Rebond sur un article de Yvi Marlin à propos des couleurs
J'ai vu courir la rue et le son mat du cliquetis des bottes sous un des firmaments éteints. Je ne vois plus l'éclat de la joie. Le bleu profond de l'inquiétude côtoie le gris triste de l'avenir. À trop poudrer la douleur d'un soupçon de ciel, les couleurs mentent. On dit que rien n'est ni noir ni blanc, mais le sang reste rouge quand la haine est une prière. Laissez-moi douter et du noir et du blanc, les larmes n'ont pas de couleur. Quand le bonheur en sera une j'investirai dans la tendresse jusqu'à ce que les murs du futur perdent leurs barreaux. À regarder l'espoir d'un mauvais œil, la vérité fane et le printemps se ride. Et moi, en attendant, que voulez-vous que je vous dise, moi que l'on dit blanc et qui ne le suis pas, moi avec ma peau arc-en-ciel et ses humeurs d'ocre rosée, moi que la peur rend blanc quand je ris jaune, moi que l'âge blanchit et qui vois rouge dans mes colères noires, moi qui préférerais rester transparent dans un monde de haine où chacun cherche un bouc expiatoire, moi qui aime la couleur des frères quand elle s'appelle tolérance et respect. Que voulez-vous que je vous dise ?