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11 novembre (Au Jardin des Diagonales)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


Au Jardin des Diagonales, je pensais souvent à mon enfance. Quand j’étais jeune, un vieux fusil pendait sur le mur. Des photos sur la commode, agitaient la mémoire de Grand-père. Lui, mâchonnait du gris. Il disait : "Dans la guerre qu’anges et démons se livrent, chacun croit que l’autre incarne le mal. Rien de tout cela n’est vrai, ce n’est qu’un jeu de miroirs inversés. Personne ne connaît rien à Dieu. Dieu, c’est la somme des douleurs et des joies de l’univers. Le bilan est mauvais. Combien de larmes pour un ventre satisfait ou un rire de bébé ? Il faut être bête comme un homme pour croire connaître la création et les desseins du Créateur. Dieu ne tient pas plus dans la tête d’une alouette que dans celle d’un homme".
Grand-père parlait de son expérience. Il aimait répéter : "J’ai vu grandir la fleur, et l’oiseau l’a mangée, j’ai vu voler l’oiseau et le chasseur a tiré. J’ai vu grandir la peur, et personne jamais ne l’a arrêtée".
Parfois, quand le vin avait un peu trop coulé, Grand-père allait plus loin, jusqu’au point 17 de sa jeunesse. Il avait été soldat, là-bas, en France.
Pour Grand-père, il n’y avait pas d’ennemi, seulement un regard différent porté sur l’autre. "L’autre coté du miroir ment toujours", disait-il.
Au Jardin des Diagonales, je me souvenais que, quand j’étais enfant, Grand-père m’apprenait la vie. Moi Manuel, je jouais. À cette époque-là, nous ne connaissions pas la Guardia et le futur se dessinait dans les contours d’une école aux toits roug
es.

JMS  page 36 (extrait de mon roman) Au Jardin des Diagonales (12 €)

 

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La petite fille de Gaza

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'ai mal à chaque enfant blessé
à chaque vie volée
aux 1400 crimes de sang
aux femmes et hommes mutilés, brûlés, décapités.
J’ai mal aux sourires arrachés des bébés
à l’indigence de ceux qui se sont souillés à commettre ces crimes
et à l'horreur dont ils ont inondé la terre.
Je sais maintenant le vrombissement infernal des haines
qui se nourrissent de ciel
je sais les quêteurs de justifications
qui au nom d'un ordre supérieur au service de leur ambition
assassinent la vérité, cloisonnent les chapelles
et ignorent que nous sommes hommes, fils de la vie
avec des cœurs faits de larmes et d’espoirs
des envies d'avenir et de pain.
Je sais les enfants
tous les enfants comme mes enfants
cette petite fille face à l'horreur et au désarroi.
Je sais les avenirs fermés, les vies en berne de la bonté.
Je sais la douleur d'être homme quand on est humain.

JMS (photo internet)

 

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Parfois le vent pleure

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Vouloir habiter l'humain

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans ce voyage où chacun n'est que bruit qui court à sa fin, je ne joue pas un camp contre l'autre, mensonge contre vérité, je ne suis pas d'une famille littéraire, je partage des mots pour la résurrection de l’arc-en-ciel. J'ai l'espoir qui m'insurge quand ceux qui se proclament de la conscience, d'une main moite clapotent leurs bravos quand on égorge, décapite des bébés, quand ceux qui détruisent la laïcité applaudissent ceux qui violent des jeunes femmes à même le corps de leurs compagnons assassinés, et minorent la gravité de l'ignominie idéologique quand on assassine des enseignants. Je ne suis qu'un homme qui parle et pleure. Je suis l'enfant d'un cri qui n'est pas que celui de la rose blottie dans la douceur des crépuscules, ou celui qui s'enferme dans la bienséance. Je suis un homme de chemins et de déroutes. Je n'écris plus au présent, j'écris au passé décomposé sur un espoir endeuillé à voir ces pourvoyeurs de l'horreur et du mensonge piétiner leur humanité. Dans la stupéfaction de vivre, je n'ai d'autre camp que celui de l'humanisme pacificateur. J'ai le cœur en peau de chagrin à entendre ceux qui pervertissent l'information, instaurent une "taqiya" néopétainiste et ne veulent surtout pas qu'un pays où les survivants de leurs holocaustes, soient à l'abri de leur haine. Je suis l'enfant d'un cri et d'une larme sans frontières, qui appelle au respect de toute vie. Je ne suis pas d'une famille littéraire, je suis de ceux qui, avec des mots, des poèmes, servent un devoir d’éthique, celui de sauver la vie de tous les Justes.
JMS
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À brader la conscience, la bonté et le respect, c'est l'humain qui meurt

