Je cherche au fond de la mélancolie
C’est jour de fête
mais à la bataille des pleurs le soleil s’est lassé
l’âme à reculons, je me cherche
au fond des mélancolies
la vie est un espoir érodé et le temps fait mal
la grenaille des jours écule l’avenir
c’est une heure de crépuscule enrayé.
Dans un décompte
qui court qui court qui court
comme un enfant qui joue
je me demande demande demande :
est-il trop tard trop tard trop tard ?
Il y a cent millénaires que j’attends d’être là
mais la route est en pente
et moi, toujours les doigts agrippés
à des ambitions inachevées.
Au fond de cahiers d’écoliers
qui ne retiennent plus la nuit
je glisse glisse glisse
comme un moineau dans les griffes de l’épervier
je m’accroche accroche accroche
à l’amour et au filet des jours
je ne rêve plus ne rêve plus ne rêve plus
je pars
partir me fait moins peur que mourir
sans avoir tout dit.
mourir ne me fait pas peur
mourir ne me fait plus peur
mais ce qui m’est à faire est trop vaste
pour la somme des jours
les doigts agrippés
à des ambitions inachevables
je glisse glisse glisse
dans les ventres des nuits.
Au fond de la mélancolie
je cherche me cherche Te cherche
ai-je tout dit ? T’ai-je tout dit ?
Je me cherche comme un oiseau qui se demande :
est-il trop tard trop tard trop tard ?
C’est une bataille de pleurs
c’est le jour qui passe
l'âme à reculons, au fond de la mélancolie
je cherche me cherche, Te cherche
encore encore encore
je veux courir, dépenser mes jours
sans report, sans regret
je veux, sans compter
payer mes comptants de bonheur
caresser frémir goûter
vivre sans épargner mon souffle
et tout dire avant que la nuit ne me cherche.
Je ne crains pas l’intense.
JMS in Dieu le Silence et moi 2009