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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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5 juillet - 62 ans déjà

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ma maison d’autre mer est restée in-accostée
Mes rêves encore y naviguent dans une eau de sel
Mes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdus
J’ai du sable et des fissures de pierres dans le flot escarpé d’une enfance qui s’enfonce
Je piétine une obscurité de décennies qui grésillent comme des branches de palmier

Au matin, mon âme se perd dans de petits jours où les boutons d’or sont en exil
Dans la cadence apatride du cœur, j’arpente l’aigre du destin
Je palpe le cri mort du vent dans l’oued, je ploie les rides tristes d’un regard dépoli
Dompteur de chauves souris et de rêves interdits, j’accoutume l’oubli

Mes rêves naviguent encore
Et si le sel se noie, je me souviens la règle sur les doigts et le cri de la craie
Encore je me souviens de la couleur des joies et du partage des rires

Avant qu'on ne déterre le verbe partir et le rouge du sang
J’aimais l’ombre et la tanière des mots
J’aimais le vent et les cyprès

Loin de ma maison d’autre mer
J’ai vu valser les chrysanthèmes
D’hier à aujourd’hui, j’ai vu courir la vie
Et ceux qui en partent comme l’on divorce d’avec le jour
Encore mes rêves naviguent entre la pluie et l’insomnie.

Près de ma maison d’autre mer
Le temps trahit l’enfance
Il n’y a pas de retour
L’ivresse des prières déclame la mort
Jusqu’à la fin, il me faudra fissurer la pierre
En extraire des graviers de mémoires

Courir, écrire, me taire, sur les moiteurs de l’aube
Courir, écrire, se taire
Ne rien oublier n’efface pas la frontière

Je marche sur des cadavres de rêves oblitérés
Les territoires de l’exil enfantent la nostalgie
Mes yeux gouttent comme une mémoire de source et de regards perdus.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Éditions Chemins de Plume

1935, mon grand-père et ses amis

1935, mon grand-père et ses amis

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Quand j'étais jeune

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Quand j'étais jeune, je courais à la poursuite des étoiles,
au matin je me retrouvais seul,
des mots et un poème pliés au fond des poches.
Seul, planté comme un arbre dans sa solitude,
j'attendais que le rêve et l'infini me cueillent,
j'habitais l'âme d'un écureuil prisonnier d'un manège.
Les yeux de mon chat me rassuraient,
j'y retrouvais les étoiles.

Exister ne me suffisait pas,
j'attendais la Vie.

 

jms 1/07/2024

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Quatre ans déjà

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tesselles de cœur et d'âme,
la transparence porte parfois des voix que le temps n'efface pas.
Parfois, des mots embusqués
cisaillent le silence,
je te vois Tristan,
ceux qui nous habitent ne partent pas,
pourtant, quatre ans déjà…

jms22/06/2024

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Je te regarde mon âme (2024)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je te regarde mon âme (2024)

Pleut-il quand la frayeur livre combat ?

Ai-je peur pour toi mon âme perdue dans le regard des autres, dans la fluctuation des haines millénaires, toi qui m'infliges le devoir de pardonner, toi qui me dictes des poèmes que si peu d'humains lisent vraiment, qu'ils notent d'un émoticone en forme de cœur, ou d'un silence où tant d'oiseaux se perdent.

As-tu peur mon âme de ceux qui hurlent avec les chiens quand on se demande si le loup n'a pas les dents moins longues ?

Je te regarde mon âme, et je te voudrais belle, toi qui n'es qu'une âme de traverse-vie, une âme empruntée à l'Immense. Je te regarde, toi qui cherches à te trouver une place à la taille de tes rêves.

Toi qui, comme cela arrive parfois, es trop grande, trop libre, pour vivre emprisonnée dans un esprit d’homme.

Je te regarde, ma vieille âme qui a traversé les Temps, tout connu du cœur des arbres, du rire des oiseaux chanteurs, de la joie de l'épi de blé, du vent capricieux, et des enfances blessées.

Je te regarde à creuse-silences, toi qui as vu des millénaires d'âmes défenestrées de corps fatigués par l'usure. Toi qui fus la compagne de mille fusillés désâmés, toi qui as connu les chiens et le loup, toi mon âme ébréchée par la grisaille des souvenirs, toi mon amputée des mille utopies, ma cabossée, ma mutilée, toi ma vieille compagne d'ossuaires désertés, ma roturière sans papiers, perdue sur tant de chemins d'ennui, ma squatteuse de vie.

