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Alain Aurenche

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Les copains d'comptoir

Les copains d'comptoir
Ceux que nous voyons
Boire à leurs déboires
Le cœur en haillons
Ont au fond des yeux
Des rêves en partance
Des désirs furieux
De bonne espérance

Ce sont les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand on tire la corde de sa vie de chien

Ces copains qui vivent
Tard dans la nuit, hantent
Des lieux de dérive
De mauvaise pente
Demain comme hier
Comme d'habitude
Le nez dans la bière
De leur solitude

Ce sont les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand on tire la corde de sa vie de chien

Ces tricards du jour
Qui murmurent timides
Quelques mots d'amour
Devant leur verre vide
Crient "à l'abordage"
Dès qu'une sirène
Même en plein naufrage
Frôle leur carène

Ce sont les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand on tire la corde de sa vie de chien

Les plus vieux d'entre eux
Boivent en silence
Au bal du temps creux
Leurs souvenirs dansent
Au petit matin
Sur des bocks d'écume
Chacun son destin
Se noient dans la brume

C'étaient les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand au bout d'la corde y a même plus de chien....
 
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Marc Ogeret

Publié le par la freniere

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Jean-Marc La Frenière : Chienne de vie

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans cette chienne de vie
j'ai préféré tirer la chasse,
tirer la langue
et le diable par la queue
que de tirer du gun
ou de tirer des chèques
sur le malheur des autres.
J'ai préféré passer l'éponge,
passer mon tour,
passer les bornes,
passer pour fou
que de passer tout droit.

Mais cette chienne de vie
est parfois si jolie
(merci Prévert)
sans collier sans licou,
les deux pieds dans la vase
et le poil au soleil.


Quand on m'aura dompté,
dressé, salarié,
je ne serai plus
qu'un masque sans visage,
une ride sans voix,
un habit sans personne,
un corps en location,
un coeur à la consigne,
une âme en peine.

Je veux rester sans nom
au milieu de la foule
et faire l'accolade
à tous ceux qui s'égarent.
Je veux rester rebelle
et me refaire une vie
hors des sentiers battus,

Je veux planter ma tente
au milieu de l'orage
et faire d'un volcan
un oasis de paix,
de la peur une armure
et de l'angoisse un feu
pour réchauffer la vie.

 

Je veux rester debout
pour une femme qui passe
mettant le feu au cul
et la main à la pâte.
Je veux rester vivant
pour une femme qui chante
et rallume à ma queue
le désir des voyous.

 

in http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Salon du Livre de Nice - 1,2,3 juin 2018

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je serai heureux de vous rencontrer sur le stand de "L'Île des Poètes". JMS

Je serai heureux de vous rencontrer sur le stand de "L'Île des Poètes". JMS

Publié dans Informations

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LES PROLÉTAIRES

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

LES PROLÉTAIRES

https://youtu.be/lDjzDIPppPw

LES PROLÉTAIRES

Y'a des pétroliers super
Qui foutent le deuil sur l'onde.
Avec 10 hommes d'équipage,
On s'en va au bout du monde.
Avant, il en fallait 30,
C'était pas rentable,
En voilà 20 au chômage!
Les prix seront plus supportables.
Mais de tous ces matelots,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces matelots,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville a la la la lair
On les mettra à l'usine.
On manque toujours de prolétaires

Assez travaillé pour soi;
La petite exploitation, c'est pas rentable
20 ans de retard.
Fort de la compétition.
Il y a trop d'agriculteurs.
C'est pas raisonnable.
Quelques millions au chômage
Et l'Europe verte sera viable.
Mais de tous ces paysans
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces paysans
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville tra la la la lair
On les mettra à l'usine.
On manque toujours de prolétaires!

Et toi, petit commerçant,
Tu mourras d'la TVA.
Mais si on aide ces gens-là,
La bombe, comment on la fera ?
Le petit commerce doit mourir,
Il est pas rentable.
Va t'en au supermarché,
Les prix seront plus supportables.
Mais de tous ces commerçants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces commerçants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville tra la la la lair
On les mettra à l'usine.
On manque toujours de prolétaires

A Nantes, à Rennes ou à Brest,
Du travail, il n'y en a guère.
Ils voudraient rester chez eux.
Alors comment faire ?
Déplacer toutes les usines ?
C'est complètement con !
Eux ! Qu'ils viennent dans la capitale.
Pour le patron, c'est plus valable.
Mais de tous ces immigrants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces immigrants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
S'ils viennent dans la capitale, tra la la la lair
Même en faisant plein de fonctionnaires,
Y' aura toujours trop de prolétaires.
S'il y a trop de chômeurs,
Y'aura du désordre.
Il faudra des policiers
Pour maintenir l'ordre.
Hitler le disait déjà :
"Un chômeur c'est pas rentable.
Un soldat, ça coûte moins cher.
Et c'est bien plus raisonnable."
Mais de tous ces policiers,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces policiers,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville, tra la la la lair,
Taper sur les ouvriers,
Taper sur leurs frères.
Ils s'en iront à la ville, tra la la la lair,
Taper sur les ouvriers,
Taper sur leurs frères !
 
