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Comme dit mon chat ! (Aphorisme)

Publié le par Cheval fou (Sananes)


Mon chat dit :

si la pensée horizontale a la platitude d’une limande en hiver,

c’est que ses certitudes n’ont jamais trouvé leur fil d’aplomb !

Publié dans Comme dit mon chat

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Un ours danse seul

Quand se perd le chemin, à la boîte à lettres du jour, l'enveloppe est vide. Des postures mesurées s'insèrent, elles évitent les cailloux, coupent les épines et les ongles. Les oiseaux, les arbres, tant de choses qui prendraient trop de place ici pour être énumérées, perdent leurs rêves par hasard, comme blanchissent les cheveux. La pluie égare son arrosoir, le chat ne parle pas, le ruisseau ne rit plus, le vent s'époumone pour rien, les poches renoncent à leurs trésors, les boutons s'accrochent aux chemises, les heures tombent du clocher sans toucher une oreille. Le vélo vert a perdu sa sonnette. Quand s'abandonne la marche sur le fil, la maison dans les airs, le livre ouvert et le pot de confiture, ne restent que les gestes raisonnables, les pensées prudentes, quelques photos figées sur la cheminée muette. La petite fille tresse ses nattes bien serrées, comme sa gorge. L'ébouriffant, cloué sur une porte de grange vide, décolore lentement. Ces jours de tiroirs bien rangés désertent les tapis volants, mangent la soupe froide, ne dessinent plus rien dans la buée des vitres. Triste, un ours danse seul, sur une place où personne ne s'arrête. Je rentre à la maison, l'écrire en soulève la poussière. Je me suis égarée tant et tant que le ciel paraît lourd, l'horizon brouillé. Une cisaille abrège les reliefs. Je peine dans l'herbe des vestiges. Les pierres de chemin sont indifférentes. Les ronces et les orties ont perdu leurs fleurs. Quelle est cette poisse qui retient mes semelles ? Cette brume qui floute ma destination ? Un chant de coq indique le matin ou la trahison. On ne revient jamais que de soi. On ne revient jamais qu'à soi.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (à paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou (Sananes)

On fait son trou

Tout doucement, on fait son trou. On se prépare à la neige, à la pluie, à la mort. Les bouquets de pervenches ne chantent plus qu’en habit de concierge. Le saule noie ses larmes sous son ciré de feuilles. L’herbe verte compte ses blessés. Les urubus et les vautours boivent la crasse des chiens morts. Les bouteilles qu’on couche paient pour la rançon du temps. La soif fait provision d’eau morte. Les trompettes du bonheur sont bouchées. Les toilettes débordent. De gros nuages noirs éclaboussent le ciel. La veilleuse blanche des harfangs mange de l’ombre. La rosée n’arrive plus à digérer l’espoir. Le bois des chaises se retient de pleurer. Le temps mâchouille ses atouts et les crachent à la hâte. La main ouverte aux songes a fermé ses caresses. Est-il déjà trop tard pour croire à la rosée, à l’abeille, à la brume ? Je m’ennuie de ce temps où l’homme labourait la terre pour qu’elle sache le nourrir, où les arbres se parlaient en oiseaux pour apprendre à aimer.

http://lafreniere.over-blog.net/ Publié dans : Poésie

Publié dans Ils disent

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Lettre à Pierre Autin-Grenier

Publié le par Cheval fou (Sananes)


Ton regard amusé reste là
posé sur la rumeur tonitruante qui t’entourait

Tu es parti, disent-ils
n’en crois rien
tu vois bien que la vie ne part pas
elle s’arrête
mais tout reste en place

Tu crois avoir rangé ton habit de terrien
mais il n’en est rien
tu bruisses entre des fils d’encre vive
et encore tu ris
dans les chambardements de l’absence

Tu ne peux pas ne pas savoir :
la poussière d’âme est tenace sur le blanc des papiers

Tout reste
tout est là
l’absence n’emporte rien
seules certaines choses ne se ressembleront plus

Tu le sais
partir n’efface que les lendemains

Dans cette intermittence des heures
nous aurions pu nous mieux connaître
ici raisonnent encore
des soupçons d’amitié inachevée

Tu es là
dans cet hier
où tu glisses sur des rires et des sympathies

L’indicible d’un regard pèse par-dessus mon épaule.