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Substituez des croyances à l’ignorance
et vous aurez créé une religion.
Donnez-lui du pouvoir et elle programmera
la mort de la liberté, du droit de réfléchir, de douter et de savoir.
Armez ses serviteurs
et ils institueront la dictature, le nationalisme et la guerre.
Ils vous diront que la terre est plate,
que les femmes n'ont pas de droits,
que l'homme fut créé il y a huit mille ans,
et que douter est un blasphème.
Des hommes qui n'ont lu qu'un livre,
qui haïssent les encyclopédies
mais ont l'intelligence du pouvoir et de la haine,
au nom de leur croyance
tueront l'école, la tolérance, la laïcité,
armeront l'inquisition, la djihad et la guerre.
Au nom de celui qu'ils nomment le Très Haut
ils tueront Sa création,
assassineront la conscience,
la bonté et le respect.


JMS

Publié dans Textes de JMS

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Festival du Livre de Mouans-Sartoux 6,7,8 octobre 2023

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'aurai le plaisir de vous accueillir sur les stands des Éditions Chemins de Plume (Bâtiments A et B) pendant les trois jours du Festival du Livre - En compagnie des auteurs : Mireille Barbieri - Ile Eniger - Cédric Jacob - Corinne Josseaux-Battavoine - Pierrette  Sananès

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Quand vous réinventiez le monde

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Croiser un feu de jeunesse et rouvrir l'infini de l’espoir,
réentendre la mélopée gutturale de Yoko Ono
vibrant de la douleur du monde
et de frayeurs d'enfants sous les bombes,
se rappeler le Vietnam et les dictatures,
éteindre le désespoir avec un "Give peace of chance",
revoir la vieille école du rock sortir des années 50,
Gene Vincent, Jerry Lee Lewis
et les mutants, pères d'un groove réinventé,
les Bo Diddley, Little Richard,
Chuck Berry, sur une même scène.
Voir Eric Clapton mêlé au Plastic Ono Band,
Alice Cooper inventer la folie en direct
quand Jim Morrison frappe à la "porte" du verbe
et de toutes les "protest songs",
et la voix de 20 000 "music lovers" huer le Vietnam.
Retrouver les musiques égarées,
noyées dans les flots de ma mémoire perdue,
les Chicago Transit Authority, Tony Joe White, Alan White,
Cat Mother and the All Night Newsboys, et les autres,
et leur dire : Vous étiez beaux comme le printemps
quand vous réinventiez le monde.
Vous retrouver dans une télé de nuit
au Toronto Rock and Roll Revival Festival
à l'heure où la raison sommeille,
et croire que l'on est encore vivant
parce qu'encore on vibre d'un souffle d'espoir
qu'on ne veut pas éteindre.
Croire que d'autres renaîtront de vous
pour livrer le combat de vivre pour aimer.
JMS

30/0923 à 1heure du mat.

 

 

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L'homnimal

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans l'équilatéral des Univers,
à l'embouchure d'un instant d'Éternité,
l'Œil
regardait l'homnimal.
 
Monceau de doutes
 jetés sur le bitume des destinées
à l'heure du déjà trop tard quand le temps se noue autour du cou,
bipède fragile invité au jardin des fous
hésitant entre la valse du loup et le chant du grillon,
il allait, la conscience déjà révulsée par une laideur
qu'il ne saurait jamais réparer.
 
De rêves et de blessures
sa pensée s'ouvrait au monde,
envisageait les millénaires qui tisseraient l'avenir,
les automnes étonnés, les hivers rigoureux
et les attentes maigres.
 
Farouches
dans la concomitance des impératives nécessités,
le  bien et le  mal
crépitaient déjà dans les clartés obscures
d'une danse aux endiablures paradisiaques.
 
Il le savait,
avant même que d'être dans l'ombilical du fatal,
le besoin et la nécessité du bonheur
seraient sa force et sa blessure
quand ailleurs, dans l'antre de la question,
le rêve insensé de l'impossible pureté
 heurterait un désespoir aux dimensions du vide.
 
Partout,
aussi sûr  que le printemps se brise
quand le canon flétrit la plume,
la préservation du bonheur
 forgerait l'égoïsme des démons.

Partout,
dans l'ignorance de l'arc-en-ciel,
le devoir de partager enfanterait ses révoltes,
terrible équation
où aucune vie ne devrait se bâtir sur le doute.
 
