous nous habitiez
dans la filiation des hérédités millénaires
nous offrant le sang de vivre
le repos et la mort.
Dans l'inconscience
cosmique des BIG BANGS
voyageuses millénaires
rouges, blanches
au rythme d'un cœur-tambour
dans l'antérieur des infinis
bien avant nous
petite pulsion de vie
un jour
l'œil premier arriva
greffé aux vies premières.
Vous inventiez le verbe
et les pronoms
le je, déjà, jalousait le vous,
rien ne fut plus jamais pareil,
déjà il vous fallait inventer la paix.
JMS
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Photo PS
Il y a si longtemps que j'ai 2000 ans.
Sur la marge des jours,
je suis un vieil homme enchaîné aux milliards de vies qui m'ont précédé,
et à l'usure des heures consacrées aux jours de labeur et à ceux de prières,
au polissage des pierres et du ciel,
aux gestes de ceux qui ont lustré le marbre et sculpté le bois.
J'épouse chaque nom gravé sur un arbre.
Une histoire universelle me parle, me raconte,
je la parcours dans un costume taillé dans l’atome.
Je suis parmi les millénaires
un homme de mémoire infinie que le vent déchire.
Doit-on toujours attendre de pleurer
pour faire des couronnes de regrets aux ossuaires disparus ?
J'ai 10 000 ans et les doigts pris dans les portières du Temps,
le cœur tordu à savoir l'amour qu'il a fallu à lisser la pierre,
et l'intelligence coutumière du geste qui a levé les tours et les flèches.
J'ai 10 000 ans et l'âme froissée à savoir la passion et la patience
qu'il a fallu aux hommes, pierre après pierre,
coup de burin après coup de burin, sculpture après sculpture,
pour graver le ciel d'une silhouette à la taille de l’immense.
Ils ont ciselé le ciel et la mémoire des hommes.
Que l'on m'enlève Notre-Dame-de-Paris et l’Île-de-la-Cité,
que l'on m'enlève Paris, la beauté et la mémoire des siècles,
et je ne serai qu'un balbutiement d'homme en quête de son identité.

Hillel Saint-Agnès représente une facette de mon écriture, il remplace mon nom : Jean-Michel Sananès poète-romancier, pour devenir un quêteur de vérités historiques, scrutant et défiant les erreurs de l’Histoire et des mémoires héritées, trop souvent sélectives et au service d'idéologies identitaires.
Mon livre, "Le chaînon manquant", est une étude où les synagogues de Jésus, que j'appelle "jésusiennes", renaissent de l'oubli. Ici, l’archéologie démontre la présence des disciples de Jésus disparus au VIe siècle éliminés par l'Église Romaine de Paul.
Sous le nom de Hillel Saint-Agnès, j'ai écrit également 2 autres livres.
"Jésus et mes frères, à la lumière des Manuscrits de la Mer Morte", qui visite les courants d'idées et confronte les Évangiles à des écrits similaires mais antérieurs de plus de deux siècles à la naissance de Jésus.
Dans mon essai "Qui a tué Jésus, le procès", écrit sous forme de pièce de théâtre, Jésus se trouve face à des Indiens, esclaves, gitans etc... qui ont été persécutés au nom de sa parole. Joute qui pointe les responsables et d'où le Jésus historique sort innocenté.
Ces trois ouvrages de Hillel Saint-Agnès opposent le Jésus historique à celui forgé par un irrationnel des mémoires millénaires.
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Chaînon manquant - Judaïsme-Christianisme de Hillel Saint-Agnès - Interview de Philippe Muller
Quand l'archéologie témoigne, les pierres nous parlent. "Le chaînon manquant" est une étude où les synagogues, que l'auteur appelle "jésusiennes", renaissent de l'oubli. Ici, l'archéologie d...
Poste des Cascades
Souvenir 1914-15
Sur cette photo "Le Poste des Cascades"
Un petit coin de France que mon Zouave de Grand-père
Et ses amis étaient venus défendre
Combien d’entre eux n'en sont pas revenus ?
***
C’était un temps où l’on partait fleur au fusil
C’était un temps
Où pour un pays
L’on pouvait encore mourir d’amour
Combien de peur, de froid, d’attente
Entre l’enfance emportée, le vieil oued
Et l’apprentissage du désespoir
Combien de vies
Pour que le retour vienne
Grand-père était parti
Sans savoir les tranchées, la misère
Les symphonies du glas
Parti, sans se retourner
À l’épaule
Une maigre besace
Du tabac à priser
Une identité française et des airs d’opéra
Au loin, un amour l’attendait
Sur le grand bateau
Il avait chanté la Marseillaise et la chanson des Africains
Au Nord, Verdun l’attendait
Il est revenu
À l’épaule
Une maigre besace
Un désespoir furieux
Et la triste joie des survivants
Rien d’autre que la boue et du sang
Il savait
Plus rien ne serait comme avant
Il savait
La candeur à jamais perdue
L’addition des années, les amis disparus
Il savait
Sur les cartes d’État Major
la vie
les hommes
ne pèsent pas lourd
Il savait
Chaque tombe
est un clou dans le cœur des vivants.