 

jms

 

Publié dans JMS - A paraître

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Dis-moi

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Dis-moi

Publié dans JMS - A paraître

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Être un homme et ne pas savoir, est-ce cela le bonheur ?

Publié le par Cheval fou (Sananes)

http://terresacree.org/concentr.htm

http://terresacree.org/concentr.htm

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Est-cela qu'être Homme ? J’appelle au cri et à la colère

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Cosmique,
la douleur glisse dans le silence,
glisse comme le serpent déroule la nuit.
Partout
les écrans s’agenouillent
au confort des consciences

Être un homme et ne pas savoir
où habite la douleur,
est-ce cela le bonheur ?

Un silence blanc
un silence noir
oblitèrent des douleurs-poignards
et le cri majuscule que devrait porter chaque conscience.

Devant les écrans
et les flonflons de vos fêtes,
passent l’hermine et le vison,
coule le champagne.
Dehors une douleur cosmique,
venin silencieux,
déporte la raison.

Partout
les écrans s’agenouillent
au confort des consciences
et, minuscule,
le cri se meurt d’indifférence.

À regarder l’ignominie triomphante
des massacreurs de vie,
à voir l’acharnement de tous ceux
qui, au nom de la raison économique
usent et abusent de la douleur du vivant,
à voir ceux qui tirent leur jouissance
de la contemplation de la mort et de la souffrance,
je m’arrache le cri
jusqu’au plus profond de l’humain

Où sont donc passés les jardiniers de l’amour
quand l’homme, chaque jour,
répète les mêmes crimes et les mêmes silences ?

17 heure 04
Télé aveuglement éteint
J’ai vu les Himmler de laboratoire
et leur satisfaction dégoulinante sur la souffrance des victimes.
J'ai vu les marchands de foie gras
éviscérer à vif sans mesurer leur crime.


J’appelle au cri et à la colère
tous ceux qui s’élèvent contre la douleur industrielle,
tous ceux qui s’insurgent
quand on parque et encage des animaux
 dans des espaces d’engraissements si petits,
qu’ils ne quittent leurs mangeoires
 que pour rejoindre l’abattoir.

J’appelle à l’insurrection des cœurs
tous ceux qui hurlent contre les mises à mort
sans jamais dénoncer
ni la barbarie ni l’abomination
des camps de concentration
qui précédent l’extermination du vivant.

Je dénonce le silence,
et les coupables de silence.
Je dénonce ceux qui tolèrent l’élevage industriel,
l’écorchement des bébés phoques,
le démembrement à vif des grenouilles,
l’amputation des requins jetés à l’agonie,
le massacre des dauphins.

Je dénonce ces fausses civilisations
qui, au nom de la coutume et du spectacle,
plantent leurs lances et leurs épées
dans la douleur des taureaux.

Je désigne comme criminels
ces scientifiques pervertis
qui fabriquent des pondeuses génétiquement trafiquées,
et qui, du haut de leur suffisance,
exercent leurs sorcelleries expérimentales
sur nos cousins les primates et des millions d’animaux.

17 heure 24
Télé aveuglement fermé,
j’ai vu et j’affirme
que devant le bâillonnement des consciences
je préfère être clown et poète,
ami d’un bonobo qui essuie les larmes de son maître,
ami de n’importe quel chien qui protège un enfant,
que de me sentir frère
d’une engeance de laborantins qui martyrise des lapins, des singes et des chats.
Et j’affirme être étranger
à leurs congénères arracheurs de fourrures,
tueurs de rhinocéros, d’éléphants, de tigres, et d’ours
et de tous autres industriels de l’élevage intensif.