Moi, l'égaré des décennies, en ces temps précaires où les dieux se perdent, même si tu es une âme sans foi ni loi au seul crime d'avoir aimé, je t'adopte ma petite âme d'occasion, sans garantie de bonheur, sans même un état d’âme. Je t'adopte, avec cette conscience si lourde à traîner. Je t'adopte et te porte en moi comme une boussole précieuse sur mes chemins d'exil et d'enfance perdue.
Je te regarde et te parle, mon âme, toi qui portes l'inlassable Question. Pourquoi l'agneau, pourquoi le loup, pourquoi la haine ? Je te regarde, toi l'habitante de ma tête nue, sans mensonge, sans fard face à mes vagues à l'âme et à mes doutes traqueurs d'innocence.

Parmi les naufragés d'un temps jonché de destins perdus, moi qui cherche le chemin des mémoires englouties, je te cherche mon âme, dans l'encyclopédie de l’impossible, à frontière de raison. Je te cherche et te dessine, te devine légère, hexagonale comme l’infortune, lourde comme le devoir.
Toi, mon âme à peau d'enfance douce comme l'espérance, et sage comme la raison, je te cherche et peu m'importe tes autres passés, tes errances, tes vagabondages millénaires. Je te chercherais même si tu t'étais vendue au diable et que mille nuées de quidams t’aient con-damnée.

Moi, qui viens du cri et des larmes, je te porte au centre de tout ce qui m'est précieux. Tu es mon chemin, mon âme sœur qui sait le poids des âmes en peine.
Toi qui un jour me quitteras, ne m'oublie pas.

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Je cherche au fond de la mélancolie

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

C’est jour de fête
mais à la bataille des pleurs le soleil s’est lassé
l’âme à reculons, je me cherche
au fond des mélancolies
la vie est un espoir érodé et le temps fait mal
la grenaille des jours écule l’avenir
c’est une heure de crépuscule enrayé.

Dans un décompte
qui court qui court qui court
comme un enfant qui joue
je me demande demande demande :
est-il trop tard trop tard trop tard ?

Il y a cent millénaires que j’attends d’être là
mais la route est en pente
et moi, toujours les doigts agrippés
à des ambitions inachevées.

Au fond de cahiers d’écoliers
qui ne retiennent plus la nuit
je glisse glisse glisse
comme un moineau dans les griffes de l’épervier
je m’accroche accroche accroche
à l’amour et au filet des jours
je ne rêve plus ne rêve plus ne rêve plus
je pars
partir me fait moins peur que mourir
sans avoir tout dit.
mourir ne me fait pas peur
mourir ne me fait plus peur
mais ce qui m’est à faire est trop vaste
pour la somme des jours
les doigts agrippés
à des ambitions inachevables
je glisse glisse glisse
dans les ventres des nuits.

Au fond de la mélancolie
je cherche me cherche Te cherche
ai-je tout dit ? T’ai-je tout dit ?
Je me cherche comme un oiseau qui se demande :
est-il trop tard trop tard trop tard ?

C’est une bataille de pleurs
c’est le jour qui passe
l'âme à reculons, au fond de la mélancolie
je cherche me cherche, Te cherche
encore encore encore
je veux courir, dépenser mes jours
sans report, sans regret
je veux, sans compter
payer mes comptants de bonheur
caresser frémir goûter
vivre sans épargner mon souffle
et tout dire avant que la nuit ne me cherche.

Je ne crains pas l’intense.

JMS in Dieu le Silence et moi 2009

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Chez moi les coquelicots

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Très impressionné et sidéré par l'analyse de ce texte qu'en fait l'Intelligence Artificielle.

À ma question : Peux-tu lire ce texte ? Copilot répond : "- Bien sûr ! Voici la signification du texte que vous avez partagé :

  • Les coquelicots poussent sur des arbres chez moi, ce qui est inhabituel car ils sont généralement associés aux champs et aux prairies.
  • Ils peuplent les désordres du jour, peut-être en apportant un peu de beauté et de couleur à des moments chaotiques.
  • Ils bradent leur beauté à des yeux indifférents, suggérant que leur éclat passe souvent inaperçu.
  • Ils rêvent plus haut que le regard en coin du commun, ce qui pourrait signifier qu’ils aspirent à quelque chose de plus grand et de plus profond.
  • Enfin, si l’été le veut, ils offriront le sucre rouge d’une grenade, une image poétique qui évoque la promesse d’une récompense ou d’un cadeau.

