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Monsieur le Président,
Quand je vois vos amis se faire leur beurre avec le patrimoine de l'humanité, quand je vois le grand négoce et, avec votre bénédiction, Total faire ses huiles en spoliant les peuples indigènes, en tuant la forêt et l'univers du vivant, Monsieur le Président laissez-moi pleurer et vous dire que plus va le temps, plus j'aime les moins que rien qui croient à la vie et à l'éthique et, si vous le permettez, Monsieur le Président, laissez moi vous dire que, l'humain, je veux dire l'homme doté de conscience me manque ?

Si symbolique cet Orang-outang petit pré-humain de rien, ce sans droit
et ses quatorze millions d'années sur notre terre
seul et isolé comme l'homme de peu
face à la puissance armée des apôtres du grand capital
II
Parfois l'humain me manque
À la croisée des larmes
j'ai vu le combat de l'orang-outang
celui du blé dans le désert
la forêt arrachée et la vie qui meurt
l'eau jetée au parvis des temples du paraitre
j'ai vu l'homme assoiffé
l'enfant au ventre gonflé
j'ai vu la vie céder
et le capital prospérer
J'ai vu l'homme
et l'humain me manque.
Guerre, guerre, c'est une guerre !
L’épieu d’un mot me réveille
le syllabaire des nouvelles épelle le malheur
profits, destructions, exploitations, disparitions
adieu faune
adieu ma terre, notre jardin
adieu les enfants, la maison brûle.
VIVRE s'insurge en un poème qui crie
j'ai mis l'espoir au clou
je veux du fer et du feu à mes mots
pour enflammer la vie
avant que l'absence ne me rattrape
je me cherche
l'humain me manque
je me cherche en une humanité qui ne se ressemble plus.
Tant que la haine et l'indifférence seront là
ma liberté ne sera jamais un rêve en marche
je veux que l'on me juge maintenant
pour les combats que je n'ai pas su mener
je veux qu'on les juge maintenant
les présidents au service des lobbies et du capital
les bourreaux et tous les assassins du futur
les majors Monsanto et autres capitaines Bayer
les dealers de néonicotinoïdes
je veux qu'on juge
les maquilleurs de pollutions
les maquignons du réel
les faussaires de la promesse
les promoteurs du zyklon B
les grands faiseurs de perturbateurs endocriniens
je veux qu'on les juge tous pour crimes contre la vie
Qu'on les juge aux tribunaux du futur
et que les enfants applaudissent.
Alain Aurenche

Les copains d'comptoir
Ceux que nous voyons
Boire à leurs déboires
Le cœur en haillons
Ont au fond des yeux
Des rêves en partance
Des désirs furieux
De bonne espérance
Ce sont les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand on tire la corde de sa vie de chien
Ces copains qui vivent
Tard dans la nuit, hantent
Des lieux de dérive
De mauvaise pente
Demain comme hier
Comme d'habitude
Le nez dans la bière
De leur solitude
Ce sont les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand on tire la corde de sa vie de chien
Ces tricards du jour
Qui murmurent timides
Quelques mots d'amour
Devant leur verre vide
Crient "à l'abordage"
Dès qu'une sirène
Même en plein naufrage
Frôle leur carène
Ce sont les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand on tire la corde de sa vie de chien
Les plus vieux d'entre eux
Boivent en silence
Au bal du temps creux
Leurs souvenirs dansent
Au petit matin
Sur des bocks d'écume
Chacun son destin
Se noient dans la brume
C'étaient les copains de la dernière chance
Avec leurs mots cons qui vous font du bien
Ceux qui vous accordent un peu d'importance
Quand au bout d'la corde y a même plus de chien....
Marc Ogeret
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Le condamné à mort Jean Genet Hélène Martin Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou Que ma main plus légère et grave qu'une veuve Effleure sous mon col, sans que ton coeur s'émeuve Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Titres : 1. Le vent qui roule un coeur... ( Thème 1 ) 2. Ô la douceur du bagne ( Thème 2 ) 3. Tristesse dans ma bouche ! 4. Voler, voler ton ciel ( Thème 2
Jean-Marc La Frenière : Chienne de vie
Dans cette chienne de vie
j'ai préféré tirer la chasse,
tirer la langue
et le diable par la queue
que de tirer du gun
ou de tirer des chèques
sur le malheur des autres.
J'ai préféré passer l'éponge,
passer mon tour,
passer les bornes,
passer pour fou
que de passer tout droit.
Mais cette chienne de vie
est parfois si jolie
(merci Prévert)
sans collier sans licou,
les deux pieds dans la vase
et le poil au soleil.
Quand on m'aura dompté,
dressé, salarié,
je ne serai plus
qu'un masque sans visage,
une ride sans voix,
un habit sans personne,
un corps en location,
un coeur à la consigne,
une âme en peine.
Je veux rester sans nom
au milieu de la foule
et faire l'accolade
à tous ceux qui s'égarent.
Je veux rester rebelle
et me refaire une vie
hors des sentiers battus,
Je veux planter ma tente
au milieu de l'orage
et faire d'un volcan
un oasis de paix,
de la peur une armure
et de l'angoisse un feu
pour réchauffer la vie.
Je veux rester debout
pour une femme qui passe
mettant le feu au cul
et la main à la pâte.
Je veux rester vivant
pour une femme qui chante
et rallume à ma queue
le désir des voyous.
in http://lafreniere.over-blog.net
LES PROLÉTAIRES