JMS
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Chercheur d'invisible beauté,
chercheur de l'or des transparences,
vais-je te ressembler ?
Quand aux méandres de l’intérieur,
grattant le ciel, encore je caresse le verbe,
la conscience agenouillée supplie mes neurones
de me délivrer une parcelle de céleste,
quand perdu parmi les orphelins de la lumière
le sens interroge l'éternelle Question :
"Pourquoi vivre ? ",
quand à approcher ma raison d’être
je tamise les odeurs du jour
et la frayeur d'être homme
fétu de paille égaré dans l'incertitude des siècles,
quand je me déchire sur les écueils
de la conscience,
qui donc me traverse ?
Qui donc hante la voix qui habite ma raison ?
Ego et illusion,
c'est l'ombre qui se met en scène
quand la raison trahit la conscience
À déchire-sommeil, parfois une voix brusque le silence. Cette nuit, elle clamait : "Verlaine est moins important que Jenner, l'homme qui inventa le vaccin contre la variole !…". Venus d'un indiscernable ailleurs, tout aussi incongrus qu'un sucre sur une pizza à l'anchois, les mots se dandinaient quand une hydre loufoque glapit :
"Les mots de Hugo sont des piqûres de rappel contre l'indifférence, Cosette porte la besace de l'indigence face à l'arrogance des puissants".
Ne pourrais-je pas avoir le sommeil tranquille et rien d'autre à compter que des moutons ? Ne pourrais-je faire taire la voix d'un poème qui, paradant, se croit au firmament de la pensée harmonique ! Ne pourrais-je pas bâillonner le cri intuitif d'une conscience raisonnée qui mesure le bien et l'obscène ?
Je voudrais dormir, le sommeil nu, déshabillé des douleurs du monde, et rejoindre un univers où ma mère avait peur que la pluie me mouille, où vivre selon ce qu'elle appelait la morale ouvrait une conscience qui devait fabriquer l'homme de bien et l'avenir meilleur.
Où es-tu ma mère dans ce vacarme où les démons nourrissent leurs vérités, où le bien s'enferme dans l'archaïsme des conditionnements ? Encore, l'Empire romain affronte la Perse et la certitude chrétienne, le djihad. C'est une guerre des regards, chargée de bombes et de morts, le "wokisme" blanchit les "Dix petits nègres" au nom d'une légitime culpabilité et reconstruit une histoire à charge en oubliant l'impartialité, la traite transarabique qui a nourri l'esclavage et l'histoire de millénaires cannibales. L'ignorance gomme les chronologies comportementales, les influenceurs refont l'Histoire, le hooliganisme politique fait son théâtre et s'empare de l’avenir.
M'as-tu menti ma mère quand tu me disais que les hommes étaient frères, que la laïcité était le bien commun qui faisait la République ?
Chaque nuit, mes rêves meurent à mesurer un désespoir impuissant face au poids des comportements induits par les subconscients millénaristes de cultures sociopathes où les hommes de Dieu confrontent leurs livres, affrontent leurs certitudes et veulent supprimer les vies incompatibles avec leurs inquisitions. Une morale nauséabonde affirme que certaines femmes ont des droits mais fait silence quand des millions d'autres sont sous le joug d'un patriarcat indigent.
Pour que la conscience renaisse, nous faudra-t-il tuer les dieux assassins, avec leurs inquisitions, leurs djihads ? Qu'en dis-tu ma mère ?
Loin du périmètre des certitudes, dans les banlieues d'exister, parfois je fustige l'arrivée intempestive de ces pensées nocturnes qui endiguent le chemin lancinant des silences où tarit la raison.
Mère, la beauté n'existe plus quand le crime règne.
Faites hurler le silence plus fort que la rumeur.
J'ai rangé mes rêves sous un songe triste perdu
dans les atrophies de l'espoir.
Laissez courir la douleur
nul ne l'arrêtera.
Ici on vit on meurt
on acclame les éventreurs
on piétine les vérités.
Aux inventaires du charnier
on compte à charge et à décharge
mais la mort ?
La mort court parmi les femmes et les enfants,
au nom de Dieu, on fabrique des couteaux, des armes, des larmes.
J'ai perdu l'enfance du rêve.
Les psaumes de la vengeance
partout percutent le sang.
Les douleurs et les larmes sont vaines.
Faites hurler le silence plus fort que la rumeur
j'ai rangé mes rêves.
JMS