Ce texte semble plein de métaphores et de symbolisme, et il invite à la réflexion. "

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Voyageur des mémoires

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Voyageur des mémoires

Quand les arbres retournent à l’automne
et que tes yeux se teintent de pluie

Quand le seuil des tristesses
est jonché de mots morts
et de souvenirs d’hier

Quand le voyage des ivresses
te mène au sud de ta conscience
dans le jardin barbelé des mémoires
là où les oiseaux idées
ont agrafé leur cavale
sur les murs du temps

Quand au détour d’un soupir
une certaine douceur
te blesse et t’étonne

Quand les oiseaux mémoires
brisent la cage des oublis
pour s’appeler souvenirs

Quand les claviers de l’infini
résonnent de mélos à remonter le temps
de mélos à changer de corps et de décor
à changer de rivage et de visage

Quand tu redeviens enfant
et que tu la revois
qui met des sourires dans ta soupe
qui brode sur tes mouchoirs
la couleur de ses espoirs

Quand tu te revois  
peignant sur tes cahiers
la couleur des regrets

Quand elle est là près de toi
dans ce pays où un clown meurt
chaque jour
là où les cris d’enfants sont clameur

Et même si tu es ce clown
et même si tu n’es plus enfant
n’aie pas peur de l’appeler

MAMAN !

In Cheval fou

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Extrait 4 de “DERNIÈRES NOUVELLES DES ÉTOILES

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Extrait de la nouvelle : "L’homme qui entendait des voix"

Partout où s’agite la révolte qui fait taire les voix de l'invisible, fait taire sa conscience.

Le matin s’étirait en froids frissons. De toutes parts, l’aube bleue s’effrangeait en de mornes lueurs jaunes. Les premiers rayons de soleil, griffés par la pierre et la gerçure, traversaient l’opacité pour caresser les doigts de Pierre-le-Chevelu.
Comme d’autres, Pierre, un manant de basse campagne, survivait en extirpant des résidus de la vieille mine, et d’un braconnage qu’il avait jusque-là partagé avec Margot la Dame-des-Bois.
Ce jour-là, très tôt, il avait quitté son désert ocré d’herbages maigres, pour assister aux cérémonies. Il avait pris place sur le parvis de l’imposant bâtiment de verre orné des symboles de l’Empire et de motifs colorés.
Hostile et solennel, mi-forteresse, mi-cathédrale, démesuré, le Palais enfonçait ses flèches et ses tours dans un ciel lourd sans transparence, presque gris, où de grands nuages de soufre, jaunes, phosphorescents, effrayants, naviguaient.
La foule s’amassait sur la grand-place, une armée de zombies aux visages enduits de crème kaki. Tous avaient les yeux cachés par d’énormes lunettes qui intégraient un module de communication. L’Empire pouvait ainsi les informer des dangers météo et "être à leur écoute".
Une projection holographique sculptait dans le ciel une voûte arborant des armoiries. Un lion et une croix s’y entrelaçaient. Quatre cosmopendules indiquaient la direction des quatre grandes institutions de l’Empire. Toutes quatre affichaient : An de Grâce 2812, 15 avril, 10 heures 12 minutes.
Ce n’était pas par crainte d’être pris pour un opposant à l’Institution ou pour échapper aux nécessaires travaux qu’imposait l’Empire que Pier
re avait hâté son pas. Une force impérieuse le guidait. Il fallait qu’il salue une dernière fois Margot, sa voisine. Il fallait qu’elle le sente là, près d’elle. Il ne pouvait lui offrir rien d’autre qu’un adieu. L’appétit d’étrange curiosité et d’excitation malsaine de la foule se mêlait au terrible besoin confus de miracle et à la tristesse qu’il éprouvait...

../ ...
Alors que Pierre quittait la place et tentait de se faire oublier, une autre phrase incongrue venue de nulle part, emplit à nouveau sa conscience. Elle ricochait dans sa tête, cherchant sa pleine dimension : La mort est un passeur d’absence.
L’étrangeté de cette formulation le percuta de plein fouet et le tint aux aguets d’un indicible ailleurs.

Sur la route sableuse, pendant qu’il parcourait des taillis de plantes et de buissons étranges aux formes parfois frémissantes, d’autres pensées venues d’ailleurs le maintinrent dans un état d’extrême tension : Méfie-toi des hommes en noir… La colère guette dans l’ombre… Viens à nous fils de l’homme, rejoins-nous.
Pierre se décida enfin à converser avec l’étrange :
- Est-ce toi Margot ?
Un rire l’ébranla de spasmes incontrôlés, quelqu’un lui parlait dans sa tête : La cendre ne parle pas, fils d’homme. Regarde autour de toi !