de Gilles Servat
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Ile Eniger - Rugir

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le ciel renouvelle ses eaux, s'arrête pour mieux les compter, et recommence. Le ciel est en travaux pratiques. Debout au seuil du vide, c'est à toi que je parle, que je ne connais pas, que j'espère du fond de la caverne. Je te cherche, je te crie, je t'appelle. Nettoie les avoirs, les pillages, les hideurs. Arrête les agitations, les verbiages, les illusoires rassemblements, les réseaux de basses-cours, les discours menteurs, les sentences insensées, les égoïsmes barbares, les suffisances mortelles. Libère la respiration primale, la parole nue, la silencieuse, la pudique, l'exemplaire qui sonne clair comme un bol tibétain. Lave la vie aux hautes sources, conduits à l'indivisible. Et si je ne te sais, si je ne sais t'entendre, laisse rugir ton silence, l'écho sacré.


Ile Eniger - Solaire - (à paraître)

http:/http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Déclaration d'impôt

Je n’ai pas honte des gens que je fréquente

qu’ils soient prophètes ou mécréants,

bandits ou imbéciles, poètes ou vidangeurs,

trafiquants de rêve ou paresseux,

J’ai honte pour l’homme quand il se fait banquier,

flic, homme d’affaires ou bourreau,

avocats de la poursuite,

comptable du silence ou notaire du cœur.

Je n’ai pas honte d’être pauvre.

J’ai peur d’être riche au détriment du monde.

 

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Bruno Odile

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Parmi les 5 à 10 auteurs du net dont j'admire la hauteur de pensée et l'expression poétique, Bruno Odile est celui dont la lucidité et les  fulgurances m'émeuvent toujours au plus haut point. Tout en lui est courage, promesses ou espérance. Il est le samouraï de l'espoir qui, depuis que je le lis, transcende ses drames pour que son écriture soit un chef d’œuvre.
Je vous livre ses quelques lignes et vous invite à visiter son blog. Vous y rendre c'est affronter la beauté démesurée du cri de l'homme
:

"Je ne cherche plus l’orage au bout des chemins sombres. Hier déjà, heurté contre l’ombre de moi-même, j’envisageais de me défaire des lassos de l’obscurité où s’exilent les piqûres du jour. A présent, je veille aux creux de mes mains et sur le bord de mes lèvres, je flotte en dehors des espaces abandonnés. Il n’y a plus de terre en ces lieux inoccupés, il n’y a plus de morsures pour que saigne l’horizon. Les frontières d’hémoglobine ont rejoint le silence léger poursuivant leurs courses après la forge. Le fer longtemps travaillé s’épuise dans la matière rougie avant de prendre forme. Dans une taille acerbe, la serpe coupante a brûlé le foin. Où pourrai-je aller ? Perdu à l’épicentre de mon progrès, je grappille sous mon épiderme le souffle de la buse et la vigueur du renard. Il me faudra mûrir dans l’ombre de moi-même, dans l’intériorité de la foudre qui m’accable.".

Tout est dit ! Et mon admiration se fait cri et épousailles de douleurs et d'espoirs au profond de moi.

Jean-Michel Sananès

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L'imparfait du subjectif

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Chacun triche du haut de son ego et de ses certitudes inconsciemment structurées en lieu et place de vérités complexes et composites. Fourmis perdues sur l'autoroute des ressentis, nous bâtissons nos convictions en fonction de nos aspirations et de préjugés culturellement inculqués, exfiltrées et infiltrées en nous depuis notre premier syllabaire, nos livres d'histoires et de prières, le tout constituant un acquis identitaire parfaitement subjectif.
 

Je rêve de créer un mode d'appréhension et d'acquisition des événements qui conjuguerait le perçu à "l'imparfait du subjectif ", en un temps qui paramétrerait le doute en le plaçant au ventre de toutes les certitudes.
Le doute est la distance nécessaire entre la vision et les différents angles d'acquisition de la réalité.

Je suis las de voir la mafia des "Monsieur je sais tout" gérer le monde, des "Monsieur bonne conscience" tracer leurs frontières entre les hommes "de bien" et ceux à exclure.


J'en ai marre de voir ceux qui se cachent sous la bannière du politiquement correct amputer l'information de tout fait portant atteinte à leurs convictions.
Atténuer, morceler ou donner du volume à une information pour la mettre au service d'une conviction préétablie, ne sert ni la vérité, ni la justice, mais conforte un état égotique.


Tous les jours, ce qui se passe dans notre pays et dans le monde est orienté par la vision et le projet politique de médias faussement neutres et apolitiques.
On y dénonce ceux qui se battent pour un salaire et quelques avantages acquis en tentant de nous faire croire qu'il y a plus malheureux qu'eux.

