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Dans la non-tristesse d'avoir été

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'essaierai de mourir souriant
pour que tu gardes une bonne image de moi
je ne veux pas revenir me voir et repartir la larme à l'œil
j'ai mis mon destin dans ma poche
vidé ma besace de sel
je n'ai pas gardé une larme
la griffe de mon chat a lacéré le ciel
quand il est parti, l'an était neuf
et le jour en panne de bonheur
qu'y avait-il en ce chat
pour que j'y trouve de l'humain
qu'y avait-il de moi, qu'y avait-il de nous
des mois et des années
 où se forgent où se perdent les destins
à chercher à comprendre les hommes et leurs desseins
tant d'années à tout vouloir comprendre
et repartir sans rien en avoir saisi
à vouloir s'accrocher à la beauté du rêve
se retrouver les mains percées
et du vent à travers
si jamais tu me trouves
ramène-moi à moi
je suis tout à recoudre
de mousse et de sang
j'ai perdu mes dents
j'ai perdu mes ongles
la griffe pas assez dure
pour caresser le jour
et si je n'ai pas vu ni marqué le temps
j'ai posé mon pied
sur  un carré d'orage
le vent jouait de la rage
quand à ma porte
le jour fermait le voyage
pourtant je reviens de jeunesse
sans envie d'en partir
je ne sais pas la tristesse d'avoir été
je sais la sérénité
de l'attente
je suis encore là,
là, mais pas las.

JMS

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Folie, crois-tu ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je suis le chat, le chien, le cousin Cro-Magnon,
l’homme-erectus à l'aube des millénaires
 la mémoire du temps,
la conscience de l'histoire non réécrite,
l'au-delà du certain.
 
Je suis une vérité existentielle dans l'insaisissable du réel,
  l'infinie dimension des subconscients,
le lieu où la lucidité génère la perception,  
la vision première des objecteurs d'apparence,
la fenêtre supra dimensionnelle qui laisse place au surréel.

Je suis l'espace intérieur contenant l'infini des cosmos et du verbe,
l'immatériel galaxie des ressentis,
le regard plus loin que le visible,
le reflet des joies et des douleurs,
  le jardin où résonne la beauté structurelle.

Je suis la perception qui donne vie aux objets
et une âme au vivant,
  l'écho du Big-Bang, le premier frisson de l’atome,
le moteur du mouvement vers la conscience.

  Aussi fou que la vie
je suis la poésie.

JMS

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J'enlève mes lunettes

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

J'enlève mes lunettes pour dormir
et ferme mon cœur pour sortir
la rue et mes rêves bousculent leurs frayeurs
ma boussole s’affole
l'ordre est une rumeur de cour d’école
le rêve n'a plus son génie
Aladin s'est perdu
ma pendule intérieure se dérègle
l'horloger de la jeunesse s'égare dans la course des jours
quelle heure est-il quand la magie ferme ses portes ?

La déréglementation fait ses fêtes
je me perds dans  mes idées
quand la poésie fait la manche
le poème trébuche sur mes pieds
les maux sont si gros
que l'utopie prend l’eau
l'avenir est une chimère
où le Père Noël cherche ses rennes.
 
Il pleut
la poudre est mouillée
comme un rire tiré à blanc
l'avenir est en marge
sur la page vide
entre le point et la virgule
l'interrogation est majuscule.

JMS

dessin jms

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Un texte de Cristina Castello (Rebond le sur Portrait de l'auteure fait par André Chenet)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

De Cristina Castello, journaliste et poète argentine et française

Pourquoi mes yeux regardent-ils les êtres en dedans ?
Et pourquoi l'en-dedans des êtres regarde-t-il mes yeux ?
Nul ne répond sauf l'Absolu
Cristal et acier je suis, mais tous voient l'épée
Et nul n'imagine mes cristaux en éclats
Je résisterai en armure de poésie
Je résisterai accrochée au murmure des astres
Je résisterai juchée au sommet d'un brin d'herbe
Attachée à cette lune de neige navigante des brumes
Qui me regarde depuis la ramure de l'arbre qui la berce
Je puis encore ouvrir les mains pour mes Autres
Je ne mourrai pas sans voir que dans le balluchon le Christ chante
Je ne mourrai pas sans que la boussole présage une épiphanie

