Je griffonne des coquilles de mots
Je griffonne des coquilles de mots où les idées s’embusquent,
Je hèle le silence, le secoue,
Happe des carrés d’inquiétude comme un chien affamé.
Des images arrivent qui me parlent d’oiseaux,
d’hommes sans morgue et sans fusils.
Je pense à grand-père qui disait :
"Le bon côté du fusil est toujours celui de la victime,
la poudre et la mort sont d’une même nature,
l’escampette est une recette de vie quand l’imbécile prend les âmes".
Il nous faut vivre de mots à bâtir le bonheur,
nous inquiéter des habitants du chemin,
ne pas hésiter à demander :
"Où vas-tu inconscient,
toi qui portes ta maison sur ton dos,
où vas-tu escargot dans les périls du matin
en cette prairie d’herbe sèche où l’hiver oublie de voyager,
où vas-tu quand la multitude humaine mange la planète ?".
Cette planète, s’appelle-telle encore avenir ?
J’ai déserté le poème et je raccommode un vieux rêve
posé sur la solitude des pierres.
Il y a un clou dans la chaussure de l’aube.
Je cherche le mot qui manque dans le cœur de l'artiste.
S’appellerait-il espoir ?
jms 3/09/2026