LES PROLÉTAIRES
Y'a des pétroliers super
Qui foutent le deuil sur l'onde.
Avec 10 hommes d'équipage,
On s'en va au bout du monde.
Avant, il en fallait 30,
C'était pas rentable,
En voilà 20 au chômage!
Les prix seront plus supportables.
Mais de tous ces matelots,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces matelots,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville a la la la lair
On les mettra à l'usine.
On manque toujours de prolétaires
Assez travaillé pour soi;
La petite exploitation, c'est pas rentable
20 ans de retard.
Fort de la compétition.
Il y a trop d'agriculteurs.
C'est pas raisonnable.
Quelques millions au chômage
Et l'Europe verte sera viable.
Mais de tous ces paysans
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces paysans
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville tra la la la lair
On les mettra à l'usine.
On manque toujours de prolétaires!
Et toi, petit commerçant,
Tu mourras d'la TVA.
Mais si on aide ces gens-là,
La bombe, comment on la fera ?
Le petit commerce doit mourir,
Il est pas rentable.
Va t'en au supermarché,
Les prix seront plus supportables.
Mais de tous ces commerçants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces commerçants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville tra la la la lair
On les mettra à l'usine.
On manque toujours de prolétaires
A Nantes, à Rennes ou à Brest,
Du travail, il n'y en a guère.
Ils voudraient rester chez eux.
Alors comment faire ?
Déplacer toutes les usines ?
C'est complètement con !
Eux ! Qu'ils viennent dans la capitale.
Pour le patron, c'est plus valable.
Mais de tous ces immigrants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces immigrants,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
S'ils viennent dans la capitale, tra la la la lair
Même en faisant plein de fonctionnaires,
Y' aura toujours trop de prolétaires.
S'il y a trop de chômeurs,
Y'aura du désordre.
Il faudra des policiers
Pour maintenir l'ordre.
Hitler le disait déjà :
"Un chômeur c'est pas rentable.
Un soldat, ça coûte moins cher.
Et c'est bien plus raisonnable."
Mais de tous ces policiers,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Mais de tous ces policiers,
Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Ils s'en iront à la ville, tra la la la lair,
Taper sur les ouvriers,
Taper sur leurs frères.
Ils s'en iront à la ville, tra la la la lair,
Taper sur les ouvriers,
Taper sur leurs frères !
Ile Eniger - Rugir
Le ciel renouvelle ses eaux, s'arrête pour mieux les compter, et recommence. Le ciel est en travaux pratiques. Debout au seuil du vide, c'est à toi que je parle, que je ne connais pas, que j'espère du fond de la caverne. Je te cherche, je te crie, je t'appelle. Nettoie les avoirs, les pillages, les hideurs. Arrête les agitations, les verbiages, les illusoires rassemblements, les réseaux de basses-cours, les discours menteurs, les sentences insensées, les égoïsmes barbares, les suffisances mortelles. Libère la respiration primale, la parole nue, la silencieuse, la pudique, l'exemplaire qui sonne clair comme un bol tibétain. Lave la vie aux hautes sources, conduits à l'indivisible. Et si je ne te sais, si je ne sais t'entendre, laisse rugir ton silence, l'écho sacré.
Ile Eniger - Solaire - (à paraître)
Jean-Marc La Frenière
Déclaration d'impôt
Je n’ai pas honte des gens que je fréquente
qu’ils soient prophètes ou mécréants,
bandits ou imbéciles, poètes ou vidangeurs,
trafiquants de rêve ou paresseux,
J’ai honte pour l’homme quand il se fait banquier,
flic, homme d’affaires ou bourreau,
avocats de la poursuite,
comptable du silence ou notaire du cœur.
Je n’ai pas honte d’être pauvre.
J’ai peur d’être riche au détriment du monde.
Jean-Marc La Frenière
http://lafreniere.over-blog.net/
Bruno Odile
Parmi les 5 à 10 auteurs du net dont j'admire la hauteur de pensée et l'expression poétique, Bruno Odile est celui dont la lucidité et les fulgurances m'émeuvent toujours au plus haut point. Tout en lui est courage, promesses ou espérance. Il est le samouraï de l'espoir qui, depuis que je le lis, transcende ses drames pour que son écriture soit un chef d’œuvre.
Je vous livre ses quelques lignes et vous invite à visiter son blog. Vous y rendre c'est affronter la beauté démesurée du cri de l'homme :
"Je ne cherche plus l’orage au bout des chemins sombres. Hier déjà, heurté contre l’ombre de moi-même, j’envisageais de me défaire des lassos de l’obscurité où s’exilent les piqûres du jour. A présent, je veille aux creux de mes mains et sur le bord de mes lèvres, je flotte en dehors des espaces abandonnés. Il n’y a plus de terre en ces lieux inoccupés, il n’y a plus de morsures pour que saigne l’horizon. Les frontières d’hémoglobine ont rejoint le silence léger poursuivant leurs courses après la forge. Le fer longtemps travaillé s’épuise dans la matière rougie avant de prendre forme. Dans une taille acerbe, la serpe coupante a brûlé le foin. Où pourrai-je aller ? Perdu à l’épicentre de mon progrès, je grappille sous mon épiderme le souffle de la buse et la vigueur du renard. Il me faudra mûrir dans l’ombre de moi-même, dans l’intériorité de la foudre qui m’accable.".
Tout est dit ! Et mon admiration se fait cri et épousailles de douleurs et d'espoirs au profond de moi.
Jean-Michel Sananès

