1er Mai 2026
Quand en ce mois de mai
les Pasdarans génocidaires
en quelques jours ont massacré
plus de quarante mille enfants
coupables de rêver de laïcité
dans un Iran qui assiège un pays
et préfère voir ses proxys se faire massacrer
que de déposer les armes ;
Quand aux jeux des déraisons
on se demande si se défendre et génocider
sont les facettes d'une même médaille,
je me rappelle cet ailleurs
où un Coran
ne prêchait ni la mort du Juif
ni du mécréant, ni du Chrétien,
dans un temps sans Al-Qaïda
sans Daech sans Boko Haram
sans enfants kidnappés
sans homosexuel défenestrés ;
Je me rappelle ces heures
où, avec mes amis musulmans,
nous déterrions les pavés
pour y retrouver les fraternités perdues.
Ensemble,
nous fréquentions le salon de thé
de la mosquée de Paris
et la place des Vosges
Si, depuis,
nos jeunesses se sont épuisées,
mes amis sont restés mes amis,
même si l'international
des amitiés humanistes
et des fraternités invincibles
est en déroute ;
Si le rêve
ici est ailleurs
et joue son désenchantement
en sol majeur,
me reviennent
des désespoirs qui ne veulent pas mourir
et ce temps où parmi des millions
je croyais en un espoir infini
Si encore j'en pleure
c'est que je suis chien de mémoire
fidèle comme le regret ;
Dans cet ailleurs
où mon rêve se perd
parfois je Te nommais
Je Te savais parmi nous
je chantais à Tes côtés
tu t'appelais Paix et Fraternité.
Opus 24
Requiem pour 1968
Je me rappelle ces temps
où les Lolitas, pour un baiser,
pour un tour de bras,
volaient de brefs instants au banal,
un brin d’encens à la main
elles se disaient
égales aux hommes,
les ouvriers rêvaient
pour un Krishna, pour un Jésus
pour un Dylan, pour un Donavan,
les haut-parleurs jetaient l’amour
les yeux jetaient du rire
les oiseaux parlaient de tendresse,
je revois le rabbin Abraham Joshua Heschel
avec Martin Luther King,
disant
"L'Exode n’est pas terminé
tant que des hommes sont encore privés de liberté".
Avec eux je faisais un rêve
Dieu dansait à nos côtés
c'était
bien avant les vacances du ciel.
JMS