"Le Père Noël, l’Ogre et la Licorne" - (illustré couleur par JMS) - Un conte de Jean-Michel Sananes - Editions Chemins de Plume - Petite collection - 8 € - (avec CD 10 €)
J’ai été récemment excédé par la violence et le racisme de certains et par
l’écoute complice d'autres qui, sous prétexte de politiquement correct, pratiquent la politique du silence.
Je dis non !
***
Je dis non
aux faux marchands de culture, aux diffuseurs ou propulseurs de fientes qui
se disent grands libraires ou grands disquaires mais qui refusent les poètes vivants dans leurs rayons, et qui pour du fric, vendent de la haine et des projets de mort en livres ou en
Cd.
Je dis non aux peuples de la haine et de la
bêtise.
Je dis non
aux donneurs de leçons qui montent au créneauquand un politicien parle d'endiguer la violence des banlieues mais qui applaudissent quand Oum Kalsoum hulule sur disque ses "edbah, edbah, edbah", soit
"égorge, égorge, égorge" !
Je dis non
à ceux qui parlent de liberté d’expression et encensent un rap guerrier et
incendiaire.
La poésie n’est plus la même dites-vous ? Mais quand Le groupe
Sniperchante ce type d'horreur :
*"Frère, je lance un appel, on est là pour tous les niquer
La France aux français, tant qu' j'y serai, ça sera
impossible.
Leur laisser des traces et de séquelles avant de
crever.
Faut leur en faire baver, v' là la seule chose qu'ils ont
méritée. T'façons j'ai plus rien à perdre, j'aimerais les faire pendre.
Mon seul souhait désormais est de nous voir les envahir".
Je dis non !
Quand avec du sang et des appels au meurtre on fait des disques d’or
Quand avec de la haine on fait du fric
Je dis non !
Les barbares, fanatisme en tête et couteau dans la poche succèderont-ils aux
Barbara, Brel, Brassens et autres Léo Ferré ?!
Quand le fric est référence, le fascisme forge de nouvelles
armes.
Partout le silence est grand et vous avez le cri
sélectif…
Le droit à l’expression me direz-vous ? Mais si je chantais
:
"Afrique, Afrique ma vieille putain
tu vends ton shit, tu vends tes filles sur nos trottoirs"
Tout le monde hurlerait !
Et je dis que tous hurleraient à raison !
Mais vous avez le cri sélectif…
Je ne dis pas "que font-ils là ?"
Je ne dis pas "tous pourris !"
Mais je dis NON
Quand on oublie les valeurs essentielles
Quand on oublie que le respect tresse l’humanité
Je ne dis pas "tous pourris"
Mais
Où est donc la beauté, le respect, l’amour ?!
*Texte choisi parmi une quinzaine de textes sélectionnés par le député
François-Michel Gonnot
Mon amour, entre silence et feu. Et les mots ajustés en misère mutique. Pour
dire. Rien d'autre que ce souffle posé contre la porte par le vent. Lettre portée d'ici par l'oeil du soir penché plus bas. Lumière de fenêtre. Là-bas. Quelque chose qui éclaire. Un carreau
traversé par les flammes. Pas de bruit. Que les cercles d'aubiers mouillés. Lente maturation. Que la forêt si grande qu'elle brûle. Rien ne s'écrit. Que cet amour qui ne s'écrit pas. Rouge, qu'on
voit de loin.
J’aurais tant aimé, Monsieur le Président, que vous soyez le proche de tous les Français, de ceux qui, drapeau et
cœur à la main, au temps des dimanches fériés, couraient les défilés pour vous voir passer.
Je ne vais plus aux défilés, je bois des matins tristes et froids, je revisite l’hiver.
Chaque jour je mesure la distance qui nous sépare.
Je suis homme du petit peuple. Les miens ont froid et se nourrissent aux rayons premiers prix. Les miens cherchent
un travail que le libéralisme déporte si loin de chez nous que nous habitons la peur des lendemains. Chaque jour je mesure la distance.
Entre la France de Léon Blum et la vôtre, il y a cette frontière dressée entre l’altruisme et le libéralisme,
entre la fraternité, le droit, et le crime économique.
Chez nous on s’accroche au travail, comme le chercheur d’or à un filon, on résiste, on marche, on crève jusqu’au
suicide. Les temps ont changé, le capitalisme à visage humain, celui de mon père, est mort. Ils ont inventé le cynisme économique. Sous votre règne, le loto est devenu l’Amérique du nouveau
pauvre, l’ersatz du dernier espoir. L’avenir est devenu un mirage. Vous érigez un droit des puissants qui nie le droit des travailleurs. La haute finance est devenue Raison d’État. Vous
asservissez votre peuple. De chez vous, là-haut, vous orchestrez la déréglementation. La France du Capital Carnassier est celle que vous aimez, alors qu’il conviendrait d’aimer les
Français (tous).
J’en conviens Monsieur Le Président, ce n’est pas de votre faute. On ne peut que peu de choses contre l’éducation,
il est peut-être trop tard pour vous mais, de grâce, cessez de tuer l’école ! C’est là que se formaient l’intelligence, le sens du respect, le patriotisme citoyen, et le culte de la morale ; ce
n’était pas sur les stades!
