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1er Mai 2026

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Quand en ce mois de mai 
les Pasdarans génocidaires
en quelques jours ont massacré
plus de quarante mille enfants 
coupables de rêver de laïcité
dans un Iran qui assiège un pays
et préfère voir ses proxys se faire massacrer
que de déposer les armes ;

Quand aux jeux des déraisons 
on se demande si se défendre et génocider
sont les facettes d'une même médaille,
je me rappelle cet ailleurs 
où un Coran 
ne prêchait ni la mort du Juif 
ni du mécréant, ni du Chrétien, 
dans un temps sans Al-Qaïda 
sans Daech sans Boko Haram 
sans enfants kidnappés
sans homosexuel défenestrés ;

Je me rappelle ces heures 
où, avec mes amis musulmans,
nous déterrions les pavés 
pour y retrouver les fraternités perdues. 
Ensemble, 
nous fréquentions le salon de thé
de la mosquée de Paris
et la place des Vosges

Si, depuis,
nos jeunesses se sont épuisées, 
mes amis sont restés mes amis, 
même si l'international 
des amitiés humanistes 
et des fraternités invincibles
est en déroute ;

Si le rêve
ici est ailleurs
et joue son désenchantement
en sol majeur,
me reviennent 
des désespoirs qui ne veulent pas mourir
et ce temps où parmi des millions
je croyais en un espoir infini


Si encore j'en pleure
c'est que je suis chien de mémoire
fidèle comme le regret ;

Dans cet ailleurs
où mon rêve se perd
parfois je Te nommais
Je Te savais parmi nous
je chantais à Tes côtés
tu t'appelais Paix et Fraternité.

Opus 24
Requiem pour 1968

Je me rappelle ces temps
où les Lolitas, pour un baiser,
pour un tour de bras,
volaient de brefs instants au banal,
un brin d’encens à la main
elles se disaient
égales aux hommes,
les ouvriers rêvaient
pour un Krishna, pour un Jésus
pour un Dylan, pour un Donavan,
les haut-parleurs jetaient l’amour
les yeux jetaient du rire
les oiseaux parlaient de tendresse,
je revois le rabbin Abraham Joshua Heschel
avec Martin Luther King,
disant
"L'Exode n’est pas terminé
tant que des hommes sont encore privés de liberté".

Avec eux je faisais un rêve
Dieu dansait à nos côtés
c'était
bien avant les vacances du ciel.

JMS

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Mon chat le sait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Que de crimes ! 
Ils tuent le temps quand il faudrait tuer le silence
Au nom de la bienséance ils enferment la vérité
Au nom de l'ordre moral ils séquestrent la conscience
Au nom de la tranquillité ils défenestrent le réel.
 
Mon chat le sait
Il en laboure le rideau et mes mains
Moi je ne vois rien
J'habite dans l'ailleurs du désir
Au nom de ce rien
Je fréquente l'espoir et l'illusion
Crois à l'aveugle présence de la crédulité
Et au miracle qui lui rendrait la vue.
 
Mon chat le sait, il me l'a dit :
Il est criminel de tuer le temps
quand il faut ouvrir le silence 
Et en extraire ses cris
Si quelques larmes en jaillissent
c'est que la vie est un combat.

JMS 24/04/26

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Petit retour à la maison "Poésie" après l'écriture d'un roman

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Entre atome et prophète
je cherche ma route
j'ai jeté les vérités atones
que l'inculture collective arrache à la nuit

Entre le gouffre et l'étoile
je cherche la lumière
j'ai vu la fleur et le goudron
dans les jardins de l'eau-delà
où se noient les solitudes

Seul mon chat sait :
entre l'être et l'absence
il y a la peur de ne pas savoir être

Qui es-tu petit homme
en quête de bonheur
toi qui vacilles dans cette virgule d'éternité
toi qui désespérément, sans boussole
au gré d'un fleuve intuition
traques la vérité ?

N'étais-tu qu'un navire de chair
perdu dans les déroutes de la raison ?

Pèlerin des vérités
veux-tu toujours sauver le monde
dans cette usure du jour
où ta voix côtoie le silence des justes ?