In El canto de las sirenas - Le chant des sirènes aux Éditions Chemins de Plume
collection Un Poète/Une Voix

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À Jean-Marc La Frenière qu'un 5 janvier emporta.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parce que la mémoire, la nostalgie et l'amitié se jouent de l'absence, je vous livre ces quelques mots de Jean-Marc La Frenière : "Que me reste-t-il de toutes ces années à faire le con ? Trop de choses nous heurtent en cherchant l’absolu. On écrit sur le vide pour mieux le traverser. Jamais droit dans ses bottes, serrant de près l’instant, on écrit pour après, pour plus tard, contre le temps aux yeux méchants qui brise les visages".
Non, mon ami Jean-Marc La Freniere, n'est pas loin, il brille et vibre en ses mots que je garde en moi.

JMS le 5 Janvier 2025

 

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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2024 Lettre de Nouvel An

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Trêve de Noël (final 2024) - Les lettres de cheval fou - 11 - Dans une odeur de cacao

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'avenir me taraudait, le miroir parlait de l’urgence. Que faire des lendemains sans lendemains, des matins trop hâtifs à lever l'aurore et le soleil ? Que faire quand on hésite entre le devoir de faire son devoir et l'envie de vivre loin, de jeter au diable les chaussures de plomb qui vous attachent à l’hésitation ? Tout reposait sur mes épaules, telle une inquiétude de papillon quand l'hiver arrive. Profitant d'un moment de solitude, je voulais m’en parler. Mais alors que je me sommais fermement de me répondre, ma femme d'une voix enjouée s'interposa entre mes moi et moi : "Veux-tu un chocolat ?". Désarçonné, en plein émoi, je n'ai rien pu me dire, dans une odeur de cacao  le silence était  lourd. !

JMS 31/12/24

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Chez les moineaux

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il n'est pas d'heure chez les moineaux
ça baigne chez les poissons
ça danse dans les basses-cours
court le vieux fermier
court le couteau à la main

Je ne suis pas dans mon assiette
fait pas bonheur chez les perdreaux
je cours comme un bélier
j'ai peur du vieux fermier
je compte mes abatis

Des cris de mouettes ivres fouettent les baleines
je ne veux pas chanter
la litanie des vieux bergers
Je suis fou à lier
je veux danser rire aimer

Pas d'heure chez les moineaux
ma vie n'est pas d'équerre
elle est de courbes et de tangentes
j'ai pris la mauvaise voie
plus aucun soleil n'habite mon trou

Du plomb pour les perdreaux
c'est sûr
ma vie n'est pas d'équerre

De haut et de bas
elle court comme un torrent
elle coule en encre vive
elle est de pleins et de déliés
elle court à plein récit

Bélier fou
dans un monde cannibale
je caresserai  le verbe aimer
comme une eau vive
à plein récit
Jusqu’au dernier récif.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Un pâle chagrin

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans le crissement de Noël
la nostalgie,
ce cri identitaire, brandit le pâle chagrin
d'un peu de l'univers qui s'en va
emportant  cette part de nous  qui s'accroche aux jours.
C'est une faim d’enfance
où le sourire d'une mère se fait guirlande et lumière,
le crépitement du maïs bondissant sur le poêle,
et  les enfants qui courent.
Je me souviens de la joie,
et des soirées d'attente à vouloir surprendre le Père Noël.
Je me souviens des mains de grand-mère
parlant des disparus,
et d'un temps de retour de guerre.
Je me souviens de la nostalgie des vieux
mêlée aux rires étoilés d'une mémoire diaphane
où mon enfance fait ses rebonds.

Je me souviens,
de grand père se souvenant.

Je me souviens...

jms 27/12/24

 

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