Monsieur Le Président, je vous en conjure, cessez d’aider les affairistes, les spéculateurs en Bourse et les
opportunistes de tous genres. Cessez de demander aux travailleurs d’en faire plus et plus alors même que votre doctrine économique les prive du droit au travail ; cessez de les soumettre. Cessez
d’aligner les salaires sur les seuils de la misère, de demander aux travailleurs de ne plus être rémunérés pour le travail accompli car, l’incivisme libéral achète en Chine. Cessez de saigner les
petits. Nous savons bien que la France reste un pays riche, son PIB en témoigne. Vous savez bien que la France ne souffre pas d’une simple mauvaise répartition des richesses mais de leur
captation par la minorité que vous cautionnez. Soyez humble Monsieur le Président quand certains de ceux que vous administrez meurent de faim. Cessez d’être un contre-exemple, d’exhiber des
montres qui coûtent des années de salaire ! J’aurais tant aimé, Monsieur Le Président, que vous soyez proche des miens et de ceux qui affrontent l’hiver en fouillant les poubelles.
Sans être moraliste je crois, Monsieur Le Président, que dépouiller les plus faibles est un crime. Fermer une
usine et jeter à la rue ceux qui l’ont fait prospérer, pour aller exploiter ailleurs d’autres travailleurs, est une atrocité coupable. Mais condamne-t-on pour ces crimes économiques ? Non !
Chez nous 10 000 foyers précarisés font un Capitaine d’industrie. Chez nous, on spolie les petites gens de leur droit à la santé, leur droit à l’égalité, à l’éducation et aux projets
d’avenir.
Chez nous, Monsieur, il n’y a pas de fils de… chez nous les gens "d’en bas", l’idéal est maigre : survivre
est un programme.
Est-ce la guerre ? Oui, c’est une guerre induite, sournoise, une guerre économique que vous livrez pour les
vôtres, ceux du Medef et des gens "d’en haut". Combien d’hommes dépouillés de leur futur dans un seul bouclier fiscal, dans un salaire de PDG, dans un parachute doré, dans un licenciement
boursier ?
Pourtant les Français, nos pères, depuis des générations, se sont battus, sont morts et ont travaillé pour
l’avenir de leurs enfants, de leurs petits-enfants et pour un Futur Meilleur.
Pourtant les Français, nos pères, depuis des générations, dans ce pays, ont payé les structures dont vous nous
spoliez ! Vous orchestrez la privatisation de leur richesse. Vous incluez la santé dans un projet de rentabilité mais si les soins ont un coût, la vie n’a pas de prix, chaque jour le
démantèlement tue. Chaque jour votre nouvelle économie jette à la rue nos concitoyens.
La Poste, l’eau, l’électricité, le gaz, la TV, bientôt l’enseignement, la santé… pour ces coups portés, vos amis
vous aiment ! Mais nous aussi, nous vous aimerions, et même à moindre coût, Monsieur le Président ! Nous vous aimerions pour une simple augmentation du SMIC, des retraites, des remboursements de
soins…
Mais pourquoi donc suis-je si bête ?
La richesse captée par le nouveau capitalisme doit être exonérée !
De subventions en pillages, la spéculation fait des royaumes. Le travail est devenu une valeur de sous-développé.
La haute finance et le monopoly boursier jouent la mondialisation. Le libéralisme est un mécanisme cynique qui fabrique des armes et prétend prôner la paix, c’est une machine à asservir l’homme
mais qui prétend servir l’humanité. Le libéralisme n’a pas de loi, pas de patrie, il est citoyen des paradis fiscaux.
Je suis triste Monsieur le Président, la distance entre la France fraternelle de mes parents, celle dont j’ai rêvé
et le capitalisme cannibale que vous gérez, sépare les droits du peuple laborieux de ceux des spéculateurs, bâtit un univers où le droit de vivre digne ploie sous l’inquiétude du devenir. Quand
les lois du marché portent atteinte aux peuples et ne profitent qu’à des minorités, elles sont iniques. Aujourd’hui, vous faites de nous des immigrés de l’intérieur, des exclus en
devenir.
Je vous en conjure, Monsieur le Président, la gouvernance n’est pas marketing, vous êtes Président de tous les
français. Les sondages donnent le pouvoir de dire ce qui plaira, mais endormir n’est pas soigner !
L’homme a valeur par son état d’homme, par sa capacité à faire de son mieux, et non pas par sa capacité à spéculer
et à exploiter (écraser) son prochain.
Monsieur le Président, je ne vais plus au défilé, je bois des matins tristes et froids avec les miens et beaucoup
d'autres. J’aurais tant aimé, Monsieur le Président, que vous soyez le proche de tous les français qui, les dimanches fériés, couraient les défilés pour vous voir passer, drapeau et cœur à la
main.
Je ne vais plus aux défilés, je bois des matins tristes et froids, je revisite l’hiver.