JMS le 17/04/2026

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Joyeuses fêtes

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


Je souhaite à tous 
une bonne Pâque ou de joyeuses Pâques, 
et à mes amis musulmans
 une belle fête de l'Aïd-el-Kebir 
et à ceux qui croient
que la tendresse n'a pas à attendre le printemps
de recevoir comme moi
un retour de magie
en souvenir d'un temps de jeunesse
où j'emmenais à la traversée des décennies
ma fille, mes nièces, mes petites filles
à mon arbre enchanté 
sur lequel poussaient des fraises tagadas

Aujourd'hui au jeu de la roue tourne
c'est pour moi que l'arbre est revenu
cumuler la Pâque et mon anniversaire

JMS

 

 

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8 ans plus tard

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le temps nous porte 
me porte et nous emporte.
Sur une vieille photo et une décennie
un visage disparu 
porte à jamais fermée  
qui ouvre une écharde de lucidité.

Je ne sais pas si j'aurai le temps d'assumer mes chagrins
le temps de voir renaître l'espoir
de donner un sourire à l'amour
mais déjà je sais qu'être un homme
 c'est aller au bout de sa désillusion 
sans jamais perdre espoir
sans peur d'aimer sans retour.

JMS - 8 ans plus tard, avec une pensée pour Pascal.

Facebook : image souvenir - Printemps des Poètes à Saint Jean Cap Ferrat

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L'impuissance n'a jamais raison.

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans la clameur d'une quiétude oubliée
il a vu la colère du vent 
et mon camélia lui donner
les derniers pétales 
rouge-sang de l'hiver

Là-bas où les hommes 
agitent leurs haines et leur droit de vivre
la guerre se joue 
des chants d'oiseau et du silence des morts

L'impuissance n'a jamais raison.

JMS

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Un jour, je me cacherai

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À l'arrachement des larmes,
j’ai éventré mon cœur,
creusé l’écume de l’apparence
jusqu’au nid du mensonge,
ouvert la nuit et éborgné l’étoile du matin.

La nuit est si vaste
que je ne suis pas sûr
d’avoir envie d’attendre le jour.

La colombe est partie,

je cherche l’écho du rire
dans l’affirmation des fraternités.

Chaque jour, je renais
et meurs de mes désespoirs.
Chaque jour, le ciel est de fer,
je bombe , je tombe, tu meurs.

L'espoir est une balle,
un crime qui emporte le soldat.

Un jour, je me cacherai,
 dans cet incognito des espaces
où, dans l’écho de Ton absence,
le verbe s'use,
à en rétrécir l’infini.

Le doute et la tombe nous séparent.
Je n’ai pas d’ennemis,
qui donc trace ces frontières
où la déchirure est si rouge ?

Qui es-Tu,
Toi qui m’emportes
dans l’hémorragie des jours ?
Toi,
qui n’es pas venu ?

JMS

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L'eau de mes larmes

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 J'ai chevauché le psaume et l'utopie
J'ai tué mon Dragon Noir
C'était hier, c'était jamais
Je ne vis ni ne meurs pour passer le temps
Je jappe à la quiétude des chiens
Me reste trois arpents et d'incertaines décennies.

Je rêve je résiste et me bats
Je vis encore en altitude
Je règne en sud mémoire
C'était demain, c'était hier
La tour rebelle n'est jamais assez haute
Je tire à l'encre noire
L'eau de mes larmes ne lave rien
Ils ont cerné l'espoir ils ont trahi le rêve
Les bruits qui courent me pourchassent
Demain je partirais.

C'était jamais, c'était peaux de chagrin, c'était hier
J'ai chevauché le psaume et l'utopie
Je parle aux colombes et j'appelle l'enfance
Je ne crie ni ne pleure pour passer ma vie
Je brode la douleur à mes armes
Je suis le prince de mon royaume
J'ai tué mon Dragon Noir
Je jappe à la quiétude des chiens
Me reste trois arpents et d'incertaines décennies.

