Rebond sur une publication de Marlène des Chemins

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Les mots de Pierre Cressant auraient suffi, mais certaines photos me parlent. De quoi se font-elles l'écho ?
Font-elles de moi un vieillard à sa fenêtre, penché sur la vie, courbé sur l'attente d'une voix, d'un visage qui s'estompe dans les méandres des mémoires ? Ou ne suis-je qu'un moment d'effroi perdu dans l'infini, un œil qui s'accroche à l'artifice de la beauté du "encore vivant", dans la grisaille d'un monde qui sombre dans sa folie ?
Le regard oublie-t-il les rêves des bébés égorgés, l'horreur des enfants et des femmes sous ces pluies de bombes qui nettoient l'espoir ? Où vont les pleurs, les peurs, les frayeurs quand aux épousailles du silence et de la douleur, certains n'ont d'autre patrie que leur haine, d'autres pays que leur deuil ? Où sont ceux qui ne verront pas la Camargue au printemps ? Où est l'humain quand la prière sèche si mal les larmes ? Où sont les humains quand là-bas, Kiev s'efface, comme ces silhouettes d'arbres et cette lune qui s'éteint entre l'ocre et la fusion des gris ?
Ma mère, mon chat, les enfants et la vie se sont égarés dans la perspective des lendemains, perdus dans cet ailleurs du monde où la nuit et la lumière mènent combat. Le désespoir est une colère blanche. Les chevaux fous du rêve meurent de grisaille, j'ai la tête d'un enfant clown qui croit que tout ceci n'est qu'une farce.
Mais tant de larmes ne savent pas sécher, parfois je m'y noie.
JMS

 

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