C'est cet ami qu'un cancer foudroie, une femme et un avenir qui perd son sens. C'est l'inguérissable planté en soi et cet œil qui perd la lumière, c'est une petite chatte qui mesure les frontières de son espace-temps, c'est cet ami en route pour des mondes parallèles qui ne reconnait plus l'épouse accidentée, c'est ce devenu veuf qui peuple de mots un cahier de solitude, c'est un cri qui passe et l'orage de l'inexorable sur des épaules trop petites.
C'est se retrouver au matin et encore avancer sans plus vraiment vouloir sauver le monde, c'est accepter de continuer d'avoir pour toute béquille un moignon de rêve et se contenter de ne donner qu'un peu de soi à ceux qu'on aime. C'est au matin attendre l'heure des croquettes avec un petit trois pattes qui regarde la vie et se demande s'il est vraiment raisonnable de croire encore en demain quand dehors la coupe du monde jonche les rues et le soleil s'émiette comme une pluie d'été.
Une page et quelques mots tirés de "Nissa-Nice, voyage côté rêves", recueil de poèmes, illustré en complicité avec mon ami, l'immense peintre magicien Slobodan tout droit venu d'un pays d'étoiles et de rêves pour que l'encre myosotis des peintres et des poètes, se pose sans haine sur ce jour de juillet où les étoiles on tant pleuré - (le recueil est disponible à l'atelier Slobodan, 2 rue de la Poissonnerie à Nice et aux Éditions Chemins de Plume.)
Pour consulter l'article, cliquer sur le lien ci-dessous :
À Nice la musique a une odeur myosotis parfois rouge parfois noire les anges ont quitté leur baie les anges ont migré ici et partout ils donnent aux misères d'hier du cœur et jettent l'amour sur les soleils de demain
Autour du kiosque la musique a une odeur de myosotis
Voyageur à Nice l'amour refuse le naufrage à Nice le ciel a la couleur des cœurs
JMS in Nissa-Nice, voyage côté rêve aux Éditions Chemin de plume (frais de port offerts)
Bruno Odileest parti, plus loin que "l’intériorité de la foudre qui l’accablait". Il est parti, mais ce qu'il a été reste dans l'intégralité de sa langue car Bruno avait une écriture, la sienne : inimitable. Elle s'abreuvait au langage sur-humain, je veux dire qu'aucun de ses mots, aucune de ses phrases, ne venait du verbiage coutumier des hommes, son encre portait un cri puisé dans un subconscient d'humanité pétri d'espérance, de refus de résignation, pour n'être qu'à hauteur d'âme, dans l'immatérialité d'un ressenti aussi puissant qu'éblouissant.
Pourtant, Bruno n'est pas parti, lisez ses mots, son cri est l'absolue poésie, chacune de ses phrases est un joyau ; visitez et revisitez ses écrits, rendez vous sur son site "La colline aux cigales".
Voici quelques mots glanés au hasard de ses textes :
"Nos ventres collent au ciel et l’étoile que nous occupions a rendu l’âme de l’autre côté de l’univers. La terre se souvient de la consolation qu’elle a tenue dans son calice. Il nous faudra encore mille ans pour bouturer de la lumière sur le fin fond de la solitude. Nous n’avons rien appris qui ne soit une défaite sans harnais. Nous sommes le fouet de la brume et nous incarnons l’imperceptible mouvement d’une poésie incrustée sur les parois du miroir."
Bruno a aujourd'hui déposé sa robe de douleur, il a épousé son habit de lumière,
il est avec nous, lisez-le, et si la tristesse est là, c'est parce que la coquille vide des apparences nous cache la vision de l'essentiel, car oui, Bruno est là.
JMS
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Rappel du texte publié par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès) le 14 mai 2018 :
Parmi les 5 à 10 auteurs du net dont j'admire la hauteur de pensée et l'expression poétique, Bruno Odile est celui dont la lucidité et les fulgurances m'émeuvent toujours au plus haut point. Tout en lui est courage, promesses ou espérance. Il est le samouraï de l'espoir qui, depuis que je le lis, transcende ses drames pour que son écriture soit un chef d’œuvre.