Aux bruits qui courent, mes mots sont folie
Du haut de ma tour, ma fureur ne retient plus le sable
Je sème dans le désert
D'un revers de vie, je tourne les sabliers
Du haut de ma tour, le vent fracasse la goélette des heures
Je viens d'hier et de jamais
Je suis une peau blessée
Une musique perdue que rien ne retient
J'écule le précieux des jours
Je suis fantôme venu de mon passé
Je suis un esprit frappeur qui cogne aux vérités.

Sabliers sabliers
Sonnez les cloches
Sonnez le glas sonnez les vêpres
Je ne vis ni ne meurs pour passer le passer le temps
Dans la cage du mensonge, je suis chasseur de vérité.

Sabliers sabliers
Je suis l'homme à mains de papier
Le prince au masque de fer 
La plume dans l'argile du mot
À l'autopsie de mes utopies
Je suis le bistouri au cœur sanglant.

Sabliers sabliers
Je partirai sans voir la lumière
Chaque feuille perdue m'enfonce dans la nuit
Je voudrais rire comme un enfant.

Je suis prince de mon royaume
Je brode la douleur à mes armes
Je parle aux colombes et j'appelle l'enfance
Dans la rumeur des bruits qui courent
Mes mots sont folie
Sans épée je me répare
Le rire du printemps reconstruit les jardins perdus
Je ne crie ni pleure pour passer ma vie.

Sabliers sabliers
Je ne vis ni ne meurs pour passer le temps
C'était hier c'était jamais
Encore je voudrais pouvoir dire
Demain le monde sera plus beau
Mais j'ai tué mon Dragon Noir
Je suis prince d'un royaume où l'on décapite le mot.

Je ne vis ni ne meurs pour laisser le temps passer.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Quand la grisaille ouvre les nostalgies, Je pense à toi Lennon,

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je pense à toi Lennon,
toi qui chantais
"Imagine les peuples, Vivant dans la paix"1,
si tu savais, comme les temps changent.

Nos utopies ont tari dans des placards de politiciens.
Partout les crève-espoir glapissent leurs aubades à la déréglementation.
Lentement, les jours engloutissent
San Francisco et sa Maison bleue.

Gilles Servat, Glenmore, les insurgés de la conscience, s’effacent.
Partout le silence crépite comme un fusil à crever les mots.
Partout la musique s’étouffe dans de vieux vinyles.
Le vieux Léo hurle encore
comme un prédicateur de mémoires troubles.

Lennon, si tu savais
comme ne rien oublier est une douleur furieuse.
Si tu savais comme dans mon crâne de petit homme
courent encore de vieux rêves.
Comme partout l’espoir se meurt.
La magie et le rêve sont éparpillés.

Lennon, toi qui chantais
"Aucun besoin d'avidité ou de faim"2,
croirais-tu qu'aujourd’hui
il nous faut encore affronter la vie et son désert d’utopies ?
Le futur et ses rêves atrophiés ?
Si tu savais, Lennon, comme la blessure est grande !

Les temps changent.
Nos enfants sont des orphelins du rêve.
Partout les tueurs d’avenir ont capturé l’espoir.
Les utopies tarissent aux coffres des financiers.

Je pense à Dylan, Martin Luther King, l’Abbé Pierre,
à l’île de Wight, à Woodstock.
A ces temps où l'on chantait
"Imaginez tous les peuples, Partageant le monde"3.
Je pense à Colette Magny, Yves Simon, Brigitte Fontaine,
Joan Baez4, Graeme Allwright, Dylan, Higelin, Areski…
Encore résonnent leurs voix.
Je pense à tous ceux, poètes fous et flambeurs d'utopie,
qui faisaient de leurs mots des chansons d’espoir.

Je pense aux soldats du cœur, aux objecteurs de conscience,
aux combattants pour les droits civiques5
en Amérique Noire, Biafra, Vietnam, Chili…
Je pense à Chico Mendes6, Dumont7,
à tous ceux qui se sont opposés aux avidités destructrices.
Je pense aux Mères de la Place de Mai8
à la lutte contre toutes les dictatures.

Je pense à toi Lennon,
toi qui écrivais à ceux qui "n'avaient pas compris la vie".
Je pense à ton mot "heureux",
à l’exigence qu’il enferme en son périmètre,
à l’intelligence qu'il renferme.