Pourquoi devrait-on aligner les salaires sur ceux des plus défavorisés et, dans le même temps, ignorer les avantages dispendieux que s'octroient les hommes politiques et le grand patronat ?  
 

Tous les jours, dans les informations  sur le Moyen-Orient, on passe sous silence que certains se servent d'enfants comme boucliers humains pour empêcher la détection de tunnels offensifs transfrontaliers, en omettant de dire que parmi les protagonistes de ce drame, face à ceux qui tirent des balles, il y a la doctrine de ceux qui veulent devenir des martyrs au nom d'un texte sacré prônant le meurtre raciste !  Et cela n'est pas une fable ! Chaque jour, en Orient, et maintenant chez nous, des hommes meurent de ne pas accepter de partager ce sectarisme.  
 

J’en ai marre de voir, tous les jours aussi, l'indifférence souriante des grands moralisateurs, leurs incantations et leurs condamnations de pacotille, laissant les Rohingyas se faire génocider.


J'en ai marre de la fratrie et de la suffisance de ceux qui se croient hommes de bien parce qu'ils ont le pouvoir de l’argent. J'en ai marre de les voir s’auto-mandater  pour gérer la France et le monde avec leurs hordes de "tontons macoutes" à fusils et matraques. J'en ai marre de voir ces hordes toujours là pour faire perdurer une société exploitant les hommes au nom de leur mission sacrée : protéger les profits du grand capital.

 

J'en ai marre d'un capitalisme réinventant l’esclavage par soumission et faisant qu'un travailleur ne peut subvenir à ses besoins par son salaire. Quand définira-t-on une notion de crime économique alors que, dans l’entreprise, il y a une hallucinante disproportion dans l'échelle des salaires ? Quand sanctionnera-t-on la non-répartition des richesses et l'exploitation de l'homme par l'homme ?
 

J'en ai marre d'un monde où les nationalismes s’affrontent ou se conjuguent.
J'en ai marre d'une terre sous la coupe d'un international de la chimie et du capitalisme, brûlant la planète et spoliant le futur des enfants.  

 

J'en ai marre d'une ultra gauche offrant la violence sans proposer de programme humaniste.
 

J'en ai marre de cette nouvelle droite structurant la misère de ceux qu’elle considère comme hommes de rien et de peu, sans  autre ambition que d'attendre de l'internationale du contournement fiscal qu’elle donne l'aumône aux exploités.       

J'en ai marre des décapiteurs, des égorgeurs, des esclavagistes, de tous les  nationalismes triomphants oubliant que tout homme a droit à la vie et à sa propre identité.


J'en ai marre de tous les impérialismes de la pensée, et de la brutalité des dogmes.  
Il est temps d'affirmer que la plus fondamentale des libertés reste la liberté de conscience. Religions, monothéismes, athéismes, polythéismes, sont affaires privées. Chacun est souverain dans son droit de changer de religion, d'idéologie politique, et il ne saurait être question de crime d’apostasie !


J'en ai marre de tous ceux qui réfutent à l'humain le droit d'être celui qu'il veut être et le droit de disposer de son corps et de sa vie.
Je revendique, pour chacun, le droit à la liberté de penser et d’être, même dans la dissidence et même au grand dam de la morale établie. Je le revendique tant que cela ne nuit ou n'a le projet nuire à autrui ou à sa liberté aujourd’hui et dans le futur.

 

Je rêve de créer un imparfait du subjectif qui englobe le doute, la tolérance, et le respect de tous.

Publié dans Coups de gueule

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Tourments de mémoire

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a toujours des mots et des cris
dans les mémoires d’hommes.
Moi, je ne sais oublier.
Encore résonnent ces mots
qu'aux veillées
l'on cachait aux enfants.

Derrière l'air grave des anciens
je n'ai rien su de l'oncle disparu dans un camp
ni vu la douleur et les larmes
quand, dans un sourire amer,
on nous disait : "Allez jouer les enfants".

Longtemps, sous les nuages,
des mots et une terre effacée
ont joué l'amnésie
avant que je n’apprenne l'histoire des "Amants d'un jour"
celle d’Odette, cette tante suicidée
qu'Edith Piaf chanta.
 
Longtemps les mots ont joué l'amnésie
avant que l'on ne me raconte
l'histoire d'une lettre insipide
dont l'endos indiquait : "Madame veuve S"
en un temps où Franco assassinait
en un temps où être républicain était un crime.

Sous le franquisme, parler des purges était périlleux !
Un simple revers d'enveloppe nous avait alertés :
le cousin de grand-père était mort

C'était un temps
où la censure imposait le silence
jamais nous ne sûmes
ce qu'il advint de ces parents.

Seul, parfois un cri remonte
d'une mémoire qui ne veut pas mourir.
Cette nuit encore il grinçait
 un peu plus fort que la nuit.

 JMS

"Les Amants d'un jour"

"https://youtu.be/2m-_FzubQx8

 

Publié dans Textes de JMS

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