Je vous livre ses quelques lignes et vous invite à visiter son blog. Vous y rendre c'est affronter la beauté démesurée du cri de l'homme :
"Je ne cherche plus l’orage au bout des chemins sombres. Hier déjà, heurté contre l’ombre de moi-même, j’envisageais de me défaire des lassos de l’obscurité où s’exilent les piqûres du jour. A présent, je veille aux creux de mes mains et sur le bord de mes lèvres, je flotte en dehors des espaces abandonnés. Il n’y a plus de terre en ces lieux inoccupés, il n’y a plus de morsures pour que saigne l’horizon. Les frontières d’hémoglobine ont rejoint le silence léger poursuivant leurs courses après la forge. Le fer longtemps travaillé s’épuise dans la matière rougie avant de prendre forme. Dans une taille acerbe, la serpe coupante a brûlé le foin. Où pourrai-je aller ? Perdu à l’épicentre de mon progrès, je grappille sous mon épiderme le souffle de la buse et la vigueur du renard. Il me faudra mûrir dans l’ombre de moi-même, dans l’intériorité de la foudre qui m’accable.".
Tout est dit ! Et mon admiration se fait cri et épousailles de douleurs et d'espoirs au profond de moi.
J'ai des silences irascibles où les non dits rongent l’espace J'ai des sommeils qui parlent et une mémoire qui pleure J'ai des amis au parking de l’oubli D'autres jamais partis et pour toujours perdus J'ai des mots en prison qui veulent se faire la belle des espoirs qui font le mur des rides des rires des larmes, que je ne veux pas répudier J'ai le doute posé sur la jachère des certitudes des lendemains cerclés par la parenthèse des jours des hiers inachevés en pays volé l'espoir et la nostalgie à jamais mêlés J'ai peur des certitudes aveuglantes
qui parfois ont fermé le chemin des vérités que je cherchais J'ai peur de partir sans avoir fait ce que j'étais venu faire peur de n'être qu'une pâle copie de qui je voulais être peur que mon cri soit impuissant peur de ne pas savoir assez aimer J'ai peur que la musique s’arrête.
Le Livre est disponible à Nice dans les librairies suivantes :
La Sorbonne, Les Journées Suspendues, Librairie Papeterie Joseph Garnier, Les Mots du Monde, Presse du boulevard (Saint Roch), et à Masséna Antibes.
Ou peut être commandé aux Éditions Chemins de Plume(via le bouton de sélection sous l'article du livre - Règlement par Paypal ou carte bancaire), sans frais de port.
À l'in-caduque des mémoires, et à toi Uno Svensson
Le vent ramène parfois ce que le temps emporte Où es-tu maintenant mon vieil ami toi qui portais des frayeurs de vie et des bruits de guerre mêlés à ce sourire posé sur l’amitié ? L’encre, les toiles sont restées où es-tu toi mon ami un coin de ta mémoire posée dans mon jardin ?
Je pense de plus en plus que le passage sur terre consiste à débroussailler et cultiver sa friche personnelle, jusqu’à l'éblouissement du jardin. Ile E. - Solaire - (à paraître)
L’écrivain niçois signe un très beau « Sucre amer 1968 – Une révolution en chansons et musiques » … a rebours de certaines idées reçues sur la période, Jean-Michel Sananès nous entraîne dans la décennie qui encadre Mai 68 à Nice… au son du folk, de la pop et du rock de l’époque. La musique qui pour l’écrivain est la source des revendications de 68, loin de la politique.
Quand je vois vos amis se faire leur beurre avec le patrimoine de l'humanité, quand je vois le grand négoce et, avec votre bénédiction, Total faire ses huiles en spoliant les peuples indigènes, en tuant la forêt et l'univers du vivant, Monsieur le Président laissez-moi pleurer et vous dire que plus va le temps, plus j'aime les moins que rien qui croient à la vie et à l'éthique et, si vous le permettez, Monsieur le Président, laissez moi vous dire que, l'humain, je veux dire l'homme doté de conscience me manque ?
Si symbolique cet Orang-outang petit pré-humain de rien, ce sans droit
et ses quatorze millions d'années sur notre terre
seul et isolé comme l'homme de peu
face à la puissance armée des apôtres du grand capital