Je pense à l’Île de Lumière9 et aux 'Boat people'.
A la flambée de conscience qui embrasa le monde
en ces temps où l’ambition d’être homme passait par le cœur
et non par une apparence certifiée grand luxe.
Ces temps où sauver un homme primait
sur l’autopromotion carnassière des élites.
Ces temps où des millions de petits épiciers
donnaient du cœur aux villes,
où les grandes surfaces n’avaient pas encore dévasté la France.
Ces temps où les travailleurs chantaient le dimanche.

Tu ne savais pas Lennon, vous ne saviez pas amis,
que si vite reviendrait le temps du martyr de la terre et des hommes.
Le temps où ceux qui paradent
au classement des grandes fortunes et aux box-offices des prédateurs,
substitueraient l’argent
aux valeurs fraternelles que vous aviez chantées.

Les temps changent,
nos utopies tarissent dans des placards de politiciens.
Des hommes pourrissent à genoux
tels de vieilles espèces animales endémiques
qui mendient leurs victuailles.
La conscience meurt dans des livres jaunis et sur de vieux vinyles.

Les temps changent,
je pense au temps d’avant la mort des utopies.
Quand les hommes voulaient changer le monde.
Quand survivre n'était pas un but.
Ce temps où l'on chantait l'amour.

Je pense, et encore, j'"imagine" le bonheur.

JMS


1 "Imagine all the people, Living life in peace..."
2 "No need for greed or hunger"
3 "Imagine all the people, Sharing all the world..."
4 David et Joan Baez son épouse, furent les porte-drapeau des objecteurs de conscience du Vietnam,
5 Les droits civiques : combats de l’Amérique Noire contre la ségrégation raciale (Dylan, J. Baez et d'autres, s’engagèrent au côté de Martin Luther King
6Chico Mendes : défenseur des forêts et des Indiens d’Amazonie, il fut assassiné par les propriétaires terriens
7 Dumont : il fut le premier en France à dire que l’eau potable était en péril
8 Les Mères de la Place de Mai : elles bravèrent la dictature de Pinochet pour réclamer leurs enfants disparus
9 L’Ile de Lumière : bateau équipé par B. Kouchner et Médecins du Monde pour sauver les 'Boat people' en perdition en haute mer quand ils fuyaient l’arrivée des communistes au Viet Nam

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Quand crisse le neurone

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Quand crisse le neurone, je vois ma vie qui passe,
fétus de cris, de mots, 
de désirs et de rêves écornés. 
Il y a du vent dans ma caboche, et si je ne me cherche plus, 
c’est qu’inlassablement je m’explore, 
me cogne à la question, me heurte à la réponse, 
j’ébrèche mes certitudes.

Qui suis je quand je sors de moi pour entrer chez les vivants, 
dans leur univers tapioca où le caviar ne me côtoie pas, 
où l’on dépiaute la misère pour nourrir les riches, 
où la vie — ma vie — inexorablement, incurablement,
me mène vers le silence des rires ancestraux.

Où vous êtes vous perdues, mes ombres d’éternité ?
Depuis si longtemps que je découds le temps 
pour te connaître, mon père ?
Alors je marche, je cours, je pleure, 
où sont passés mes rêves ?

Je croyais en l’humain, 
mais la bourse a ses échelles 
et la mémoire ses fantasmes. 
Pourrais je encore vivre parmi les hommes, 
tous les hommes ?

Mémoire, qu’as tu fait de l’humanisme ? 
On arrache les âmes à Téhéran, 
à Lyon, on défenestre au nom d’une sourate, 
il pleut des drones sur Kiev. 
La fissure déchire l’espoir 
et ma route se perd dans l’incertain.

Partout où passe l’arme à gauche, 
là où la mort joue le trépas, 
j’ai l’âme en larmes.
Le ciel me dépasse, 
le calendrier déverse mes décennies, 
la lucidité émiette mon optimisme 
et j’ai peur de l’avenir qui se dérobe.

Aux revoyures, peut être, 
dans les champs d’éternité,
nous tiendrons nous par la main, 
par le cœur, 
ou chanterons nous, mon père, 
les psaumes de la désespérance ?

JMS 15/02/2026

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