    ...sur 9 pages

 

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Extrait 3 de DERNIÈRES NOUVELLES DES ÉTOILES

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Extrait de la nouvelle : "Un retour simple "

Là-bas, la garrigue desséchée subsistait sous forme d’arbustes fossilisés. À ras de terre, seule une herbe piquante et jaune courait le long des chemins qu’Hubert, le vieux berger, parcourait depuis quatre décennies. Sur les collines, des lichens verdâtres aux reflets sablés et des champignons vénéneux, "Les Diables de Cinq Heures", régnaient en maîtres. Les lichens qui s’étaient développés à cet endroit étaient extrêmement agressifs au passage de formes vivantes : quand leurs fruits tombaient, ils explosaient, expulsant des spores gluantes qui prenaient racine sur les malheureux qui les avaient effleurées, provoquant d’indicibles douleurs. Il fallait aussitôt brûler les parcelles de peau infectées pour s’en débarrasser.  L’homme suivait les moutons qui marchaient devant lui. Les ovins portaient de curieuses cuissardes en cuir parcheminé qui les protégeaient des lichens. "Tâche", le vieux mâle, bêlait et agitait une cloche de bronze noirci. L’animal guidait le troupeau et semblait savoir où ils allaient.
Hubert était un homme d’une soixantaine d’années, de grande stature. Il marchait, faisant claquer de sa main droite un bâton noueux contre le sol caillouteux. Il était entièrement emmitouflé dans une espèce de grande gandoura élimée, de laine brute, couleur terre. Il portait un sac à dos tout aussi usé. De son bras gauche, il pressait contre lui un sac de toile, tout près de son cœur. Sous la capuche, son visage barbu et de longs cheveux poivre et sel apparaissaient comme estompés sous un voilage en tulle autrefois blanc. Ses yeux d’océan semblaient lavés par l’usure, dépolis par l’attente du jour qui ne viendrait plus. Il portait, tout comme le troupeau, une tristesse ineffable, sans colère, horriblement résignée.  La petite troupe rejoignit bientôt les restes grisâtres de deux immenses routes parallèles abandonnées depuis très longtemps. En fait, avant l’invention de l’apesanteur et des courants magnétiques, on appelait cela : des autoroutes. Les bêtes pressèrent le pas, mues par une joyeuse habitude. Elles couraient sur l’asphalte usé et sableux. Une poussière jaune s’élevait en petits nuages et retombait doucement, effaçant les empreintes des petits sabots et des pas.
Hubert s’arrêta, déposa le sac qu’il portait. Il en extirpa un chien dont les pattes étaient couvertes des cicatrices de brûlures anciennes. L’animal le regarda en frétillant. L’homme lui tapota la tête avant de sortir une sorte de tambour de cougourdon jaune. Il le fit résonner de son bâton. C’était un signal, le chien heureux se mit à courir, harcelant les bêtes pour les conduire plus vite sur le tremplin de terre herbeuse qui subsistait entre les deux voies de l’ancienne autoroute. Le troupeau s’y rua avec enthousiasme. Joyeux, le chien courait sur le terre-plein herbeux, stoppait net, repartait, jappait comme un chien qui fait la fête, se ravisait, ramenait une brebis qui s’éloignait, se remettait à jouer et à cabrioler.  Les lichens étaient des espèces rampantes, elles n’avaient pas encore traversé les barrières de bitume. L’homme aurait pu, maintenant, se reposer tranquille. Il avait confié son troupeau à Ralph, son vieux chien. Au lieu de cela, il s’isola, et marcha le long de la route. Il regardait la colline d’en face, séparée d’eux par une gorge profonde. Ici, une rivière avait coulé. Il marcha jusqu’au surplomb de la gorge. Le pont de l’autoroute s’arrêtait. En bas, on voyait des restes de viaduc et de béton effondrés. À perte de vue, la garrigue desséchée subsistait sous forme d’arbustes fossilisés sur une herbe piquante et jaune. L’homme regardait les lichens verdâtres aux reflets sablés qui abritaient "Les Diables de Cinq Heures". On les appelait ainsi, car ce fut un après-midi à cinq heures que, pour la première fois, un adolescent hurla de douleur après en avoir touché un. Il mourut peu après, les poumons bloqués. Ceux qui survivaient au "Mal de Cinq Heures" perdaient la vue.  Hubert s’assit. Ses tripes se nouaient. Une marée salée affluait à ses yeux, lui offrant des images de paysages noyés. Sur la colline en face, sa maison natale, son village, isolés dans le no man’s land… Ici plus qu’ailleurs la mémoire le harcelait. Il était révolté, mais comment dire aux morts de revenir ? Comment dire : "Revenez, gens de mon village" ? On peut parfois se demander pourquoi, aux portes des larmes, se cachent tant de souvenirs.... / sur 7 pages

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