Le vivant, Messieurs les tortionnaires,
ce n’est pas que de la viande
ou son équivalence en fric.
Le vivant est un chant de joies et souffrances ordinaires,
cette souffrance que vous distribuez si généreusement
tant elle ne vous coûte rien
et tant vous la niez !

L’homme originel est devenu produit économique
conditionné à prendre, profiter, tuer.
il ne sait plus rien de l’essentiel,
des valeurs non négociables.
Il ignore volontairement le respect de la vie.
Les frontières de son univers sont courtes :
Il va que de son ego à son ambition,
les autres n’existent pas.
S’il le faut, demain,
il fera de ses semblables des denrées utilisables,
des unités de travail,
de la matière médicale destinée à réparer les puissants.

L’homme nouveau a hypothéqué son âme
il est devenu un expert en profits !

Mais l’homme existe-il sans compassion ?

Messieurs les rationalistes,
Messieurs les productivistes,
je vous accuse
d‘avoir fait du monde
un Dachau à ciel ouvert
pour les animaux,
mais pas seulement,
d‘avoir fait du monde
un Dachau à ciel ouvert
pour tous ceux des vôtres
que vous jugez inférieurs !

Vous vous croyez homme-étalon
mais c’est votre brutalité
que vous avez érigée en modèle sociétal.

Je vous accuse
d’avoir fait un monde à votre image
où le barbare vit sans uniforme,
où les galons se prévalent du sang et de la sueur versés.

Je vous accuse
d’avoir fait de la vie des hommes,
des animaux et de tout le vivant,
une marchandise soumise à vos appétits démesurés.

Messieurs les rationalistes
Messieurs les productivistes
vous ne savez plus ce que c'est qu'être humain.

Car être Homme,
c’est être capable de mesurer la portée de ses actes,
c’est savoir différencier la justice et l’infâme,
c’est porter en soi un devoir de fraternité et d’humanité
envers tout ce qui vit.
C’est savoir qu’aucun profit ne doit naître de la souffrance d'autrui.
Être Homme
C’est se savoir responsable et respectueux de la vie,
de toute la vie.


Cosmique,
la douleur glisse dans le silence,
glisse comme le serpent déroule la nuit.
Partout les écrans s’agenouillent.

J’appelle à la Conscience.

 

http://terresacree.org/concentr.htm

 

Est-cela qu'être Homme ? J’appelle au cri et à la colère
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Printemps des Poètes 2014

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Printemps des Poètes 2014

Publié dans Informations

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Aphorisme

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Quand le poète a la langue chargée
Il éternue des virgules et des pieds

Et quand le poète perd pied, le vers est imbuvable.

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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Si loin

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Si loin

Peuple aux étranges beautés
fils des dieux perdus
hommes de nulle part jetés dans ce chaos
où les vérités s’étripent au nom de l’Unique

Peuple si loin
de cet univers où la vie ploie
sous le poids des ambitions

Peuple des vertes brumes et d'une terre immaculée
que le capital n’a pas encore consommées
sens-tu ramper le péril ?

Tu es photographié, cartographié,
pesé, mesuré, chiffré
déjà prisonnier
des convoitises affutées
des marchands de bois
et des marchands de labeur

Peuple de l’ailleurs millénaire
qui ne sait pas encore que la loi du profit
a eu raison de la maison des cœurs


Mes larmes n’y pourront rien
ils arrivent avec leurs logiques
leurs camions et leurs banques

Peuple de l’enfance du monde
tu leur es peuple virtuel
déjà au catalogue des civilisations perdues
et tes enfants pareils aux miens
perdront leur liberté
perdront leur dignité de peuple debout

Mes larmes n’y pourront rien.

 

JMS à paraitre
in : Et leurs enfants pareils aux miens

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