Partout,
entre l'ambition d'avoir
et celle de s’offrir,
la conscience serait en lui, un acte de foi
 une part de ciel et d'Immense.

Partout,
 l'homnimal de chair et d'âme,
traqueur de silences et pourvoyeur de mots,
vermisseau posé à même l'asphalte
parcourant la courbure des firmaments,
creuserait la question :
L'homme devait-il vivre
et restreindre l'égoïsme pour sauver le monde ?
 
Parmi les multitudes, saurait-il
combien de héros de l'abnégation résisteraient,
ou seraient victimes des infanticides de l'espoir ?

Combien de quêteurs d'infini et de lanceurs d'espoirs
iraient au bout de leurs rêves,
en des temps où quand l'éducation
 ferait de la résignation un devoir,
et où douter des croyances d'une société
serait un nécessaire acte de rébellion ?

JMS 18/9/23

 

Publié dans Textes de JMS

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Lettre à l'enfant et à la vingt-cinquième heure

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

De tes yeux d'enfant tu me regardes, me scrutes,
une masse de jours, des certitudes s'affichent
dépassent les senteurs du jour,
tu connais l'allaitement du rêve,
tu juges et fréquentes encore le passé vindicatif,
face à toi, j'arpente mes 78 kg,
j'ai cessé de doubler, j'affronte l'humiliation des jours,
je me suis mis au maigre
j'enrégime mes kilos et les rebours du temps,
je compte les pieds et les alexandrins,
j'ai renoncé au carré de l'exigence,
la pensée courbe s'éreinte en compromis,
il n'y a pas de retour
l'enclume des heures ferme mes décennies,
seul le silence pardonne aux mots que l'on arrache à l'espoir,
l'airain des statuaires oubliées me ressemble.

Tu me regardes, me scrutes,
mais sais-tu qu'hier j'apprivoisais des colombes,
lançais des promesses à l'abondance des joies ?
Aux multitudes de l'homme,
je dévisageais la foule pour n'en voir que des visages
et des ayants droit au bonheur,
j'habitais un palais où je combattais les monstres
sans même en connaître les formes tant ils étaient faits d'incognito,
d'inconvenances fleuries, et d'apparences.
À l'explosion des illusions, je guettais aux portes de châteaux
aux hautes murailles bardées des épines du désir, de la couardise, de l'égoïsme.

Petit loup au seuil de l'avenir, tu me regardes,
Qui est-il ? te demandes-tu,
un vieux chat qui ne sait plus jouer
un farceur qui vit de rires migrateurs,
du regard d'un oiseau, de l'odeur d'une fleur,
de son passage dans tes yeux ?

De bric et de broc,
je ne suis pas si transparent que j'en ai l'air,
j'ai une dent de silex qui écule la tendresse,
l'os d'un cœur griffé d'une morsure intérieure.
À regarder en arrière, ma raison se trouble,
je ne suis qu'un récit de voyage
dans cette cosmographie du céleste et de l'imaginaire
où la nuit m'éclaire et le jour me disperse.
Mon image se dissout, se perd dans le flou,
j'écris au subjectif présent,
je cherche mes traces mais ma marque s'efface,
je ne sais plus où poser mon cri.
Est-ce le petit jour, où l'ombre qui vient ?
J'énumère les noms, les heures effacées,
les nuages, la pluie et les chats perdus.
Quand vient la
vingt-cinquième heure,
j'habite mes ombres mais les insomnies nous réveillent.

La mémoire est cathédrale endormie,
mon 'pas de rêve' ne se résout pas,
j'avance sur un chemin d'illusions.

JMS

(Un moi qui ne me ressemble plus, et un pays disparu,
mais qui toujours s'agitent au palais des mémoires)

Publié dans Textes de JMS

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Pourquoi, où ?

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Le ciel revêtait sa peau de caillou. Le gris du jour collait une haleine fade sur le rebond fatigué des heures. Un air de petit souffle dépoussiérait la terrasse et les plantes qui manquaient d'eau. La journée posait inlassablement les mêmes questions : pourquoi, où ? Et d'autres encore qui se perdaient dans le silence indifférent. Appuyée sur la rembarde, elle apercevait un morceau de mer, échappée lointaine et belle. Un mouvement intérieur ramena de l'eau à ses paupières. Elle inspira profondément, repoussa de vieilles images heureuses et quelques rancoeurs. Elle secoua sa douleur comme un chien ses puces. Comment mieux faire ? Comment mieux être ? Le chat ronronna contre ses jambes mais ne répondit pas.

 

Ile Eniger - L'ordinaire de l'ange -  (à paraître)

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